Ce lundi, 20 février a eu lieu l'exposition temporaire des legs infrastructurel colonial en présence du ministre des Affaires Culturelles, du Patrimoine Historique, du Tourisme et de l’Artisanat Abakar Rozi Teguil au Musée National. Mais l’ombre des 9 556 objets d’art volés par la France a plané sur la cérémonie. Reportage.
« L’évènement qui nous réunit aujourd’hui est celui d’une rencontre entre la France et le Tchad. Ce fut une histoire tragique et dramatique, mais aussi bénéfique et salvatrice. En ce sens qu’elle est faite des heurts et des malheurs, des attirances et des rejets », a martelé le ministre. Il ajoute ensuite que pour connaître cette histoire, il faut convoquer le passé notamment le patrimoine bâti, c’est-à-dire l’histoire commune du Tchad et de la France, qui en effet n’est pas un long fleuve tranquille.
Selon lui, nous ne devons pas seulement nous contenter de raconter les histoires croisées avec la France, mais évoquer la force des liens qui nous unissent et notre volonté d’un destin partagé. Le destin qui a commencé depuis la fin du 18e siècle jusqu’à nos jours. Nous devons le regarder avec respect et beaucoup d’attention pour tirer des enseignements d’enrichissement mutuel, de partage et de confiance.
Dans le sous-sol du musée, on y voit des affiches des anciens édifices coloniales notamment la Cathédrale Notre-Dame de la paix, la première rue aménagée à N’Djamena, l'abattoir frigorifique de Farcha, la chambre de commerce, le laboratoire de Farcha, l'aérodrome-aéroport de Fort Lamy, le Canal Saint Martin, le Monument Lamy, la Base Sergent Adji Kosseï, le pont de Chagoua,le lycée Félix Éboué, le cinéma Normandie et l'ancien musée national du Tchad.
Mme Goïdjé Berambaï est gestionnaire du patrimoine à la Maison de la Culture, « il y a des bâtiments qui ont servi de logements, de bureau, etc. C’est tout cela qui est l'héritage laissé par la colonisation. Ces bâtiments ont été construits pour asseoir la politique de la colonisation, car ils ne devraient pas venir s'installer dans le néant, il fallait des maisons qu'ils puissent habiter, des bureaux pour travailler et des édifices religieux pour prier », a-t-elle dit. Elle affirme que cette exposition est thématique.
Mais les colons à leur départ et même avant ont pillé des objets culturels appartenant aux Tchadiens. « 9556 objets d'art ont été emportés par les colons. Ils sont dans les musées français, une équipe doit être mise sur pied par le ministère pour aller faire une visite prospective. Et voir comment ces objets sont conservés là-bas? Lesquels vont être ramenés au Tchad, car le musée ne peut contenir tous ces objets », dit Mme Barambaï.
Pour le coordonnateur Netcho Abbo, 63 ans après notre l’indépendance, il faut convoquer l'histoire pour valoriser les liens séculaires entre la France et le Tchad, a-t-il affirmé. Selon le coordonnateur, à travers ces infrastructures, des identités françaises et tchadiennes se sont construites parce qu’il continue à alimenter et éclairer les relations séculaires entre les deux pays, a-t-il relevé. « C’est notre façon de célébrer une relation fructueuse et une coopération agissante », dit-il. Il ajoute que le ministère entend continuer ses travaux de recherche afin de faire l’inventaire et la documentation des bâtiments et monuments construits de 1960 à nos jours.
Noël Adoum
Le Rassemblement National pour la Démocratie et le Progrès (VIVA-RNDP) a fêté son 31e anniversaire cet après-midi, 19 février dans un grand hôtel à Sabangali dans la commune du 3e arrondissement de N'Djamena. Reportage.
Prévue à 14h, la cérémonie a démarré avec un léger retard. C'était dans une ambiance électrique et en présence d'un nombre important de ses militants, la salle, pleine à craquer que VIVA-RNDP a soufflé sur ses 31 ans d'existence. Il est placé sous le thème, « Le VIVA-RNDP soutient la transition pour une paix durable ».
Après l'arrivée du président dudit parti, Dr Nouradine Delwa Kassiré Koumakoye, l'hymne national tchadien et celui du parti ont été exécutés.
Le Président dit fêter le 31ème anniversaire de son parti en état de convalescence, « il y a plusieurs mois de cela j'étais menacé par les maladies, par la grâce de Dieu je viens de recouvrer la santé à 75%, aujourd'hui », a-t-il confié à ses militants. Il dit aussi que beaucoup de ses militants s'interrogent sur son silence depuis ces dernières années, Kassiré affirme haut et fort qu'il va reprendre l'action politique nationale et redresser le Tchad, qui lui est cher, dit-il. « Je pense que nous sommes capables de redresser le Tchad dans l'espoir de tous les Tchadiens et dans l'esprit de fraternité », souligne Dr Kassiré sous les applaudissements de ses camarades. Il promet d'éliminer toutes les formes d'injustices, « vous m'avez interrogé, partout pourquoi je n'ai pas réagi au sujet des différentes crises qui ont secoué notre pays ? Chers camarades le moment à commencer, je vais parler à haute voix à vous », précise-t-il.
Le président du VIVA-RNDP invite ses militants à se retrouver autour des idéaux du parti afin « de redresser les grands problèmes du Tchad », exclame Dr Kassiré tout fatigué, mais avec courage et détermination. « Nous allons avancer, nous allons faire mieux qu'aujourd'hui. Répétez cela à nos parents qui n'ont pas la chance de venir ce soir », a-t-il lancé à la foule. Au vu de l'actualité, du mal vivre-ensemble et des recrudescences des conflits, le numéro 1 de VIVA-RNDP exhorte les Tchadiens à cultiver l'amour du prochain, « aimez-vous les uns, les autres, ne faites pas de mal, jamais de mal. Tous les Tchadiens sont utiles pour la patrie. Ne prenons pas de petits problèmes pour les poser comme des problèmes nationaux, je vous encourage à vous ressaisir, à vous pardonner et Dieu vous aidera et aidera le Tchad », a-t-il conclu sous l’ovation de plus de 500 personnes venues pour la circonstance.
Abderamane Moussa Amadaye
Ce lundi 13 février, une nouvelle alliance composée de 8 partis politiques de l’opposition dénommée Fédération de l’Opposition crédible (FOC) est née. Elle est composée du Parti Socialiste Sans Frontière (PSF), de Yaya Dillo Djérou Betchi, qui est désigné coordinateur, de 8 autres partis politiques le PISTE, PNGT, ALTAKHADOUM, CDS, AL NADJA, CPPT et ASSALAM. L’annonce a eu lieu au siège du PSF dans le 7e arrondissement de la capitale tchadienne, N'Djamena. Reportage.
« Le paysage politique de notre pays est infecté par les manipulations, les manœuvres dilatoires, les infiltrations et les achats des consciences du régime passé », dit le coordonnateur Yaya Dillo. Pour le FOC la junte a réussi à créer la confusion et le doute dans la tête des Tchadiens en inondant l’environnement politique par des pseudo partis politiques créés de toutes pièces par les services des renseignements afin d’empêcher l’émergence d’une opposition crédible. Pire encore, avec l’avènement de la junte, les partis politiques de l’opposition subissent toutes sortes de pression, a-t-il déclaré. Menaces judiciaires, intimidations des militants de la vraie opposition et les restrictions permanentes des libertés publiques sont monnaies courantes.
Selon Yaya Dillo Djérou Betchi, la prolifération des tendances politiques, la lutte de positionnement pour le partage du gâteau a rendu difficile l’unité d’actions des opposants sincères, sérieux et engagés pour le changement démocratique du Tchad. Il ajoute que le pouvoir, dans sa logique de caporaliser les partis politiques, a toujours su subtilement mettre en place un cadre de manipulation politique dit « Cadre National de Dialogue Politique (CNDP) » où les hommes politiques se battent pour entrer dans le bureau de ce machin qui offre des traitements salariaux conséquents. « C’est une sorte d’achat des consciences. C’est un instrument de manipulation qui n’existe nulle part au monde », a t'il dit.
Toujours selon lui, c’est dans ce climat délétère qu'une partie importante des partis de l’opposition crédible, ont décidé de mettre sur pieds une nouvelle fédération autour des valeurs de crédibilité politique, d’honnêteté et de sincérité dans l’engagement politique pour le changement démocratique et de la préservation de l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout calcul politicien.
La nouvelle alliance FOC ambitionne parler d’une seule voix et d’adopter une position commune vis-à-vis de l'opinion nationale et internationale et mener des actions diplomatiques communes auprès des partenaires du Tchad.
La FOC exige de la junte de surseoir à son macabre projet de dévolution du pouvoir par la force et la fraude électorale avec la mise en place des institutions aux ordres. Au cas contraire, dit-elle, le peuple sera sur son chemin. Pour apaiser le climat politique pollué par les très nombreuses dérives de la junte, il importe que celle-ci mette la pendule à zéro et arrête la mise en œuvre des résolutions de son monologue dont la finalité a été la répression sanglante du 20 octobre 2022.
Les Partis politiques membres de la FOC, demandent aux autorités de la transition, la dissolution pure et simple de l’actuel Conseil National de Transition (CNT) et de la Commission Nationale d’Organisation du Référendum constitutionnel (CONEREC), la reconfiguration de la Cour Suprême actuelle, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion. Notamment les manifestants civils arrêtés le 20 octobre 2022, l’arrêt de tous les harcèlements judiciaires et politiques à l’endroit des militants et sympathisants des partis de l’opposition, le retour sans préjudice de l'opposant Masra Succès, le président des Transformateurs, la mise en place de nouvelles institutions de la transition dotées de réels pouvoirs d’autonomie et d’indépendance en vue d’organiser des élections libres, justes, transparentes et démocratiques, le déclenchement de nouveaux pourparlers avec les mouvements politico-militaires non signataires de l’Accord de Doha et tous les mouvements en gestation en vue de parvenir à une paix définitive.
Enfin, le coordonnateur de la FOC affirme qu'aucune paix n’est possible sans la justice. « La communauté internationale de procéder à la mise en place d’une nouvelle Commission d’Enquête internationale sur les événements du 20 octobre et sanctionner la junte pour ses crimes contre l’humanité ».
Noël Adoum
Le Collectif Tchad Slam a initié une formation sur le thème, « comment bien dire son texte» qui a eu lieu le 12 février dernier à la Maison de quartier de Chagoua dans la commune du 7e arrondissement de N'Djamena. Reportage.
Ils sont plus d'une dizaine à bénéficier de cette formation organisée à l'Agora de la Maison des quartiers de Chagoua par le Collectif Tchad Slam.
Badlina Lamtouin Akloksala est participant, « on ne finit jamais d'apprendre chaque jour. Hier on ne connaissait pas les rimes, aujourd'hui nous avons appris. On apprendra aussi à comment les utiliser pour donner du sens à notre texte et la manière d'écrire », a-t-il souligné.
Temeng Christelle, une élève de Terminale âgée de 17 ans participe également. Elle affirme que le Slam est sa passion depuis longtemps à cause de son frère aîné qui est slameur. « Je suis souvent avec lui, il écrit de texte, répète, je l'écoute c’est ainsi que j’ai aimé le slam. J'aimerais devenir comme lui », a-t-elle confié. Cette formation lui a permis, dit-elle, d'apprendre la technique de prise de parole en public, la maîtrise en soi et l'écriture des textes.
Pour Dieu Protège Kemneldji président du Collectif Tchad Slam, l'atelier vise à améliorer la plume des jeunes slameurs. « Nous voulons mettre de l'utile aux besoins de nouveaux slameurs », dit-il.
Pour finir, il affirme que c’est le troisième module. « Le premier module parlait de slam de l'idée à la pratique. Le deuxième était sur comment écrire et bien écrire pour embellir son texte. Le troisième est en cours ». Toujours selon lui, la formation parle de l'éloquence, du diva, une formule qui parle du dynamisme, de l'articulation, du volume, « c'est la formule magique de tous les slameurs. Une autre formation accès sur la présence scénique est prévue pour les jours avenirs ».
Abderamane Moussa Amadaye
Après plus de 27 ans à la tête du parti Fédération Action pour la République (FAR), Ngarlejy Yorongar a été remplacé par un congrès extraordinaire électif organisé par certains membres de sa formation politique ce 11 février au Centre Al-Mouna à N'Djamena, capitale tchadienne. Une décision que le vieil opposant qualifie de non-événement. Reportage.
Il est 10h quand le congrès extraordinaire du FAR a commencé sans son illustre coordonnateur Ngarlejy Yorongar, opposant farouche à Deby père. L'assemblée lui reproche une gestion individualiste du parti. « Yorongar travaille pour son propre compte au détriment du parti », a lancé un militant. Pratiquement tous les militants présents affirmaient être déçus de leur chef Yorongar.
C'est le cas de Delphine Taram, dit Député Delphine. « Nous sommes engagés pour une lutte, mais nous nous rendons compte que le train est à l’arrêt », dit-elle. Selon elle, c'est le moment de trouver une solution au parti et pour redémarrer le train, « Nous devons choisir un nouveau leader. « Yoro », mort ou vivant, nous voulons prendre sa place avec sagesse », a-t-elle laissé entendre.
Après plusieurs minutes d'échange, M. Kemnoudji Ngadjadoum Daniel a été désigné par acclamation, coordonnateur National Exécutif Fédéral du parti en remplacement de Ngarlejy Yorongar. Il affirme que le parti a été confisqué par Yorongar qui n’a organisé qu'un seul congrès en 28 ans alors que les textes prévoient de congrès à chaque 5 ans. Pour lui, les Tchadiens ont tous déjà compris l'idéologie prônée par le FAR, le fédéralisme. Selon lui, le moment est propice pour travailler avec les autres partis pour matérialiser les objectifs du parti, celui de fédérer le Tchad dans la justice et l'équité. Il appelle l'ancien coordonnateur au calme et à la retenue et lui propose d'être conseiller du Parti. Selon lui, Ngarlejy a beaucoup fait pour le parti, mais il est temps qu'il se retire pour que les autres achèvent le travail abattu depuis plus d'une décennie.
Contacté par la rédaction, M. Ngarlejy Yorongar ne reconnaît pas la décision et qualifie cette assemblée extraordinaire de « non-événement ». Il affirme que son bureau répondra plus tard.
Abderamane Moussa Amadaye
A l'occasion du premier anniversaire du massacre de Sandana, le comité de crise a organisé une cérémonie de recueillement à l'honneur des victimes ce 9 février au Centre d'Études et de Formation pour le Développement (CEFOD). Le comité exige justice. Reportage.
C'est le CEFOD qui a servi cet après-midi de lieu de recueillement pour l'an 1 des massacres de Sandana. Une cérémonie qui a vu la présence du gouverneur de la province du Moyen Chari, Général Ousmane Brahim Djoumal.
Ndiguigue Mayana, président du comité de crise a rappelé la genèse de ce conflit. Il a ensuite expliqué la lenteur de la procédure judiciaire et a appelé les Tchadiens à l'unité et au vivre-ensemble. Il affirme que ce massacre origine d'un accident de circulation sur la voie publique à Sandana, village situé au Canton Koumogo dans la province du Moyen Chari. Il souligne que le corps sans vie d'un homme de la communauté arabe a été découvert dans la rue par les services de la gendarmerie qui ont conclu à une mort accidentelle, mais sa famille sous la conduite de Garam a rejeté le rapport. « Elle a encerclé le village de Sandana. Les assaillants tiraient sur toutes les personnes qui tentaient d'échapper tuant 12 innocents », a-t-il dit.
Depuis lors les enquêtes piétinent et la procédure judiciaire engagée n'a pas avancé, a-t-il estimé. M. Moyana précise qu'ils sont réunis ce 9 février pour se remémorer ces tristes évènements qui mettent à mal le vivre-ensemble tant chanté par le gouvernement. « Nous sommes réunis ici pour prier, pour le repos des âmes des défunts et pour que plus jamais de tels événements ne se reproduisent ni à Sandana, ni ailleurs dans notre pays », a-t-il dit ému. Toutefois, il a appelé à l'unité et a exigé que le gouvernement assume ses responsabilités, « je n'en veux pas au gouvernement, mais je dis qu’il a failli à ses missions régaliennes. Il ne sait pas faire la promotion de la culture de la paix et du vrai vivre-ensemble ».
Me. Midaye Guerimbaye, avocat des victimes de Sandana souligne qu'ils étaient au départ 32 avocats sur l'affaire, mais aujourd'hui ils sont moins de 10. Il rassure l'audience présente que la justice est lente, mais le dossier avance, « même si certains ne croient pas en la justice, moi je crois. Il y a des hommes intègres, compétents et incorruptibles », a-t-il déclaré.
Le gouverneur de la province du Moyen Chari présent dans la salle a aussi intervenu. M. Ousmane Brahim Djouma dit qu'il est formé pour servir sur les 1.284.000 km2 et les 17 millions de Tchadiens. Il relève qu'il n'est ni pour une communauté ni pour une religion moins encore pour une ethnie. « Nous sommes là pour mettre de l'ordre, de la tranquillité. Arrêter ceux qui ont fauté et les remettre à justice. Et non pas de rendre justice. La Justice doit dire le droit en toute impartialité. Nous sommes tous Sandana, tous Tchadiens, et c'est normal que nous assistions à cette cérémonie ».
Abderamane Moussa Amadaye
Lors d'un point de presse hier 8 janvier à la bourse de travail, la Plateforme des Diplômés en instance d'Intégration à la Fonction Publique dénommée « Les orphelins » menace d’envahir la rue pour demander le départ de la France si le gouvernement de transition ne trouve pas une solution à leur problème de chômage. Reportage.
Le porte-parole de la plateforme « Les orphelins » Dieudonné Pircolossou Raoul déclare, « nos autorités sont restées silencieuses aux cris de détresse des orphelins ». Il dénonce le silence du gouvernement de transition sur la question d’intégration « les jeunes diplômés sont abandonnés ».
Selon M. Pircolossou l'intégration se fait par exclusion organisée par le régime, c'est-à-dire un groupe ou une communauté est priorisé au détriment de l'intérêt général. Pour les diplômés sans emploi le travail au Tchad est un droit reconnu par le texte de la République, mais il ne s’obtient le travail pas selon des compétences. Le porte-parole a dénoncé la dernière vague de recrutement à la police où plusieurs diplômés n’ont pas été retenus. « Si le gouvernement ne s'est pas déguisé en escroc pour arnaquer les paisibles citoyens qui peinent à trouver de quoi subvenir à leur besoin ? », se demande-t-il.
Il estime, qu'il est vrai que des débouchés d'emplois ne manquent pas dans ce pays, mais c'est la mauvaise foi des autorités qui fait mal aux diplômés sans-emploi dans un pays qui manque cruellement des ressources humaines qualifiées. « Les plus hautes autorités se livrent à des pratiques discriminatoires entretenues par un groupuscule se disant intouchable de la République ».
Enfin, les diplômés sans-emploi demande au président de transition Mahamat Idriss Deby d'instruire le ministre de la Fonction publique de restituer les dossiers de tous les diplômés sans emplois dans un délai n'excédant pas une semaine. Au cas contraire « Les orphelins » lanceront une grande manifestation pour demander le départ de la France du Tchad.
Noël Adoum
Les relations diplomatiques entre Israël et Tchad étaient rompues en 1972. Elles se sont réchauffées il y a 4 ans. La semaine dernière le président de transition (PT) Mahamat Idriss Deby a effectué une visite de travail à l'État hébreu où une représentation diplomatique tchadienne est inaugurée le 2 février. Il s’est déplacé 48 h après à Paris pour 48h. Ces déplacements font parler. Pourquoi Mahamat Idriss Deby est allé dans ces deux pays? Analyse et décryptage par deux analystes.
En moins de deux semaines, le PT Mahamat Idriss Deby s'est rendu en Israël et en France. Deux pays stratégiques dans le domaine de la sécurité et du renseignement. La première visite a été marquée par l'inauguration d'une ambassade du Tchad en Israël. La seconde visite est marquée par la nouvelle stratégie de la France dans le contexte du retrait de ses forces françaises du Burkina Faso et leur probable redéploiement dans un espace proche, rapportent nos sources.
Interrogé, Dr Évariste Ngarlem Toldé souligne qu'il faut au préalable observer le contexte. Il estime que la deuxième phase de transition n'a pas fait consensus et le pays est menacé par les rebelles au nord et par une nouvelle rébellion récemment crée au sud, dit-il. Selon lui, l'ouverture d'une ambassade en Israël cache un enjeu sécuritaire important. Il soutient que l'État hébreu est performant dans ce domaine et le Tchad en a besoin. « Nos frontières sont poreuses et la transition a besoin d'un service de renseignement et de sécurité de qualité, Israël peut aider en cela », a-t-il confié.
Toujours selon Dr Toldé, la visite du PT peut s'expliquer au-delà de l'ouverture de l'ambassade ou d'échange diplomatique, « ça permet de raffermir et d'asseoir le pouvoir Mahamat Idriss ». Pour ce qui concerne la France, il relève qu'elle est rejetée un peu partout, elle n'a pas trouvé mieux que le Tchad. Selon lui, le Tchad a toujours été le bastion et l'avant-post des guerres que mène la France en Afrique surtout sahélienne. « Mahamat Idriss Deby est parti pour avoir des orientations. Ce déplacement est au-delà d'une visite de travail. C'est la coopération militaire qui va être l'enjeu de cette rencontre entre lui et Macron. Le Tchad ne peut pas faire comme le Mali ou le Burkina Faso », a-t-il justifié. Il souligne qu'il sera difficile au peuple amorphe et à l'armée qui n'a pas le moyen de sa politique de tourner le dos à la France, « et il sera aussi difficile aux autorités de transition de retourner leur veste contre la France, faire cela au Tchad c'est creuser sa propre tombe ».
Pour Professeur Ahmat Mahamat Hassan, la France est un partenaire stratégique du Tchad depuis l'indépendance jusqu'à l'heure actuelle. Il estime qu'elle a même soutenu le fils après le décès de son père. Selon lui, malheureusement cette situation est en train de tourner au vinaigre depuis les évènements tragiques du 20 octobre où plus de 50 personnes ont été abattues et des arrestations arbitraires signalées. « La relation a commencé à se détériorer. C'est un passif difficile à purger et place les autorités de transition dans une situation encombrante. Le soutien de la France est terni par les évènements du 20 octobre ». M. Mahamat Hassan affirme que la visite de Mahamat Idriss Deby à Paris s'explique par « une demande d'apaisement et aussi rassurer les autorités françaises au sujet de la nouvelle phase de transition pour continuer à bénéficier du soutien de la France notamment de la base française et aussi du soutien politique », dit le professeur.
Au sujet de la visite à Tel-Aviv, pour le Pr Ahmat Mahamat Hassan Israël est un ancien partenaire avant l'indépendance, mais au-delà se cache un enjeu sécuritaire, estime-t-il. « C'est pour la stabilité de la transition, ce n'est pas pour la question de la sécurité du Tchad. Le Tchad n'est pas en insécurité grandissante. On avance des prétextes économiques, mais l'enjeu est plutôt sécuritaire », a-t-il conclu.
Abderamane Moussa Amadaye
La Ligue provinciale de Football de N'Djamena (LPFN) suit son chemin sans embûches et surtout avec des surprises. Après la 8e journée, Aiglons FC prend la tête du classement avec 1 point d'avance sur son rival, le champion du Tchad, TP Elect Sport. Ialtchad Presse a échangé avec le secrétaire général de la LPFN. Reportage.
Contrairement aux années précédentes, le championnat de N'Djamena de cette année semble susciter de l'engouement. Il ne passe pas un seul match où les trois terrains retenus pour ce tournoi notamment l'Académie de Farcha, Stade de Diguel ou celui de Paris-Congo n’est pas rempli par le public. Les équipes donnent du spectacle pour régaler les spectateurs.
Rahma Zakaria Rahma, secrétaire général de la Ligue provinciale de Football de N'Djamena affirme, « ce qui fait la particularité de cette édition, c'est le nombre d'équipes, nous sommes passés de 12 à 14 équipes. Il y a plus d'engouement et nous voulons donner à l'équipe nationale des joueurs compétitifs ». Il ajoute aussi, « la preuve, cette année nous allons faire un championnat en aller-retour qui va donner 26 journées et à l'issue de ces journées nous allons déclarer l'équipe qui a plus de points champion de N'Djamena suivi du vice-champion, du troisième et le quatrième pour donner au championnat national les quatre clubs de la capitale », dit-il. M. Zakaria soutient que le dernier de cette compétition sera relégué et l'avant-dernier jouera un match de barrage avec le vice-champion de deuxième division. La compétition pourra se clore au plus tard fin mai de l'année en cours.
Au sujet des difficultés, le SG de LPFN avoue sur un ton sec qu'il y a un trop-plein, mais son organisation essaie de juguler. « Les difficultés sont énormes, mais comme nous nous sommes engagés, nous avons donné notre parole. Nous sommes en train d'avancer dans des difficultés, nous avons fait des demandes, mais jusqu'à là sont restées lettres mortes », dit-il. Il souligne que pour des questions d'honneur, la LPFN continue d'organiser la compétition.
Toujours au sujet de difficultés, M. Zakaria soulève la question des infrastructures et de sponsoring. Selon lui, pour 14 clubs, il n'y a que 3 terrains, « nous avons de déficit infrastructurel, ce qui rend la tâche difficile surtout que bientôt le championnat de deuxième division va commencer ».
À côté de cette difficulté s'ajoute le manque de sponsoring, dit le SG de LPFN. « On ne peut en aucun cas jouer un championnat sans sponsor, mais nous sommes en train de le faire depuis des années. Et cela ne peut pas développer le football ». Il estime que le championnat est encore amateur et qu'il a besoin d'être épaulé. Il interpelle les autorités, les personnes de bonne volonté, les entrepreneurs, etc. à venir en aide à la ligue et aux clubs.
Rappelons que à la 8e journée, Aiglons FC prend la tête de ligue avec 20 points, suivi du champion du Tchad, TP Elect Sport avec un point de différence. Renaissance Football Club (RFC) est en troisième position avec 17 points, Gazelle FC, 4e avec un point d'écart. Foullah Edifice FC le richissime club du pays qui était premier la semaine dernière, est actuellement entre le marteau et l'enclume. Il est désormais en 5e position.
Abderamane Moussa Amadaye
La 9e journée de la ligue a opposé Aiglons FC à Foullah Édifice au stade Paris-Congo dans la commune de 6e arrondissement de la ville de N'Djamena. Reportage.
C’est dans une ambiance électrique et une foule nombreuse que le derby du jour a opposé les clubs favoris de la ligue provinciale de football au stade Paris-Congo dans le 6e arrondissement de N'Djamena. Il s’agit de Foullah Édifice et Aiglons
L’arbitre a donné le coup d'envoi à 15h45, le jeu était équilibré entre les deux adversaires. Dans les 15 premières minutes, les équipes ont passé leur temps à se jauger. À la 36e min, Abou a surpris le gardien en marquant le but pour les Aiglons FC. Le meneur de jeu de Foullah Bakhit est sorti sur blessure à la cheville. L'intensité et la pression des Aiglons FC leur a permis de gérer le match jusqu'à la pause.
De retour des vestiaires, les occasions de but se sont multipliées pour les deux formations, mais sans aucun succès. Les Aiglons FC ont intensifié les actions sans arriver à les transformer en buts. C'est sur le score de 1-0 que le match a pris fin.
La présidente des fans club de Foullah Zenaba Djembaye reste optimiste. « On ne s'attendait pas à cette défaite, mais comme on dit que la balle est ronde, c'est arrivé. Sportivement nous avons compté vraiment gagner le match ».
Limane Mahamat, secrétaire général d'Aiglons FC, dit être heureux et encourage ses joueurs à faire davantage au prochain match. « Satisfaction totale, nous sommes premiers depuis la 7e journée et avons confirmé notre place de leader. C'était un bon match et tout le monde a mouillé le maillot. Nous sommes complètement satisfaits du résultat. Dans un match c'est toujours comme avec l'affaire d'arbitre, c’est le troisième joueur qui joue le rôle de juge sur le terrain. On espère bien garder notre position de leader jusqu'à la fin du tournoi ».
Il faut rappeler que grâce à cette victoire sur Foullah Édifice, Aiglons FC se hisse provisoirement à la tête de la ligue provinciale de football de N'Djamena.
Noël Adoum







