Le Ministère des Finances et du Budget a procédé ce jeudi à l’enrôlement biométrique des retraités et des ayants droit. Plusieurs retraités ont pris d’assaut la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) pour se faire recenser. Mécontents, certains retraités dénoncent une opacité dans le processus d’enrôlement. Reportage.
Plusieurs milliers de retraités, de veuves et orphelins ont pris d’assaut la CNRT pour faire le recensement biométrique afin de percevoir leurs arriérés et de payement et de coupons du 2e trimestre 2022. Le lancement de l’enrôlement a eu lieu ce matin en présence du représentant du ministre des Finances et du directeur de la CNRT accompagné de son équipe. Annoncé il y a longtemps, ce recensement biométrique devrait permettre aux autorités de la CNRT d’avoir des bases de données fiables des retraités et des ayants droit dans tout le pays. Cet enrôlement biométrique est nécessaire pour percevoir les arriérés de pensions et de coupons.
Environ 32 000 retraités qui vont se faire enrôler dans le pays. Et le processus durera 45 jours. Après les 45 jours, l’enrôlement va se poursuivre à N’Djamena pour les retardataires et pour ceux qui sont en voyage.
Pour le représentant du ministre des Finances, Loukman Hissein, le paiement des arriérés couplé avec l’enrôlement biométrique entre dans le cadre de la mise en œuvre du pacte social signé entre le gouvernement et les organisations syndicales. Selon lui, le président du Conseil militaire de la transition (CMT), le général Mahamat Idriss Deby a donné son accord pour le paiement des arriérés à hauteur de 13 milliards de frs CFA. Il soutient que pour traduire dans les faits, l’accord des finances a mis en place une commission paritaire pour assurer les activités de paiement. Il exhorte les retraités à faire preuve de patience et de compréhension pour que les opérations se déroulent dans de bonnes conditions.
Le directeur de la CNRT, Laring Baou se réjouit du lancement de paiement des arriérés couplé avec l’enrôlement biométrique, parce que ça a beaucoup traîné à cause des machines qui ne sont pas prêtes. « Maintenant c’est chose faite, peut-être les premiers jours vont être un peu difficile parce qu’on ne maîtrise pas tout. Mais ça ira », ajoute-t-il. Pour les retraités et les ayants droit qui avaient manifesté pendant plusieurs jours pour réclamer le paiement des arriérés et de coupons, il affirme comprendre leur situation, qu’ils ont besoin de leur dû, c’est leur droit et c’est pour cela qu’ils s’évertuent pour que la biométrie puisse permettre à ce que le bon droit aille à la bonne personne. Selon lui, la biométrie permet d’informatiser les informations pour que désormais on les paye le plus rapidement possible et à l’échéance. Le directeur précise que c’est simultané, celui qui se fait enregistrer va directement au guichet pour prendre une fiche et retirer sa pension et ses arriérés.
Mais certains retraités et veuves ne sont pas satisfaits. Au cours de la cérémonie du lancement de l’enrôlement biométrique, ils ont voulu s’exprimer, mais les autorités de la CNRT ont décliné la demande. Frustrés, leur porte-parole le commandant Jean Blagué fustige en critiquant la main basse des autorités sur le processus d’enrôlement.
Les retraités et les ayants droit composés de veuves et des orphelins souhaitent avoir des informations claires sur le processus et le montant exact à percevoir. Ils dénoncent une magouille orchestrée par la CNRT pour couper leurs arriérés. Au moment où certains se font enregistrer, d’autres menacent dans la cour de ne pas se faire enrôler, si les autorités ne leur donnent pas des garanties.
Jules Doukoundjé
Le Syndicat national des Agents des Postes et Télécommunication SYNAPOSTEL a tenu une Assemblée générale extraordinaire ce 16 juin 2022. Le syndicat a évalué la grève sèche d’une semaine lancée du 09 au 15 juin dernier. A l’issu de cette Assemblée, les agents de la Société tchadienne des Postes et d’Epargne STPE ont décidé à l’unanimité de reconduire la grève pour 2 autres semaines à compter de ce jeudi 16 juin. Reportage
Deux points sont inscrits à l’ordre du jour de cette Assemblée générale extraordinaire : faire le compte-rendu de la rencontre avec le ministre de tutelle et évaluer la grève lancée il y a une semaine. Selon les représentants des agents de la poste ont compris que le ministre des Postes et de l’Économie numérique n’a pas la volonté de résoudre les problèmes de la STPE vu les questions qu’il pose lors de leur rencontre. Comme aucun compromis et aucune négociation n’est entamé, les agents ont décidé de reconduire la grève sèche pour 2 semaines à compter du 16 au 30 juin 2022. Ils campent sur leur position qui est celle d’avoir leurs 7 mois d’arriérés de salaire.
Le président du Syndicat national des Agents des Postes et Télécommunication SYNAPOSTEL Addalil Abakar, affirme que le ministre fait semblant de savoir les problèmes auxquels fait face la poste. « Le ministre nous a demandé pourquoi nous observons la grève. C’est une drôle de question, mais on a pris le temps de lui expliquer les causes proches et lointaines qui a conduit à la grève. Il nous a écouté et a promis écouté la direction générale avant de nous confronter. En attendant la confrontation, nous allons continuer notre grève », explique-t-il. Addalil Abakar indique que pendant ce temps, le syndicat reste ouvert au dialogue. Dans le cas où la direction appelle pour négocier, le bureau va revenir consulter la base.
Au sujet du deuxième point, le syndicaliste affirme que la grève a été suivie à 99% et demande à ses camarades d’être sereins, car selon lui, la lutte vient de commencer. Il attire l’attention de certains agents qui tenteront de saboter la grève en trahissant les autres. Il appelle ses camarades une fois de plus à la solidarité pour aller jusqu’au bout de leur revendication. Les uns et les autres ont abordé dans le même sens et proposent de changer de stratégie de lutte dans le cas où la grève ne marche pas. « Depuis que la grève a été lancée, la direction n’a même pas fait appel aux représentants du syndicat pour négocier. Tout de même, la grève a fait paniquer le ministre. Nous sommes fatigués d’enterrer nos collègues faute de soins. Si le ministre le veut, nous irons avec nos marmites vides pour dormir chez lui », lancent-ils. Une autre Assemblée générale est prévue le 30 juin prochain.
Kouladoum Mireille Modestine
932 candidats toutes filières confondues composent depuis le 15 juin les épreuves écrites du brevet technique considéré comme le baccalauréat dans le domaine industriel. Les candidats on t3 jours pour composer la phase écrite avant de passer à la phase pratique. C’est le lycée technique industriel (LTI) qui sert de cadre pour ce concours. Reportage
Pour la ville de N’Djamena, 932 candidats au total composent le brevet technique, repartis en options commerciales, industrielles et hôtelières. Ils ont 3 jours pour composer la phase écrite avant de passer à la phase pratique qui durera deux semaines environ. Vaibra Nicolas est le président du jury du Brevet technique session de juin 2022. Il fait la répartition des candidats par filière. « Dans la filière commerciale, il y a la comptabilité gestion avec 98 candidats et le secrétariat bureautique avec 461 candidats. L’option industrielle compte quatre filières : la construction métallique 29 candidats, électrotechnique 159, froid et climatisation 41 et mécanique automobile 58. Ces trois options comptent au total 287 candidats. Et la dernière option de l’hôtellerie comprend 11 candidats, dont 9 filles et 2 garçons ». a-t-il indiqué. Il a ajouté que les élèves du lycée technique industriel entrent en classe de seconde et composent le BT en classe de terminale. Pour lui, le BT est un examen qui s’organise après trois ans de formation au sein du LTI et qui équivaut au baccalauréat. La seule différence est qu’avec le BT, on peut accéder facilement au marché de l’emploi.
Le président du jury Vaibra Nicolas précise qu’après les résultats, les candidats admissibles vont composer la deuxième série avec deux ou trois matières selon les filières. Il donne également des précisions par rapport aux candidats libres. À son avis, les fonctionnaires de l’État ou les autres candidats qui n’ont pas de diplôme ont la chance de composer comme candidats libres pour avoir leur Brevet technique.
Haoua Adoum
Le ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de la Petite enfance en collaboration avec l’UNICEF et World Vision ont organisé la journée de l’enfant à Koundoul ce jeudi 16 juin au Centre National d’Accueil, de Rééducation et Réinsertion des Enfants Vulnérables (CNARREV) sous le thème « Éliminer les pratiques néfastes affectant les enfants ». Reportage.
Dès l’entrée du Centre, la cour est ornée par les placards sur lesquelles on peut lire « non au mariage d’enfants, ensemble pour un Tchad sans mariage d’enfants ». Tous les enfants sont habillés en tee-short de couleur bleu et blanc. La cérémonie a commencé par les danses des enfants et des interprétations musicales. « La journée de l’enfant africaine est notre journée. Nous sommes ici à Koundoul pour fêter notre journée cela nous a permis danser, de jouer et de participer aux jeux questions-réponses, aux devinettes et de manger avec d’autres enfants venus d’ailleurs », disent les enfants. Selon Koumgotou Flora Ambassadeur des enfants, la journée de l’enfant africain est une fête des enfants. C’est aussi l’occasion de rappeler que les enfants ont droit à éducation et nous avons des devoirs, insiste l’ambassadeur. Cette journée est très importante « nous sommes là toujours à sensibiliser nos amies sur les formes des violences faites aux enfants », affirment les enfants parlementaires.
Pour Donatien Visiraneza, représentant de World Vision et ses partenaires. Par cette activité ils cherchent à améliorer le bien-être des enfants en favorisant un environnement protecteur qui leur permet d’être pris en charge et protégés au sein de leur famille et de leur communauté. Pour lui, World vision travaille pour renforcer les capacités et de la résilience des enfants pour qu’ils puissent se protéger contre les abus, les exploitations et d’autres formes des violences.
Pour Jack Boryers, représentant de l’Unicef au Tchad, l’Unicef a proposé au gouvernement tchadien la promulgation en 2017 de la loi ratifiant l’Ordonnance portant révision du Code pénal en y introduisant des sanctions contre les pratiques néfastes telles que les mariages des enfants, les mutilations génitales féminines, le plan d’action pour l’amélioration du système d’État civil en juillet 2017, puis l’adoption de la feuille de route nationale de lutte contre le mariage des enfants en 2019. Selon une enquête (MICS-6 2019) au Tchad plus de 3/4 des enfants 1 à 14 ans ont subi une agression psychologique, plus de 3/4 des enfants de 1 à 14 ans ont subi des châtiments physiques dont 30% ont subi des châtiments physiques sévères. Il conclut par les pratiques traditionnelles néfastes, 60.6% des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées avant l’âge de 18 ans et 1/4 des femmes âgées de 19 à sont actuellement mariées. 7% des filles âgées de 0 à 14 ans ont subi une forme de mutilation génitale.
Pour le représentant du ministre de la Femme, de la Famille et de la protection de la petite enfance Ahmat Sougi, Secrétaire général adjoint, le thème est évocateur parce que la privation des droits de l’enfant émane des pesanteurs socioculturelles. Elle se traduit par les punitions morales ou psychologiques, le châtiment corporel, le travail des enfants au nom de la tradition et enfin le SGA conclut en ce terme « 85,3% des enfants de 1 à 14 ans ont subi une méthode de discipline violente, plus de 20% des filles de 18 ans sont mariées ».
La cérémonie s’est déroulée dans une festive avec des animations culturelles et musicales des enfants. Il faut souligner qu’un musicien a animé la galerie et une fille a conclu la cérémonie par une chanson « nous les enfants nous avons mangé, dansé et fêté à l’occasion de notre journée » .
Ousmane Bello Daoudou
Les victimes de l’ancien président tchadien Hissène Habré ont organisé mercredi, 15 juin une cérémonie de deuil national au centre Don Bosco de N’Djamena, capitale tchadienne. Les restes Djimokobaye Nadjigoto et de Alifa Taigui Baye Sam ont été restitués à leurs familles respectives pour être enterrés dans leur village natal. Le ministre de la Justice Garde des Sceaux, ainsi que le conseiller spécial à la présidence, M. Djimadoum-yan Kayamou Énoch ont assisté à l’événement. Reportage.
10h. Le cortège transportant les restes de Djimokobaye Nadjigoto et de Alifa Taigui Baye Sam franchit le seuil du centre Don Bosco de N’Djaména, capitale tchadienne. Veuves, orphelins, parents et sympathisants étaient se sont tous installés et tous se sont tenus debout pour accueillir les restes de ces deux victimes. Très vite la cérémonie a commencé malgré le retard connu à la suite d’une forte pluie torrentielle qui s’est abattue tôt le matin sur la capitale tchadienne. Les représentants des veuves et orphelins se sont relayés pour exprimer leurs amertumes. Ils insistent sur leurs indemnisations qui tardent. Selon les orphelins, un deuil national devrait s’organiser devant les autorités et à la place de la nation et non dans un coin caché de la ville, ici à Don Bosco. « Nous allons accompagner les restes de nos parents, mais à notre retour, nous allons donner une semaine au gouvernement d’assurer nos indemnisations. Faute de quoi, nous allons camper devant la présidence afin que justice nous soit faite. », promettent-ils.
Clément Abaifouta, président de l’association des victimes des crimes et répression de Hissène Habré (AVCRHH), et son collègue, représentant du président de l’AVCRP (association des victimes des crimes et répressions politiques) ont réitéré leur volonté d’aller jusqu’au bout de leur lutte. Ils promettent d’utiliser tous les moyens légaux pour rentrer dans leurs droits.
Pour la coordonnatrice du collectif des avocats Me Jacqueline Moudeina, c’est une journée de douleur intense et profonde. Selon elle, restituer les deux restes montre que les 40 000 morts sous règne de Habré sont désormais enterrés dignement. L’avocate des victimes appelle les familles à s’armer de courage. Elle dit lever l’équivoque sur la question d’excavation. D’après elle, lorsque les juges d’instruction ont constitué l’expertise pour dépêcher sur le terrain afin de vérifier la véracité de fait ressortie sur le dossier, toutes les familles étaient conviées. Malheureusement dit-elle, c’est seulement les deux familles Djimokobaye et Baye Sam qui se sont présentées sur le terrain. C’est pourquoi, aujourd’hui c’est seulement les deux restes promis pour être restitués dans le procès-verbal ont été remis aux familles. L’avocate promet à leur retour, revenir à leur dossier qui est passé comme une lettre à la poste. A son avis, la justice est complète et non partielle. Il n’y a pas raison qu’on n’indemnise pas les victimes, insiste-t-elle. Me Jacqueline affirme qu’ils ont opté pour la justice et non pour la vengeance, mais ils sont désolés qu’on les traite comme un ballon de ping-pong.
Concernant les témoignages, Me Djomian Germain a présenté Djimokobaye Nadjigoto comme étant un grand commis de l’État, un instituteur de formation. Un homme courtois, aimable, aimant le travail bien fait, il fut nommé plusieurs fois sous-préfet et chef de poste administratif. Il fut arrêté le 8 octobre 1984 et exécuté trois jours après. Né vers 1928, à Doba dans le Logone géographique, Djimokobaye fut père de 12 enfants dont 4 sont décédés et 8 vivants. Baye Sam, lui est un chef de Canton né vers 1945 à Goundi.
62 ans de massacre, s’en est de trop
Le ministre de la Justice Ahamat Mahamat Alabo après ses mots de condoléances regrette les massacres au Tchad. Le Garde de Sceaux, parlant en son nom personnel, rappelle le massacre des manifestants pacifiques en 1963. Il se désole que les Tchadiens n’aient pas cessé d’être tués par d’autres Tchadiens depuis 62 ans. « Les massacres ont été perpétrés par les gouvernements successifs de notre pays depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui. Il est temps que cela s’arrête, il est temps que les Tchadiens comme des êtres civilisés ne puissent pas tuer leurs compatriotes pour avoir tout simplement exprimé une opinion contraire », interpelle le ministre. Ahamat Alabo souhaite que ces questions soient soulevées lors du Dialogue national inclusif (DNI) à venir. Ce qui va permettre aux Tchadiens de trouver ensemble une formule afin qu’aucun Tchadien ne meurt pour son opinion, dit-il.
Le conseiller spécial à la présidence, Djimadoum-yan Kayanan Énoch promet déposer son procès-verbal qu’il va aussi le présenté en haut lieu.
Moyalbaye Nadjasna
L’association pour la sensibilisation et la scolarisation des jeunes tchadiens (AJST) en partenariat avec la Banque sahélo-saharienne, l’Office Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE) ont organisé ce 15 juin à la Bibliothèque Nationale du Tchad dans le 5e arrondissement de la ville de N’Djamena au quartier Amriguébé une formation gratuite en entrepreneuriat sur le thème « Six (6) heures pour créer son entreprise et accéder au financement de démarrage ». Reportage.
Plus de 200 jeunes venus de différents horizons de la capitale, N’Djamena, ont pris part ce matin, 15 juin à la formation d’entrepreneuriat organisée par l’association pour la sensibilisation et la scolarisation des jeunes tchadiens (AJST) avec le soutien de la Banque sahélo-saharienne, l’Office Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ONAPE), Tanguir Compagnie, etc. Elle vise à outiller les jeunes fraîchement diplômés des connaissances entrepreneuriales afin de pouvoir rédiger leur business plan, chercher des financements et s’autonomiser.
Hassanié Mahamat, participante à cette formation relève que cette initiative est salutaire, mais elle doute de sa débouchée de financement, « j’ai assisté à plusieurs formations d’entrepreneuriat, mais il y a un sérieux problème au niveau de financement. Le terrain est cruel » confie-t-elle. Toutefois, elle ajoute que le financement ne peut aucunement être un handicap à la formation et à la quête de connaissance. À côté d’elle Alkhali Mahamat Saleh est assis. Jeune diplômé et débutant entrepreneur, spécialisé dans la vente de maïs. Il affirme que cette formation lui a permis de créer son entreprise et de chercher de financement auprès des partenaires. Il ajoute que ce genre de formation permettra de lutter efficacement contre le chômage des jeunes. Par rapport au temps de la formation, Alkhali Mahamat Saleh affirme que six heures ne sont pas satisfaisantes pour une pareille formation. Il suggère à l’association d’ajouter encore plus d’heures et d’étendre la formation sur des jours voire des mois, dit-il. Khadidja Moussa Souleymane est venue assister à la formation. Elle est pâtissière employée dans une boulangerie de la place. Elle souligne que c’est sa première participation à cette formation. Et ajoute que celle-ci lui permettra de lancer son entreprise afin d’être cheffe d’entreprise de pâtisserie de renommée au Tchad voire même de l’Afrique et du monde.
Pour Ahmat Tanguir, Président de l’ASJT, cette formation gratuite vise à former les jeunes en instance d’intégration à la fonction publique. « Il faut apprendre, encore apprendre pour entreprendre » affirme-t-il. Il souligne que ça ne sera pas la dernière, « les 22 autres provinces du Tchad bénéficieront de cette formation et elle sera à la portée de tous les jeunes et gratuit » conclut le Président.
Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou
Les retraités civils, militaires, veuves et orphelins demandent le départ du directeur de la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT). Ils réclament plusieurs mois d’arriérés de pensions et de retard de coupons. Ils campent devant le siège de la CNRT. Reportage.
Les retraités civils, militaires, veuves et orphelins disent ne plus supporter d’être maltraités. Ils campent devant le siège depuis ce matin du 14 juin pour demander le départ sans condition du directeur de la CNRT. Ils accusent ce dernier d’avoir refusé de leur payer plusieurs mois d’arriérés et de coupons impayés. Installés à même au sol, ils expriment leur ras-le-bol et accusent le nouveau directeur d’être le responsable de leur souffrance.
Pour le président du comité de crise et porte-parole des retraités, le commandant Jean Blagué, les retraités, veuves et orphelins réclament juste leur droit. Selon lui, ils ont servi le pays pendant plusieurs années et sont admis à la retraite et veulent leurs arriérés de pensions. Il rappelle que c’est le président du conseil militaire de la transition (PCMT), le général Mahamat Idriss Deby qui a ordonné le ministère des Finances de verser la totalité de leurs arriérés et que le ministre de Finances a donné un délai de 45 jours pour qu’on les paye, mais rien n’est fait. Le porte-parole des retraités ajoute que plus de 200 personnes ont désigné 4 représentants pour aller rencontrer le directeur de la CNRT, mais celui-ci a refusé de les recevoir. Il affirme qu’ils ont écrit au PCMT pour demander son intervention.
Le commandant Jean Blagué explique que, quand ils ont décidé de manifester, le directeur l’a convoqué au commissariat du 5e arrondissement le vendredi dernier, mais à cause de la journée courte, il s’est rendu hier lundi accompagné de tous ses camarades de lutte. En colère, ils décident de camper devant la direction pour demander le départ de leur directeur. Le président du comité de crise déclare qu’un chef doit être patient, tolérant et doit opter pour le dialogue avec ses agents, mais ajoute-t-il, leur directeur est un va-t’en guerre et doit partir.
Abondant dans la même logique, Mme Rassem Anise, veuve d’un retraité militaire avec 8 enfants venant de Doba, dans la province du Logone Oriental, a vendu son bœuf pour faire les papiers de son défunt mari. Elle confie qu’elle n’a eu qu’un seul coupon et peine à avoir ses arriérés. Elle exprime son amertume et souhaite que la CNRT rembourse la valeur de son bœuf et reprendre le livret qui ne la sert à rien. La veuve cherche à retourner chez elle, mais elle est bloquée par manque d’argent.
Le directeur de la CNRT, Laring Baou balaie du revers de la main les accusations des retraités, selon lui une partie des arriérés est versée et ils attendent la biométrie avant de déclencher la paie. Il affirme qu’ils ont commandé de machines pour la biométrie qui sont arrivées avec retard et c’est ce qui a retardé la paye. Le directeur qui tente de justifier le retard de paiement des arriérés des retraités soutient que les machines sont déjà disponibles et configurées et que le paiement va commencer le jeudi prochain. Il explique que c’est depuis une semaine que l’administration est en négociation avec le syndicat officiel de la CNRT. « Il se trouve que Jean Blagué se met en marge et prend quelques personnes pour créer un comité de crise, alors qu’il n’y a pas de crise », dit-il. M. Laring Baou promet que d’ici jeudi le ministre de Finances sera présent pour lancer officiellement l’opération de la biométrie et le paiement d’une partie des arriérés. Ils vont aussi payer les coupons du 2e trimestre et qu’ils vont commencer à N’Djamena avant d’étendre dans les provinces.
Au sujet des livrets brûlés, il minimise en disant que ce sont des livrets qui contiennent des erreurs et qui encombrent les archives qu’il a ordonné de brûler. Concernant la plainte contre le président du comité de crise le commandant Jean Blagué, le directeur reconnaît, mais dit avoir retiré la plainte après une négociation avec l’UST et que le porte-parole des retraités a promis verbalement qu’il va cesser de fermer le portail de la CNRT. Mais, dit-il, ce dernier n’a pas respecté son engagement. Et c’est pour cette raison qu’il a demandé aux forces de l’ordre d’intervenir hier.
Jules Doukoundjé
Les ex-travailleurs de TCC se sont réunis ce 14 juin à la Bourse du Travail pour prendre les dernières nouvelles relatives au paiement de leur grosse. Il s’avère que le ministère de la Justice demande à Esso de verser les droits des ex-travailleurs dans son compte. Et c’est lui qui procédera au paiement. Les ex-travailleurs rejettent en bloc cette idée et ont décidé unanimement de camper au ministère de la Justice. Reportage.
Ils ont pris d’assaut ce matin la Bourse de Travail et s’impatientent de savoir ce que leurs représentants leur diront. A l’arrivée des représentants, tout le monde s’est précipité pour les entendre. Djedouboum Apollinaire porte-parole des ex-travailleurs explique aux autres les informations qu’il a reçues de la directrice générale d’Esso.
Pour lui, la directrice l’informe que le ministère de la Justice lui avait envoyé une correspondance la demandant de verser l’argent dans le compte de l’institution. Ainsi, le ministère procédera au paiement des ex-travailleurs. Il ajoute ensuite que la directrice a écrit une autre correspondance au ministère de la Justice pour demander des explications relatives à cette décision. La directrice a fourni aux représentants des ex-travailleurs une copie de la correspondance qui lui a été adressée par le ministère. Toute l’Assemblée a rejeté en bloc cette option voulue par le ministère de la Justice. « Nous ne sommes pas des ex-travailleurs de l’État tchadien. Que le ministre de la Justice ne se mêle pas de nos affaires et laisse la directrice nous payer nos droits. Cela fait déjà deux décennies que nous attendons d’être dédommagés. Jamais au monde, un ministre a demandé à une société étrangère de verser une grosse dans son compte pour payer les ex-travailleurs. Nous refusons cela », déclarent-ils.
Aussitôt leur porte-parole a fait la lecture d’une correspondance adressée à l’inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires qui fait objection à la correspondance adressée à la directrice d’Esso. Ils ont décidé à l’unanimité de venir déposer la lettre au ministère de la Justice. La note indique que les ex-travailleurs de TCC rejettent en bloc l’option du ministère et adhère totalement à la décision d’Esso de payer chaque ex-travailleur par des chèques comme c’était le cas en 2006. Chemin faisant, ils arrivent au ministère de la Justice. Le portail du ministère de la Justice leur a été fermé. Alors, ils ont désigné six personnes pour déposer la lettre. Une heure après, un émissaire sort du ministère et informe aux autres qui attendent dehors que l’inspecteur est absent et on leur demande de revenir demain. Ils répondent d’une seule voix qu’ils attendront même jusqu’au soir. Quelques minutes après, le ministre de la justice Mahamat Ahmat Al-Habo a envoyé son secrétaire général dire aux ex-travailleurs que la décision est annulée. Alors, ils ont décidé de revenir le 15 juin pour rencontrer l’inspecteur afin de recevoir l’annulation de la décision par écrit.
Kouladoum Mireille Modestine
Les épreuves écrites du Baccalauréat session de juin 2022 avancent à grand pas. Ce jour 14 juin 2022, l’Office Nationale des Examens et Concours du Supérieur (ONECS), organe chargé d’organiser le Bac vient de rendre public le calendrier de l’examen. Les candidats de différentes séries sont dans les préparatifs. À N’Djamena, la révision et les répétitions se font dans les espaces publics ou dans les établissements. Ialtchad Presse s’est rendu sur quelques lieux pour le constat. Reportage.
À 6jours de l’examen écrit du baccalauréat, les élèves ne lâchent pas. Certains espaces verts et établissements scolaires de N’Djamena, comme l’espace vert de Sabangali et du Lycée Technique Commercial (LTC) sont pris d’assaut par les candidats. Ils sont armés de leurs stylos ou des craies, de leurs cours manuscrits ou des anciens sujets corrigés communément appelés « sujets type bac ».
À l’espace vert de Sabangali, il est 10h30 min. L’endroit est doux et calme, de l’air frais provient de partout. Les élèves qui vont bientôt composer le baccalauréat ont envahi presque tout l’espace. Certains révisent leurs cours, d’autres en groupe traitent des exercices en mathématiques, physiques, biologie, chimie ou des sujets de littérature.
Remadji Rosine, élève en classe de Terminale A4 au Lycée Gabriel Lizette est assise avec son camarade en train de s’exercer en mathématique confie qu’elle est prête pour affronter les épreuves. Elle relève toutefois que dans leur établissement, « tous les programmes sont achevés sauf la géographie. Trois chapitres restent inachevés », affirme-t-elle. À quelques mètres de Rosine, Hissein Bourma Hissein révise. Il est élève en terminale D au lycée de la Médaille à N’Djari dans le 8e arrondissement. Il souligne que les préparatifs évoluent dans des bonnes conditions. Il ajoute que la majorité des programmes sont achevés sauf le dernier chapitre de Science de la Vie et de la Terre (SVT). Hissein Bourma Hissein dit être prêt à affronter les examens le jour- J.
11h. Dans la cour du lycée Technique Commercial (LTC), les élèves formés en groupe occupent les ombres des arbres. Certains échangent sur les anciens sujets et d’autres se détendent.
Haoua Adamou, élève en Terminale G1 arabe, assise avec ses camarades affirme « nous avons eu des difficultés, mais aujourd’hui ça va mieux, Dieu merci ». Elle ajoute que tous les programmes ont été achevés avec succès. Elle souligne, « je suis prête à affronter l’examen ». Un peu plus loin se trouve Annour Ahmat Djoda, élève en classe de terminale G2 au Lycée Technique Commercial, il soutient, « chez-nous le programme a été achevé dans son intégralité ». Il poursuit, « nous sommes prêt à affronter les examens et nous allons le prouver le jour J », conclut-il.
Signalons que le Baccalauréat session de juin 2022 se pointe à l’horizon. L’ONECS vient de publier ce jour 14 juin le calendrier de composition des différentes matières. Les candidats attendent avec impatience le grand jour, le 20 juin prochain afin de réussir le diplôme, le plus célèbre, et qui ouvre les portes des études supérieures.
Abderamane Moussa Amadaye
Le Tchad fait partie des pays où la population se chausse à 99% des produits importés de la Chine, de l'Italie ou de la France or la plupart des produits bruts de ses chaussures, la peau par exemple est exportée à grande échelle du Tchad pour alimenter les industries d’autres pays. La fabrication des chaussures demeure artisanale à l'intérieur du pays. Pour lutter contre l'importation et donner de la valeur aux produits locaux, une entreprise dénommée « Baladi chaussure », situé dans le 9e arrondissement de la capitale, au quartier Gassi fabrique des chaussures classiques et hautement esthétiques a vu le jour. Ialtchad Presse s'est rendu à l'atelier de fabrication de cette entreprise. Reportage.
Pour lutter contre l'importation de masse de chaussures et valoriser les produits locaux, Ozias Bébé, jeune tchadien d'une vingtaine révolue a créé une entreprise « Baladi chaussure » en 2020. Une entreprise qui fabrique, répare, rénove et crée des styles des chaussures.
Ces chaussures sont fabriquées à base des produits locaux et importées, faites à base de cuir local ou industriellement tannées. « La particularité chez nous, nous faisons ici de la création de style et fabriquons sur-mesure, le client décide de la qualité, de la matière, du modèle, du style, de la couleur, bref le client défini toutes les caractéristiques de sa chaussure », affirme Ozias.
À l'usine de fabrication, 6 employés font fonctionner l'entreprise. Chacun occupe une tâche bien déterminée. Un couturier à la commande de la machine. Il est spécialisé à ressembler la couverture de la chaussure. Un cordonnier pour coudre, des stylistes spécialisés dans la coupe et le style des chaussures de clients et un enfin un cireur chargé d'embellir et de donner la dernière retouche à la chaussure prête à l'usage. Tous travaillent en étroite collaboration pour faire vivre l'entreprise et chausser les Tchadiens.
Si la plupart des entreprises locales éprouvent de difficultés, Baladi chaussure n'est pas du reste. Pour Ozias Bébé, Président fondateur et le Directeur général de l'entreprise, toute nouvelle entreprise éprouve des difficultés dues à sa méconnaissance par le public. Il ajoute « nos produits ne sont pas connus par la population, ce qui fait que nous avons un nombre limité des consommateurs ». Il relève aussi, l'habitude de l'homme tchadien sur le fait de favoriser les produits importés que les produits locaux. Cela impacte négativement la vente des fabrications locales.
Il lance un appel à tous les Tchadiens à se chausser locaux afin de les aider à faire plus. Et barrer ainsi la route à l'importation. Il estime que « les produits faits par Baladi chaussure sont originaux, durables, esthétiques, et de la meilleure qualité », conclut Ozias Bébé.
Abderamane Moussa Amadaye







