Les lauréats professionnels de l'éducation en instance d'intégration à la fonction publique continuent leur recensement, commencé le 15 juin dernier à la bourse de la ville de N'Djamena. La rédaction a fait réagir le coordonnateur du collectif. Reportage.
Sur les lieux, plusieurs diplômés s’enregistrent en déposant une photocopie de leur diplôme, une photocopie d'acte de naissance et une photocopie de leurs Curriculum vitæ. Les dossiers sont remis mains à mains, à ceux qui sont chargés de les garder. Après avoir remis les dossiers, les lauréats inscrivent leurs noms sur la liste en mentionnant leurs numéros de téléphone.
Pour le coordonnateur des lauréats professionnels de l'éducation en instance d'intégration à la fonction publique de la promotion de 2014 Sokazia Amaté, le collectif a été mis sur pied depuis 2016 avec un objectif primordial « intégrer tous les membres », dit-il.
« L’activité actuelle, c'est de recenser tous les lauréats en instance d'intégration à la fonction publique. Et bien évidemment les lauréats de l'éducation, l'objectif c'est d'atteindre un certain effectif et d'aller trouver les autorités et voir dans quel contexte ils peuvent nous aider. Puisque les lauréats sont abandonnés par l'État qui les a formés ».
Selon M. Amaté, le collectif a eu échangé avec les autorités dans le passé, raison pour laquelle ils ont jugé utile d'avoir le nombre de l’effectif afin d'avoir des arguments plus solides pour faire face aux autorités pour un éventuel recrutement. Ils ont été au ministère de l'Éducation nationale, à la primature et au Conseil National de la Jeunesse du Tchad (CNJT). Confiant dans leur lutte, il indique qu'ils vont atteindre leur objectif principal.
Toujours selon le coordinateur, il faudrait que le collectif soit respecté, « nous irons chez les autorités avec des statistiques complètes. Et les faire réagir sur nos doléances. Si nous ne sommes pas satisfaits, nous serons contraints de sortir dans les rues pour revendiquer nos droits ».
Noël Adoum
Tabaski, fête du sacrifice pour les musulmans aura lieu ce mercredi 28 juin. Un jour synonyme de joie et de partage. Au marché des moutons, on se bouscule pour l’achat de mouton. Les vendeurs des moutons sont occupés. Chacun veut son mouton Reportage.
A 48h de la fête de Tabaski, les musulmans tchadiens se bousculent pour acheter de moutons. Les uns, après achat, jettent leurs moutons à l’arrière de leurs voitures ou camionnette, d’autres les installent à califourchon au-devant ou en derrière de leurs motocyclettes. Du quartier Habena sur l'axe de Santana Hôtel, en passant par Amtoukoui, Ndjari, Diguel jusqu'au marché SNER, les bords de la voie bitumée sont occupés par les vendeurs de moutons. Le marché de bétails est bondé. Les quelques parcelles de terrains vagues sont envahies par des hommes se disputant les prix et la clientèle, on dirait un marché boursier.
M. Abdelsalam Daoud Khassim résidant au quartier Ndjari cherche à acheter un mouton. Il affirme, « la fête de Tabaski est spéciale pour tous les musulmans et particulièrement pour moi-même. Je suis habitué à égorger un mouton chaque jour de la fête, ça fait partie du sacrifice et des valeurs religieuses à respecter. Je m’organiser à l’avance, comme de nombreuses familles tchadiennes pour être à jour pendant la fête ».
Mahamat Moussa est de retour de Bitkine en province affirme, « Après 7 heures de route longue et chaotique, je viens d’arriver à N'Djamena, le prix du mouton reste abordable selon la capacité de chaque citoyen, raison pour laquelle je suis venu chercher un mouton. Je suis très content de retrouver mes proches parce que je ne les ai pas vus depuis près de 4 mois. La Tabaski est une bonne occasion pour se ressourcer en famille ».
Selon le vendeur Alhadj Issa Hamidi, les moutons ne sont pas chers cette année, le prix varie en fonction de la grosseur du mouton. « Il y a des moutons de 80 000, 75 000, 50 000 et le prix du petit est de 35 000 CFA ».
Noël Adoum
La capitale tchadienne a enregistré hier dans la nuit du 22 au 23 juin une première grosse pluie pour ce début de saison pluvieuse. Cette pluie diluvienne a durablement touché une majeure partie du 5e arrondissement de N'Djaména. Reportage.
Contrairement aux années précédentes, le 5e arrondissement de N'Djaména a été cette fois-ci considérablement inondé. Une partie de l'axe bitumé reliant le quartier Amriguébé-Ridina qui passe par l'Université Roi Fayçal s'est transformé un marigot. Les ruelles sont à majorité impraticable, la boue est partout et les caniveaux non curés sont engloutis.
Le désastre, c'est à Ridina. Plusieurs maisons se sont écroulées, plus de 10 maisons se sont retrouvées par terre a dit le maire du 5e arrondissement, Saleh Goudja Mallah. Toujours selon lui, ce dégât est dû au blocus du canal qui est en réhabilitation. « Hier, nous avons enregistré une grosse pluie, les eaux ont stagné à cause du blocus du canal qui est en réhabilitation. Les eaux ne s’écoulent pas et ont créé d'énormes dégâts. Le bilan est en cours », a-t-il dit. Il rassure la population de sa circonscription que bientôt tout rentrera dans l'ordre et les victimes seront indemnisées. Il invite la population à la patience, à se rapprocher de leur commune et à ne pas être brutale. « L'entreprise Encobat doit cesser ses travaux en afin de minimiser les dégâts ».
Quelques victimes rencontrées sur places ont exprimé leur désolation à notre micro. C'est le cas de Ali Malloum Nour a qui affirme que 5 chambres et la clôture de sa maison sont écroulées. « Il nous reste qu'une seule chambre pour plus de 6 familles. Nous n'avons ni de lit, ni de drap, ni habits. Tout est dans l’eau », a-t-il déploré d’un triste. Il dit être étonné par le silence méprisant de la société responsable de la réhabilitation du canal. « Aucun membre de cette entreprise n'est venu nous consoler, alors qu'ils avaient sciemment bloqué le passage de l'eau ». Il soutient qu'il va attaquer en justice cette société pour la reconstruction de sa maison. De même, Acheikh Ibrahim Charfadine est aussi victime. Il déplore l'écroulement de plusieurs chambres, la perte des documents administratifs, etc.
Sur les lieux, une association s'est mobilisée pour assister les victimes. Moussa Idrissa Abakar, président de l'association « Debout et à l'ouvrage », dit que son organisation est là pour soutenir la population. « Nous leur donnons un coup de main pour récupérer leurs objets récupérables, les déplacés, etc. Nous invitons les organisations humanitaires et les personnes de bonnes volontés à faire la même chose ».
Abderamane Moussa Amadaye
Le Tchad célèbre ce 21 juin la fête de la musique. Aujourd'hui 8/10 tchadiens écoutent de la musique étrangère. La rédaction a rencontré des citoyens amoureux de la culture à l'Espace Talino Manu. Ils donnent leurs avis sur la musique tchadienne et ses difficultés. Reportage.
Alors qu'un concert géant est prévu ce soir à la place de la nation pour donner du sourire aux artistes tchadiens en cette date spéciale, la musique tchadienne est toujours malmenée. Elle est de moins en moins consommée localement et ignorée à l'étranger. « Même à Kousseri, ville camerounaise la plus proche de N'Djamena ignore s'il existe des artistes qui font de la bonne musique », dit un jeune homme.
Pour Allasé Moïse, les musiciens tchadiens sont des professionnels, ils produisent de la très bonne musique, mais elle est peu consommée par les Tchadiens. « C’est dû au gouvernement qui s'intéresse peu ou pas à la culture », dit-il. Il ajoute que « des artistes de haut niveau ne manquent pas. Nous avons Cidson El Gawi, Afrotronix etc. ». Selon lui, il faut que le gouvernement déploie les moyens nécessaires pour la construction des salles de spectacles, des studios de musiques et la mise sur pied d'un média pour valoriser les talents et la musique tchadienne.
Pour Mikaël Djikoloum, la musique tchadienne reste la meilleure selon lui. Il estime que le manque des moyens fait en sorte que les artistes n'évoluent pas. « La musique tchadienne reste moins consommée malgré le bon contenu que produisent certains artistes comme Obi'G, Waïti, Cidson, Bâton Magique, Dar Sila, etc. ». Pour inciter la population à consommer la musique locale, M. Djikoloum invite les artistes et le gouvernement à mettre du sérieux dans la communication dans les médias publics et les réseaux sociaux pour promouvoir la culture et la musique tchadienne.
L'avis de la population se diverge. Selon Allah Ramadji Junior, la musique tchadienne ne bouge pas d'un iota. Elle reste intacte et très peu écoutée tant à l'étranger que dans le pays. Ce problème, selon lui est le fait que le gouvernement n'a pas créé un cadre idéal pour promouvoir et inciter la population à écouter la musique tchadienne. « Le Tchad est le seul pays en Afrique centrale qui ne dispose pas d'une École de la musique, de salle de spectacle, de production, etc. Comment voulez-vous que cette musique évolue ? », s'est-il interrogé. Il que le gouvernement et ses partenaires créent un espace pour les musiciens «et la musique tchadienne décollera, a-t-il conclu.
Abderamane Moussa Amadaye
Une mission de l’association Nouvelles initiatives pour le développement agropastoral (NIDAP) a séjourné du 16 au 19 juin 2023 dans le canton Zisoro département de Fitri, province du Batha, a permis à l'équipe de découvrir l’état catastrophique du système éducatif dans cette zone. Reportage.
Le canton Zisoro compte 52 villages situés au bord du Lac Fitri où vivent des agriculteurs et des éleveurs en majorité des jeunes âgés entre 15 à 35 ans. Parmi ces villages, 9 sont oubliés par le ministère de l’Éducation. Il s’agit des villages Boubtogo, Safa, Dougna, Goubouchou, Rokéré, Malana Daga et Mafé.
De Daga à Mafé en passant par Siyalla Gamsa jusqu'à N'garé des infrastructures scolaires de base sont presque inexistantes. Des salles de classe sont fabriquées en banco et d'autres en terres battues construits par les parents d'élèves.
Abdoulaye Kaidallah président de l'association de parents d'élèves (AP) de Siyallah Gamsa explique, « nous avons deux salles construites par les parents, dans la première salle CP1 et CP2 partagent le même tableau et CE1 et CE2 font la même chose ». Selon lui, malgré cette absence d’infrastructure adéquats, 170 élèves sont inscrits pour l'année 2022-23. « Il y a effectif de 105 garçons et 65 filles, dont 130 sont admis en classe supérieure et 40 vont redoubler leur classe ».
M. Kaidallah affirme que les maîtres communautaires sont payés à 25 000 FCFA grâce à la contribution des parents. « Nous sommes des Tchadiens comme les autres Tchadiens, nos enfants ont droit à l'Éducation comme les autres enfants tchadiens ». Toujours selon M Kaidallah, les maîtres communautaires recrutés par l'État ne suffisent pas. Ils servent seulement dans les grands centres (Ati et yao).
M. Mahamat Gada Haroun, président de l'association NIPAD confirme que dans ce canton, il n'y a pas d'école ni des infrastructures socio-économique et culturelle. Il estime que l'État devait construire des écoles dans tous les villages et ferriques du pays mais malheureusement d'autres localités sont discriminées. « Lors de la tournée de président de transition, les hommes politiques ont demandé seulement le désenclavement de Yao. Pourtant d’autres problèmes existent. Ils sont visibles. Par exemple : les écoles, les centres de santé, les aménagements de pistes rurales, etc. »
Ousmane Bello Daoudou en reportage dans la région du Batha
L’Association nationale initiative pour le développement agropastoral (NIDAP) a installé de samedi 17 au dimanche 18 juin 2023 dans le canton Zisoro, département de Fitri, province du Batha, ses bureaux locaux suivants leur itinéraire de Daga à Mafé en passant par Siyalla et Gamsa et N'garé. La mission était conduite par son président national, M. Mahamat Gada Haroun. Reportage.
Première étape, le village Daga. Le bureau est composé de 20 membres et dirigé par Alhadj Moussa Adam. Il sera désormais la représentation locale pour revendiquer les droits des citoyens auprès de toutes instances. Et poser les besoins de la population auprès des entreprises minières dans la zone d'or.
Deuxième étape le village Mafé, le bureau est confié à M. Adoum Haroun Kacké. Ce bureau est composé de 15 membres.
Troisième et quatrième étape, respectivement Siyalla Gamsa et N'garé sont dirigés par Adoum Dogo Moussa et Abdallah Ahmat. Ces bureaux sont composés de 20 et 10 membres. Selon les membres, ils sont marginalisés et manquent de tout. « Les routes pour accéder aux autres villages, les centres de centres communautaires, pas de prise en charge de la jeunesse, etc », disent-ils.
Le président Mahamat Gada Haroun soutient que des nouvelles initiatives pour le développement Agro-Pastoral sont créées pour répondre aux besoins locaux en promouvant et développant les activités agropastorales, pour lutter contre la pauvreté en demandant de l'aide aux entreprises dans la zone d'intervenir. Il ajoute que son organisation contribuera à la scolarisation des enfants des agriculteurs et des éleveurs. Et fera la promotion de la culture de paix et de la cohabitation pacifique entre les agriculteurs et les éleveurs afin d'éviter les conflits.
Enfin, M. Mahamat Gada Haroun affirme que son organisation mettra des mécanismes de sensibilisation pour l'autosuffisance alimentaire pour le décollage définitif du développement économique, social et culturel des communautés rurales.
Ousmane Bello Daoudou
L'équipe conduite par Mahamat Gada Haroun, président de l'association nouvelle initiative pour le développement agropastoral dans le canton Zisoro, département de Fitri province du Batha a eu une rencontre d'échange et de plaidoyer avec les responsables des entreprises d'exploitation minière à Tchaga ce lundi 19 juin. Reportage.
Après la présentation de l'équipe, M. le président Mahamat Gada Haroun a expliqué l'objet de la rencontre qui s’est résumée à la reconnaissance de l'association et aux doléances de la population des villages autochtones qui manque de tout. Il y a des besoins de création d’emploi qui permettra de lutter contre l'exode rural et la migration vers la Libye. La contribution des infrastructures de base concerne les centres de santé communautaire, l’inaccessibilité de routes en saison pluvieuse qui est causée sauve des morts et des difficultés aux femmes qui accouchent.
En réponse à ces doléances Ali Ismaïl géologue administrateur de Groupe GMIA Minetrals a expliqué tout d'abord le groupe GMIA Minérals est encore à la phase d'exploitation de site minier de la Tchaga. Malgré sa contribution, le groupe GMIA a des obligations vis-à-vis de la population locale. Pour lui, le groupe GMIA seul ne peut pas tout assumer, mais elle doit continuer ses œuvres sociales envers la population en prenant en charge les maîtres communautaires, les forages et les lieux de culte. Il ajoute que le groupe GMIA ne cessera pas d'accompagner la population locale, il demande à l'association de sensibiliser les populations sur les mauvaises pratiques qui freinent le développement de la localité.
De son côté Loukman Abdelmoutalib Laborantin minier de la société Abourachid SA dit que son entreprise est sur le terrain. Et dans cette première phase, elle fait ses explorations sur le site minier pour découvrir de l'or. Il souligne que c'est pour la première fois que les autochtones organisés sont venus vers eux pour s'imprégner des réalités du terrain. Il affirme que l’accompagnement de son organisation pour les œuvres sociales pour les populations riveraines ne fera pas défaut.
De Tchaga dans le département de Fitri Ousmane Bello Daoudou
Alors que l'exécutif reste contesté en interne par certains membres du parti à leur tête le fils de l'ancien Secrétaire Exécutif, Hicham Ibni, le parti pour les libertés et le développement a tenu son 5e congrès ordinaire ce 16 juin 2023 au palais des arts et de la culture dans le 8e arrondissement de N'Djaména.
Ils étaient nombreux à répondre présents à ce rendez-vous ce matin au palais des arts et de la culture. La cours du palais était bondé des militants à l'écharpe, drapelet etc. aux couleurs du PLD. A l'entrée de la grande salle, la sécurité a été renforcée. Un désordre s'est installé entre les forces de l'ordre, les militants et des curieux. Quelques minutes plus tard, des militants proches de Hicham Ibni Oumar ont été expulsés de la salle. C'est le cas de Béchir Adam Ali. Il a révélé à notre micro, qu'il est militant depuis 1996. « Je viens d'être renvoyé alors que j'étais assis sur la chaise dans la salle et les gendarmes sont venus l'expulser sans raison. J'ai obtempéré », dit-il. M. Béchir juge son expulsion illégale, « renvoyer un militant lors d'un congrès est anormal. Ce n'est pas un bon message », a-t-il jugé. Cet incident n'a pas empêché le déroulement des activités.
Prenant la parole, le Secrétaire Général, Mahamat Ahmat Alhabo a salué la présence de ses militants avant de faire un rappel historique du parti qui aura bientôt 30 ans. Selon le SG, le parti est né pour défendre les libertés et contribuer à une justice pour tous. Il a ensuite rappelé la circonstance du décès du Maréchal et la décision importante prise pour accompagner cette transition afin que le Tchad puisse avoir une stabilité politique et un retour à l'ordre constitutionnel. M. Alhabo n'a pas aussi oublié de saluer la mémoire du 1er secrétaire exécutif, Professeur Ibni Oumar qui a été enlevé et qui serait probablement exécuté, dit-il. Répondant à ses détracteurs, le SG a rappelé que le parti n'appartient psas à aucun individu, ni à une famille, moins encore à une région mais à tous les militants, dit-il. Le SG a souligné aussi les manquements de cette transition, tels que la sécurité, les conflits intercommunautaires, agriculteurs et éleveurs, dans le lac, etc. Il a invité le gouvernement à prendre ses responsabilités. Il a également clarifié la position du parti vis-à-vis de la conquête et de l'exercice du pouvoir. Pour lui, il n'est plus question que le pouvoir se conquiert, s'exerce et se conserve par la violence mais plutôt se conquiert par les urnes et se conserve par la justice, l'égalité et le droit. Pour finir, il a rappelé que l'article 16 de charte du PLD stipule que le congrès est l'organe suprême du parti et a invité ses militants au travail afin de se préparer pour les futures échéances électorales.
Un autre accroc à signaler. Lorsque le SG a demandé d’observer une minute de silence à l'honneur des militants décédés, des personnes sur le balcon ont plutôt préféré chanter et crier. Le SG leur a demandé de se taire ou de quitter.
A noté que ce 5e Congrès du Parti PLD a été placé sous le thème « Dialogue et bonne gouvernance pour l’unité ».
Abderamane Moussa Amadaye
En tournée nationale en deux étapes, d'abord la partie septentrionale du pays effectuée en mai dernier, le président de transition poursuit depuis quelques jours la seconde phase de cette tournée au sud du pays. Ialtchad donne la parole à l'analyste Dr Évariste Ngarlem Toldé pour l'analyser de ce voyage au sud.
Pour l'universitaire, le moment choisi n'est pas bon. « Les évènements malheureux dans le sud du pays, pas de compassion aux victimes, il n’a pas décrété un deuil national », dit-il. Il explique que le Président de Transition aurait dû d'abord aller visiter le Nya-Pendé, les Monts de Lam... touchés par le drame afin de toucher du doigt les réalités en compatissant avec les familles endeuillées sur les lieux du massacre. « Malheureusement, il s'est arrêté dans le chef-lieu. Et les populations qui étaient censées l'accueillir ont préféré faire leur deuil en restant chez eux ».
Selon l'analyste, la tournée de Mahamat Kaka ressemble à une précampagne qu'une tournée de travail. « Mahamat Idriss Deby a fait beaucoup de promesses qu’il faut évaluer en milliards. Ça ressemble un peu déjà à ce que son père le Maréchal a fait à son temps en 2016 et en 2021 », explique-t-il. Il ajoute, « il n'a fait que des promesses alors que les gens attendaient des actes concrets. Ce n'est pas seulement de remplacer les chefs de brigades par des Officiers de police judiciaire (OPJ), mais plutôt une réforme de l’armée ».
Dr Toldé a insisté sur le fait que le président de transition serait en précampagne, « le Chef de l'État a bien sûr entamé une tournée, mais une tournée qui ressemble à une campagne avant la campagne », a-t-il lâché. Selon lui, la transition doit se consacrer à préparer l'élection un nouveau président malheureusement c'est le contraire. « On parle plus d'une transition pendant que le processus du référendum est vidé de son sens parce que même le Premier ministre a affirmé que le référendum est sans enjeu. Le recensement qui devrait commencer le 5 juin n'a pas encore commencé et le calendrier est en train d'être bousculé ».
Pour finir, l'analyste affirme que la tournée du président de transition peut-être même confié à des ministres, « mandatée des ministres aurait suffi à faire ce genre de promesses, mais il préfère se mettre en première ligne et promettre monts et merveilles aux populations du nord et du sud, à ma connaissance cela ne relève pas de sa compétence surtout qu'il est président de transition et non un président élu ».
Abderamane Moussa Amadaye
Le conseil des commerçants déguerpis du marché de Dembé a tenu un point de presse ce samedi 3 juin dans la salle de conférence au Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD). Les commerçants dénoncent, disent-ils, les manœuvres de tricheries organisées la mairie de N’Djamena et demande au Président de transition de s'imposer pour que ces commerçants retrouvent leur place. Reportage.
Ils sont au nombre de 6 parmi lesquels, Djimadoum Torde, Lokouble Francis, Adoum Moussa et Idriss Mahamat Hassan avocats au Barreau du Tchad, Conseils de 6000 commerçants tchadiens déguerpis du marché de Dembé, dénonce le comportement de Mme la Maire de la commune de N’Djamena qui prive leurs clients de leurs boutiques au profit des commerçants venant d'ailleurs.
Ils affirment que leurs clients avaient exploité l'espace de leur boutique depuis 30 ans sans avoir des problèmes avec les autorités compétentes. Mais au courant de 1992, ils ont été déguerpis par la mairie centrale sans mesure d'accompagnement et l'espace a été alloué à une association marocaine.
Pour Me Loukoulbé Francis, face à cette injustice, plusieurs démarches ont été menées auprès des autorités et des instructions ont été données afin que les déguerpis soient recasés, mais en exécution de cette décision, la mairie avait exigé et obtenu une somme de 300 0000 000 de FCFA pour les attribuer le marché Djaborona, a-t-il souligné.
Il affirme, après le paiement de cette somme colossale, plusieurs mairies se sont succédé à la tête de la mairie centrale et tous se sont accordés pour permettre aux déguerpis de reprendre leurs boutiques du marché de Dembé, c'est pourquoi un nivellement du site a été effectué après la contribution financière des commerçants.
Me Francis poursuit, malgré plusieurs démarches menées par les commerçants pour ramener le maire à la raison, ce dernier en complicité avec certains agents ont procédé nuitamment à l'attribution de ce site à d'autres personnes. Ainsi, ces nouveaux attributaires qui n'ont aucun lien historique avec ce marché avaient lancé un grand chantier de construction de plusieurs boutiques sans se préoccuper des anciens attributaires.
Selon lui, « c’est un comportement de déni de droit, nos clients se sont rendus sur les lieux pour demander gentiment à ces inconnus de suspendre les travaux malheureusement ils ont refusé d'entendre raison et c'est après une démarche inclassable que les travaux ont été suspendus ». Mais après la nomination de Mme la maire Bartchiret Fatimé Zara Douga, les mêmes personnes véreuses ayant entraîné l'ancien maire à la perdition contre les intérêts de leurs clients au profit de leurs intérêts propres, a-t-il souligné.
Toujours selon lui, dans sa logique de satisfaire ses proches, Mme la maire met sur pied une commission composée que des agents de la mairie sans associer les commerçants déguerpis du dans le but de reprendre les travaux. « Nous convions Mme la maire de cesser de cautionner l'injustice, nous sollicitons l'implication personnelle du Président de transition pour permettre aux déguerpis d'avoir chacun sa boutique ».
Noël Adoum







