U-Reporter a organisé un café de presse ce vendredi 20 janvier sous le thème « un million de U-Reporters au Tchad, comprendre les stratégies d'engagement jeunes » dans la salle de conférence à la maison des médias. Ce café presse est organisé dans le cadre d'un projet de communication de l'UNICEF Tchad, en consortium avec la Maison des Médias et l'Union des Journalistes du Tchad. Reportage.
L'objectif de cette rencontre est d'annoncer l'augmentation du nombre des U-Reporters a 1 million, présenter la plateforme U-Report, son fonctionnement, ses fonctionnalités et ses opportunités et les stratégies d'engagement de l'UNICEF en corrélation avec le plan d'action quinquennal de la politique nationale de la jeunesse.
Pour Kondol Abanda Dieudonné, directeur à la coopération au ministère de la communication, le Tchad à une population très jeune qui représente une grande force de changement positif. Selon lui, de nombreux défis et freins limitent son épanouissement notamment le déficit d'éducation de qualité, fort taux de chômage, fracture numérique, disparités basées sur le genre, espaces d'expression réduits, surtout pour les jeunes filles. C'est pour faire face à tout cela que le gouvernement a mis en place une politique nationale de la jeunesse sur son plan d'action en 2019.
La coordinatrice de U-Repport Gassi Zara Loksala Vanzou, affirme qu'elle s'est adhérée au mouvement U-Repport depuis 2016 comme une bénévole. Selon elle, U-Repport au Tchad occupe le 6e rang mondial sur les 96 U-Repport dans le monde. Elle ajoute qu'ils sont dans toutes les régions du Tchad.
Quant au représentant des jeunes, il affirme que les membres de U-Repport ont fait plusieurs activités en 2022 notamment l'assistance auprès des sinistrés pour la construction des digues pendant les inondations à Walia et à Farcha Milezi, la sensibilisation contre le VIH-SIDA, la violence en milieu scolaire et le vivre-ensemble, l'organisation des cours de soutien aux élèves en classe d'examen notamment ceux de 3e qui compose le Brevet d'Étude Fondamental et ceux de terminale qui compose le Baccalauréat.
La directrice chargée de communication auprès de l'UNICEF, a apprécié les activités qu'ont mené les jeunes pendant les inondations et encourage ces jeunes tchadiens à faire plus. C'est-à-dire d'être actif sur le terrain afin de mener des actions.
Noël Adoum
À une journée de la fin de la grande messe culturelle tchadienne qui s’est tenue au palais des arts et de la Culture dans le 8e arrondissement, les artisans ne sont pas satisfaits. Beaucoup ont témoigné au micro de Ialtchad Presse ce 20 janvier. Reportage.
Lancé le 23 décembre 2022 dans le but de promouvoir la culture tchadienne, le talent local, les diversités, le vivre-ensemble, etc. Ce festival semble décevoir certains artisans qui espéraient promouvoir les produits locaux, leur savoir-faire et générer de revenus. En moins de 24h, certains regrettent amèrement d'avoir payé cher le stand d'exposition sans faire en retour des recettes la hauteur de leurs investissements. L’un d’eux murmure, « j'aurais dû économiser mes 150.000 FCFA et l’investir ailleurs afin d'augmenter mes chiffres d'affaires. C'est du gâchis ».
Soumaine Djibrine, gérant de « Café Gahwa Akhouna », spécialisé dans la transformation du café en poudre, de fruit de baobab en biscuit, jus naturel, etc. Il affirme avoir loué le stand à 150.000 FCFA. Pour lui, durant ce festival les revenus sont médiocres. « Des visiteurs passent, mais n'achètent pas nos produits », dit-il. Selon lui, la plupart de ceux qui achètent sont les autorités ou de fidèles clients. « À l'heure où je vous parle, nous n'avons même pas récolté les 150.000 FCFA de l'argent dépensé pour le loyer du stand », a-t-il confié. Il ajoute, « nous ne gagnons rien de ce festival », renchérit, M. Soumaine.
La situation est aussi pareille pour les artisans expatriés. C'est le cas de Oumarou Ousmane, venu de Maroua, dit-il. « Je suis artisan camerounais, je vends des chaussures artisanales en peau, des habits en coton traditionnel, etc. ». Selon lui, comparativement à l'année dernière, la foire n'a pas été très bénéfique comme il se doit. Pour lui, la réticence des clients cette année s'explique par deux phénomènes, « la délocalisation du site et la programmation », a-t-il dit. Il poursuit, « en principe ça doit commencer au début du mois de décembre et finir ce même mois. Maintenant, la plupart des familles ont déjà dépensé leur argent pour les deux fêtes », a-t-il expliqué. Chez l'entreprise El Tchado, spécialisée dans la fabrication des maillots, équipementier de l'équipe nationale de football Sao U-17, le constat est le même. Ousmane Alafi s'est lamenté du marché durant ce festival. « Nous n'avons pas assez vendu, mais nous avons eu beaucoup de visiteurs ». Il estime que contrairement à l'année dernière, ce n'est pas un échec, mais il y a le marché est moins que lors de la 3e édition.
Abderamane Moussa Amadaye
Ce jeudi 19 janvier, le chef pâtissier-cuisinier Hisseine Mahamoud a échangé avec la presse concernant l'organisation du concours d'art culinaire du Festival Dary. Cet échange concerne la finale entre trois provinces : le Mandoul, le Mayo-Kebbi et le Wadi-Fira. Il s'est déroulé hier. Les résultats sont attendus au plus tard le samedi. Reportage.
Hissein Mahamoud est arrivé quatre jours avant le festival Dary sur invitation du ministre de la Culture et du Tourisme afin d’organiser le concours d'arts culinaires pour les 23 provinces du Tchad.
M. Hisseine Mahamoud affirme que les femmes ont effectué un travail impeccable. Au début de ce concours, toutes les 23 provinces avaient préparé la boule avec des sauces différentes. Pour lui, il faut que les femmes sortent de leur zone de confort en faisant d'autres nourritures pour mieux représenter un jour le Tchad à la compétition internationale. Parmi les régions qualifiées pour la finale, le chef cuisinier a interdit de cuisiner la boule. Selon lui, il faut que ces femmes cuisinent d'autres plats afin que le jury puisse faire un bon choix. Il ajoute que la préparation de la boule fait partie de la culture du Tchad profond, car le fait de faire la boule à chaque phase de la compétition n'est pas variable, il s'appuie sur un exemple, « dans les examens si on donne une même épreuve facile, personne n’échouera », dit-il.
Dans un concours, on goûte les nourritures de toutes les régions. « Ces cuisinières n'ont jamais rencontré un vrai chef pâtissier-cuisinier, je suis ravi de découvrir certaines sauces comme la sauce longue », dit-il. Il a rappelé la créativité des femmes. Pour lui, on juge un plat de plusieurs façons « tu peux trouver un bon plat, mais quand tu le goûtes, c'est autre chose tout comme tu peux trouver un plat qui saute aux yeux, mais quand tu le goûte, c'est autre chose ». Il dit aux provinces mécontentes d’avoir été éliminées que « ce n'est pas parce qu'une région à gagner le meilleur prix qu'elle est meilleure que d'autres, il y a certaines provinces qui peuvent dépasser celles qui ont participé à ce concours ».
Au sujet du retard des résultats, M. Hisseine explique qu'il faut d'abord noter. Ajouter au moins 24h pour calculer afin de bien dresser le procès-verbal. Il relève que les trois provinces gagnantes sont déjà connues, il ne reste qu'à les départager par classement. Les résultats définitifs seront proclamés samedi. « Le trophée est symbolique. Il a été fabriqué au pays ».
Chef Hisseine, rêve d'organiser un concours de boule entre les régions du Tchad afin que ces dernières puissent valoriser la nourriture tchadienne dans une compétition mondiale d'arts culinaires.
Pour rappel M. Hisseine Mahamoud a représenté le Tchad à l'international avec ses propres moyens sans l'aide de l'État. Il dit être satisfait d'avoir organisé cette compétition malgré le manque d'eau et d'électricité dans ce pays.
Noël Adoum
Mahdi Adey Ali, jeune de 16 ans, originaire de Bokoro a présenté des avions, bus, camions et Caterpillar fabriqués à partir des objets recyclés ce 18 janvier au stand de Hadjar-Lamis. Des œuvres qui forcent respect, admiration et attirent le grand public venu pour le festival. Ialtchad Presse a échangé avec ce jeune ambitieux qui rêve de révolutionner un jour l'industrie de la mécanique et de la technologie au Tchad.
Il est né vers 2007 à Bokoro, chef-lieu du département de Dababa. Il grandit dans cette même ville à plus d'une centaine de kilomètres de la capitale tchadienne. Il fait la classe de 6e au collège Galilée de Bokoro. Il est orphelin de père, dit-il. Sa passion de devenir un jour pilote l'a poussé à créer des avions et autres jeux d'enfants à base des objets recyclés tels que, le carton, le fil (bobine), le fer, le plastique, etc. a-t-il affirmé. Pétri de talents et courageux devant notre micro, le jeune Mahdi relève qu'il vit déjà de son métier. « Certes, mon objectif premier est de créer des avions pour s'envoler et des vrais automobiles mais cela ne m'empêche pas de me débrouiller. Je vends 8 à 10 par semaine et l'unité coûte 1.000F », a-t-il expliqué.
Au sujet des difficultés auxquelles il est confronté, M. Mahdi souligne qu'il est orphelin de père, « ce qui rend la tâche difficile. Il n'y a que ma mère qui s'occupe de nous et de notre scolarité », a-t-il confié. Il estime qu'il a des ambitions pour faire des études et réaliser sa passion, « mais les moyens posent problème », a-t-il déclaré.
L'exposition de ce jeune a drainé presque toute la foule. Ibrahim Adam Youssouf, spectateur interrogé affirme qu'il est impressionné par le travail abattu par M. Mahdi. « J'étais agréablement surpris par les œuvres de ce jeune », a-t-il affirmé. Il lance un appel à l'endroit du gouvernement, « ce jeune doit-être suivi de prêt, encourager et envoyer à l'extérieur pour des études. Grâce à lui, le Tchad va surprendre le monde un jour », a-t-il précisé. Selon lui, « tout rêve commence petit et devient grand si tout le monde met son énergie à contribution ».
Abderamane Moussa Amadaye.
L’état de décrépitude de plusieurs établissements publics a attiré la rédaction. Nous sommes allés, ce 17 janvier, constater les faits dans un établissement public. Reportage.
Certains établissements sont dans un état lamentable, voire dangereux pour l’administration, les professeurs et les élèves. Nous avons rencontré un délégué de l'éducation nationale de la commune de N’Djamena et le proviseur du Lycée scientifique de champ de fil.
11h. Lycée champ de fil dans le 5e arrondissement. Tout est calme, certains élèves font cours. D’autres s’apprêtent à rentrer chez eux. Le bâtiment qui nous fait face est presque un bâtiment abandonné. Il risque de s’écrouler. Un spectacle désolant.
Abba Adam est le proviseur du lycée scientifique de champ de fil. Il affirme que son établissement est construit dans un bas fond. « 10 ans après, nous avons constaté une dégradation avancée d'un bâtiment complet. Cela nous a obligé de ne pas l'occuper. On ne peut pas mettre les élèves en danger », dit-il dépité. Il affirme que certains parents refusent d'inscrire leurs enfants de peur qu'un jour ce bâtiment ne s’écroule. « Nous n'avons pas des moyens de réfectionner ces bâtiments. Donc nous demandons à l'État de s’en occuper. C’est d’utilité publique sinon dans 2 à 3 ans ce lycée disparaîtra ».
Mahamat Djibrine Saleh est délégué de l'Éducation nationale pour la commune de N’Djamena, « nous n'avons pas de budget pour la réfection des établissements publics », lâche-t-il. Selon lui le montant du budget est affecté au moment de la discussion budgétaire entre le ministère de Finances et celui de l'Éducation qui dégage d'abord les priorités, mais pour cette année, le ministère a inscrit dans son programme lors de la conférence des délégués l'éducation nationale. Pour lui, la dégradation des établissements et les infrastructures insuffisantes dans les établissements publics encouragent la prolifération des établissements privés.
Ousmane Bello Daoudou
Allés dans le cadre de la sensibilisation de la gestion de 5% des revenus pétroliers, 11 membres de la coordination exécutive du Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi dont leur président Abdelkadre Djibia ont été mis aux arrêts le samedi dernier à Bousso, chef-lieu du département de Loug Chari par les autorités de cette localité. Contacté par la rédaction, le président du Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi Abdelkadre Djibia donne la cause de leur arrestation. Reportage.
Quelques semaines après l'Assemblé Générale organisée par le Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi concernant la mauvaise gestion de 5% des revenus pétroliers de cette province qui coule depuis 9 ans dont la présidence est assurée par le sultan du Chari-Baguirmi Mbang Hadji Woli. Joint par téléphone, le président du Collectif des Organisations des Jeunes du Chari-Baguirmi Abdelkadre Djibia déclare que, c'est de l'acharnement contre eux parce que les autorités à la solde du sultan Mbang Hadji Woli les ont arrêtés sans aucune preuve à l'appui. Il affirme qu'ils ont organisé leurs activités le samedi matin à Dourbali et Mandelia dont l'objectif est de sensibiliser la population concernant la mauvaise gestion de 5% des revenus pétroliers. Ils ont ensuite continué jusqu'à Bousso, le préfet leur a demandé l'autorisation d’organiser un meeting, dans le cas contraire, ils n'entreront jamais dans cette localité, a-t-il dit. Eux à leur tour ont insisté pour entrer dans leur village et leur terre natale. M. Abdelkadre Djibia, affirme avoir été en détention pendant 4h du temps. Ensuite le préfet a demandé l'engagement par écrit pour confirmer qu'ils ne sont pas venus organiser un meeting en public. C'est quelque chose qui a été fait.
Retournez dans la maison familiale, le préfet a envoyé un convoi des gendarmes pour venir les arrêtés à 21h, c'est qui a provoqué un refus catégorique, le lendemain les policiers et les gendarmes sont venus les arrêtés sur place pour motif comme trouble à l'ordre public, attroupement non autorisé et incitation à la rébellion sous les ordres du gouverneur. Ils ont passé leur audition le lundi pour soumettre au juge, a-t-il martelé.
Contacté par la rédaction, le préfet de Bousso affirme que l'affaire est entre les mains des juges.
La Convention Tchadienne de Défense des Droits de l'Homme (CTDDH) quant à elle, se dit extrêmement préoccupée par cette arrestation et estime que la gestion personnelle, clientéliste et calamiteuse des 5% des revenus pétroliers doit immédiatement cesser. La CTDDH exige également la libération immédiate et sans condition de ces jeunes et demande aux pouvoirs publics de veiller à l’exercice libre des droits et devoirs des citoyens.
Noël Adoum
La grande messe culturelle du festival Dary 4e édition continue toujours au palais des Arts et de la Culture avec les prestations de plusieurs régions du pays. Ce Lundi 16 janvier, la province du Borkou a exposé ses différentes œuvres artistiques et culturelles. Reportage
Les ambassadeurs de la culture du Borkou ont étalé leurs richesses et potentialités ce lundi devant leur stand. Les deux représentants de la province du Borkou, Naïma Adoum et le délégué Abakar ont expliqué les diversités culturelles et les différentes danses de cette province.
Pour Naïma Adoum, il y a 60 qualités de dattes appelé « Tima » en langue locale, du sel fabriqué sous forme de moule sans oublier la farine appelé « Nigui » qui sert à préparer la bouillie. Selon Mme Naïma, les grains de dattes bouillies servent à soigner la diabète et d'autres maladies comme les maux de ventre. Il y a d'autres objets comme les paniers traditionnels fabriqués à base de la peaux d'animaux et les objets de mariage notamment les parures, les bijoux qui servent à la mariée de s'acquérir des valeurs traditionnelles. Selon elle, la corne de bœuf est considérée comme une banque qui sert à garder l'huile de bœuf pendant des années.
Le délégué Abakar Mahamat Abdallah quant à lui, explique que les matériels de transformation des produits locaux comme les dattes, l'oseille et gingembre transformés en poudres et en pattes soignent la constipation et plusieurs maladies comme la toux et la gastrique. Il affirme, qu'il y a plusieurs sortes de natron, notamment celui des animaux et des humains. A travers ces produits locaux, ils ont transformé ce natron en savon de linge et de bain, a-t-il dit. Il poursuit que la terre solide de cette province sert à construire des grandes maisons dans cette zone et en même temps ça sert des craies pour les élèves. Il relève que les objets symboliques dans la province du Borkou sont des chameaux qui sont considérés comme le moyen de transport ou servent de la viande et les dattes qui contribuent à l'économie de cette région. M. Abakar ajoute que la consommation du thé est fondamentale dans la région, le the est utilisé comme un dessert avant ou après les repas.
En ce qui concerne les danses traditionnelles, le délégué déclare que dans la province du Borkou, il y a plusieurs danses traditionnelles comme Tchelou, la danse réservée uniquement aux jeunes filles et jeunes garçons formant un cercle et pour faire le tour. La danse Kichali quant à elle, c'est la danse de couple faisant le contour des tambours. La danse Thétélé, les jeunes garçons et les jeunes filles dansent deux à Deux. Enfin, la danse toos est appliquée pendant la cérémonie de mariage et la danse Djorou, le danseur porte le boubou pour faire le tour en dansant. A conclu Abakar.
Noël Adoum
L'association tchadienne pour le développement du cinéma (ATDC) a lancé ce 16 janvier au musée national la 3e édition du festival N'Djamena Films en présence du ministre des affaires culturelles, du patrimoine historique, du tourisme et de l'artisanat, Mr Abakar Rozzi Teguil. Reportage.
Prévue à 9h30, la cérémonie d'ouverture a démarré avec un grand retard dû à l'arrivée du Ministre aux environs de 12h. Elle a vu la présence de plusieurs cinéastes tchadiens, hommes de culture et aussi de média. Ce festival est placé sous le thème, « le vivre ensemble à travers le cinéma ».
Interrogé sur les difficultés du cinéma et de ses pratiquants au Tchad, le cinéaste Djaoro souligne qu'il n'y a pas un fond d'aide à la création artistique. « Vous savez, le cinéma est la branche la plus gourmande en matière de fond. Le Niger, le Cameroun par exemple, ont des fonds pour le secteur. Plus parlant encore, le Sénégal est passé de 1 à 2 milliards pour le cinéma ». Il estime qu'il faut de l’aide pour que le cinéma tchadien se développe. « Moi je vois bien que le cinéma tchadien à de l'avenir. Il a de l'avenir et je crois en ça », a-t-il confié à notre micro. Selon lui, le cinéma n'a pas régressé mais plutôt un peu immergé, pense-t-il. « Aujourd’hui des films tchadiens sont en compétition à l’échelle internationale. On le compte par milliers, par exemple au festival de CAN, les films de Mahamat Saleh Haroun, à Dubaï, en Espagne, à Chicago, etc. », dit-il. Il poursuit, « le cinéma tchadien marche mais il faut l'épauler », a-t-il déclaré.
Contrairement au cinéaste Djaoro, Haroun Ben Dono, artiste comédien alias « PASCAL », estime pour sa part qu'il y a d'énormes difficultés dans ce milieu artistique qui se vaut un facteur important pour l'unité et la culture tchadienne. « Le cinéaste tchadien manque d'un réel soutien de la part du politique et du public local », a-t-il confié. Selon lui, les cinéastes n'ont pas d'aide financière et matérielle. « On nous prend pour des prestataires, c'est quand y a un évènement qu'on cherche les artistes pour une prestation pourtant nous sommes des producteurs », a-t-il dit. Il affirme qu'il n'y a pas un seul cinéma digne de ce nom à N'Djamena pour la vulgarisation du cinéma, « c’est bien dommage pour un pays aussi riche en culture comme le nôtre dans cet état », a-t-il lâché. Il ajoute aussi, « par manque d'un réel politique du cinéma au Tchad, aujourd'hui les tchadiens s'intéressent plus aux films étrangers, nos productions ne sont pas consommées », a-t-il relevé. Selon lui, ce problème peut être résolu par la création d'une grande école d'art, de culture et du cinéma et aussi par un appui financier conséquent.
Pour Saleh Mahamat Adoum, Président du comité d'organisation, le cinéma est à la fois un outil de propagande de cultures et des valeurs par excellence et constitue un facteur d'économie rentable. Selon lui, l'exemple du Nigeria ou du Ghana en ont la parfaite illustration. Il a annoncé également que ce festival mettra en compétition une vingtaine de films tchadiens dont les meilleurs seront primés, a-t-il exprimé.
Abderamane Moussa Amadaye
2023 démarre mal chez les étudiants tchadiens. Plus rien ne marche entre le président de l'Union Nationale des Étudiants tchadiens (UNET) Mahamat Saleh Ahmat et le Secrétaire exécutif, section de N'Djamena Yaya Barkai Mahamat. Raison : un communiqué de presse en date du 9 janvier par le premier condamnant l'intégration des diplômés qu'il juge injuste et décrit les conditions d'études dans les 19 universités et écoles professionnelles du pays. Reportage.
Depuis l'intégration des plusieurs diplômés à la fonction publique une vive tension s'est déclenchée entre le président national de cette association et le Secrétaire exécutif pour la section de N'Djamena.
Le 9 janvier passé, M. Mahamat Saleh Ahmat Ali, président de l'UNET a animé un point de presse au cours de laquelle il a décrié les conditions de restauration, de transport, de terrains de sport, de lieu de recherche (bibliothèque et centre wifi), des amphithéâtres qu'il juge en deçà des attentes. Il a aussi dénoncé l'intégration à la fonction publique des milliers de diplômés qui a lieu en décembre 2022. Selon lui, cette intégration s'est faite par affinité, elle est discriminatoire. Il a estimé que ce sont les enfants des hauts cadres du pays qui ont été intégrés au détriment des étudiants qui ont fréquenté les universités et les écoles professionnelles du pays. Cette situation lamentable de marginalisation est, selon lui, l’œuvre de ces responsables. L'UNET a donné un délai de 3 jours au gouvernement pour trouver des solutions, passer ce délai des actions d'envergures seront menées, disait le communiqué
Aussitôt, le Secrétaire exécutif, section de N'Djamena, Yaya Barkai Mahamat a réagi par un communiqué signé le 10 janvier appelant les étudiants à ne pas suivre le mot d'ordre de l'UNET. Il dit être conscient des difficultés auxquelles sont confrontées ses collègues et affirme que des négociations sont en cours avec les autorités pour qu'une solution soit trouvée, a-t-il déclaré. Toujours selon lui, les revendications pour une meilleure condition d'étude sont légitimes, mais il estime que l'année académique a perduré et donc il est hors de question de faire la grève.
Ce communiqué n'aurait pas plu à M. Mahamat Saleh Ahmat Cissé. Ainsi par une décision, Yaya Barkai a été suspendu de ses fonctions de Secrétaire exécutif, section de N'Djamena pour faute grave.
Interrogé par Ialtchad Presse sur sa suspension, M. Barkai dit, « je ne suis pas suspendu et je ne serai jamais suspendu, car aucun texte de l'UNET ne stipule une telle suspension », a-t-il déclaré. Il estime que le texte permet plutôt aux secrétaires exécutifs des sections de le suspendre et non le contraire, a-t-il affirmé. « Nous n'allons plus le reconnaître parce qu’il revendique quelque chose qui ne relève pas de la compétence de l'UNET. Il revendiquait l'intégration », dit-il. M. Barkai soutient qu'après la publication de l'intégration des diplômés, le président de l'UNET l'a consulté sur un dossier. « Ce dossier semble être la non-intégration des 11 membres de l'UNET qui devraient être intégrés par le Secrétaire particulier du Président de la Transition alors cela n'a pas marché, il veut faire recours aux étudiants pour manifester et nous n'avons pas adhéré à cette idée », a dit le Secrétaire exécutif section de N'Djamena. Il estime qu'il n'est pas possible de chercher l'intégration en étant étudiant.
Dans la foulée, M. Barkai a affirmé que le Président de l'UNET a été relevé de ses fonctions sur consensus des secrétaires exécutifs provinciaux et d'ici. « Désormais, il n'est plus Président » a-t-il précisé.
Au sujet des manifestations qui ont eu lieu, jeudi passé à Toukra et vendredi dernier à Ardedjoumal pour la revendication des meilleures conditions d'étude, M. Barkai affirme qu'il s'agit « d'un petit groupe d'étudiants qui n'atteignent pas 10 personnes, manipulées et droguées. Ils viennent brûler de pneus et fuir », a-t-il martelé.
Joint au téléphone, le Président de l'UNET de son côté affirme que les manifestations ont été déclenchées après l'écoulement de délai 3 jours est accordé au gouvernement sur les conditions déplorables d'études. « Nous avons des difficultés liées à la restauration, au transport, au WiFi, etc. À cela il faut ajouter la réhabilitation de notre bourse coupée depuis 2016 ». Il ajoute, « la question de bourse a été débattue au Dialogue national, mais jusqu'à là cela n'a pas été réhabilité », a-t-il renchéri. M. Mahamat Saleh Ahmat rejette en bloc les accusations du secrétaire exécutif, section de N'Djamena. Il estime que ce dernier est l'œil et les oreilles des autorités à l'université de N'Djamena. « Il n'a jamais défendu la cause des étudiants. Celle du gouvernement, oui. Il travaille pour ses intérêts égoïstes donc je l'ai suspendu », dit-il. Il poursuit, « J'ai reçu des offres pour mon intégration, mais je suis en master 2. Je ne suis pas pressé, j'ai refusé. Mon objectif c'est de défendre l'intérêt général des étudiants », a-t-il confié. Au sujet des revendications, le président de l'UNET affirme que la lutte n'est pas finie. « Nous allons continuer à manifester jusqu'à la satisfaction totale et légitime de nos droits ».
Abderamane Moussa Amadaye
20e Jour du festival Dary ce 13 janvier au palais des Arts et de la Culture avec les prestations du Chari-Baguirmi. C’était une exposition spectaculaire des œuvres artistiques et culturelles. Reportage.
C’était d’abord la présentation des objets d’Art et les démonstrations de danses et rythmes sur l'esplanade du palais des Arts et de la Culture. La région du Chari-Baguirmi était représentée par les foulbés ou Peuls venus du canton Bogomoro qui ont brillamment représenté leur culture et leurs différentes danses. Interrogé ialtchad Presse, Haoua Tchouri Guégo explique les objets d'arts et la cuisine. Elle a présenté des objets symboliques liés à la tradition du peuple foulbé de la province de Chari-Baguirmi notamment le « Toummoudé » (calebasse traditionnelle) qui est un récipient et toungoudé qui sert à servir du repas. Il ajoute, qu'il y a le « Djoaro » (bidon traditionnelle) qui sert à conserver de l'eau pour l'ablution et de l'eau à boire, sans oublier les bijoux pour les femmes appelées djodda et le oufnéré (chapeaux traditionnels) fabriqués à la base de feuille du dommier.
Mme Haoua affirme que la sauce préférée chez les foulbés est les feuilles du baobab appelé « Mbok’ko » feuille de baobab, le gombo et le « guiligandja », feuilles de Moringa, les Peulhs ont une expression pour souligner les vertus médicinales de cet arbre en soutenant que lorsqu’on séjourne chez un parent ou un ami et s’il n’a pas cette plante dans sa concession, il faut fuir. Le « Gaouiri Ya’iri » (mil penicillaire) sert à préparer la boule communément appelée « Niari » en langue foulbé. Elle ajoute d'autres objets de valeurs comme Hindéré (le panier traditionnel) qui sert à mettre du cola ou « goro » et de bonbons pendant le mariage et Toubouré (une petite thermos traditionnelle) fabriquée en terre cuite qui sert à rafraîchir l'eau et le boutaro (bouilloire) qui sert à conserver de l'eau pour l'ablution. Il y a aussi d'autres nourritures comme le sorgho rouge et du riz qui sont consommés dans la région du chari Baguirmi.
La décoration de la maison pour les mariés est appelée « parenti sou’dou », la case est décorée du haut jusqu'en bas accompagné du lit du marié.
Djida Adam est danseur foulbé, il affirme qu'ils sont venus présentés trois formes de danses. La première danse est le « djoumbo », très populaire en milieu foulbé. La seconde danse est le « Soro », elle est réservée exclusivement adultes matures, d’un certain âge. La troisième danse est le « Djaguandié », une danse réservée aux jeunes garçons et jeunes filles pendant la cérémonie du mariage où les concernés partagent leur joie avec les mariés, a-t-il conclu.
Le Festival Dary se poursuit jusqu'au 21 janvier au palais des arts et de la culture. Des activités artistiques, culturelles diverses et variées sont produits chaque jour.
Noël Adoum







