samedi 24 octobre 2026

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9h 50 min. J’arrive en trompe, pressant les pas, l’œil sur la montre. Je passe les mesures barrières anti Covid. Je ne sais pourquoi les organisateurs exigent cela aux participants, car personne n’applique réellement en salle ces mesures. Je franchis les barrières de sécurité, aussi. Je rejoins mes amis des médias, quelques-uns sont installés. Je prends place presque essoufflé.

10h 5 min. Le maître de cérémonie appelle les participants à regagner leurs places. Il annonce que le présidium va s’installer. Quelques secondes plus tard les membres du présidium à leur tête son président prennent place. Le président Gali a presque tenu sa promesse de commencer à 10h. Les participants ne lui tiendront pas grief pour 5 min. Derrière moi j’entends un participant dire, « le présidium à respecter l’heure, pas les participants ». Je jette un coup d’œil circulaire de la salle. Il a raison, la salle est clairsemée. Sacrés Tchadiens. Pour eux, l’heure n’existe pas.

10h 10 min, président Gali prend la parole. Il souhaite que cette séance soit le début des travaux. Il a rendu compte des démarches du comité ad hoc. Il a aussi informé les participants que les différents vice-présidents ont rencontrés les groupes mécontents qu’ils s’agissent des représentants des médias, des partis politiques et d’autres groupes.

Il a parlé de la distribution de l’agenda, de commission de facilitation et annoncé la lecture de la synthèse du rapporteur général M. Limane. Ensuite dans une troisième séquence, rappeler les sujets qui attendent les participants. Il aborde la question de la commission et dit « il y a des gens qui ne sont pas d’accord, beaucoup disent ne pas reconnaître, tous les rapports échoueront ici. Rien ne sera caché ». Doucement le timbre de sa voix monte, s’accélère, il rappelle que la plénière est souveraine. Il s’y porte garant et averti « toute personne qui se dressera contre m’aura en face », parole de Gali le pugnace militant qui aime le combat politique, l’homme qui a bravé par ses tracts une féroce dictature et qui a failli y laisser sa peau montre ses couleurs. Au nom de la plénière, il demande aux participants de prendre au sérieux leur travail. De lire et critiquer le rapport du Comité d’organisation du dialogue national inclusif et souverain tant dans le fond que dans la forme. Il finit son intervention en interpellant la salle sur le fait que les participants sont assis sur des chaises couvertes des couleurs du drapeau national. Et s’interroge « peut-on au nom de l’esthétique s’asseoir dessus? ».

10h 20 min. Le rapporteur général Limane Mahamat prend la parole. Il est supposé faire la synthèse, mais se lance dans un long exposé comme un professeur de droit constitutionnel face à ses étudiants. Son intervention a été un peu longue. La salle a décroché, il semble monologuer…

10h 40 min, c’est au tour du rapporteur général adjoint  Armand Djékoltar d’expliquer et de réajuster le projet d’agendas. Une partie de salle réclame des copies en protestant. Le président du présidium intervient pour calmer les protestataires. M. Djékoltar arrête son intervention avant de reprendre en s’assurant que tous les participants ont reçu l’agenda. Appliqués, les participants écoutent le rapporteur général adjoint en ajustant les dates du projet d’agenda.

11h 00 min. Le président du présidium reprend la parole, suspend la séance. Et reviens pour annoncer à la salle que chaque groupe doit désigner 5 personnes. Une importante communication leur sera faite dans la salle 400. Et il lance sur un ton mi-impératif mi-agressif « que les journalistes quittent la salle. Je demande aux journalistes de quitter la salle ».

30 minutes plus tard, les groupes ne s’entendent pas pour désigner 5 personnes chacun. La communication est reportée pour lundi. Entre temps les réseaux sociaux ont repris la phrase du président Gali. Les participants et membres du présidium se dispersent. Je me suis dit, les propos de Gali sur les journalistes vont peut-être le rattraper…enfin peut-être.

12h00. Je suis dehors sur l’esplanade. J’allume mon téléphone et me connecte. Les réseaux sociaux s’emballent sur les propos de Gali. Il a raté de l’occasion de se taire me suis-je dis. Au moment de demander aux journalistes de quitter la salle, des journalistes sont frappés et arrêtés. D’autres se sont cachés en se débarrassant de leur gilet de Presse. Leur faute? Ils sont journalistes, ils couvrent la manifestation des Tchadiens du parti Les Transformateurs qui sont aussi bastonnés pour avoir manifesté, leur chef Succès Masra est en semi-résidence surveillée parce qu’il n’est d’accord avec les assises du dialogue.

Cela aussi il faut, en ce temps de dialogue, le dénoncer président Gali. J’espère que c’était une méprise que vous rattraperez lundi. Inchallah.

Bello Bakary Mana

Mis sur pied au lendemain de l’installation des membres du présidium, le comité ad hoc est contesté. Les contestataires, constitués des partis politiques, de la société civile refusent d’entamer des négociations avec ce comité et semblent préférer le groupe des sages qu’ils jugent impartial. Dr Évariste Ngarlem Toldé, analyste politique donne son point de vue par rapport à la valeur ajoutée à ce comité. Reportage. 

Au lendemain de son installation, le présidium du dialogue national inclusif et souverain (DNIS) a mis sur pied un comité ad hoc qui doit négocier avec les autres corporations qui refusent de participer au dialogue. À peine installé, ce comité est contesté. Certaines corporations ont exprimé leur inquiétude dans un document commun.

Pour l’analyste et enseignant chercheur, Dr Évariste Ngarlem Toldé, le comité ad hoc a été mis sur pied unilatéralement par le présidium. Selon lui, on ne retrouve pas dans ce comité les aînés, les sages et les religieux qui avaient déjà commencé la médiation et la facilitation avec ceux qui refusent de prendre part aux assises du dialogue.

 Il estime que c’est la mission qui est dévolue à ce comité. Il s’interroge sur la nécessité de créer ce comité. À son avis, en principe, ce comité doit travailler avec le gouvernement pour dire la position de ceux qui ont refusé de prendre part au dialogue et dire ce qu’il faut proposer.

Il souligne qu’il y a des choses que le gouvernement peut faire par rapport à la position de Wakit Tamma, du parti Les Transformateurs ou les politico-militaires pour instaurer la confiance.

Au sujet du non-alignement du groupe des sages au comité ad hoc, Dr Evariste Ngarlem Toldé affirme que c’est une question de principe et d’indépendance. Selon lui, le principe voudrait que le médiateur soit neutre et impartial et le groupe de sages respecte cela. « On voit mal un groupe qui est constitué des religieux, des sages ou des aînés avec un chef venir intégrer un autre groupe qui a une couleur politique. Cela ne les convient pas, raison pour laquelle ils préfèrent se mettre à l’écart pour garder leur indépendance », confie l’analyste. Il pense que le comité ad hoc est truffé de militaires et des personnes que leur position est déjà connue. Pour lui, c’est qui fait que les religieux et les sages sont réticents à intégrer facilement ce groupe.

Kouladoum Mireille Modestine

Le meeting politique prévu ce jour 3 septembre 2022 par le parti Les Transformateurs n'a pas eu lieu. Succès Marsa et quelques proches collaborateurs sont toujours bloqués à l'intérieur du siège par la police et les militants jouent au chat et à la souris avec les forces de l'ordre dans les rues d'Abena. Des violences inouïes ont été exercées pour rétablir l'ordre. Reportage.

Maintenu malgré l'assignation du président Masra, le meeting du parti le transformateur a eu lieu dans une ambiance électrique. De tirs de gaz lacrymogène par-ci, jet de cailloux par-là. L'accès dans le fin fond du quartier, surtout vers le siège du parti Les Transformateurs est interdite. Des journalistes ont été refoulés, d'autres furent même brutalisés ou encore arrêtés. Une scène de folie. La police GMIP a quadrillé presque tout le quartier. D'autres véhicules de police ou encore de la mairie rôdent dans les différentes rues, pourchassant les jeunes regroupés et les disperse à coup de gaz lacrymogène. Les jeunes qui se réclament militants des Transformateurs se forment en unité pour se défendre. Une unité rode avec la police, une autre brûle de pneu. Ces jeunes ont procédé au casse des vitres d'une voiture étatique. L'on note l’arrestation des plusieurs personnes, parmi eux se trouvent des journalistes.

Signalons, qu'aucun bilan officiel n'a été donné jusqu'ici, ni par le gouvernement de de transition, ni par le parti Les Transformateurs.

Abderamane Moussa Amadaye

Le Groupe des Religieux et Aînés s’est réuni jeudi, 2 septembre 2022 ici à N'Djamena capitale tchadienne. Pour leur porte-parole Dr Baniara Yoyana, interrogé par ialtchad, ils vont poursuivre leur médiation de façon neutre et indépendante pour atteindre leur objectif. Il affirme qu’il faut éviter les affrontements susceptibles de faire couler encore le sang au Tchad. Reportage.

Le porte-parole le Groupe des Religieux et des Aînés informe l’opinion nationale et internationale que le groupe poursuit sa médiation de façon neutre et indépendante. Il rappelle que la négociation entamée doit parvenir dans un bref délai à un accord juste et équitable. Leur but, dit-il, c’est d’assurer la participation de toutes les parties aux assises du dialogue national inclusif et souverain (DNIS). A son avis le groupe reste ouvert à tout autre groupe qui voudrait bénéficier de ses bons offices. « Les membres du groupe se sentent interpellés par leur devoir de garants moraux et spirituels à œuvrer pour la paix et la concorde du Tchad. Ce dialogue est une opportunité que Dieu donne pour mettre fin aux cycles de violences », soutient Baniara. Malheureusement, il constate l’intransigeance de ceux qui veulent absolument conserver le pouvoir et l’aspiration de ceux qui souhaitent le changement. Ces positions divergentes, craint-il, risquent de dégénérer en affrontements aux conséquences incommensurables. Baniara Yoyana invite chacun des protagonistes à un examen de conscience afin de léguer un Tchad uni et paisible à la postérité.

Pour le Groupe  signataire de la déclaration du 19 mai constitué de GRA Appel 1er juin, Wakit Tamma, les Démocrates, UNPT, UTPC, Plateforme Diaspora tchadienne, MPUD, FNC-REP, PAP/JS et FPF n’est pas resté muet.  Ils se disent en négociation depuis le 22 août avec le comité de négociation des chefs religieux et des aînés. Objectif, trouver une solution pour leur participation à un dialogue sincère inclusif et souverain. Selon eux, des progrès notables sont faits. Ils ont rencontré le Premier ministre de transition et le Président de la transition. Le président du présidium est informé des démarches entreprises par ce comité. Ils sont surpris, disent-ils que, le président du présidium ait mis en place un comité  ad hoc pour faire le même travail et déposer un rapport dans 48 heures. A leur avis, aucune référence n’a été fait au comité des chefs religieux et aînés. Ils remarquent que quelques membres du comité des religieux et Aînés figurent au rang des membres du comité ad hoc sans leur consentement. Les signataires de la déclaration du 19 mai ne trouvent pas normal qu’on fasse échouer les religieux et les Aînés dans leur mission.

Moyalbaye Nadjasna

Pendant que le président du présidium s’active pour mettre en place un comité ad hoc pour aller négocier avec certains partis politiques et certains leaders de la société civile pour les ramener à la table du dialogue, les forces de l’ordre encerclent le siège du parti Les Transformateurs et gazent ses sympathisants. Cette situation rend difficile les négociations et met dos au mur les autorités de la transition qui prônent un Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS). Chronique.   

Certains partis politiques et de leaders des organisations de la société civile pourraient avoir raison. Ils ont toujours douté de la bonne foi des autorités de la transition à organiser un dialogue sincère.

Malgré la bonne volonté du président du présidium, qui a créé un comité ad hoc composé des sages et des religieux pour aller convaincre les partisans de revenir à la table du dialogue. Les autorités de la transition utilisent les coups de matraque pour réprimer les jeunes du parti Les Transformateurs qui sensibilisent la population de la raison de leur refus de participer au dialogue. Mais c’est sans connaître l’option des autorités de la transition. Selon les constats sur le terrain, le meilleur dialogue, c’est avec les coups de matraques et de gaz lacrymogène.

Ce vendredi, il est difficile, voire même impossible d’accéder au siège du parti les transformateurs. Raison : les jeunes de ce parti ont manifesté contre l’arrestation de leurs camarades arrêtés pour trouble à l’ordre public, alors qu’ils sensibilisaient les habitants du 2e arrondissement de la commune de N’Djamena d’aller participer au meeting de leur président prévu pour ce samedi.

Leur arrestation vient comme un voile se poser sur la liberté de manifester. Et plus de 50 véhicules des forces de l’ordre composées des éléments de la police nationale, la DGSSI et des gardes nomades ont pris d’assaut le siège du parti de Dr Succès Masra, rendant difficile l’accès du périmètre aux voisins et aux passants.

Pour s’enquérir de la situation, les journalistes ont tenté de s’y rendre au siège du parti les transformateurs, mais peine perdue. Ils ont été purement et simplement refoulés, malgré leurs gilets octroyés par la HAMA.

Le dialogue national inclusif et souverain devrait être un moment où tous les Tchadiens devraient s’asseoir pour discuter des problèmes qui les divisent et de trouver des solutions pour un Tchad nouveau. La junte utilise la matraque et les gaz lacrymogènes pour dialoguer. Drôle de dialogue.

Jules Doukoundjé

Signataire de l'accord de Doha et rentré au bercail le mois d'août passé, Takilal Ndolassem a animé une conférence de presse cet après-midi 2 septembre 2022 à l'hôtel Radisson Blu de N'Djamena au cours de laquelle il a abordé plusieurs questions d'ordres politiques et sociales. Reportage.

Takilal Ndolassem a fait un face-à-face ce jour vendredi 2 septembre à la presse nationale. Il a tout d'abord tenu à expliquer que son mouvement, le Front Populaire pour la Libération du Sud (FLP) est né en 2020 à la suite des injustices commises sur la partie méridionale du Tchad. Parmi ces injustices, il souligne, le conflit agriculteur et éleveur, le massacre de Sandanan, d'Abéché, à Denamadji, l'inégalité de chance à l'emploi, « 99% sont des gens du sud, dont le seul rêve est d'être de clandoman », dit-il. Il relève que malgré les massacres, aucun coupable n'a été arrêté. « C'est toute cette injustice, inégalité nous ont poussé à créer le FLP », a-t-il affirmé. Il poursuit, « nous nous sommes battus, nous sommes allés au Soudan du Sud, au Congo, au Burkina Faso...pour chercher des partenaires pour dire que le peuple du sud du Tchad est en train d'être massacré » explique-t-il. Takilal ajoute, « on leur a dit, si vous ne faites rien, c'est une non-assistance à un peuple en danger », a-t-il martelé. Il explique, son retour au bercail fait suite à la disparition du Maréchal. Il confie que leur partenaire leur ont instruit d'y assister à ce dialogue, « si cela ne marche pas, ils vont nous aider d'une autre manière » a-t-il dit. Il ajoute que son mouvement au dialogue, c'est pour donner une nouvelle chance pour sortir le Tchad de tare et lui donner un souffle de vie.

Au sujet d'une vidéo qui a fait le tour du Net où il était remonté après la mise en place du présidium, M. Takilal clarifie, « j'ai dit une phrase qui a été peut-être mal interprétée, j'avais dit qu'il n’y a que des Mahamat, mais il s'agit plutôt des 3 Mahamat de politico-militaires », a-t-il souligné. Il poursuit, « nous sommes 38 groupes à signer l'accord de Doha et l'unique groupe du sud du Tchad est le FLP, il serait normal que dans les 3 places, il y ait un Laoukoura. Malheureusement, il y a 3 Mahamat qui viennent pratiquement du même village », a-t-il vociféré. Il conclut que son mouvement est résolument engagé pour la paix et la Fédération. Il estime que la Fédération est la seule issue pour la résolution des maux qui minent le Tchad. « Il est inconcevable que le pétrole de Doba ait servi à construire Amdjarass et qu’à Doba les écoles soient faites en banco », dit-il. Il estime qu'il faut plutôt un Tchad fédéré, de justice et d'inclusion pour tous afin que chaque tchadien puisse jouir des richesses du Tchad.

À la question d'un journaliste sur la brutalité de la police face aux militants des Transformateurs, M. Takilal affirme, « nous ne pouvons pas aller au dialogue en arrêtant les gens ou les mains armés, nous espérons que ces gens puissent être libérés », a-t-il déclaré. Au d'une question sur ses intentions de devenir Président de la République, M. Takilal confie qu'il n'a pas d'ambition présidentielle, « mon objectif n'est pas d'être président, mais ce sont mes idées qui peuvent faire avancer le Tchad », a-t-il expliqué. Interrogé sur les chiffres de construction de la ville de Amdjarass par l'argent de pétrole de Doha, Takilal a répondu qu'Amdjarass a coûté 800 milliards de FCFA.

Abderamane Moussa Amadaye

L'entame du dialogue national inclusif et souverain (DNIS) n'était pas facile. La mise en place du Règlement intérieur et du présidium s'est faite avec beaucoup de tractations. Le Comité d'Organisation du dialogue national inclusif (CODNI), bravant toute la contestation de sa légitimité de conduire cette phase préalable, réussit à s'exécuter  en mettant en place le RI et proposant le présidium. Qui est Gali Ngothé Gatta ? Un politique ou un économiste ? Portrait.

De grande taille, Gali Ngoté Gatta est un homme calme, mais très persuasif. Né au sud du Tchad en 1949 avant l'indépendance, l'homme Gali Ngothé est originaire de la province du Moyen-chari. Un économiste de formation, il a un doctorat en économie mathématique et une maîtrise en économie appliquée en France. Après ses études, il rentre au pays en 1978, un an avant l'éclatement de la guerre civile(1979). Gali Ngothé n'est pas seulement économiste, mais également un écrivain et homme politique. Il a été député et porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), la plus importante coalition de l’opposition tchadienne.

Gali Ngothé devient conseiller spécial du président d’Hissène Habré suite aux accords de Libreville avec le Front démocratique du Tchad (FDT), dirigé à l'époque par le général Negué Djogo. Ensuite, directeur des ressources humaines puis chef de département Finances à la Coton Tchad.

Il a ensuite été arrêté dans l’affaire dite des tracts appelant au soulèvement contre l’injustice, les arrestations arbitraires, les disparitions physiques d’hommes, la répression contre des gens innocents. Même sous feu Deby, Gali Ngothé a été arrêté en mars 2012 à Sarh, dans le sud du Tchad. Et accusé dans le cadre d’une affaire de braconnage de phacochères créant ainsi des mécontentements au sein l’Assemblée nationale. Plusieurs députés d'opposition ont quitté l’hémicycle en guise de protestation. Salibou Garba, entre-temps leur porte-parole, a évoqué une affaire politique doigtant ainsi le pouvoir de l’époque. On l'accusa de tentative de corruption, détention illégale d’arme et complicité de braconnage de phacochères. Pour la première fois, la justice tchadienne a fait preuve d'indépendance, disait-il. Libéré un mois après faute de preuves par la Cour d’appel de Moundou (Sud), le député d’opposition Gali Ngothé Gatta retrouve son siège à l’Assemblée. C'est homme politique qui prône séparation des pouvoirs et l’amélioration du niveau de vie.

Gali Ngothé Gatta, faisait partie des députés de l’opposition qui ont boycotté les débats sur le projet de révision constitutionnelle. Ce projet concernait le statut du Chef de l’État et l’inamovibilité des juges, adopté le 12 février. Il n'y voyait pas l'urgence sinon un risque de concentration des pouvoirs qui pourraient impacter négativement la démocratie. Homme public, Gali Ngothé Gatta toujours présent dans les panels des conférences-débats, mais aussi de cérémonie de dédicace des livres.

Aujourd'hui, le natif de Kyabé (Sarh) se voit confier une lourde responsabilité, le présidium du DNIS. Pour restaurer la confiance et la souveraineté du dialogue acté par le président de la transition, il promet un aménagement de Règlement intérieur et de l’équipe du présidium. Gali Ngothé met en plus surpied un comité ad hoc qui va en synergie avec un groupe de sages entamer de discussions auprès du mouvement Wakit Tamma et Les Transformateurs pour les réintégrer au DNIS.

Moyalbaye Nadjasna

La capitale tchadienne, N’Djamena, enregistre une pluviométrie qui dépasse les attentes cette année. Comme la plupart des arrondissements de N'Djamena, le 9e n'est pas épargné et plus particulièrement à Walia Tradex. Les dégâts sont énormes. Une partie du quartier y inclut le marché sont dans l'eau, des maisons écroulées et certains lieux sont inaccessibles. Le bilan s'élève à 5 morts, souligne la population. L'équipe d'Ialtchad est allé sur le lieu ce 1er septembre faire un constat. Reportage.

Il est 10h passé quand l'équipe d'Ialtchad a débarquée sur le lieu après plusieurs recherches et orientations sans succès. L'équipe a retrouvé l’endroit vers 12h30mn. Le lieu inondé se trouve juste en face de la forêt proche du cimetière de Ngondba et derrière la station-service Tradex. Une motopompe jongdong est installée pour pomper l'eau afin de déverser de l'autre bout de la route, dans le bras du fleuve Chari. De l'ouest  en plongeant vers le nord de ce quartier périphérique, les eaux sont à perte de vue, certaines habitations sont sous ses eaux, d'autres se sont écroulées. Une canalisation faite à la hâte ne dépassant pas un mètre draine les eaux stagnantes vers le lieu de pompage. Des jeunes de ce quartier se sont mobilisés sous une coordination pour apporter des solutions afin de soulager les sinistrés.

Koularambay Gérard, Coordonnateur des jeunes de Walia confie que leur coordination a été mise sur pied pour venir en aide aux populations touchées par les inondations. Il affirme qu'un travail a été fait depuis le mois de juin, mais arrivé au mois d'août, faute de moyen, ils étaient dépassés. « Une demande a été déposée dans la commune du 9e arrondissement, mais elle est restée sans suite, c'est ainsi nous avons écrit à la Mairie centrale pour nous appuyer, la réponse a été positive », a-t-il déclaré. Il ajoute « la mairie centrale nous a appuyé avec des poclins et des motopompes », dit-il.

Au sujet du bilan des inondations, M. Koularambay affirme qu'ils ont enregistré 5 cas de décès, des maisons écroulées et de personnes déplacées. « Une femme enceinte et un jeune de 12 ans ont été mordus par des serpents venimeux dans ses eaux et ils ont perdu la vie », explique-t-il. Il poursuit, « une maman gravement malade couchée, sa famille a appelé l'ambulance, faute de route, elle est morte » a-t-il vociféré. Il affirme aussi, « un autre jeune est décédé à la suite d'une bagarre rangée, faute d'intervention de la police appelée pour séparer. Cette dernière n'a pu intervenir à cause des eaux stagnantes à cause de l'obstruction par les eaux ». De même Kevin Issakha, un autre jeune, soutient qu'ils ont eu assez de difficultés pour le drainage des eaux. « N'eût été l'intervention du Maire central, Ali Haroun, l'installation du pompage serait difficile ». Il explique, « la population du quartier qui se trouve de l'autre bout s’est opposée, mais il a pu trouver le juste milieu et le travail a été fait », a-t-il confié.

Pour Mahamat Kerima Saleh, maire de la commune du 9e arrondissement, Walia Tradex n'est pas le seul quartier sous les eaux, plusieurs autres le sont dans le 9e arrondissement. Il affirme que beaucoup des efforts sont consentis dans l'entretien de routes et de canalisations, mais la saison pluvieuse de cette année a dépassé les espérances. À la question de correspondance adressée par les jeunes de Walia à son institution, le Maire confie, « si nous n'avons pas répondu positivement, cela veut dire que nous travaillons ailleurs, mais c'est notre devoir de venir à leur secours », a-t-il clarifié. Il poursuit à ce sujet que le gouvernement a débloqué 600 millions de FCFA gérés par la commune centrale sous une commission dont les maires des différents arrondissements sont des figurants, dit-il. « Si la mairie centrale a installé cette motopompe, c'est tout à fait normal, le gouvernement a financé. Nous sommes là pour les accompagner afin de sauver la population », dit le Maire. Il ajoute que la population est dans son droit de réclamer et de demander des explications sur la gestion de la chose publique, conclut-il.

Abderamane Moussa Amadaye

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