jeudi 22 octobre 2026

Depuis hier après-midi les motocyclistes, automobilistes et commerçants informels d'essence affluent dans les stations de services pour s'approvisionner en carburant. Ce matin, la situation s’est empirée, l'essence est devenue une denrée rare. L'inquiétude plane chez de nombreux citoyens. L'équipe d'Ialtchad Presse a sillonné quelques arrondissements de la capitale tchadienne, N'Djamena ce 10 janvier. Reportage.

De Mardjandafack en passant par Bololo dans le 1er arrondissement puis par la rue de 30 m dans le 4e, Amriguebé dans le 5e, de N'Djari et Diguel dans le 8e et enfin Amtoukouin dans le 7e arrondissement, le constat est le même. La moitié des stations-service est fermée. Pas de gazoil dans 5 sur 10 stations inspectées et l'essence n'existe que dans une seule.

Onto Bruno, diplômé sans emploi et mototaximan, communément appelé « clando » témoigne qu'il a fait le plein depuis hier. « Par mesure de prévention j'ai fait le plein », a-t-il confié. Selon lui, l'essence se fait déjà rare dans presque toutes les stations-service, « depuis ce matin, il est difficile d'en trouver à la pompe et chez les vendeurs du coin, le litre et demi est passé de 800 à 12500 FCFA, voire plus », a-t-il déclaré. M. Bruno est inquiet, « nous les motos-taxis, on se débrouille grâce à l'essence et s'il n'y a pas, nous serions tout de suite bloqués, c'est un manque à gagner ».

Cette rareté du carburant inquiète aussi Moussa Aguid, conducteur de taxi. Il affirme qu'il est difficile de trouver de l'essence « il faut faire la queue pour quelques litres pour sa voiture. Le prix reste le même pour l’instant, 518 FCFA », a-t-il dit. Toutefois, M. Aguid explique que le prix du transport est intact, « les frais sont restes tels qu'elles sont », dit-il. Pour Ngarhodjidom Élysée, pompier à la station Oil Libya de Mardjandafack, depuis hier il n'y a plus de carburant à la pompe a-t-il fait savoir. Il tente de rassurer ses clients, « nous espérons d'ici ce soir que notre part de carburant sera livrée. Nous rouvrons pour vous satisfaire » explique-t-il à sa clientèle.

Certains se plaignent, mais les vendeurs informels se frottent les mains. « L’essence est devenue rare, nous vendons le litre et demi à 1000 FCFA, libre à celui qui veut acheter ou non » dit un vendeur qui a requis l'anonymat. Selon un pompiste, cette situation n'est pas nouvelle. « Chaque début d'année, nous traversons de telles crises dues au nettoyage de la raffinerie de Djarmaya. J'espère que cette fois-ci ça sera pareil ». À la question de la durée, il affirme que, « dans le passé cette situation ne dure pas plus d'une semaine ».

Contactée, la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), a refusé de répondre aux questions de la rédaction.

Abderamane Moussa Amadaye

Le président du Parti des Intellectuels et socialistes tchadiens pour l'Évolution (PISTE) Netoi-Allah Ringard a animé un point de presse ce 9 janvier au siège de son parti situé dans le 7 -ème arrondissement de la capitale tchadienne, N'Djamena. Il dénonce les conflits et les guerres au Tchad, l'enquête sur la mort du Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno et la confiscation du pouvoir par une petite minorité de nordistes. Reportage.

Le président du parti PISTE Netoi-Allah Ringard a animé dans son point de presse affirme que le Tchad est plongé dans des plusieurs conflits et guerres notamment les conflits entre éleveurs et agriculteurs, les forces de l'ordre et les orpailleurs, les conflits autour des terres, les tensions entre le gouvernement et les diplômés sans emploi, le conflit autour du décès du Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno, etc. est l’œuvre d’une minorité. Il soutient que 90% des Tchadiens veulent savoir qui a tué le Maréchal du Tchad Idriss Deby Itno. 99% des Tchadiens sont contre l’implantation d’une dynastie. 100% de la population tchadienne veut des élections libres et transparentes sans le président de transition comme candidat. Et donc les Tchadiens veulent d’un pouvoir civique, d’un président élu démocratiquement, a-t-il dit. Netoi-Allah Ringard poursuit que le Tchad est orphelin d'un président de la République depuis le 20 avril 2021. Pour lui depuis ce jour, le Tchad est entré dans un état de nature où les gros poissons avalent les petits poissons, les baobabs étouffent les petites plantes et lâche ce proverbe « dans la bagarre des éléphants les herbes et les arbustes en pâtissent. Les plus riches continuent à s'enrichir et les pauvres continuent à s'appauvrir et la paix a disparu au pays ».

 Le Président Ringard ajoute que dans ce contexte, le Tchad est plongé dans le feu du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest à cause de cette manie de vouloir instaurer une dynastie au Tchad. Et pousser l’envie jusqu’à publier des déclarations haineuses des hommes du pouvoir publiant des vidéos contre les sudistes en les qualifiant des « Kirdis » comme s’ils n'ont pas droit au pouvoir. Ces sorties n’ont qu’un but : gagner la confiance des autres nordistes et de certains sudistes pour confisquer le pouvoir dans une seule région, le BET malgré et qu'une très petite minorité en profite. Cette haine de certains Tchadiens contre d'autres a atteint son paroxysme et les Tchadiens en meurent. Il conclut, « aucune ethnie, aucune famille, aucune région n'a été épargnée par cette barbarie en dehors de celle au pouvoir ».

Noël Adoum

C’était le 15e jour du festival Dary ce dimanche 8 janvier. Et c’est la province du Guera qui a présenté ses différentes œuvres artistiques et culturelles notamment les danses et l'art culinaire. Reportage.

Le Festival Dary continue toujours d'impressionner les Tchadiens par ses œuvres. Une sexagénaire Haoua Sabir explique, « l’huile de sésame soins plusieurs maladies comme les maux de ventre, l'enflure et rend l'homme résistant contre le froid », dit-elle. Selon elle, le sésame se vend bien et rapporte financièrement, c’est pourquoi tout le monde le cultive. Il y a aussi le sorgho rouge qui est beaucoup consommé dans la région du Guera. Pour elle, si la gomme arabique ne se développe pas dans cette région, c’est à cause du déboisement des arbres qui occupent les champs. Pour elle, Badjour (l'arbre du savonnier) joue un rôle crucial dans la province du Guera, ses feuilles servent à préparer la sauce et sert de nourriture pendant la sécheresse, ses fruits (les savonnes) entrent dans l’alimentation et soignent certaines maladies comme le rhume, le diabète et devient un anti-inflammatoire. « Et ce n’est pas fini, les écorces servent du savon pour le lavage des habits. Les autres parties du savonnier comme les racines, les tiges et les noies entrent dans la médecine traditionnelle pour son efficacité ». dit-elle.

Zakaria Fachir est artisan, il a présenté ses œuvres notamment des animaux fabriqués à base de bronze et de cuivre. Il y a aussi les objets de parures pour embellir la maison du marié comme il est de coutume dans le Guera, des Zogo (les paniers traditionnels) pour mettre le mil afin et le moudre au moulin local, etc. « Ses objets, le monument, la reine du Guera et de la montagne d'Abtouyour, je les aie fabriqués à base du fer plat et du fer de 6 accompagné de chiffon et quelques dessins des espèces pour symboliser la culture du Guera à travers ses deux monuments géants de la région », dit M. Fachir.

Alfeïd Abba est le chef des danseurs, il nous présente les différentes danses traditionnelles de la région du Guera, notamment la danse des ancêtres « Dodi » en langue Kenga qui signifie l'affrontement dans une bataille avec des lances. « Il y aussi la danse Guissesse qui ne concerne que les jeunes (femmes et hommes) qui dansent dans la joie. La danse « outiyé dokou », c’est une danse pour tout le monde. Elle est dansée lors du pillage du mil, dans un mariage ainsi que lors d'autres activités qui symbolisent la joie », dit-il. Il conclut avec la danse de Kado Ngaba, cette danse symbolise le deuil dans la communauté Kenga. « Par exemple si une femme perd son mari et voit ses enfants orphelins, elle peut danser dans la douleur tout en se rappelant de son mari ».

Noël Adoum

Malgré son interdiction par les autorités tchadiennes, la boisson frelatée continue à être vendue un peu partout. De plus en plus des personnes en consomment de manière abusive. Pourtant cette boisson est un danger pour la santé humaine. Pourquoi cette pratique ? N’y’a-t-il pas une loi qui interdit sa vente et sa consommation ? Ialtchad Presse a mené une enquête ce 7 janvier. Reportage.

Un tour en ville permet de constater la consommation de ces alcools frelatés. La plupart des consommateurs sont des jeunes. Plusieurs jeunes rencontrés sous couvert de l’anonymat disent que ces alcools leur donnent plus de forces et de résistance en cette période de froid. D’autres, soulignent que ce sont les soucis et la pauvreté qui les amènent à boire nguérèck, « que ce soit bon ou mauvais, l’essentiel ce que ça me soul pour que j’oublie mes soucis pour un temps. Vous ne pouvez pas imaginer qu’a 29 ans, je continue par être nourris par ma vieille maman qui m’a soutenu à l’école espérant que je vais l’aider, mais finalement ce diplôme ne sert à rien. Et même si on trouve quelque chose qui nous remporte un 500 ou 1000 F CFA, on ne peut pas prendre de la bière qui est un peu chère, on préfère nguérèck de 50 ou 100 F CFA », affirme un consommateur.

Pourtant, le gouvernement a pris des mesures interdisant toute forme de vente et consommation de ces alcools au Tchad. Il s’agit du décret N2835/PCMT/PMT/MSPSN/2022 sur proposition du ministre de la Santé publique et de la Solidarité Nationale. Visiblement ce décret n’est pas appliqué dans toute sa rigueur.

Les vendeuses des alcools frelatés dénoncent le comportement de certains policiers qui parfois saisissent leurs marchandises et les revendent. « Si c’est un contrôle normal, il faut que ce soit un corps mixte qui doit commencer à la frontière. Et brûler ces alcools et non les revendre, parce que les « nguérèck » ne sont pas fabriqués par nous les vendeuses. Les policiers ne sont pas du sérieux dans tout ça », s’enflamme une vendeuse hors micro.

Selon plusieurs sources, les agents de la police, les gendarmes, les maires, les inspecteurs de douanes et contrôles économiques, les agents sociaux, les autorités administratives, traditionnelles et les forces de sécurité intérieure chargée de la mise en œuvre du décret portant l’interdiction de la vente et la consommation des alcools frelatés ne s’impliquent pas en appliquant la loi.

Narhinguem Anastasie

Le Festival Dary continue d'émerveiller les Tchadiens au palais des Arts et de la Culture avec les prestations de diverses provinces du pays. Ce 6 janvier, la province du Logone occidental a présenté ses différentes œuvres artistiques et culturelles. Reportage.

Après la province du Kanem, c'est au tour du Logone occidental de présenter ses produits culturels. Pour Mbaiasra Mbaoidji Bonheur, artisan au stand de cette province, leur localité dispose d'innombrables richesses artistiques, culturelles et culinaires. Côté art, M. Bonheur cite, le « karé », une sorte de banco fabriqué à base de feuilles du rônier qui à usage multiple, dit-il. « Il sert de séchoir pour les ustensiles ou encore cueillir du coton dessus », a-t-il déclaré. À côté du banco, M. Bonheur a présenté le « Ngo’ », une calebasse traditionnelle. Il affirme qu'il y a deux types, « l'un de couleur blanche pour servir de l'eau potable ou préparer la boule et l'autre rouge. Nous servons de la boisson traditionnelle alcoolisée, le bili-bili », a-t-il confié. Toujours dans la fabrication artisanale, M. Bonheur nous a présenté la jarre communément appelée « Djo ». « Cet objet de conservation et de rafraîchissement d'eau est fabriqué à base de l'argile. C'est notre congélateur traditionnel », a-t-il affirmé. Les objets de cuisine sont nombreux, l'artiste a présenté aussi le « Sann », un tammi traditionnel fabriqué avec des feuilles de rônier.

La richesse du Logone occidental ne s'arrête pas là. Selon Mbaiasra, le chef-lieu de région, Moundou est la ville économique du pays, « à cet effet, nous avons développé la maroquinerie. Nous transformons localement la peau des chèvres, moutons, serpent en des chaussures, ceintures, sacs, etc. », a-t-il précisé. A ce sujet, il évoque des difficultés liées au tannage de cuir, « nous exportons vers le Nigeria ou le Cameroun avant usage. Cette opération coûte cher et cela impacte aussi le prix de vente de nos produits ». Il ajoute, « nos produits sont extrêmement chers et cela impacte nos ventes », s'est-il lamenté.

Fini l'artisanat, M. Mbaiasra nous a guidés vers la cuisine du Logone occidental. D'abord, il nous a présenté l'huile végétale fabriquée à base de graine d'arachide appelée « Oubou ». Il a ensuite présenté l'arachide grillée, le « mandawa » et le poids de terre, « boulna ». Selon lui, « le mandawa et le boulna sont des amuse-gueules servis aux invités aux agriculteurs dans les travaux champêtres », a-t-il assuré. Aller au Logone sans parler de la sauce longue c'est comme effectuer un voyage sans bagage, dit un adage. Les produits de composition de cette sauce atypique ont été présentés, « le ken-medji, le delmadjam, le n'a, le banda, le batkoré, etc. », a-t-il renchéri. Au-delà de cette préférence cuisinière, l'on trouve aussi le pomme-en l’air, communément appelée le « bolollo ». Selon lui, ce tubercule atypique est cuisiné dans la sauce, « elle donne une saveur extraordinaire », conclut-il.

Abderamane Moussa Amadaye

Un mois après l'Assemblée Générale de l'Association des Victimes des Crimes du Régime de Hissein Habré (AVCRHH) le 06 décembre dernier, le président de l'association Dam Pierre a animé une conférence de presse hier Jeudi 05 janvier à 10h dans le siège de l'association situé au quartier Chagoua dans la commune de 7ème arrondissement de la ville de N'Djamena. M. Dam Pierre dit porter plainte contre Clément Abaïfouta pour troubles à l'ordre public, escroquerie à outrance et malversation financière. De son côté Clément Abaïfouta ne reconnaît toujours pas ce nouveau bureau. Reportage.

La conférence de presse s'est tenue en présence des membres de l'AVCRHH et de plusieurs journalistes de différents médias. Pour le président de l'association Dam pierre, l'origine de ce grand schisme est due à la mauvaise gestion de l'ancien président de l’AVCRHH Clément Abaïfouta. Ce dernier avait organisé une Assemblée Générale extraordinaire accompagné de ses acolytes au CEFOD pour mettre le point, a-t-il déclaré. Dam Pierre affirme que l’huissier de justice a suspendu cette AG ce qui a poussé le président M. Clément Abaïfouta à poser un acte de rébellion contre l’huissier, a-t-il martelé. Le président affirme que la présence de l’huissier de justice et les membres de l'Union Africaine ont paniqué Clément et ses acolytes. Il ajoute ensuite que l'association a déposé une plainte contre ce dernier pour menaces envers les membres, violation du siège, trouble à l'ordre public, coups et blessures volontaires, malversation et escroquerie. Selon Dam Pierre, lors de la déclaration faite à l'Assemblée Générale au CEFOD, Clément Abaïfouta avait déclaré que « les autres sont des fausses victimes et les membres de l'autre camp sont des vraies victimes ». Il ajoute que les cartes d'adhésions des victimes sont faites à 5000 à Ndjamena et sont vendus à 10000 voire même 15000 FCFA en province par l'ancien président.

Le président Dam pierre affirme qu'ils sont des légalistes, des démocrates, des défenseurs des droits humains et que leur objectif est de défendre les intérêts de tous les victimes.

Contacté par la rédaction, le Président Clément Abaïfouta qui à travers cette Assemblée Générale organisée au CEFOD, a rappelé la cartographie des activités qu'ils avaient ensemble mené le rôle capital qu'ont joué les victimes. Il affirme que c'est dommage que cela puisse arriver au sein de l'association. Il ajoute que c'est un élan d'appétit de responsabilité et d'avidité d'argent qui est la vraie source de ce trouble entre les victimes. Il poursuit que la venue de la mission de l'union africaine est le résultat du travail qu'ils avaient mené aux côtés de leurs braves avocats dont il se réjouis en étant membre du conseil d'administration.

En ce qui concerne l'envoi d'un huissier par l'autre camp, M. Abaïfouta affirme qu'ils ont refusé de suivre ses injonctions et ils ont conduit les travaux jusqu'à l'élection du Bureau. Donc l’huissier n'a pas pu arrêter les travaux. Clément Abaïfouta reproche des dérives à l'autre camp et relève que tout ce qui est dit sur lui est non fondé.

 Noël Adoum

Après la province de l'Ennedi Ouest, c'est au tour de la province du Kamen d’étaler ses œuvres culinaires et ses objets d'art ce jeudi 5 janvier au palais des Arts et de la Culture. Reportage.

Le Festival Dary continue son bonhomme de chemin riche en couleurs avec les merveilles du royaume Kanem Bornou dans sa splendeur avec ses « gada » naturelles. Koula Mouta Alfei dit, « nous avons exposé les produits des nos aïeux comme Tanaya, Loco, Hiné Kamen, café de grain dattier, la farine dattier, etc. C’est tout cela qui donne la couleur des différentes ethnies qui compose la province ».

Mme Achta Adoum Djibrine montre « cette pierre à l'époque est le moulin traditionnel qui nous fabrique la farine à manger. Cette boule naturelle est gardée dans son « gada » (Thermos naturel) qui est de deux qualités, le plus gros est pour le Chef traditionnel et l'autre pour le Chef de famille ».

Selon les ressortissants de cette province, le Kanem regorge de plusieurs potentialités comme les ouadis, les palmiers dattiers, les sites touristiques et le sultanat du Kanem qui est joyau architectural de l'époque dans la ville de Mao, etc. Ces richesses constituent une grande chaîne de valeur pour le Tchad, disent-ils. Ce soir 3 danses vont être présentées qui reflète la culture tchadienne.

Ousmane Bello Daoudou

Après la province du Mandoul, c'est au tour de l'Ennedi Ouest de présenter ses différentes œuvres artistiques et culinaires ce 4 janvier au palais des Arts et de la Culture. Reportage.

Le festival Dary continue de marquer les esprits par ses couleurs culturelles diverses et variées. La province de l'Ennedi Ouest est à l'honneur ce mercredi. Des objets traditionnels et alimentaires sont exposés. Selon la responsable du stand de cette province, Gourdé Djaon, c’est un héritage historique de nos aïeux qui nous sont légués. Pour Madame Gourdé, le peuple de l'Ennedi Ouest est à la fois éleveur et nomade, « comparativement aux autres qui sont sédentaires, la population de l'Ennedi Ouest est un peuple à grande partie nomade, éleveur et dispose d'une mode de vie particulier », a-t-elle expliqué. Elle affirme que l'habitation est provisoire et faite à base du bambou, en langue gorane «za'a» et des nattes à base du rônier et du dattier. « Les habitations sont en forme de tente, elles peuvent être dépliées à tout moment », a-t-elle dit. En plus de la construction de cette habitation, elle explique qu'il y a une phase d'embellissement. « Nous mettons des objets en cuire de chameau communément appelés « Onougou, onouga, mala-mala etc.. », on accroche des tasses aussi, le tout donne une sensation paradisiaque pour notre habitation ». L’Ennedi est aussi connu pour son amour pour l'élevage de dromadaire, le peuple de l'Ennedi Ouest à un traitement spécial pour le dromadaire, dit-elle. « Au-delà d'un simple animal, le dromadaire est un moyen de déplacement », précise-t-elle. Toujours selon elle, une chaise en bois embellie en cuire appelée en langue gourane « tirké » est fabriquée pour le confort de l'éleveur lors des longs voyages, dit-elle.

Après les objets artisanaux, la présentatrice explique les produits locaux de l'Ennedi Ouest. Mme Gourdé a d'abord montré le sel rouge réputé dans la zone. Il est appelé « Gliné marou » en langue locale, dit-elle. Ensuite, elle a présenté le thé ancestral, « le baki », « avant l'arrivée en masse du thé que nous consommons aujourd'hui, nos grands-parents utilisaient le baki sous forme de thé », explique Mme Gourdé. Les merveilles de l'Ennedi Ouest ne s'arrête pas là. Elle nous fait découvrir le cosmétique de cette province, « à partir des plantes du désert nous extrayons du « chébé » et mélangeons avec de l'huile de dromadaire pour en faire un produit enrichissant pour la fertilisation des cheveux des filles, ce qui le rend belle et charmante », a-t-elle confié. Elle ajoute, « pour parfumer nos tentes, on utilise la gomme arabique et l'écorce d'un arbre appelé « Digui ». Le tout on met au feu dans une tasse ou calebasse en argile. La fumée qui dégage parfum la tente, le lit et tout ce qui s'y trouve à l'intérieur », explique-t-elle.

Abderamane Moussa Amadaye

Une semaine après l'intégration des fonctionnaires au corps de la police qui a fait couler de l'encre et de salive. Ce matin, la rédaction a tendu le micro à quelques responsables parlementaires et de la société civile notamment le Conseiller national de la Transition Néné Ehémir et le vice-président de l'Union de Syndicat du Tchad Younouss Mahadjir. Lors de la fête des armées, le président de transition a reconnu que cette liste est injuste. Et que le gouvernement s’attellera à la corriger. Reportage.

L'intégration au corps de la police a engendré des débats houleux, la majorité des citoyens a jugé cette liste est régionaliste et discriminatoire. Pour le Conseiller national de Transition Néné Ehémir, il faut faire un point sur ce dossier, réunir les éléments les uns des autres et exiger l'annulation de cette liste. « Les conseillers iront voir le ministre et vérifier si cette liste est régionaliste », dit-il. Pour certains conseillers, cet arrêté ne couvre qu'une seule partie du Tchad, pas tout le Tchad. M. Ehémir pense que les conseillers pouvaient interpeller le ministre de la Sécurité publique et le ministre des Finances par écrit ou bien les inviter à l'Assemblée nationale (AN) pour que la commission défense et sécurité les entende. Il ajoute que ces deux personnes sont mieux placées pour répondre, « même devant les tribunaux, on écoute d'abord une personne avant de la condamnée », dit le conseiller.

Pour le vice-président de l'Union des Syndicats du Tchad (UST), Younouss Mahadjir, il n'y a rien de surprenant, ces pratiques existaient déjà à l'époque. Les gens se sont sélectionnés pour recruter les policiers, car c'est les trois provinces du Nord qui accaparaient tout. Pour 1500 policiers recrutés, les 1200 appartiennent des trois régions du Nord dont la population de zone ne fait pas 4000 habitants, a-t-il affirmé. Il se dit étonné des dirigeants qui veulent que les Tchadiens se réconcilient pour qu'ils puissent parler d'un seul pays uni. Il affirme que c'est regrettable de voir que des individus ne peuvent pas être capables que de s'affranchir de leur ego puis tout simplement de croire qu'ils sont supérieurs aux autres. « C’est honteux pour les tenants du pouvoir notamment le jeune président qui ne maîtrise absolument rien, ce n’est pas étonnant qu'on l'oblige à faire ça ». Il affirme que le chef est censé examiner et vérifier les documents avant de les signer. Il ajoute que si Mahamat Idriss Deby est venu pour refonder le Tchad, ce n'est pas de cette manière que le pays doit être refondé. « Je suis convaincu que l'arrivée de ce nouveau président tout son père avant lui qui a gouverné durant 32 ans, ont détruit le pays ».

Pour lui, le président a commis une faute grave. Et concernant le réajustement de la liste, M. Mahadjir, qualifie la promesse du président de transition de rectifier la liste de mensonge. « Le président va réajuster la liste sur quel aspect? Par rapport à la démographie ou bien continuer à flatter les gens? ». Le syndicaliste a aussi fustigé l'inauguration d'aéroport International d'Amdjarass qu'il considère comme une folie, car un jour l'histoire dira que l'argent du pétrole n'a servi qu'à construire le hameau du défunt président.

Le syndicaliste évoque également l'élévation de grade dans l'armée qui est la preuve de l'immaturité du président de transition, « au lieu de suspendre le grade des généraux en cette période de transition. Il en distribue ». Selon M. Mahadjir, sur les 400 ou 500 généraux, 90% viennent d'une seule région. Il appelle le président à envoyer ces faux généraux à la retraite afin de reconstruire le pays.

Noël Adoum

Le festival culturel Dary se poursuit au palais des Arts et de la Culture à Diguel dans le 8e arrondissement. Ce 3 janvier la province du Mandoul est à l'honneur. Des sculptures en bois et des produits sont exposés au public. Reportage.

Après Tibesti, aujourd'hui c'est au tour de la province du Mandoul de présenter ses variétés culturelles aux Tchadiens. Selon Djobaye Madjoumgaye, le Mandoul est une province qui produit des artistes depuis la nuit des temps. Elle est une région artistique par excellence, a-t-il expliqué. Aussi, il affirme que sa province dispose aussi des produits locaux consommables divers et variés, dit-il.

Selon M. Djobaye, le nom Mandoul en langue locale signifie « le coin des artistes ». Il explique que les objets d'arts et plus précisément la sculpture en bois sont faits depuis leurs aïeux et ce savoir est transmis de génération en génération, a-t-il renchéri. « Dans le temps ancien, on utilisait le bois pour le transformer en des divinités, des tam-tams, etc. Et aujourd'hui nous en fabriquons d'objets d'arts pour exprimer notre talent ou décrire un fait », a-t-il confié. Sur la question de la valorisation de ces objets, il affirme qu'il y a des difficultés parmi lesquelles, «la vente locale de nos objets sont un véritable problème, plusieurs personnes ignorent leur valeur et en plus, au Tchad nous n'avons pas des expositions culturelles pour l'art afin d'attirer les touristes », a-t-il exprimé. Il estime que le pays pourra créer des emplois en valorisant la sculpture de bois et attirer plus de touristes, « ce ne sont pas les ressources humaines qui en manquent », dit-il.

De plus, M. Djonabaye a parlé aussi des produits locaux, « nos richesses culinaires », dit-il. Parmi lesquels le poids de terre très souvent transformé en farine pour la bouillie, le couscous, etc. Selon lui, ce produit est l'une des spécialités de la région. Il soutient que le poids de terre est riche en vitamine A, en calcium en en sélénium. Il cite également le riz, le beurre de karité et le miel, « ce sont tous des produits consommés dans le Mandoul et dans tout le pays. Ils font notre fierté et celui du Tchad », dit-il.

Le Festival Dary se poursuit jusqu'au 21 janvier au palais du 15 janvier. Des activités artistiques, culturelles diverses et variées sont produits chaque jour.

Abderamane Moussa Amadaye

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