Le Tchad célèbre ce 21 juin la fête de la musique. Aujourd'hui 8/10 tchadiens écoutent de la musique étrangère. La rédaction a rencontré des citoyens amoureux de la culture à l'Espace Talino Manu. Ils donnent leurs avis sur la musique tchadienne et ses difficultés. Reportage.
Alors qu'un concert géant est prévu ce soir à la place de la nation pour donner du sourire aux artistes tchadiens en cette date spéciale, la musique tchadienne est toujours malmenée. Elle est de moins en moins consommée localement et ignorée à l'étranger. « Même à Kousseri, ville camerounaise la plus proche de N'Djamena ignore s'il existe des artistes qui font de la bonne musique », dit un jeune homme.
Pour Allasé Moïse, les musiciens tchadiens sont des professionnels, ils produisent de la très bonne musique, mais elle est peu consommée par les Tchadiens. « C’est dû au gouvernement qui s'intéresse peu ou pas à la culture », dit-il. Il ajoute que « des artistes de haut niveau ne manquent pas. Nous avons Cidson El Gawi, Afrotronix etc. ». Selon lui, il faut que le gouvernement déploie les moyens nécessaires pour la construction des salles de spectacles, des studios de musiques et la mise sur pied d'un média pour valoriser les talents et la musique tchadienne.
Pour Mikaël Djikoloum, la musique tchadienne reste la meilleure selon lui. Il estime que le manque des moyens fait en sorte que les artistes n'évoluent pas. « La musique tchadienne reste moins consommée malgré le bon contenu que produisent certains artistes comme Obi'G, Waïti, Cidson, Bâton Magique, Dar Sila, etc. ». Pour inciter la population à consommer la musique locale, M. Djikoloum invite les artistes et le gouvernement à mettre du sérieux dans la communication dans les médias publics et les réseaux sociaux pour promouvoir la culture et la musique tchadienne.
L'avis de la population se diverge. Selon Allah Ramadji Junior, la musique tchadienne ne bouge pas d'un iota. Elle reste intacte et très peu écoutée tant à l'étranger que dans le pays. Ce problème, selon lui est le fait que le gouvernement n'a pas créé un cadre idéal pour promouvoir et inciter la population à écouter la musique tchadienne. « Le Tchad est le seul pays en Afrique centrale qui ne dispose pas d'une École de la musique, de salle de spectacle, de production, etc. Comment voulez-vous que cette musique évolue ? », s'est-il interrogé. Il que le gouvernement et ses partenaires créent un espace pour les musiciens «et la musique tchadienne décollera, a-t-il conclu.
Abderamane Moussa Amadaye
Une mission de l’association Nouvelles initiatives pour le développement agropastoral (NIDAP) a séjourné du 16 au 19 juin 2023 dans le canton Zisoro département de Fitri, province du Batha, a permis à l'équipe de découvrir l’état catastrophique du système éducatif dans cette zone. Reportage.
Le canton Zisoro compte 52 villages situés au bord du Lac Fitri où vivent des agriculteurs et des éleveurs en majorité des jeunes âgés entre 15 à 35 ans. Parmi ces villages, 9 sont oubliés par le ministère de l’Éducation. Il s’agit des villages Boubtogo, Safa, Dougna, Goubouchou, Rokéré, Malana Daga et Mafé.
De Daga à Mafé en passant par Siyalla Gamsa jusqu'à N'garé des infrastructures scolaires de base sont presque inexistantes. Des salles de classe sont fabriquées en banco et d'autres en terres battues construits par les parents d'élèves.
Abdoulaye Kaidallah président de l'association de parents d'élèves (AP) de Siyallah Gamsa explique, « nous avons deux salles construites par les parents, dans la première salle CP1 et CP2 partagent le même tableau et CE1 et CE2 font la même chose ». Selon lui, malgré cette absence d’infrastructure adéquats, 170 élèves sont inscrits pour l'année 2022-23. « Il y a effectif de 105 garçons et 65 filles, dont 130 sont admis en classe supérieure et 40 vont redoubler leur classe ».
M. Kaidallah affirme que les maîtres communautaires sont payés à 25 000 FCFA grâce à la contribution des parents. « Nous sommes des Tchadiens comme les autres Tchadiens, nos enfants ont droit à l'Éducation comme les autres enfants tchadiens ». Toujours selon M Kaidallah, les maîtres communautaires recrutés par l'État ne suffisent pas. Ils servent seulement dans les grands centres (Ati et yao).
M. Mahamat Gada Haroun, président de l'association NIPAD confirme que dans ce canton, il n'y a pas d'école ni des infrastructures socio-économique et culturelle. Il estime que l'État devait construire des écoles dans tous les villages et ferriques du pays mais malheureusement d'autres localités sont discriminées. « Lors de la tournée de président de transition, les hommes politiques ont demandé seulement le désenclavement de Yao. Pourtant d’autres problèmes existent. Ils sont visibles. Par exemple : les écoles, les centres de santé, les aménagements de pistes rurales, etc. »
Ousmane Bello Daoudou en reportage dans la région du Batha
Vient de paraître ce 20 juin 2023 aux éditions Collobri au Cameroun un livre intitulé « Après le tyran, le tyran : D’un État de désordre à un vrai État démocratique, une question de volonté et d’engagement ! », écrit par Abakar Ousmane Idriss, activiste, défenseur des droits humains et militant actif du Parti Socialiste Sans Frontières (PSF). C’est un essai de 84 pages, réparti en 6 chapitres.
Pour l'auteur, cet essai parle de la situation sociopolitique du Tchad sur les 30 dernières années. « Il s’agit de la gestion scabreuse de Deby père et celle du fils. J'essaie de tracer les causes de la destruction de notre nation et ses conséquences à long terme. Ensuite, j'ai invité la masse et notamment la jeunesse à prendre son destin en main, quelles que soient les entraves. La jeunesse doit s’unir pour renverser le rapport de force », dit l'auteur. Selon lui, sans une synergie d’action, le combat ne sera qu’une perte de temps. Il estime que le Tchad qui était un enfer invivable depuis l’époque de Deby père mode agonie, le fils, Mahamat Deby n'y peut rien. « Il fera reculer le pays de 30 ans sous l’applaudissement des griots du régime. Ce pays subira une régression deux fois plus violente que celle du père ».
Questionné au sujet du titre de son ouvrage, M. Abakar affirme que son choix est n'est pas fortuit, mais est le résultat d'une réflexion mûre. À travers ce titre, il dit décrire la continuité du système peu orthodoxe du Deby père au fils Deby avec deux méthodes de gouvernance identique. Et pratiquement les mêmes personnes et le soutien de l'ancienne puissance coloniale, la France, a-t-il confié.
Pour rappel Abakar Ousmane Idriss est connu sous le nom de Abakar Hakimi Terefi. Il est diplômé d'une licence en science politique, communication et relations internationales à Cotonou au Bénin. Il a également un master en gestion de sécurité, défense et stratégie à l'Université de Yaoundé II. Il s'est engagé en politique aux côtés de l'opposant Yaya Dillo Djérou Betchi depuis quelques années.
Abderamane Moussa Amadaye
Ce 21 juin, la plateforme associative du Grand Kanem s’est réunie à la Maison des médias pour dénoncer les déversements répétitifs de pétrole brut dans la région. Elle formule des recommandations pour remédier à ce qu’elle appelle « fléau incessant ».
Selon, Souleymane Mahamat Louky, vice-président de la plateforme, des déversements ont eu lieu ces derniers temps dans la province du Lac et du Kanem, principalement dans le département de Wayi et dans le Kanem-Ouest. « En moins de 2 mois, la région a subi de multiples déversements de pétrole brut, sans que les mesures nécessaires soient prises pour remédier à cette situation », a-t-il relevé. Il ajoute que les conséquences de ces déversements sont catastrophiques. Les écosystèmes fragiles ont été gravement endommagés, affectant la biodiversité et mettant en danger la faune et la flore locales, dit-il.
M. Louky a affirmé que les communautés vivant à proximité du champ pétrolier subissent les effets néfastes sur leur santé et leur sécurité. « Ce qui est préoccupant, c'est le silence de l'État ». La plateforme appelle les autorités compétentes à agir vite. « Il est de leur devoir de protéger l'environnement et la santé des citoyens ». La plateforme exige une enquête approfondie pour déterminer les causes de ces déversements pour que les responsabilités soient clairement établies.
Pour la plateforme c’est le non-respect flagrant des normes standard par la société d'exploitation pétrolière qui serait à l’origine du désastre. « Nous condamnons fermement les pratiques irresponsables qui mettent en danger notre patrimoine naturel », dit le vice-président.
Pour remédier ce fléau, la plateforme a formulé des recommandations. Elle exhorte la société pétrolière à prendre ses responsabilités et de vite réparer les endroits où il y a des fuites, de dépêcher une mission de l’État en urgence en cette saison pluvieuse pour minimiser les dommages environnementaux et restaurer les zones touchées. Enfin, la plateforme invite la société pétrolière à communiquer avec la population et à participer activement à la protection de l'environnement.
Abderamane Moussa Amadaye
Dans un point de presse organisé ce mardi 20 juin au Centre culturel Almouna, la coordination de la plateforme des chefs de Race et le comité ad hoc des Cadres du Guéra demandent le départ de toutes les autorités civiles et militaires du département. Et exigent la levée du couvre-feu instauré dans la localité.
Des Chefs de Race et les membres du Comité ad hoc des Cadres du Guéra résidants à N'Djaména disent être solidaires de l'accord signé le 9 mai 2023 à Mangalmé entre sédentaires et éleveurs nomades. Et elle œuvre jour et nuit pour pérenniser les acquis de l'accord pour arriver à une paix durable dans le département de Mangalmé, au Guéra et dans tout le Tchad, a affirmé M. Mahamat Bichara. Il déplore le non-respect de l'accord par les éleveurs nomades.
Il rappelle d'autres tueries notamment le 3 juin dernier qui ont fait 4 morts dans le village Ireygué. Toujours selon M. Bichara, la semaine dernière un cultivateur a été aussi froidement assassiné dans son champ au village Kidaré, à cela s'ajoute plusieurs cas de vol d’animaux, a-t-il déploré. « Ces actes sont une violation des accords par les éleveurs »
Selon M. Bichara, le 3 juin les forces de l'ordre à la poursuite de ces criminels ont rebroussé chemin laissant des civils poursuivre les meurtriers pour les arrêter quelques jours plus tard à la gare. Cette attitude des forces de l’ordre a agacé une foule survoltée et déchaînée. Elle a lynché deux personnes arrêtées. Ce qui a provoqué l'arrestation injuste de 9 personnes, a-t-il dit.
La plateforme exige que le couvre-feu instauré dans le département de Mangalmé de 20 heures à 5 heures du matin soit levé, « il limite les libertés des cultivateurs qui doivent vaquer à leurs occupations champêtres. Les arrestations des personnes innocentes doivent cesser. Elles doivent être libérées immédiatement ».
Le gouvernement est responsable de la sécurité des personnes et de leurs biens dans le département de Mangalmé, « il doit relever de leurs fonctions toutes les autorités civiles et militaires du département pour que la paix et la quiétude reviennent à Mangalmé », disent les membres de la plateforme.
Selon M. Bichara, les autorités civiles et militaires pousseraient les autochtones des cantons et villages à les considérer comme complices des agresseurs, « comment comprendre que les agressions lancées le lendemain de la signature de l'accord de réconciliation ne soient pas identifiées, alors que le gouvernement a doté les unités de sécurité du département des moyens adéquats pour juguler l'insécurité à Mangalmé ».
Pour les cadres du Guéra, le gouvernement doit affecter d'autres unités avec des responsables civiles et militaires intègres, courageuses et capables de traquer les agresseurs, les voleurs et les délinquants jusqu'à dans leurs cachettes.
Noël Adoum
Lors d'un point de presse cet après-midi du 20 juin à la Maison des médias, un collectif d’avocats dénonce ce qu’il appelle une parodie de justice au sujet de l’arrestation et transfèrement leur client professeur Al-Amine Adoudou, ex-ambassadeur du Tchad en Égypte à la maison d'arrêt de Kléssoum.
Pour Me Gozzo Tourndide, leur client a, au départ, été enlevé de son domicile et détenu dans les locaux des Renseignements généraux (RG) le 12 juin passé. Le 15 juin il a été mis à la disposition de la police judiciaire puis déféré au parquet d'instance de Ndjamena. « Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ndjamena a ouvert une information judiciaire. Saisi, le juge d'instruction, après l'avoir inculpé, l'a confié à ses avocats que nous sommes pour une libre comparution », a-t-il relevé. Il affirme que la poursuite contre leur client ne s'est pas arrêtée là. « Nous étions surpris lors que notre client a été recherché et repris le vendredi 16 juin 2023 pour donner suite à un mandat d'amener signer le même jour par Procureur de la République pour les mêmes faits, semble-t-il, sur plainte déposée par le Chef d'État-major des Armées. Il y a lieu de relever ici que ce dernier n'a aucune habilitation d'agir en ce sens » a dit Me Gozzo.
Il estime que cette nouvelle procédure est une violation du Code de procédure pénale. Initiée sur la base des mêmes faits, M. AL-AMINE ADOUDOU a été, contre toute attente, placé sous mandat de dépôt. Et le dossier orienté devant une autre juridiction siégeant en matière de flagrants délits, et ce, en parfaite violation de l'article 21 du Code de procédure pénale. Il rajoute que c’est une procédure inédite et extraordinaire, la qualifiant d'acharnement contre leur client. « Le Tchad qui se veut un pays de droit ne saurait exceller dans une telle criarde injustice », a lâché l'avocat.
Pour clore, le collectif des avocats du professeur Adoudou, appel les auteurs de ces actes d'y mettre fin en libérant leur client, « ces actes n'honorent pas la Justice tchadienne », a-t-il conclut.
Abderamane Moussa Amadaye
Le Directeur général de la société nationale d'électricité (SNE), général Ramadan Erdoubou a procédé ce 20 juin 2023 au lancement officiel du recensement des abonnés de la SNE. La cérémonie a eu lieu dans un hôtel de la place en présence des différents maires de communes de N'Djamena.
Selon les termes du DG, ce recensement des abonnés de la SNE intervient dans le cadre du projet d’interconnexion des réseaux électriques Cameroun-Tchad, à travers la cellule d’exécution des projets, dit-il. Il indique que ce recensement vise à recenser exhaustivement tous les points de livraison du réseau de distribution de la SNE. Il a assuré que cette opération va permettre de recueillir les coordonnées des clients, les données techniques et commerciales de chaque point de livraison et d’enregistrer les données cartographiques. Il précise aussi que cette opération consistera de fournir un service d’énergie de qualité aux concitoyens tout en établissant une base de données complète et précise. « Nous pourrons mieux planifier, gérer et améliorer notre efficacité opérationnelle », dit-il.
Pour finir sa déclaration, M. Erdoubou invite les acteurs de la société en particulier les médias de sensibiliser la population pour l’amélioration des conditions des abonnés. « Je suis convaincu que ce recensement nous aidera à assurer un approvisionnement fiable en électricité, soutenir le développement économique. Je vous invite à participer activement, car votre contribution est essentielle à notre succès collectif. Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir énergétique meilleur et durable », a-t-il conclu.
Abderamane Moussa Amadaye
L’Association nationale initiative pour le développement agropastoral (NIDAP) a installé de samedi 17 au dimanche 18 juin 2023 dans le canton Zisoro, département de Fitri, province du Batha, ses bureaux locaux suivants leur itinéraire de Daga à Mafé en passant par Siyalla et Gamsa et N'garé. La mission était conduite par son président national, M. Mahamat Gada Haroun. Reportage.
Première étape, le village Daga. Le bureau est composé de 20 membres et dirigé par Alhadj Moussa Adam. Il sera désormais la représentation locale pour revendiquer les droits des citoyens auprès de toutes instances. Et poser les besoins de la population auprès des entreprises minières dans la zone d'or.
Deuxième étape le village Mafé, le bureau est confié à M. Adoum Haroun Kacké. Ce bureau est composé de 15 membres.
Troisième et quatrième étape, respectivement Siyalla Gamsa et N'garé sont dirigés par Adoum Dogo Moussa et Abdallah Ahmat. Ces bureaux sont composés de 20 et 10 membres. Selon les membres, ils sont marginalisés et manquent de tout. « Les routes pour accéder aux autres villages, les centres de centres communautaires, pas de prise en charge de la jeunesse, etc », disent-ils.
Le président Mahamat Gada Haroun soutient que des nouvelles initiatives pour le développement Agro-Pastoral sont créées pour répondre aux besoins locaux en promouvant et développant les activités agropastorales, pour lutter contre la pauvreté en demandant de l'aide aux entreprises dans la zone d'intervenir. Il ajoute que son organisation contribuera à la scolarisation des enfants des agriculteurs et des éleveurs. Et fera la promotion de la culture de paix et de la cohabitation pacifique entre les agriculteurs et les éleveurs afin d'éviter les conflits.
Enfin, M. Mahamat Gada Haroun affirme que son organisation mettra des mécanismes de sensibilisation pour l'autosuffisance alimentaire pour le décollage définitif du développement économique, social et culturel des communautés rurales.
Ousmane Bello Daoudou







