jeudi 22 octobre 2026

Il est jeune, de petite de taille et robuste comme le béton du viaduc de Chagoua. Il n'a que 25 ans, mais c’est la terreur de tous les défenseurs la ligue de N’Djamena. Il fait trembler les gardiens de but. C’est un buteur né. Il vient de battre un nouveau record : 29 buts au compteur.  Il a été l'un des plus grands artisans pour la qualification d'As PSI à la coupe du Tchad édition 2023. Qui est Yannick Marsa ? Entrevue.

Qui est Yannick Masra ?

Je suis Doumna Masra Yannick, né en 1997 à Delli dans la région du Logone occidentale à une vingtaine de kilomètres de Moundou, capitale économique du Tchad. J'ai commencé à jouer au football dès mon jeune âge à Delli avec le ballon de chaussette emballée de plastique jusqu'en 2014. Nous avons déménagé, mon père, fonctionnaire, est affecté à Moundou. C’est dans cette ville que ma carrière a commencé à fleurir avec une équipe de quartier, As Para. Nous étions deux fois de suite champions. J'ai aussi joué le championnat de deuxième division du Logone occidental tenue à Moundou où j'ai joué pour le compte de l'équipe de mon village. Nous avons remporté la coupe avant d'être repéré par As Coton de Moundou. Je me suis imposé malgré mon jeune âge. J'étais toujours buteur. J’ai encore déménagé à Pala où j'ai joué pour As Pala. Nous avons remporté la coupe provinciale. Enfin, j'ai déposé ma valise à As Cimenterie de Pala où nous étions encore champions et moi buteur. C'est de là que Gazelle FC m'a repéré et j'ai rejoint N'Djamena en 2017. J'étais coéquipier à Marius Mouandilmadji. J'ai quitté Gazelle et j'ai rejoint As PSI, mon dernier club.

Vous êtes buteurs du championnat de Ndjamena avec 29 buts, une première dans l'histoire de ce championnat, quel sentiment vous anime en ce moment ?

J'aurai souhaité voir mon équipe remporter cette coupe provinciale que d'avoir assez de buts marqués. Mes buts sont les fruits d'un effort collectif et je remercie mon entraîneur et mon coéquipier qui ont rendu la tâche facile. Rendez-vous à la coupe du Tchad.

Pensez-vous être au meilleur de votre forme ?

Je ne vais pas me prendre la tête, mais je vous avoue que je suis venu avec retard et j'ai mis le paquet. Et aussi grâce à mes coéquipiers tels que Abba Dahab, Goudja, Ali, etc. on a fait une année ensemble et on s'éclate bien. Ils me servent et le résultat est là. Je pense faire encore mieux à la Coupe du Tchad et les saisons avenirs.

Quels sont vos modèles en tant qu’attaquant quand vous étiez jeune ?

Luis Suarez, c'est mon joueur préféré, le top modèle pour moi. C'est attaquant technique, qui terrorise la défense avec sa puissance et tremble le filet. Aujourd'hui avec le temps, j'adore le foot de Erling Haland aussi. Tous marquent dans toutes les positions. Je regarde constamment leur déplacement ou leur jeu sur YouTube.

Dans quelle équipe souhaiteriez-vous jouer un jour ?

Le Real Madrid naturellement. Parce que c'est le meilleur club au monde avec un jeu particulier. J'aimerais être l'un des premiers Tchadiens à écrire l'histoire dans ce club. 

Lorsque vous terminez un match, vous n’existez que pour les buts ou en tant qu’attaquant vous arrivez à vous dire qu’un match peut être réussi sans marquer de buts ?

Un gardien c'est pour garder les buts, mais un attaquant c'est pour marquer et aussi créer de l'espace et des occasions à ses coéquipiers de marquer. Telle est ma lecture en tant qu’attaquante

Quelles sont les qualités indispensables pour être un très bon buteur ?

C'est le travail. Encore le travail et le dialogue avec ses partenaires sur le terrain et en dehors du terrain.

Comment voyez-vous votre avenir ? 

Pour le moment je suis joueur d'As PSI, mais comme tout être humain, j'ai des ambitions. Par exemple aller jouer au haut niveau surtout en Europe et dans des clubs comme Bayern Munich ou le Real Madrid.

Yannick, vous portez un nom de famille similaire à un politicien Succès Masra qui fait écho, est-ce que vous avez un lien ?

Je ne le connais pas, nous n'avons pas un lien de parenté. C'est en 2020 que j'ai su qu'il y a un Masra politicien.   Dernièrement les gens nous confondent également, mais moi ça ne me gêne pas. Je suis Tchadien, il l'est aussi, mais je reste apolitique. Je me concentre sur le football, la politique ne m'intéresse pas. Tout ce que je souhaite pour le Tchad, c'est la paix.

Réalisation Abderamane Moussa Amadaye

La Société Nationale d'Exploitation minière et de Contrôle (SONEMIC) a lancé ce vendredi 26 mai les journées de promotion du secteur minier du Tchad. La cérémonie s'est déroulée dans la un grand hôtel de la capitale tchadienne, N’Djamena. Le président de transition Mahamat Idriss Deby, le Premier ministre Saleh Kebzabo et plusieurs membres du gouvernement étaient présents. Reportage.

« Le secteur minier revêt une importance capitale pour le développement économique et social du Tchad. Les ressources minérales dont nous disposons sont des trésors naturels qui peuvent catalyser notre croissance et notre prospérité », a dit le président de transition Mahamat Idriss Deby. Il estime qu’en travaillant ensemble, les Tchadiens peuvent insuffler une nouvelle dynamique à ce secteur pour en faire un moteur de croissance créateur d’emplois. Cela, dit-il, passe par l’exploration de nouvelles opportunités et la mise en œuvre des stratégies novatrices pour promouvoir une exploitation responsable, durable, saine et bénéfique à tous.

Le président de transition tient à réaffirmer l’engagement du gouvernement de transition en faveur de la promotion du secteur minier. « C’est un engagement qui intègre plusieurs aspects vitaux. Notamment sécuritaires, juridiques, économiques, sociaux et environnementaux ».

Il a évoqué la zone de Kouri Bougoudi dans les confins nord du pays qui, dit-il, autrefois une zone de non-droit est aujourd’hui pacifiée, sécurisée, réglementée et en voie d’être viabilisée. « Tout ceci est rendu ou en voie d’être rendu possible par la grâce de Dieu et grâce à leur action qui s’est traduite par l’évacuation de centaines des milliers de personnes parmi lesquels des trafiquants, des criminels, des terroristes, des étrangers, mais aussi des simples citoyens tchadiens qui cherchent fortune ».

Toujours selon le PT, le Tchad est béni par une nature riche et diversifiée, et nous devons veiller à protéger nos écosystèmes fragiles tout en tirant les bénéfices de nos ressources minérales et imposant des normes environnementales strictes. Il ajoute, « nous devons investir dans la formation et l’éducation de nos jeunes, pour leur permettre de participer activement à cette industrie et bénéficier des opportunités d’emploi et de développement économique qu’elle offre ».

Avant, le directeur de SONEMIC Abdelkerim Charfadine a fait l’historique de son organisation en affirmant qu’elle a été créée sur les cendres de la SONAMIG. « La nouvelle appellation entraîne, de facto, l’extension de la mission de la SONAMIG telle que le contrôle, l'encadrement, la répression de la fraude et la supervision des activités minières sur toute l'étendue du territoire national ». La SONEMIC, conformément à sa feuille de route, lance plusieurs chantiers de rénovation : l'organisation du sous-secteur artisanal, le contrôle digital, l'organisation des activités minières dans les provinces productrices, etc.

« Aujourd'hui, c’est l'organisation des Journées de promotion du secteur minier », dit-il. Il précise que cette édition se distingue par son degré d'inclusion des acteurs nationaux du secteur. Avec notamment les sociétés minières, les orfèvres, les femmes commerçantes, etc.

Noël Adoum

Collectif des organisations des jeunes du Chari-Baguirmi a organisé cet après-midi, mercredi 24 mai une assemblée générale dans la grande salle du Centre d'Études de Formation et de Développement (CEFOD). Durant leur assise, la jeunesse de Chari Baguirmi a tenu à remercier le président de transition d'avoir écouté les cris de la population. Reportage.

L'Assemblée générale a vu la présence de plusieurs jeunes hommes et femmes dans la grande salle. Tout a commencé par un tonnerre d'applaudissements au président de transition Mahamat Idriss Deby, pour sa décision de dissoudre le comité de gestion des revenus pétroliers de la Province du Chari-Baguirmi. Un comité qui a été décrié pour sa gestion calamiteuse, déclare le coordinateur du collectif Abdelkader Djibia. Après avoir fait le raconté de ce qu'ils ont vécu notamment, convoqués à plusieurs reprises à la DNRJ, interpellé à Dourbali, puis- arrêtés 4 jours à Bousso. « Chaque jour nous recevons des menaces de mort », a déclaré le coordinateur. M. Djibia souligne, « ces risques que nous prenons est la cause de la population du Char-Baguirmi, est aussi la cause de la jeunesse du Chari-Baguirmi que vous êtes ». Il poursuit, « Chari-baguirmi ou la mort, Chari-Baguirmi ou rien, Chari-Baguirmi, nous vaincrons ».

Selon lui, ils ont fait un grand pas en avant, mais la lutte n'est pas encore terminée. Il ajoute, « Nous préférons mourir pour l'intérêt du Chari-Baguirmi que de voir souffrir le Chari-Baguirmi ». Il appelle les jeunes de la région à l'union et l'unanimité de leur province. Pour lui, ils sont face à un défi de ne plus permettre des individus portés la destinée de la province à leurs guises. De ne plus accepter que les individus dirigent la province pour leur intérêt égoïste.

 Il appelle les jeunes à la vigilance pour rester unis et mobilisés afin de mettre en place un nouveau comité compétent et transparent qui travaillera pour l'intérêt commun de la province. Nous avons besoin de jeunes et de femmes responsables et engagés qui relèveront le défi avec succès.

Ils attirent l'attention des autorités notamment le ministre des Finances et le gouverneur du Chari-Baguirmi sur le processus de la composition du nouveau comité de gestion des 5% des revenus pétroliers en traduisant dans les faits la déclaration du président de Transition. Dans les jours avenirs, le collectif ira à la rencontre des citoyens dans les quatre départements respectifs pour choisir par consensus les jeunes et les femmes compétentes pour la composition du nouveau bureau, a-t-il conclu.

Noël Adoum

Le match comptant pour la 16e journée reporté et qui devait opposé cet après-midi le champion du Tchad, Tout-puissant Elect Sport à Renaissance football club au stade de Diguel dans la commune du 8e arrondissement n'a pas eu lieu. RFC a brillé par son absence. Reportage.

Prévu à 15h30, les verts rouges ont répondu absent pour rejouer ce match comptant pour la 16e journée qui a a été reporté par le comité de normalisation du football tchadien (CONOR) suite au recours du TP Elect Sport qui a contesté le retrait de ses 3 points parce que des supporters ont envahi les terrains.

 Dans une correspondance, dont Ialtchad obtenu une copie, adressée à la présidente du CONOR par le Président de RFC, Dr Hamit Ali Moutaye, affirme que cette décision de rejouer le match ne tient pas debout et est de nul effet ». Ce qui veut dire tout simplement que Renaissance football club, tient à ses trois points et ne reconnaît.

Pour Moussa Abakar supporter de RFC rencontré au stade de Diguel, le visage crispé, accroché à sa moto, relève qu'il supporte les verts-rouges depuis 10 ans. Il qualifié la décision de son équipe de ne pas se présenter au terrain est légitime, «la décision du CONOR est injuste et injustifiée. Nous gardons foi que le titre va se jouer le 27 mai prochain contre Foullah. Le reste n'est que détail », a-t-il confié avec assurance. Quant à Hassan Béchir, grand supporter de Élect Sport depuis 35 ans dit attendre la décision de la ligue pour fêter les 3 points qui seront cruciaux pour le titre, dit-il. «En plus de ses nouveaux trois-points et une  victoire au prochain match, je dirais que tout est possible de voir TP Elect Sport champion de Ndjamena», a-t-il expliqué.

Nodjiram Gérard, capitaine des jaunes et noir dit être surpris par la l'absence de leurs adversaires. « Selon le règlement du match, lorsqu'une équipe ne se présente pas à l'heure du match prévu, on lui accorde 15 minutes et si elle ne vient pas encore, elle est battue forfait et les 3 points seront accordés à l'équipe présente ».

En attendant la décision finale de la commission de l'arbitrage, TP Elect Sport totalise les mêmes points que le premier de cette compétition Foullah Édifice avec 55 points. Signalons qu'il ne reste qu'un seul match pour chacune des équipes pour que l'une de deux soit championne de la ligue provinciale de N’Djamena.

Abderamane Moussa

Les conflits intercommunautaires dans le sud du pays ont endeuillé plusieurs personnes des localités concernées. Les condamnations se multiplient de la part de certaines associations parmi lesquelles, l'Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) et des partis politiques dont le Parti Action pour la République, la Démocratie et le Développement (ARD) à travers des communiqués rendus. Reportage.

L'Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) exprime sa profonde indignation suite aux tueries perpétrées dans la Province du Logone oriental notamment dans les départements de la Nya Pendé et du Mont de Lam durant ces derniers jours. Pour L’Association, la prise du pouvoir par les militaires suite à la disparition tragique du Maréchal a été justifiée principalement par la sécurité des personnes et de leurs biens ainsi que le maintien de la paix et de la stabilité. Malheureusement, les autorités de la transition n'ont pas tenu la promesse faite à l'endroit du peuple et de la communauté internationale en matière de sécurité des personnes et de leurs biens. « Nous assistons régulièrement à des graves violations des droits de l'Homme, des massacres des populations civiles sur une grande partie du territoire national et le dernier cas en date est celui de la Sous-préfecture de Larmanaye, dans la province du Logone oriental » rapporte l’APLFT.

L'APLFT rappelle que le droit à la vie est un droit universel reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, le Pacte International relatif aux droits civils et politiques ainsi que par la Charte de Transition révisée en République du Tchad.

L'APLFT invite le gouvernement à entreprendre des actions concrètes pour assurer la sécurité des populations civiles et de leurs biens. De veiller à prévenir des bavures des militaires déployés dans les zones d'opérations. L'APLFT exige qu'une enquête indépendante soit menée pour identifier et retrouver les auteurs de ces différents crimes pour être jugés. Elle appelle au dialogue qui est la voie légale pour obtenir justice et réparation.

Le Parti Action pour la République, la Démocratie et le Développement (ARD) exprime sa désolation face à la situation ignoble et alarmante qui prévaut depuis quelques jours dans la zone méridionale du Tchad, où des massacres sont organisés et perpétrés contre les populations autochtones par des éleveurs et autres individus non identifiés. Le Parti exige du Gouvernement des mesures urgentes face à la détresse humaine des paisibles concitoyens, sans défense et sans protection, qui voient leurs familles décimées, leurs habitations et leurs réserves d'aliments systématiquement détruites et leurs bétails arrachés et emportés dans une sanglante et aveugle barbarie digne d'un autre siècle.

Selon l’ARD, cette situation s’apparente aux prémices d'un génocide. L’ampleur des pertes en vies humaines suites aux tueries, enregistrées depuis des mois à travers le territoire national est inacceptable.

L'ARD demande au président de transition de s'investir personnellement afin que des mesures urgentes et proportionnelles soient prises pour sécuriser les populations assaillies et sévir durement contre les auteurs de ces crimes odieux, qui défient toute prétention à la paix et à la cohésion sociale.

L'ARD, tout en encourageant les efforts des Forces de Défense et de Sécurité déployées sur le terrain, rappelle au Gouvernement d'Union Nationale de Transition, issu du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS), les attentes du Peuple tchadien qui, tout autant que l'opinion internationale, est témoin de cette horrible tragédie. « Il est temps que cesse la permissivité face au mépris du droit à la vie de certaines communautés tchadiennes », a-t-il conclu.

Noël Adoum

La plateforme Nakemando a animé un point de presse ce 20 mai 2023 à la maison des médias en réaction à la barbarie entretenue dans le sud du Tchad, dit la plateforme. Reportage.

Habillée en noir, signe de deuil, une dizaine de citoyens issues de deux religions, musulmane et chrétienne notamment des pasteurs et imams ont mis sur pied une plateforme dénommée Nakemando, « qui veut dire en langue Laka, désolation », a expliqué Bishop Amane Mamate, Président de l'Alliance évangélique des églises de Pentecôte du Tchad. Il indique que cette plateforme est mise pour dénoncer les exactions commises au sud du pays, qui selon lui semble être une guerre religieuse sciemment entretenue pour diviser les tchadiens de deux confessions religieuses, « musulmans aux chrétiens ou nordistes au sudistes », dit-il. Pour le pasteur, les évènements qui se déroulent au sud du pays sont déplorables. Selon lui, l'armée française est pour quelque chose dans ce conflit meurtrier qui oppose les tchadiens qui vivaient fort longtemps dans l'unité et la tolérance malgré leurs petites divergences. « Nous constatons que les éléments qui ont déclenché la période la plus sombre de l'histoire du Tchad marquant d'estampille du sang fané 1979 sont au point d'être restaurés. Qu'il soit au nord ou au sud, là où l'armée française est passée, le sang finit par couler », a-t-il exprimé d'un ton sec. Il ajoute, « Comme si par hasard, une colonne de l'armée française vient de séjourner au sud et le résultat est identique à celui de Miski ou au Tibesti », a-t-il relevé. Le pasteur indique que la plateforme proteste contre l'omniprésence de l'armée française qui selon lui, se croit sur terre conquise et qui sème que la désolidarisation dans des familles. Il clarifie aussi que des actions seront entreprises très prochainement afin d'éclaircir l'opinion notamment la descente d'une équipe des jeunes musulmans et chrétiens au sud du pays, rencontrer les victimes, sensibiliser la population de ne pas tomber dans le piège de certaines forces occultes qui veulent mettre le pays à sang et à feu, etc. « Nous sommes tchadiens et c'est dans nos diversités ethniques religieuses et communautaires que notre fierté s'y trouve », a-t-il conclu sous l'ovation de ses camarades présents dans la salle.

Rappelons que la plateforme Nekemando est créée par les imams et pasteurs avec les jeunes chrétiens et musulmans. Elle est dénommée Nekemando en langue du terroir "Laka" qui signifie la désolation. Cette plateforme est créée dans le but de répondre à tout cri qui se lèvera du nord au Sud, d’Est à l'Ouest et au Centre du Tchad afin de préserver

Depuis quelques années, la capitale tchadienne, N'Djamena connaît une prolifération des espaces aménagés où se développent des pépinières. Une activité qui semble profiter à certaines couches de la jeunesse en leur offrant des « petits emplois ». Reportage.

De N'Djari en passant par Sabangali jusqu'à Habbena devant les grandes artères de la ville des pépinières sont aménagées dans des coins réservés. De la verdure illumine la vue, la fraîcheur et du parfum naturel se dégagent rendant le lieu et l'odorat plus agréable. Sur les différents sites visités par la rédaction, quasiment toutes les plantes sont mises en pot. Certains jardiniers s'occupent de l'entretien et d’autres des semences. Un véritable travail d'équipe.

Bakargué Oueina Dabei, jardinier pépiniériste et Secrétaire général de l'association N'Djamena Vert rencontré à la pépinière non loin de l'Institut français du Tchad (IFT) affirme qu’il a obtenu son diplôme universitaire grâce à cette activité. « J'ai fait mes études et aujourd'hui je suis intégré à la fonction grâce à cette pépinière et je ne manquerais pas de passer de temps en temps pour former mes cadets », dit-il. M. Dabei soutient que cette activité est rentable et lui a permis de joindre les deux bouts. Les plantes sont souvent importées de l'extérieur à l'instar du palmier, mais d'autres ont leur semence au niveau local, dit-il. « Nous avons quasiment toutes les plantes, les privâtes saoudiens communément appelés 6 mois, les goyaviers, les bananiers, les citronniers, les mangues greffiers, les raisins, les pommiers, etc. ». Il ajoute, « les plantes sont semées ou faites par boutures ». Le SG indique aussi que la vente des plantes est à la hausse en ce moment de canicule. « Nous vendons plus entre avril-mai-juin. On peut vendre entre 30 à 40.000 FCFA par jour », a-t-il justifié. Il a rassuré aussi qu'avec les revenues, leur progéniture étudie à l'étranger. « Nous avons même envoyé nos enfants étudiés à l'étranger avec les revenus que nous faisions. Ils font des hautes études », a-t-il confié.

Leigue Marcel, pépiniériste dans le même parage raconte la même chose. II est élève en classe de troisième. « Je suis venu du village à la cherche de l'emploi. Aujourd'hui, Dieu merci, je gagne ma vie grâce aux pépinières. Je me suis réinscrit à l'école que j'ai abandonné depuis plusieurs années. Aujourd'hui, je suis en classe de troisième. J'aide mes parents au village, aussi », a-t-il déclaré. Il a énuméré plusieurs difficultés auxquels il fait face, comme les manques de matériels de travaux : pèles, brouettes, râteaux, tuyau d'eau, etc.

Abderamane Moussa Amadaye

La 25e journée de la ligue provinciale de N'Djamena a opposé ce vendredi 19 mai 2023, TP Elect sport contre As EMAT dans le stade de Paris-Congo situé dans la commune de 6e arrondissement de la capitale tchadienne. L'équipe de TP Elect sport s'est imposé dans la douleur à un quart d'heure de la fin du match. Reportage.

Dès le coup d’envoi, As EMAT a montré sa supériorité technique surprenante en ouvrant rapidement le score grâce à Idriss Hassan (dossard 3). L'équipe d'EMAT a mené à la pause le Tout Puissant Elect en construisant une fondation dynamique en défense pour avoir pris la longueur d'avance sur le score de 1-0.

De retour des vestiaires, les deux formations se sont accrochées dans une pression intense. L'équipe de TP Elect sport, s'est vite réveillée en provoquant un corner, bien servi par son ailier (dossard 16), Ahmat Nangosdé (dossard 19) a profité d'une détente incroyable pour marquer un but d'égalisation en donnant la joie aux siens. A un quart d'heure de la fin du match, après avoir éliminé ses adversaires en un contre deux, Abbo Idriss (dossard 7) a marqué un but de victoire dans la douleur grâce à ses efforts personnels en contribuant à la fête de l’équipe suite à cette remontée de score.

À la suite de cette victoire l'équipe TP Elect Sport continue sa course au titre de la League provinciale de N'Djamena. Quant à l'équipe d'EMAT, elle jouera sa dernière carte contre l'As Farcha pour éviter la relégation à la deuxième division.

L'entraîneur adjoint de l'équipe As EMAT Assida Henry déclare, « le match est à notre porté, la première partie on a su gérer le match mais nos joueurs n'ont pas tenu et voilà, ils ont trouvé deux occasions et ils ont marqué. Si non on était au-dessus d’eux ». Il ajoute, leur dernière chance est de jouer contre As Farcha et qu'ils feront le nécessaire pour gérer leur match pour ne pas être relégué en deuxième division.

Quant au coach de l'équipe de TP Elect sport Tokomo exprime sa joie de la victoire et une sensation de satisfaction car prendre le score en réalisant cette remontée n'est rien autre qu'une satisfaction. Il se dit confiant pour que son équipe soit championne, car « tant qu'on joue un match, l'équipe se battra jusqu'au bout ». Ils sont entrain de courir afin de viser le titre.

Rappelons que à la suite de la décision du CONOR, le match objet de litige entre les deux clubs TP Elect-Sport et Renaissance football Club est à rejouer avant la fin du championnat de la ligue provinciale de football de N'Djaména.

Noël Adoum

Depuis quelques années, il y a une prolifération des centres d'anglais et d'informatique dans la ville de N'Djamena. Les plus anciens centres continuent d'exister pour satisfaire les jeunes tchadiens malgré les aléas économiques parmi lesquels figure le centre culturel Oasis. La rédaction a échangé avec le directeur du centre Oasis Abakar Brahim Maïna ce jeudi 18 mai Reportage.

Le Directeur du centre culturel Oasis Abakar Brahim Maïna affirme que le centre est créé depuis juin 1996 avec un projet dénommé coopération internationale ou le volet culturel notamment le sport, la santé, etc.

Il ajoute que la mission du centre est de former les gens en anglais et aussi en informatique. Puisque le centre à une bibliothèque et des clubs d'Anglais qui viennent d'ailleurs, a-t-il dit. Il a relevé que le centre forme 300 personnes par an pour un prix de 17 000 f par niveau.

Selon lui, «dans ce centre, on enseigne sur place, on déplace des enseignants dans différents ministères, on forme des civils, des commerçants, des gendarmes de l'État, on se déplace pour la formation et les autres viennent faire cours sur place», a-t-il déclaré.

Il poursuit, pour faire le cours en anglais, il y a 2h chaque séance, pour faire un niveau, il faut 2 fois par semaine pendant 3 mois et ensuite 4h par semaine d'apprentissage. Ce centre est à but non lucratif pour aider les gens à ville prix par niveau considéré comme une subvention.

Il relève que le centre est ouvert pour tous ceux qui veulent apprendre l'anglais. Car il a également formé des étrangers qui travaillent dans des organisations internationales. Le centre est composé des formateurs tchadiens et des expatriés, a-t-il conclu.

Noël Adoum

Le président de la Commission National des Droits de l'Homme (CNDH) Mahamat Nour Ahmed Ibédou a organisé un point de presse ce mercredi 17 mai dans son bureau situé au quartier Amriguébé dans la commune de 5e arrondissement de la capitale tchadienne. Dans sa déclaration, il a dénoncé les évènements inquiétants qui se sont survenus au sud du pays. Reportage.

Le président de la CNDH Mahamat Nour Ahmed Ibédou affirme que la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) est profondément horrifiée par des tueries qui ont endeuillé une fois de plus, des familles tchadiennes. Il ajoute, « le mardi 16 mai, les habitants de deux villages des départements de la Nia Pendé et des Monts de Lam dans la province du Logone oriental ont été massacrés de manière cruelle et les rares rescapés n'ont trouvé leur salut qu’en fuyant en brousse. Ces tueries inadmissibles, exécutées de façon méthodique, qu'elles sont perpétrées souvent sur des femmes et des enfants », a-t-il déploré. La CNDH estime que les images insoutenables publiées sur les réseaux sociaux, le pays entier a presque été témoin d'actes ignobles et d'une barbarie inhabituelle.

La CNDH interpelle le Gouvernement tchadien afin que des enquêtes diligences soient faites et que tout soit mis en œuvre pour que de tels massacres ne puissent plus avoir lieu dans notre pays. Ces massacres, en cette période de transition, fragilisent le tissu social, déjà sérieusement malmené par les conflits intercommunautaires et conflits agriculteurs-éleveurs récurrents, doit impérativement constituer la priorité du gouvernement de transition.

La CNDH fait remarquer qu'une politique d'un gouvernement de transition doit être axée sur la recherche de la cohésion nationale, du vivre- ensemble entre les communautés tchadiennes, dont la diversité est comme une richesse. Selon M. Ibédou, il faut que les décideurs politiques usent de tous les efforts afin de mener la transition vers des élections transparentes et apaisées. Cela n'est possible qu'avec la construction impérative d'une politique qui a pour objectif de construire une société tchadienne homogène et dont les membres cultivent l'esprit de tolérance. La CNDH suggère au Gouvernement, « la création d'une force mixte tchado- centrafricaine permanente, à l'image de celle créée à l'est du pays, afin d'éradiquer ce phénomène de banditisme transfrontalier et mettre un terme à ce genre de massacres gratuits et barbares ».

La CNDH se félicite de la collaboration entre le Tchad et la Centrafrique dans la lutte contre le grand banditisme de part et d'autre de la frontière commune, collaboration qui s'est traduite récemment par l'incursion en territoire centrafricain des forces armées tchadiennes en vue de neutraliser les présumés auteurs de ces tueries, a-t-il martelé.

Enfin, la CNDH émet le vœu que cette coopération entre nos deux pays puisse s'inscrire dans le long terme afin de nettoyer définitivement la zone des criminels et autres bandits de grand chemin.

Noël Adoum

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