L'équipe conduite par Mahamat Gada Haroun, président de l'association nouvelle initiative pour le développement agropastoral dans le canton Zisoro, département de Fitri province du Batha a eu une rencontre d'échange et de plaidoyer avec les responsables des entreprises d'exploitation minière à Tchaga ce lundi 19 juin. Reportage.
Après la présentation de l'équipe, M. le président Mahamat Gada Haroun a expliqué l'objet de la rencontre qui s’est résumée à la reconnaissance de l'association et aux doléances de la population des villages autochtones qui manque de tout. Il y a des besoins de création d’emploi qui permettra de lutter contre l'exode rural et la migration vers la Libye. La contribution des infrastructures de base concerne les centres de santé communautaire, l’inaccessibilité de routes en saison pluvieuse qui est causée sauve des morts et des difficultés aux femmes qui accouchent.
En réponse à ces doléances Ali Ismaïl géologue administrateur de Groupe GMIA Minetrals a expliqué tout d'abord le groupe GMIA Minérals est encore à la phase d'exploitation de site minier de la Tchaga. Malgré sa contribution, le groupe GMIA a des obligations vis-à-vis de la population locale. Pour lui, le groupe GMIA seul ne peut pas tout assumer, mais elle doit continuer ses œuvres sociales envers la population en prenant en charge les maîtres communautaires, les forages et les lieux de culte. Il ajoute que le groupe GMIA ne cessera pas d'accompagner la population locale, il demande à l'association de sensibiliser les populations sur les mauvaises pratiques qui freinent le développement de la localité.
De son côté Loukman Abdelmoutalib Laborantin minier de la société Abourachid SA dit que son entreprise est sur le terrain. Et dans cette première phase, elle fait ses explorations sur le site minier pour découvrir de l'or. Il souligne que c'est pour la première fois que les autochtones organisés sont venus vers eux pour s'imprégner des réalités du terrain. Il affirme que l’accompagnement de son organisation pour les œuvres sociales pour les populations riveraines ne fera pas défaut.
De Tchaga dans le département de Fitri Ousmane Bello Daoudou
Par un communiqué de presse rendu public ce 17 juin 2023, l'ONG action humanitaire africaine (AHA) tire la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire désastreuse à l'Est du Tchad marquée par un afflux massif des réfugiés soudanais qui ont fui la guerre opposant l'armée régulière au groupe paramilitaire du Général Himeti.
Dans un communiqué de presse, Mohamed Saleh Ibni Oumar, Responsable de l’ONG AHA, lance un appel à la mobilisation internationale pour soutenir les réfugiés d'ElGeneina (ville soudanaise dans le Darfour) à Adré dans le département d'Assoungha, province du Ouaddaï.
Selon le Responsable de l’ONG AHA « à Adré, les réfugiés soudanais sont plongés dans une détresse inimaginable. Le manque d'abris, d'eau potable, de nourriture et de services de base est effrayant », dit-il. M. Ibni ajoute qu'en cette période critique, marquée par des combats d'une extrême violence au Soudan, la situation humanitaire atteint des proportions dévastatrices. « Cette crise se propage aux localités avoisinantes, notamment celles proches de la frontière tchadienne, forçant ainsi les populations locales à se réfugier en masse à Adré, au Tchad », a-t-il expliqué. « Malheureusement, la ville d'Adré se trouve complètement submergée par l'afflux massif de réfugiés, souffrant cruellement du manque de structures d'accueil appropriées. dit-il. L’ONG AHA rapporte que ces deux derniers jours, plus de 400 blessés et 15.000 personnes ont fui la ville d'El-Geneina pour chercher refuge à Adré.
L'Action Humanitaire Africaine (AHA), a mobilisé ses équipes tout au long de la frontière tchado-soudanaise afin de fournir une assistance essentielle aux déplacés et réfugiés soudanais dans le Département d'Assoungha, rapporte son Responsable. « Nous continuons à apporter notre expertise de l’écosystème tout en nous focalisant sur l’aide d’urgence à apporter, il s’agit entre autres de la distribution de kits Wash, de bâches, de nattes, des paniers alimentaires… », a expliqué Monsieur Mohamed Saleh Ibni Oumar.
Face à cette crise humanitaire d'une ampleur sans précédent, l'ONG AHA lance un appel aux organisations internationales pour qu'elles se mobilisent en vue d'apporter une aide humanitaire urgente à ces populations démunies et sans défense. « Nous exhortons les donateurs et les acteurs internationaux à déployer des ressources à la hauteur de la situation critique qui prévaut à l’Est du Tchad. Les bailleurs doivent accroître massivement leur aide afin que le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), La Commission Nationale d’Accueil de Réinsertion des Réfugiés et des Rapatriées (CNARR) et d’autres structure comme la nôtre puissent prêter secours aux centaines de milliers de réfugiés présents dans la zone et les communautés qui les accueillent », a-t-il conclut.
Abderamane Moussa Amadaye
La secrétaire d'Etat à l'éducation nationale a lancé ce matin 19 juin dans un hôtel de la place de N'Djaména un atelier de validation du Cadre National d'Orientation Curriculaire (CNOC) révisé.
C'est un projet de renfoncement de l'éducation et de l'alphabétisation au Tchad (PREAT) soutenu par l'UNESCO, a indiqué la Secrétaire d'État à l'Éducation Nationale, Mme Gemdjé Liliane. Elle précise que cet atelier de validation de la réécriture du Cadre National d'Orientation curriculaire est l'une des émanations de la politique du Gouvernement en matière d'éducation. « En effet, la volonté de refonder l'école tchadienne, telle que recommandée par le Dialogue National Inclusif Souverain (DNIS) et souhaitée par les acteurs du système éducatif Tchadien, ne saurait être une réalité que si cette école dispose d'un Cadre National d'Orientation Curriculaire, finalisé et adapté à nos besoins », dit-elle. Pour elle, l'opérationnalisation de cette option politique, est traduite par des séries de concertations avec les différents acteurs du système éducatif assortie d'une étude diagnostique sur la pertinence des curricula pour mieux adapter à la construction d'un système éducatif compétitif et performant, a-t-elle signifié. Avant de conclure, elle rappelle que cet atelier de validation de la réécriture du Cadre National d'Orientation Curriculaire constitue une étape cruciale de ce processus. En fin, elle a tenu à remercier l'équipe technique nationale et les Partenaires techniques et financiers qui ont contribué valablement à la réécriture de ce document phare, par leurs appuis multiformes, en particulier le Bureau International d'Éducation de UNESCO.
Yao Ydo, Directeur du bureau international de l'éducation pour l'UNESCO, assure que son institution est là pour appuyer et accompagner le gouvernement dans le domaine de l'éducation pour redéfinir un manuel mieux adapté aux réalités tchadiennes et qui doit mettre en valeur la culture tchadienne, dit-il.
Il faut noter que cet atelier durera 5 jours. Du 19 au 23 juin 2023 à l'issu duquel le cadre national d'orientation curriculaire sera révisé.
Abderamane Moussa Amadaye
Les premières épreuves écrites du baccalauréat session de juin 2023 ont été officiellement lancées ce matin lundi 19 juin 2023 au centre du lycée Félix Éboué par le ministre de l’Enseignement Supérieur de la recherche scientifique et de l’innovation, accompagnée par son collègue de l'éducation nationale.
Le ministre de l’Enseignement Supérieur, Dr Tom Erdimi a encouragé les candidats à faire du sérieux lors de cet examen qui va les permettre d’être dans les institutions d’enseignement supérieur. « Les mots d'ordre c'est la rigueur. Les élèves, surveillants et présidents du jury doivent être à l'heure », dit-il. Il ajoute qu'ils sont satisfaits de ce début, « hier j'ai effectué une visite inopinée à l'ONECS. On m'a assuré que tout est fin prêt et j'ose espérer que le calendrier soit respecté sans incidence pour que cet examen se passe dans de très bonnes conditions », a-t-il confié.
Le ministre a aussi assuré que contrairement aux années précédentes, cette fois-ci, les sujets sont codés et ne sont envoyés que le matin aux différents présidents des centres pour être imprimés. « Avec cette technique, il n'y aura pas de fuite et d'ailleurs hier je me suis amusé à faire le tour d'horizon sur les réseaux sociaux pour constater les faits, mais rien à signaler. Pas de fuite et c'est une très bonne chose », a-t-il laissé entendre.
Pour conclure, Dr Tom Erdimi a souhaité une bonne chance à tous les candidats. De même, le ministre de l’Éducation nationale, Moussa Khadam dit satisfait de l'organisation de cette année. « L'année académique 2022-23 a été un succès après tout. Nous avons enregistré moins de grèves et pu faire le nécessaire pour clore le programme ».
Pour rappel, il y a 93 944 candidats repartis dans 141 centres des compositions composent le baccalauréat, session de juin 2023 sur le territoire national.
Abderamane Moussa Amadaye
La soudaineté, la précipitation et la légèreté de la nationalisation des actifs pétroliers, conduite au pas de charge par Mahamat Idriss Deby fils et sa cour royale de sherpas et mentors, sans une appréciation raisonnable et rationnelle du risque financier pour le trésor public et réputationnel pour la signature du pays, est une hérésie à la fois économique, juridique et stratégique.
Dans un des rares moments d’accès de lucidité, Deby père battait sa coulpe à propos des conditions d’acquisition des droits de Chevron en 2014 en avouant dans une interview (en 2017 aux médias : RFI, TV5 et Le Monde) que : « je dois reconnaître que le prêt obtenu de Glencore était une démarche irresponsable. Comment est-ce arrivé ? Au moment où le Tchad avait sérieusement besoin de ressources et où tous les chantiers étaient à l’arrêt, il nous fallait des ressources pour au moins finir les chantiers que nous avions commencés ».
Il questionnait rétrospectivement à sa façon, l’opportunité de cette acquisition non prioritaire et doublement perdante pour un pays déjà exsangue financièrement. Elle l’était d’abord en raison de la valorisation très généreuse de la participation de Chevron dans le consortium, corrélée à la chute instantanée des cours du brut sur les marchés, compromettant les résultats d’exploitation. Et donc la perspective de dividendes espérés par le nouvel actionnaire, État tchadien. Mais elle l’est surtout à cause des conditions prohibitives de l’encours du prêt souscrit pour son financement auprès de Glencore, par ailleurs, principal conseil du pays dans le montage de l’opération de restructuration du consortium. Un encours qui absorbe l’essentiel des recettes du budget, sacrifiant la dette intérieure avec les créanciers ne sachant plus à quel « saint » du parti au pouvoir le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) se vouer. Résultats, la population, seul dindon de la farce dans l’histoire, est KO debout par l’uppercut du plan d’austérité avec son train des 16 mesures assommantes.
Aujourd’hui encore, il a fallu tout le poids et toute la force de persuasion et d’entrainement du ministre français de l’Économie et des Finances dans son rôle de parrain, pour arracher l’accord de restructuration de la dette Glencore au titre du cadre commun du G20, et enfin débloquer les facilités du FMI qui redonnent un peu de respiration au pays. Or, voilà qu’à peine, l’encre de cet accord de restructuration de la dette Glencore, sèche que le pays bande les muscles en se lançant dans une autre aventure « souverainiste » sans appréciation préalable de l’opportunité, de la portée et des risques financiers et la réputation du pays : « se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique ».
En effet, un gouvernement raisonnable et responsable ne peut se lancer à froid dans une opération de cette envergure sans réaliser au préalable une étude d’impact pour mesurer notamment :
Le gouvernement a-t-il produit une étude d’impact du projet de loi de la nationalisation des actifs Savannah ? Les recherches en ce sens n’ont pas permis d’en trouver la trace. L’absence d’exposé de motifs du projet de loi qui devrait fournir la synthèse du motif pour en justifier la raison d’être, autorise le doute.
Par ailleurs, la platitude et l’indigence des débats à l’assemblée transitoire à l’occasion de ce qui ressemble à un vote soviétique, achève de lever le doute. Pourtant, certains tchadiens ont applaudi la nationalisation des actifs pétroliers. Mais avaient-ils seulement conscience de son coût pour le contribuable ? En effet, la nationalisation n’est pas une spoliation ou une simple confiscation par l’État de biens privés. Elle ne se justifie au demeurant que pour un motif d’intérêt général et moyennant « une juste et préalable indemnité ». Celle-ci, déterminée par un tiers, doitcouvrir l’intégralité du préjudice direct, matériel et certain subi par l’exproprié. La loi du n° 003/PT/2023 du 31 mars 2023 passe par pertes et profits le montant de l’indemnisation. Son article 4 se contente de donner compétence aux ministres des hydrocarbures et des Finances d’en arrêter le montant, comme s’il s’agirait de banales notes de frais de missions de fonctionnaires. Or, l’ordre de grandeur ici est en millions de dollars USD, soit approximativement 250 milliards de francs CFA (c’est-à-dire le montant de la transaction Exxon Mobil – Savannah Energy : 407 millions de dollars USD). L’État tchadien doit payer et paiera, peu importe qu’il reconnaisse ou non la société Savannah Energy et le plus tôt sera le mieux. C’est par ailleurs, perdre de vue qu’à la différence d’une expropriation administrative pour cause d’utilité publique où l’indemnisation est postérieure au transfert de propriété, dans une procédure de nationalisation, l’indemnisation est une condition préalable et nécessaire dudit transfert. Son inobservation par le gouvernement en l’espèce se paiera en milliards de dommages et intérêts supplémentaires pour les finances publiques.
Qui plus est, la non-anticipation de la mobilisation du financement contraindra le gouvernement à négocier le couteau sous la gorge avec les bailleurs de fonds éventuels pour le bouclage du tour de table du principal de l’indemnisation (précédemment évoquée), sans égard aux majorations éventuelles. Or un financement par prêt de cet ordre et dans des conditions qui seront peu avantageuses, ne va pas sans restrictions budgétaires subséquentes et donc de plan d’austérité dont les effets sont redoutés et redoutables pour le petit peuple.
Bref, c’est une vraie débauche financière pour le Trésor public que les résultats d’exploitation des puits de pétrole dont les réserves sont à la limite du potentiel, si ce n’est de l’épuisement et dont le cours du brut est plus que jamais dépendants d’une météo géopolitique instable et insaisissable, risquent de ne jamais couvrir. À l’arrivée, il n’est pas du tout certain que la nationalisation célébrée à N’Djamena ait dans la balance, un sens et encore moins un intérêt économique et financier pour le pays au regard de son coût induit par la maladresse des gouvernants. Alors même que sans bourse délier, le pays pourrait profiter encore largement des royalties des dernières années de l’âge d’or du pétrole, car la crise Ukraino-Russe qui maintient les cours du baril de brut à des niveaux avantageux pour les pays producteurs n’est pas éternelle. Ajouter à cela, la dynamique des politiques publiques de décarbonisation de l’économie en cours en Occident, jusqu’alors premier marché en termes de demande de pétrole. Celle-ci accélère la sortie des énergies sales dont le pétrole est la tête de gondole.
La nationalisation des actifs pétroliers au Tchad est sans doute une victoire pour ses promoteurs, mais une victoire à la Pyrrhus pour le pays : une hérésie économique donc, mais sans doute aussi juridique.
La nationalisation est par définition un acte d’autorité. Elle ne se justifie, au regard du droit, que par le seul prisme du motif d’intérêt général. C’est-à-dire, son caractère indispensable, impérieux pour la cohésion et la paix civile, sociale et économique, etc. du pays.
Ce motif peut être soumis au contrôle du Conseil constitutionnel (la Cour Suprême dans le cas du Tchad) par un recours puisque la nationalisation passe nécessairement par une loi. À charge simplement pour l’État qui en prend l’initiative d’assumer le coût de la juste et complète l’indemnisation (op cit.). Ainsi, l’État tchadien peut nationaliser autant d’entreprises et de biens privés relevant de sa juridiction si l’intérêt général de la Nation le commande d’une part, et qu’il dispose de trésor de guerre pour honorer les indemnisations subséquentes, d’autre part.
Mais en l’espèce, en l’absence pure et simple d’exposé de motifs permettant d’appréhender et d’apprécier le motif d’intérêt général l’ayant fondée, la loi n° 003/PT/2023 du 31 mars 2023 de nationalisation n’aurait pas pu passer le filtre du contrôle de conformité, même si la Cour Suprême du pays n’est pas à un renoncement près à l’égard des forfaitures du régime. Mais alors, d’où vient que le gouvernement se perde dans des explications relevant au mieux de l’ordre de la conjecture, et au pire, des élucubrations indignes de la charge de ses tenants ; et qui plus est, sans lien avec une démarche de caractérisation du motif de l’intérêt général.
Par exemple, l’argument du non-respect de la clause de préemption. Cette clause est une clause usuelle des contrats de concession comme le sont, notamment les clauses d’agrément du cessionnaire par le concédant, de concours du concédant à l’acte de cession, de préférence, de garantie réciproques des passifs du cédant et du cessionnaire. De deux choses l’une : soit la clause existe et sa violation, autorise l’État tchadien à travers la Société des Hydracarbures du Tchad (SHT) à la faire valoir, en se substituant d’office au cessionnaire (Savannah Energy) quitte à contester seulement les conditions du prix en appelant à l’arbitrage pour sa détermination. Et dans ce cas, il n’y a plus besoin de nationalisation par une loi. Soit, la clause a été purgée, c’est-à-dire que le gouvernement y a renoncée formellement ou, a laissé passer le délai pour s’en prévaloir quand la cession lui a été notifiée ; auquel cas il ne peut plus l’invoquer. Mais le gouvernement ne peut pas à la fois invoquer la « clause de préemption » sans exercer le droit et le défaut de réponse à sa « demande d’informations sur les capacités techniques et financières de Savannah » ou encore de soutenir « ne pas connaître Savannah » ; un mélange de contradictions qui privent par voie de conséquence le contentieux qu’il a entrepris lui-même de tout son objet. Ensuite, l’argument de la faiblesse structurelle et financière du cessionnaire, à le supposer établi, peut tout au plus, justifier la résolution du contrat de concession pour mauvaise exécution puisque le cessionnaire vient aux droits du cédant.
De même, la convention tripartite SHT- Petronas-État tchadien, ne peut, à cause de son effet relatif, obliger Exxon Mobil qui n’en est pas signataire. Tout au plus, le gouvernement aurait pu à bon droit invoquer les stipulations du contrat de concession qui lient le Tchad à Exxon Mobil et qui obligent celle-ci à assurer la continuité de l’exploitation au risque d’une dénonciation à ses torts et dépens, et la mettre en demeure de reprendre la production ou de trouver sous bref délai un cessionnaire digne. C’est autrement plus efficace, car le non-respect de cette injonction exposerait Exxon Mobil à la rupture du contrat de concession sans indemnisation, ni compensation. Quant à l’argument pris de la suspicion de corruption invoqué contre Savannah, c’est du niveau des causeries du soir de « Dabalaye ». Outre qu’il ne relève d’aucune catégorie de moyens recevables au soutien de la prétention, il atteste de la légèreté et de la désinvolture dans la conduite des affaires de l’État. Si le ministre des Finances a des preuves en ce sens, qu’il saisisse le procureur de la République comme la loi l’y oblige. Et pourtant lui, comme son collègue du Pétrole, tous les deux en première ligne dans ce dossier, passent pour être la crème de la crème du pays.
Les motivations profondes du gouvernement dans cette affaire restent un mystère. De son rôle initial de médiateur entre un personnel national, inquiet pour la garantie de ses droits, par la perspective de la cession de l’activité, et une Esso, totalement dévolue à la recherche d’un repreneur pour céder ses actifs, le gouvernement s’est soudainement découvert des raisons fumeuses, pour l’accession à la propriété de tous les actifs pétroliers du pays, sans les précautions d’usage. Un choix que n’ont pourtant pas fait les géants pétroliers comme le Nigéria, l’Angola, le Congo, le Gabon et encore récemment l’Ouganda.
Abdoulaye Mbotaingar
Docteur en droit
Maître de conférences, Université d’Orléans
Membre du centre de recherche juridique Pothier, CRJP, EA 1212
Chargé d’enseignement, Université Paris-Dauphine-Psl
L'Association tchadienne pour l'Unité de la République (ATUR) a organisé une conférence-débat sur le thème « Pour la paix, la cohabitation pacifique et l'unité nationale ». L'échange a été porté sur la sensibilisation des Tchadiens sur le thème.
Le Maire de 2e arrondissement Youssouf Mahamat Yaro, les délégués de quartiers, les chefs des carrés, les jeunes, les femmes ainsi que plusieurs membres de cette association étaient présents.
Le Maire Yaro dit que le 2e arrondissement reste et demeure le fief du « vivre ensemble de la cohabitation pacifique de la paix ». C’est une pratique et un comportement qui ne date pas d'aujourd'hui, « cela a été hérité des enseignements, des comportements des Lamy-fortains dont le centre de gravité était aux quartiers actuels du 2e arrondissement », a-t-il dit. Il ajoute, en citant la citation de l'artiste Talino Manu que, «la paix est une culture et un comportement », en appelant les Tchadiens à changer de comportement.
Le président d'ATUR, Hassan Mahamat Halou affirme que le Tchad appartient à tous les Tchadiens, « on est condamné à vivre ensemble et on doit vivre-ensemble, car le Tchad n'appartient pas à une ethnie, une région, ni à un nordiste ou un sudiste ». Il appelle les Tchadiens à ne pas soulever la question de l'ethnicité, de la région ou de la religion. Pour lui, tous les Tchadiens sont égaux, il n'y a pas un Tchadien supérieur à son prochain.
M. Hassan met en garde les Tchadiens de la diaspora qui, dit-il, alimentent le feu et distillent les messages de haine sur les réseaux sociaux. Selon lui, les publications faites sur les réseaux sociaux pour s'en prendre à d'autres ethnies ne sont pas responsables. Il appelle les Tchadiens à rester unis et solidaires.
Noël Adoum
Alors que l'exécutif reste contesté en interne par certains membres du parti à leur tête le fils de l'ancien Secrétaire Exécutif, Hicham Ibni, le parti pour les libertés et le développement a tenu son 5e congrès ordinaire ce 16 juin 2023 au palais des arts et de la culture dans le 8e arrondissement de N'Djaména.
Ils étaient nombreux à répondre présents à ce rendez-vous ce matin au palais des arts et de la culture. La cours du palais était bondé des militants à l'écharpe, drapelet etc. aux couleurs du PLD. A l'entrée de la grande salle, la sécurité a été renforcée. Un désordre s'est installé entre les forces de l'ordre, les militants et des curieux. Quelques minutes plus tard, des militants proches de Hicham Ibni Oumar ont été expulsés de la salle. C'est le cas de Béchir Adam Ali. Il a révélé à notre micro, qu'il est militant depuis 1996. « Je viens d'être renvoyé alors que j'étais assis sur la chaise dans la salle et les gendarmes sont venus l'expulser sans raison. J'ai obtempéré », dit-il. M. Béchir juge son expulsion illégale, « renvoyer un militant lors d'un congrès est anormal. Ce n'est pas un bon message », a-t-il jugé. Cet incident n'a pas empêché le déroulement des activités.
Prenant la parole, le Secrétaire Général, Mahamat Ahmat Alhabo a salué la présence de ses militants avant de faire un rappel historique du parti qui aura bientôt 30 ans. Selon le SG, le parti est né pour défendre les libertés et contribuer à une justice pour tous. Il a ensuite rappelé la circonstance du décès du Maréchal et la décision importante prise pour accompagner cette transition afin que le Tchad puisse avoir une stabilité politique et un retour à l'ordre constitutionnel. M. Alhabo n'a pas aussi oublié de saluer la mémoire du 1er secrétaire exécutif, Professeur Ibni Oumar qui a été enlevé et qui serait probablement exécuté, dit-il. Répondant à ses détracteurs, le SG a rappelé que le parti n'appartient psas à aucun individu, ni à une famille, moins encore à une région mais à tous les militants, dit-il. Le SG a souligné aussi les manquements de cette transition, tels que la sécurité, les conflits intercommunautaires, agriculteurs et éleveurs, dans le lac, etc. Il a invité le gouvernement à prendre ses responsabilités. Il a également clarifié la position du parti vis-à-vis de la conquête et de l'exercice du pouvoir. Pour lui, il n'est plus question que le pouvoir se conquiert, s'exerce et se conserve par la violence mais plutôt se conquiert par les urnes et se conserve par la justice, l'égalité et le droit. Pour finir, il a rappelé que l'article 16 de charte du PLD stipule que le congrès est l'organe suprême du parti et a invité ses militants au travail afin de se préparer pour les futures échéances électorales.
Un autre accroc à signaler. Lorsque le SG a demandé d’observer une minute de silence à l'honneur des militants décédés, des personnes sur le balcon ont plutôt préféré chanter et crier. Le SG leur a demandé de se taire ou de quitter.
A noté que ce 5e Congrès du Parti PLD a été placé sous le thème « Dialogue et bonne gouvernance pour l’unité ».
Abderamane Moussa Amadaye
Lors d’un point de presse ce 16 juin la Maison des médias, le Cadre des Jeunes Leaders pour le Maintien de la Paix et la Stabilité au Tchad (CJLPST), affirme soutenir le Président de Transition (PT) Mahamat Idriss Deby et sa tournée en zone méridionale.
Lors de sa tournée du 5 au 11 juin dernier, le PT, Mahamat Idriss Deby Itno a visité 7 provinces méridionales
Le président du CJLPST, Keinodji Carmel Ndilbaye affirme qu'en effectuant cette visite, le PT a démontré qu'il se préoccupe de tous les compatriotes. Et leur bien-être fait partie de sa priorité. Il a remercié le PT pour ses promesses de réaliser des nombreux projets au profit de la population.
« La tournée du président au sud avait pour objectif de constater les maux qui minent cette zone et les conflits intercommunautaires. Il a présenté ses doléances à la population de qui s'est massivement mobilisé pour l’accueillir, l'accompagner et le soutenir ».
Le PT, toujours selon M. Ndilbaye, le PT à exprimer ses remerciements à tous les cadres du sud et d'autres qui n'ont ménagé aucun effort pour la réussite de cette tournée.
Le président du CJLPST a précisé que le Tchad est un patrimoine commun et appelle tous les Tchadiens à soutenir le Président de Transition dans sa volonté de refonder le Tchad, de l’unir, de le réconcilier et de le développer.
Noël Adoum







