Selon nos sources, le Qatar finalement a accepté d’être le médiateur du pré-dialogue de Doha. Le conseiller de l’émir Ahmed Abdallah Ali Al-Mousnat, chargé du dossier Tchad est le médiateur en chef. Il a rencontré tous les 3 groupes politico-militaires formés à Doha, en plus de rencontrer la délégation gouvernementale. M. Al-Mousnat est le même qui a dirigé pendant des années les négociations entre les Américains et les Talibans. Il est réputé être fin stratège dans l’art de la négociation.
Aux dernières nouvelles, les différents groupes tchadiens se sont identifiés comme suit. Et les Qataris ont commencé les travaux avec les représentant des politico-militaires
D’abord, le groupe de Rome. Ce sont ceux qui se sont rendus dans la capitale italienne un peu avant d’aller à Doha. Il sont au nombre de 14 mouvements. Ils ont aussi 14 délégués qui les représentent. Il s’agit des principaux groupes rebelles : le Fact, l’UFR, le CNR, le FSR etc. C’est le groupe des durs.
Ensuite, il y a le groupe de Doha, il est composé de 22 mouvements. C’est le groupe des récents ralliés, un peu avant et peu après la disparition de l’ex-président Idriss Deby Itno. Il s’agit des Mackaye Aboud, de Hounno etc. Ils auraient 16 personnes.
Enfin le troisième, il est dénommé le groupe de Qatar. Il regroupe la société civile, quelques activistes, des personnalités ressources et de plusieurs arabophones.
Selon plusieurs sources, les négociations vont s’accélérer jeudi. Dès demain le médiateur en chef, et conseiller de l’émir M. Ahmed Abdallah Ali Al-Mousnat rencontrera les groupes de Doha et de Qatar. Et le lendemain jeudi, il rencontrera le groupe de Rome et la délégation gouvernementale dirigée par le ministre Chérif Mahamat Zène.
Le collectif des lauréats de l’Écoles normales et professionnelles en instance d’intégration à la fonction publique organisé un set in aujourd’hui, 23 mars au ministère tchadien de l’Éducation nationale. Ils expriment leur mécontentement suite au retard de leur recrutement à la fonction publique. Reportage.
Le temps n’était pas doux ce matin du mardi, 23 mars à N’Djamena capitale tchadienne. C’est sous une chaleur brûlante que les lauréats des Écoles normales et professionnelles ont campé dans la cour du ministère tchadien de l’Éducation nationale au quartier Moursal. Pancartes en mains, on peut lire « jusqu’à quand la fin de notre calvaire », sifflets à la bouche, chants de malheur, telle est l’ambiance qui a prévalu autour du rond-point du building.
M. Djabar Ahamat est un lauréat de l’École normale d’enseignement technique de Sarh, très remonté. Il dit qu’il est ici à N’Djamena en solidarité avec ses collègues pour revendiquer l’intégration à la Fonction publique de tous les lauréats de l’école normale. « Écoutez dans la logique, on ne devrait pas sortir et se placer sous le soleil pour exiger notre recrutement à la Fonction Publique. Nous sommes entrés dans les écoles normales par voie de concours. Nous sommes alors formés pour enseigner. On devrait être automatiquement déployés sur le terrain pour travailler. Ce n’est pas digne du tout », exprime-t-il. A son avis, ce sont les autorités en charge du système éducatif au Tchad qui ont tué l’éducation dans ce pays. Il poursuit qu’elles tiennent des réunions avec les partenaires pour dire qu’il faut améliorer le système éducatif pour rien. M. Djabar Ahamat trouve triste de parler d’une quelconque amélioration du système éducatif au mépris des ressources humaines formées et prêts à l’emploi abandonnées à elles-mêmes. « L’éducation c’est la lumière et lorsqu’on l’enterre, on va vivre mille ans dans l’obscurité », relate-t-il.
Selon Asrabaye Félicité, une des leaders du collectif des lauréats des écoles professionnelles en instance d’intégration à la Fonction publique, c’est une expression du ras-le-bol. Elle explique que les autorités tiennent des fausses promesses. La jeune dame rappelle qu’il n’y a pas longtemps une des plus hautes autorités les rassurait de faire partie d’une commission de recrutement qui sera mis en place. Or c’était juste pour les berner, dit-elle. « Franchement nous sommes fatigués de tout ce mensonge. Ce matin une équipe dite de négociation est venue nous voir. Ils ont promis revenir nous trouver, on ne bouge pas jusqu’à ce qu’ils reviennent nous trouver. C’en est de trop-là. Le PCMT a ordonné qu’on intègre 5000 jeunes, quelle est l’autorité plus grande que lui dans ce pays », s’interroge Mme Félicité ?
Pour M. Neuzilka Emmanuel, porte-parole du collectif des lauréats, c’est une expression de mécontentement suite au retard de leur intégration à la Fonction publique. « Voyez-vous que nous sommes légalement formés pour le besoin de cause. Malheureusement jusqu’aujourd’hui, nous en souffrons. Nous avons eu beaucoup des rencontres avec les plus hautes autorités assorties des promesses non réalisées. Nous avons estimé que ça ne va pas continuer de la sorte. Et c’est pour cette raison que nous sommes ici », signifie-t-il. Selon lui un adage dit que, la vérité ne s’expire pas, mais seul le mensonge s’expire. D’après le porte-parole des lauréats, les autorités sont prises à la gorge et ils n’ont rien à leur proposer actuellement. « Nous allons rester dans ce lieu et nous ne quitterons pas si rien n’est fait », lance-t-il. M. Neuzilka Emmanuel souligne que personne ne s’est intéressé à eux ce matin, même le ministre a quitté le bureau. Selon lui ils disent que, le pays est en phase de dialogue et dans cet état c’est difficile à trouver de solutions pour les faire sortir de cette situation précaire. « Sincèrement c’est déplorable pour notre pays », déclare-t-il.
Le porte-parole des lauréats rapporte que la sécurité s’est déployée, mais ils ne les ont pas bousculés. Il indique qu’ils ne vont pas baisser les bras, mais ils vont continuer la lutte jusqu’à la satisfaction.
Moyalbaye Nadjasna
L’accueil des patients dans les structures médicales est la première étape d’une prise en charge sanitaire. Mais de nos jours, le personnel médical ne semble pas jouer pleinement ce rôle. Certains patients accusent le personnel soignant de ne pas leur apporter une attention particulière. Pour comprendre ce phénomène, Ialtchad Presse s’est rendu dans quelques hôpitaux de la capitale, N’Djamena. Reportage.
Un patient bien accueilli dans une structure sanitaire est un patient guéri à moitié, dit un adage médical. Mais cet adage est de plus en plus loin de la réalité. Partout au Tchad, les patients se plaignent du manque d’accueil par le personnel soignant. Surtout à N’Djamena, beaucoup de patients malades n’apprécient pas le comportement de certains personnels soignants.
Dans certains hôpitaux de la capitale, les services les plus pointés du doigt sont les services de la maternité, la consultation et l’infirmerie. Pour cette patiente qui s’exprime sous couvert de l’anonyme, à l’hôpital de l’Union au quartier Chagoua, qui est sur place depuis plus 2 heures se tord de douleur, mais aucun infirmier ne s’est approché d’elle. Selon elle, dès qu’une personne malade arrive dans une structure sanitaire, le personnel soignant doit être prompt pour l’aider. La jeune dame estime qu’à l’hôpital de l’Union, le personnel soignant n’a pas de compassion pour les malades qui arrivent. Elle ajoute qu’elle a fait cette remarque plusieurs fois. La dernière fois, dit-elle qu’elle avait amené sa mère gravement malade au service des urgences tard dans la nuit, le personnel de garde avait traîné les pas et certains se permettaient même de gronder la malade. La jeune institutrice regrette qu’il n’y a pas un autre hôpital public digne de nom dans les quartiers sud. Ce qui l’obligeait à revenir toujours à l’hôpital de l’Union.
Au centre de santé d’Atrone, toujours dans le 7e arrondissement, certaines femmes estiment qu’accoucher dans ce centre à des heures tardives est un calvaire. Marie-Antoinette Memadji, une grand-mère d’une cinquantaine d’années, raconte la dure nuit qu’elle a passée avec sa fille en travail au centre de santé d’Atrone. Selon elle, les sages-femmes de ce centre de santé manquent d’humanisme. Elle dit avoir vu ces accoucheuses insulter sa fille qui souffrait pendant le travail. « Au lieu de consoler la personne qui souffre, elles l’insultent. C’est inhumain », dit-elle. Marie-Antoinette Memadji relate qu’il y’a environ 20 ans, si une femme en terme arrivait au service de la maternité, les sages-femmes se mobilisaient pour lui apporter les soins qu’il faut. Mais de nos jours, regrette la grand-mère, quand une femme en travail arrive à la maternité, celles-ci ne bougent pas et parfois abandonnent dans la salle d’accouchement seule la pauvre dame en travail.
Parlant de l’épineux problème d’accueil des malades dans les structures de santé au Tchad, le médecin-chef de l’hôpital Sultan Cherif Kasser, situé dans le 3e arrondissement, Dr Tidjani Abangassou, dans un hôpital, la première des choses c’est l’accueil des malades. Selon lui, l’accueil est important pour un hôpital, du fait qu’il fait partie de la prise en charge du patient. Il souligne qu’un malade bien accueilli est guéri à environ 80 pour cent. Concernant la structure qu’il gère, il précise que dès l’entrée, il y’a un service pour orienter les malades. Il estime que l’orientation est le premier accueil d’un patient. Le médecin-chef de l’hôpital Cherif Kasser ajoute que le médecin doit toujours accueillir son patient avec sourire pour le mettre en confiance. Il affirme qu’’on ne doit pas juger le patient, mais on l’écoute avant de demander les examens.
Pour résoudre le manque d’accueil dans les structures de santé, Dr Tidjani Abangassou propose qu’on sensibilise le personnel soignant sur l’importance d’accueillir patient dans une structure sanitaire. Il argue que certains médecins ou infirmiers qui ont de problèmes dans leurs familles, déversent parfois leurs soucis sur les malades qui ont pourtant besoin d’un accueil chaleureux et psychosocial. Il estime que certains personnels de la santé n’ont pas la vocation et ne sont pas heureux dans ce qu’ils font.
Abondant dans le même sens, Dr Guilia Tampi Babegue, médecin généraliste à l’hôpital de la paix, à Farcha dans le 1er arrondissement, constate qu’il y’a un réel problème d’accueil du personnel soignant qui se pose. Elle précise que de fois certains patients frustrés et mal accueillis, deviennent souvent violents envers le personnel soignant. Elle exhorte les autorités à prendre au sérieux le problème d’accueil des malades dans les structures de santé.
Jules Doukoundjé
Le monde célèbre l’eau ce 22 mars. Au Tchad, certains établissements scolaires ne disposent pas de forage d’eau. D’autres en ont comme le cas de l’école Chagoua FDAR dans la commune du 7e arrondissement.
Il est 10h, pendant la récréation, les élèves de l’école sont autour de leur forage d’eau pendant la récréation. Chacun se positionne pour remplir sa bouteille d’eau surtout qu’il commence à faire chaud. Les plus grands tirent les plus petits de côté pour se servir avant eux. C’est une véritable jungle ou c’est la loi du plus fort qui règne. La lutte sur le point s’intensifie jusqu’à l’épuisement des 30min de récréation. Les enseignants qui viennent les renvoyer dans les salles de classe.
Selon des sources proches des « politicos », c’est pour les premières prises de contact directes. L’ordre du jour concernerait la question de la médiation et voir comment, avec les politico-militaires, entamé les discussions avec le gouvernement.
Contactée, la partie gouvernementale confirme la rencontre et précise qu’elle concernait tout le monde. Nos sources rajoutent que les échanges ont concerné essentiellement les difficultés des groupes politico-militaires à s’entendre sur le nombre et la désignation de leurs délégués. « Pas grande évolution », selon une source.
Rappelons que le pré-dialogue de Doha s’est ouvert depuis le 13 mars, mais bute à des divergences concernant le nombre des délégués.
Les retraités civils, militaires veuves et orphelins ont pris d’assaut hier matin l’entrée principale de la Caisse Nationale des Retraités du Tchad CNRT.
Les femmes retraitées s’étaient assises devant le portail bloquant l’entrée dans la cour de l’institution. Le Directeur de la CNRT Laring Baou était obligé de faire demi-tour à son arrivée. Cette obstruction vise, selon les retraités, à forcer la caisse à payer le 1er trimestre et les arriérés de pensions. Quelques retraités interrogés affirment qu’ils sont informés qu’une somme de 13 milliards a été versée à la caisse pour le payement de leur pension.
Pour eux, pas question de se faire payer en même temps que l’enrôlement biométrique. Raison invoquée par les retraités : la lenteur. Ils préfèrent s’enregistrer après le payement du 1er trimestre. Les retraités dénoncent aussi le comportement du Directeur de la caisse qui refuse de collaborer avec eux. Il a fermé toutes les portes qui mènent à lui et refuse de dialoguer. Une note circulaire signée en date du 17 mars par le Directeur de la caisse ne reconnaît pas le comité de crise et le comité ad hoc des retraités. Il leur interdit d’organiser des rassemblements à l’intérieur de la caisse. Les retraités demandent le départ du Directeur Laring Baou. Pour eux, il leur a fait plus du mal que du bien. Les retraités comptent prendre en otage le portail tous les matins jusqu’à la satisfaction totale de leur revendication.
Hier dimanche 20 mars dans la matinée, les forces de l’ordre ont débarqués au marché de Dembé et demandent aux vendeurs de libérer l’espace. Dans la précipitation, certains ont pu ramasser leurs articles. D’autres par contre arrivent avec un retard et leurs marchandises sont emportées par les personnes mal intentionnées. Les femmes pleurent et se lamentent. Ialtchad Presse est allé sur la place du marché. Reportage
L’espace clôturé appelé ironiquement maison d’arrêt où se vend toutes sortes de produits alimentaires et non alimentaires est vide. Sur les lieux dégagés, on peut voir des enfants qui viennent fouiner pour voir s’ils peuvent trouver quelque chose à emporter. Les forces de l’ordre sont installées partout dans le marché avec des chicottes et du gaz lacrymogène pour réprimer les belliqueux. Les femmes vendeuses avec sur leur tête les marchandises ne savent pas où les étaler. Elles sont obligées de se promener avec leurs produits sur la tête dans l’espoir de trouver un acheteur. D’un côté on libère de l’espace, de l’autre côté les femmes transforment les devantures des propriétés privées en marché. Difficile de circuler. Les vendeurs et les acheteurs ne se retrouvent plus.
Les lieux de vente des produits alimentaires ont changé d’endroit. Les acheteurs font le tour du marché pour trouver les produits désirés. Madame Dingambaye Mélanie vendeuse des ingrédients pour la sauce longue n’en revient pas. Elle est prévenue du déguerpissement et arrive pour sauver quelques-uns de ses produits. Les larmes aux yeux, elle explique son cas. « J‘étais à l’église quand on m’a appelé pour me dire que les forces de l’ordre sont en train de déguerpir les commerçants du marché. J’étais venu précipitamment, mais je n’ai pas trouvé mes marchandises au complet », affirme-t-elle. À son avis, les forces de l’ordre sont venues le samedi dans l’après-midi et les vendeurs pensaient que c’était pour sécuriser les lieux comme il y a beaucoup de vols. Pourtant, ils préparaient notre déguerpissement, ajoute-t-elle. Mme Mélanie souligne également que les forces de l’ordre disent que l’espace clôturé appartient à un individu et qu’il veut son lopin. Mais pourquoi ne pas avertir avant de procéder au déguerpissement ? s’interroge-t-elle.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, certaines personnes ont profité de la confusion pour voler les produits des autres. Madame Achta Yacoub est une victime. Ses sacs de fleurs d’oseille, de gombo et du sésame consignés dans le magasin du marché sont emportés par des voleurs. Elle n’a rien retrouvé. Madame Zara est en pleure, « j‘ai pris certains de ces produits en prêts. C’est quand j‘ai fini de vendre que je rembourse l’argent emprunté du grossiste. Mais là je ne sais même pas ce que je vais faire ». Se lamente-t-elle. En attendant de trouver un espace pour étaler leurs marchandises, les vendeurs errent sonnés, les regards lointains, dans les environs du marché.
Kouladoum Mireille Modestine
Après une semaine d’arrêt de cours au Collège d’Enseignement Général (CEG) d’Abena, élèves et enseignants reprennent le chemin de l’école ce 21 mars.
Cet arrêt est dû au comportement de certains élèves qui jouent au jeu de hasard et au jeu d’amour au sein de l’établissement. L’administration a interpellé ces élèves. Une interpellation à l’origine du soulèvement des élèves sur les enseignants. Il a fallu des rencontres avec les chefs de carré, l’inspection départementale de l’Éducation nationale, les parents d’élèves et les chefs de classe pour que les choses rentrent dans l’ordre. Désormais, la police va veiller à la sécurité des enseignants au sein de l’établissement.







