Les magistrats sont en grève sèche et illimitée depuis le 22 mars 2022 sur toute l’étendue du territoire national pour dénoncer l’insécurité dont sont victimes les magistrats dans l’exercice de leur fonction. Cette grève a eu des impacts sur les affaires judiciaires dans toutes les provinces. Cependant, certains magistrats dans les provinces font toujours l’objet de violence à leur domicile et en dehors. Ialtchad Presse est allé au palais de justice de N’Djamena ce matin pour constater. Reportage.
Au moment où le palais de la justice qui autrefois était bondé de monde est désert ce matin. Les salles des audiences sont fermées. Dans la cour, on voit les hommes en treillis et certains en civils circuler avec des casiers judiciaires en main. Comme les magistrats ne travaillent pas, la délivrance de ce papier est devenue un vrai business.
Depuis que cette grève est observée, ils sont de plus en plus en insécurité. À la fin de la semaine passée et ce matin, les magistrats de Kélo Moundou et Bokoro sont violentés par la commission de désarmement. Cette situation inquiète le président du syndicat autonome des magistrats du Tchad Taoka Bruno. Pour lui, les cas d’agression se multiplient, les violences sur les magistrats vont crescendo et les magistrats s’interrogent sur ce qui va se passer. Selon lui, le pouvoir exécutif doit faire quelque chose pour stopper cette violation. « Il est impérieux que le gouvernement à travers son ministère de la défense monte au-devant de la scène pour dire halte. Aujourd’hui, les autres corporations ne sont pas visées, sauf les magistrats. Pourtant, les armes que détiennent les magistrats leur sont conférées par leur statut », a-t-il expliqué. Il souligne qu’il y a des procédures auxquelles la commission de désarmement doit se conformer. Lorsqu’on vient dans une ville pour le désarmement, on commence naturellement par les magistrats parce qu’ils ont cette possibilité de détenir les armes, a-t-il précisé.
L’occasion est toute indiquée pour le président du syndicat autonome des magistrats du Tchad de parler de l’impact que cette grève peut avoir sur les affaires judiciaires. Il affirme que lorsque les magistrats sont à la maison, cela a beaucoup d’impacts négatifs sur l’appareil judiciaire. « Les unités des polices judiciaires sont bondées, les procès-verbaux ne sont plus traités, les délinquants sont gardés dans les commissariats parce qu’ils ne peuvent être envoyés à la maison d’arrêt, etc. Imaginez ce que cela donne ». Tout de même, M. Taoka Bruno est optimiste quant à la recherche des solutions entre l’exécutif et le judiciaire même si celui-ci ne les pas encore appelés pour les écouter. Pour lui, les magistrats ont demandé assez de choses et la question est sérieuse. Et l’exécutif est en train de regarder les choses sérieusement. Il affirme au nom de tous les magistrats que le jour de la discussion arrivera. « Nous avons en face de nous des gens sensibles. Ils vont trouver une solution à ce problème. »
Kouladoum Mireille Modestine
Le mouvement citoyen notre Tchad a tenu son Assemblée Générale extraordinaire pour les 300 jours d’existence du mouvement. L’assemblée a eu lieu le 26 mars dernier au CEFOD. Il a été placé sous le thème bilan et perspectives. L’occasion pour le mouvement d’installer officiellement les nouveaux membres élus de la présidence dans leur fonction pour un mandat de deux ans renouvelable une seule fois. Reportage
Le mouvement citoyen notre Tchad est présent dans les pays comme le Niger le Cameroun, la Guinée-Équatoriale l’Égypte, le Togo, le Benin et le Tchad. Il regroupe plus de cent quarante associations de la société civile tchadienne. Les 300 jours de vie, du mouvement est célébré avec l’élection de Korom Acyl Dagache comme président national du mouvement. Dans son mot de bienvenue, le président du comité d’organisation réitéré le soutient du mouvement au Conseil Militaire de Transition (CMT). Pour lui, le mouvement citoyen notre Tchad est créé pour soutenir le CMT qui, selon lui, a pris ses responsabilités pour assurer la transition. Après le discours du président du comité d’organisation a suivi la lecture de la décision des membres du bureau exécutif, de la résolution, de la motion de soutien au CMT par la diaspora et celle des femmes. Et enfin le passage symbolique du flambeau de Lissa Wakit Ma Tama au mouvement citoyen notre Tchad.
Le président réélu Korom Acyl Dagache a dans son discours mesuré l’immensité de la tâche, mais promet de mener à bien cette mission. L’ AG a été aussi l’occasion pour lui de faire le bilan des 300 jours passés à la tête du MOCINT. « Notre mouvement associatif a réalisé environ 83 activités en faveur de la paix, du vivre ensemble, du dialogue interreligieux, de la citoyenneté dans les milieux estudiantins et surtout dans le domaine de la cohabitation pacifique » a-t-il indiqué. À mettre aussi à l’actif du mouvement, l’installation au niveau international des bureaux de coordinations, qui pour le président est un pari historique gagné. À propos du changement de nom Lissa Wakit Ma Tama en mouvement citoyen notre Tchad, le président précise qu’il prend acte de ce changement. Mais les activités de Lissa Wakit Ma Tama sont mises en veilleuse en attendant les compatriotes qui s’obstinent à faire du désordre. Alors la plateforme Lissa Wakit ma Tama va renaître de ses cendres pour les rencontrer au travers de leurs chemins poussiéreux et caillouteux, ajoute-t-il.
Le président du MOCINT Korom Acyl Dagache invite les autorités diplomatiques et consulaires à prêter main-forte au mouvement dans l’accomplissement de ses missions à l’étranger. « Nous sommes un organe de soutien au Conseil Militaire de Transition et il est inadmissible que des diplomates s’immiscent dans nos activités à l’effet d’interdire ou encore de saboter nos actions citoyennes. Cette manière risque de violer ainsi l’esprit et la lettre de la Circulaire du Premier Ministre de Transition qui exigent à ce que les différentes autorités adoptent une attitude équidistante en la matière », a-t-il souligné.
Kouladoum Mireille Modestine
Ousmane Bello Daoudou
Le Parti Socialiste sans Frontière de l’opposant Yaya Dillo Djérou Betchi a organisé une marche pacifique ce 26 mars. L’itinéraire allait du rond-point Dembé à la bourse du travail. Le PSF proteste contre la prolongation potentielle de la période de transition. Dans son discours, le président du PSF a abordé plusieurs sujets relatifs à la vie sociale et politique. Reportage.
Arrivés au point de chute de la marche, les militants du parti socialiste sans frontière PSF attendent le discours de leur président. Bien avant que le président du PSF ne se prononce, la parole est accordée aux victimes de la monnaie électronique, le Bitcoin. L’entreprise qui exerce dans ce secteur a escroqué des Tchadiens avant de s’évaporer dans la nature. Pour les victimes, le Bitcoin est implanté à N’Djamena avec la complicité des autorités tchadiennes pour arnaquer les paisibles citoyens. « Les autorités tchadiennes ont délivré des papiers administratifs fiables à cette entreprise qui a commencé ses activités le 13 décembre 2021. Un mois plus tard, elle disparaît avec presque 2 milliards de francs CFA. Bitcoin a fait 3.000 victimes, 9 morts et 3 victimes devenues folles », précise une des victimes de Bitcoin. Pour lui, une plainte a été déposée, mais personne ne les a programmés pour le procès. Les victimes comptent désormais marcher avec le PSF le parti de l’espoir.
Prenant la parole à son tour, Yaya Dillo dit merci à ses militants qui acceptent de porter les valeurs du PSF dans leur cœur afin de relever le défi de l’heure. Il avance quelques raisons qui poussent son parti à organiser cette marche. Selon lui, les 12 mois du CMT sont un échec dans la gestion des affaires publiques. Une gestion qu’il qualifie d’enfantine avec des faux décrets et des nominations fantaisistes et sans qualification.
Le président du PSF évoque aussi le problème du chômage des jeunes. « L’accentuation du niveau de chômage est presque à 80%. Le Conseil Militaire de Transition (CMT) est en carence d’imagination de politique publique pour booster l’emploi. La pauvreté s’accentue, le prix de denrées alimentaires augmente, la sécheresse se fait ressentir, mais le gouvernement reste insensible à ces conditions difficiles que vivent les pauvres ménages », indique-t-il. Il ajoute que pendant que les Tchadiens meurent de faim, le CMT fait des projets faramineux. Quelle est la motivation réelle de cette junte qui annonce des projets à plusieurs milliards ? s’interroge-t-il. Au sujet de l’appareil judiciaire, Yaya Dillo affirme que le pays vit dans une injustice indescriptible ajoutée à la haute corruption. En aucun moment, les coupables des crimes ne sont traduits devant la justice. Parce que les autorités veulent protéger quelque part ceux qui commettent les crimes, a-t-il affirmé. Il a fait une révélation à propos de l’assassinat du colonel Nousradine. « C’est le président du CMT en personne qui a payé la dia à hauteur de 120.000.000 millions de FCFA. Cette somme est répartie comme suit 20.000.000 pour la dia, 70.000.000 pour acheter la maison qui a fait l’objet de litige jusqu’à occasionner la mort du colonel et les 30.000.000 pour les parents qui réclament la justice. C’est ça l’achat de conscience», poursuit-il.
Il a fini son allocution sur le pré-dialogue de Doha en demandant à ses compatriotes de ne pas se faire tromper. Parce que ce pré-dialogue est une mise en scène du CMT et rien de sérieux ne sortira de Doha.
Kouladoum Mireille Modestine
La marche pacifique acte 2 du Parti socialiste sans Frontière PSF a eu lieu ce 22 mars. Les militants de ce parti ont répondu présents à l’appel de leur président Yaya Dillo Djérou Betchi. À travers cette marche, ils demandent la non-prolongation de la période de transition. Cette marche a drainé un nombre important des militants.
Tôt ce matin, les militants du PSF ont pris d’assaut le rond-point de Dembé point de départ de la marche. Ils se sont habillés aux couleurs du parti. Sur les banderoles et pancartes, on peut lire des messages hostiles au gouvernement de transition. « Mahamat Kaka doit dégager dans 6 mois », « nous n’oublierons jamais les Tchadiens massacrés par le Président du Conseil Militaire de Transition » ou encore « le PCMT assumez-vous face à la cherté de vie ».
Tout au long de la marche, les militants constitués majoritairement des jeunes crient vouloir de l’emploi, de la bonne éducation, de la justice et à un dialogue sincère et inclusif. Pour ces jeunes marcheurs, la réduction des prix de connexion à internet ne constitue en rien une solution à leurs problèmes. Ils demandent plutôt l’électricité pour leur permettre de mener leurs activités génératrices de revenus. Chemin faisant, les militants ont fait la moitié de l’itinéraire de la marche avant que le président du Parti socialiste sans Frontière ne rejoigne l’équipe. La marche est encadrée par la police. Arrivée au point de chute, la police qui encadre la marche a envoyé un étui de gaz dans la foule. Quelques militants ont fui pour se mettre à l’abri du gaz avant de revenir écouter le discours de leur président.
Ousmane Bello Daoudou
La plateforme « Le Tchad d’abord » a remis vendredi soir à N’Djamena le prix du meilleur citoyen de l’année 2021. 18 citoyens ont été récompensés pour leur engagement pour le bien-être de leurs environnements respectifs et qui ont véhiculé une image positive de notre pays à travers leurs actions. Reportage.
Pour préciser, le prix du meilleur citoyen de l’année n’est pas une compétition. C’est plutôt un émulateur dont l’objectif est de véhiculer une image positive du Tchad à travers des actions, parfois anodines, mais utiles pour la société. Ce prix est à sa deuxième édition, il est initié par la plateforme « Le Tchad d’abord ». Il comprend 6 catégories: catégorie meilleur citoyen de l’année est la principale et la plus convoitée. C’est la catégorie reine. Dans le cadre du prix du citoyen de l’année, il y a un prix éponyme qui consacre celle ou celui qui a impacté la communauté et dont les actions dépassent le cadre d’une catégorie. Et puis il s’y ajoute d’autres catégories qui sont entre autres la catégorie du meilleur sportif, du meilleur artiste, de la meilleure ONG ou association, du meilleur chef d’entreprise, du meilleur tchadien de la diaspora. Parmi les 18 nominés, les 6 se sont distingués par leurs engagements, et les restes ont reçu aussi le prix de récompense.
Le prix du meilleur tchadien a été décerné à Ahmat Goni Bichara, celui du sportif de l’année à Bétoudji Valentin, l’artiste est Issakha Diguadimbaye, dit Doff, le prix de l’ONG ou association à Mme Fatimé Souckar Térap, celui du meilleur chef d’entreprise à Abakar Bichara Abakar et le prix du tchadien de la diaspora à Mme Khadidja Brahim Gabdou résidente en France depuis plus de 20 ans.
Pour le coordonnateur de la plateforme Le Tchad d’abord, Mahamat-Saleh Moussa, son ambition est d’unir les Tchadiens. Il souhaite être la caisse de résonnance de la moindre action positive posée par un de ses compatriotes. Il souligne qu’à travers leurs décisions et leurs actions, ils véhiculent les valeurs d’un Tchad au travail, d’une population alerte, des générations conscientes du rôle qu’elles jouent. « C’est dans cet ordre d’idée que la plateforme Le Tchad d’abord organise cette remise de prix qui nous réunit ce soir », dit l’ancien Maire du 5e arrondissement de la ville de N’Djamena et actuel Conseiller national. Selon lui, les images et les souvenirs de ces Tchadiens qui œuvrent pour le bien-être de leurs environnements respectifs renforceront chez chacun d’entre nous l’idée que notre pays est capable du meilleur.
Parlant de l’organisation du prix du citoyen de l’année 2021, la présidente du comité d’organisation Mme Hapsita Djibrine Assali souligne que l’édition 2020 était une sorte d’essai conceptuel, mais celle de cette année se veut être une confirmation. Selon elle, c’est par le travail que l’on pourra améliorer l’image positive du Tchad auprès des Tchadiens et ce rendez-vous devrait être inscrit dans les agendas. « Il n’y a pas de petites ambitions quand c’est pour valoriser l’image de notre pays », affirme la présidente du comité d’organisation.
Jules Doukoundjé
Le système éducatif tchadien est resté longtemps sans disposer de curricula nationaux, l’Éducation nationale utilisait les curricula qui ne correspondent pas forcément aux réalités socioculturelles et éducatives du pays. Selon Dr Aboubakar Ali Koré, Directeur général du Centre national des Curricula (CNC) c’était une erreur grave du gouvernement tchadien, car les curricula constituent les piliers du système éducatif. Le savoir littéraires doit être identifié et sélectionné. L’État tchadien en 2002 a essayé de rattraper ce retard en créant ce centre pédagogique. Reportage.
Le Centre national des curricula est investi d’une mission d’élaboration et d’expérimentation de nouveaux curricula ou programmes scolaires. Le CNC depuis 2018 produit des manuels scolaires grâce à sa nouvelle salle d’imprimerie. Il imprime des manuels scolaires pour les 3 ordres d’enseignement notamment, le premier, le moyen et le secondaire.
Selon M. Aboubakar Ali Korei, DG du CNC, produire de manuels scolaires est un chantier complexe, mais aussi coûteux. Cela nécessite des efforts supplémentaires, car le nombre des élèves augmente, dit-il. « De nos jours on peut supposer à 3millions d’élèves en cycle primaire. Le Tchad est un pays bilingue qui nécessite l’effort en double. Par exemple si on a besoin d’1 million de manuels en français il forcement il faut produire 2millions en français et arabe. S’il faut cinq (05) matières en première, il faut 10 livres par élèves et si on a 3millions d’élèves, il faut 10 fois trois », explique le pédagogue. Selon le technicien un autre problème, c’est que le Tchad est un pays enclavé et l’importation des manuels scolaires revient chers. Il signifie qu’heureusement le Tchad arrive à s’en sortir grâce au soutien des partenaires. C’est dommages dit-il, de voir toujours les élèves et les enseignants dans les méthodes classiques, copier au tableau. Seulement le pédagogue déplore que cela affecte la qualité d’éducation.
Le souci aujourd’hui selon lui, c’est de donner à temps les manuels scolaires aux élèves et les guides pédagogiques aux enseignants. Il reconnaît tout de même les efforts consentis, mais il remarque que les objectifs ne sont pas encore atteints. M. Aboubakar Ali Korei affirme que les conditions ne sont pas réunies, la preuve, nombre d’écoles publiques et privées fonctionnent sans manuels scolaires. La question d’insuffisance d’enseignants qualifiés demeure un véritable enjeu pour la qualité de l’enseignement au Tchad, dit-il.
Pour le DG du CNC, les pédagogues et les experts nationaux font un travail remarquable. C’est, dit-il, parce que le Tchad produit ses propres programmes scolaires et c’est cela qui permet de suivre le rythme scolaire. « Nous avons une imprimerie de grande capacité offerte par le gouvernement turc. Mais ces machines nécessitent des consommables et d’autres produits avant que les manuels ne sortent. Maintenant, difficile à dire, mais il n’y a pas un fonds vraiment dédié pour assurer un fonctionnement à merveille de l’imprimerie », dit le pédagogue. Il soutient que les techniciens bien formés sont très disponibles et continuent à se perfectionner, mais les moyens font défaut. Il indique qu’il suffit que le gouvernement mette des moyens conséquents et les manuels scolaires vont être produits en quantité et à temps pour être mis à la disposition des élèves. « Nous sommes devant plusieurs challenges, de complications et de retards et d’incompréhensions. Chacun tire la ficelle de son coté et les perdants sont les élèves, mais le système éducatif en prend aussi un coup sérieux. Le seul problème, c’est la liquidation de budget de fonctionnement qui nous dépasse actuellement », déclare M. Aboubakar Ali Korei. Nous sommes aujourd’hui en face de curricula flexibles dit-il.
Méthode ACP où méthode Syllabique ?
Le DG du CNC rappelle que le Tchad a adopté la méthodologie d’Approche par les compétences (APC) au détriment de l’ancienne méthode qui est syllabique. D’après lui, la méthode ACP est certes interactive appelée aussi méthode de la pédagogie active. La seule différence c’est que dans la méthode syllabique, l’enseignant détient le monopole du savoir or l’ACP signifie partager la responsabilité entre enseignant et élèves. « Seulement nous déplorons le nombre pléthorique d’élèves que les enseignants gèrent. Normalement il faut 25 à 45 élèves par classe pour que les enseignants fassent un bon suivi. Mais c’est compliqué devant 100 à 120 élèves dans une seule salle, les enseignants n’arrivent plus à les connaître », dit M. Aboubakar Ali Korei. Il désapprouve le manque des matériels didactiques, des structures d’accueil, etc. Il estime que les conditions au Tchad ne sont pas réunies et peu favorables à la méthode ACP. C’est pourquoi, retient-il, nous sommes bloqués entre les réalités et le choix luxe que nous avons fait. Cela nécessite une réflexion. « Nous avons de textes comme, la loi 16, les forums sur le système éducatif, les états généraux de l’Éducation nationale, le rapport d’enquête parlementaire sur l’Éducation, tous dans les tiroirs », constate-t-il.
À propos de la baisse de niveau, le DG du CNC dit qu’à son avis, il faut nuancer. Ce qu’il faut faire, dit-il, c’est une évaluation nationale pour diagnostiquer le mal. Il reconnaît que l’État mets de moyens dans l’Éducation, mais seulement le résultat n’est pas satisfaisant. Pour lui, si on ne forme pas des enseignants, on ne construit pas des infrastructures scolaires adéquates, il y a un problème quelque part. « je crois que les schémas sont là, il faut les mettre en œuvre. Il faut vraiment que chacun travaille très consciencieusement pour remettre l’Éducation nationale en marche.
Moyalbaye Nadjasna
L’Association des victimes des crimes du régime Hissène Habré (AVCRHH) a organisé une conférence de presse ce 25 mars à son siège à N’Djamena. Le but selon son président, M. Clément Abaïfouta consiste à dénoncer le temps d’attente de 7 ans pour indemniser les victimes. Il fustige les démons des divisions qui circulent en leur sein et conseille aux victimes d’être vigilants car le chantier et le dossier demeurent entier. Reportage.
Les victimes des crimes et tortures du régime défunt du dictateur tchadien Hissène Habré se sont toutes mobilisées pour ce rendez-vous avec la presse. Comme les victimes ne doivent pas tous parler, leur président, M. Clément Abaïfouta s’exprime à leur place. Dans le résumé de son liminaire, il recommande une minute de silence en mémoire de ses camarades morts. Il énonce le rapport d’enquête de la commission de Me Mahamat Hassan Abakar qui atteste un minimum de 40 000 victimes pour l’ensemble du Tchad. Il ressort aussi, selon lui de ce document, des milliers des disparues, veuves et orphelins, tous attendent d’être indemnisés. « Ces victimes continuent de broyer du noir. Ils sont rongés par le désespoir. Mais ils restent confiants de voir un jour le bout du tunnel », déclare-t-il.
Selon M. Abaïfouta, cela fait exactement sept (07) ans que les victimes attendent, « ni du côté de la commission de l’Union africaine ni de celui de l’État tchadien les choses ne se précisent pour indemniser les victimes. C’est un immobilisme sans justification », dit-il. M. Clément Abaïfouta affirme que 350 cas de décès sont déjà comptés en dehors de celles qui sont affaiblies par des maladies. Il doigte le manque de la volonté du politique. Pour lui, les autorités politiques surtout le régime Mouvement Patriotique du Salut (MPS) a en son temps manifesté sa volonté de faire obstacle de la décision de la justice du 25 mars 2015 condamnant les ex-agents de la DDS, la police politique du régime de Hissène Habré. Pour répondre aux questions des journalistes à ce propos, il incrimine le Premier ministre de transition qui tarde de mettre en place la commission des réparations des victimes conformément au procès de N’Djamena.
Le porte-parole de l’AVCRHH se félicite de la remise officielle du bâtiment devant abriter le siège du fonds d’indemnisation des victimes par le gouvernement de transition. Il rappelle aussi que les membres de l’AVRCHH ont été reçus par le Président du Conseil militaire de transition (PCMT) le 11 janvier 2022. Cette audience a permis au président de l’AVCRHH à participer au sommet de l’UA en Addis Abeba. Autre bonne nouvelle, dit-il, c’est la prise en charge des loyers de l’AVRCHH pendant une année et l’épuration de ses arriérés. D’après M. Clément Abaïfouta, en marge du sommet de l’UA, le président du Conseil d’administration du fonds judiciaire a annoncé l’arrivée d’une mission fin février ou début mars. L’objectif de la mission précise-t-il, c’est d’installer le secrétaire Exécutif de ce fonds. Il soutient que les victimes attendent de pied ferme, la suite de l’instruction du PCMT relative aux dédommagements du procès de N’Djamena. Le cabinet, dit-il, est instruit d’associer les victimes à cette démarche.
Le président de l’AVCRHH demande à ses camarades d’être vigilants afin de barrer la route aux démons de la division. Il leur recommande de rester unis, car seul l’optimisme conduit à la victoire. Même si on tombe, on doit se relever pour achever le chantier, dit-il.
Moyalbaye Nadjasna
L’artiste rappeur Ray’s Kim EDM sera en concert demain 26 mars 2022 au stade d’Abena. En prélude à ce concert, il a organisé une conférence-débat à l’hôtel Selesao à Sabangali dans la commune du 3e arrondissement avec ses invités de marque qui sont Valcero et Croquemort. Le concert annonce également la sortie de son nouvel album intitulé Ray’s Kim EDM. Reportage.
L’artiste engagé Ray’s Kim EDM voit en ce concert un challenge qu’il veut lancer à sa propre personne. Il veut relever un défi : remplir le stade d’Abena ce 26 mars. Quand celui qu’on surnomme le Bunda Boss a vu des artistes comme Smarty du Burkina Faso, et le rappeur Blaze du Benin remplir les espaces publics de leur pays il se dit pourquoi pas lui. « Au Tchad, tous ceux qui ont essayé de faire les choses grandioses se sont retrouvés avec des dettes sur le dos. On essaye de faire les choses une, deux fois et quand on échoue, les gens nous collent des attributs et on chute. Moi j‘ai décidé de me relever à chaque fois que je tombe », a-t-il affirmé.
Ray’s Kim ajoute que les artistes tchadiens ne peuvent pas vivre de leur art. Pour lui, toutes les plateformes que ce soit Youtube, Facebook et autres qu’on voit ici au Tchad, ne sont pas productifs. Et cela par le fait que peu importe ce que l’artiste produit, il ne sera pas rémunéré parce que ces plateformes ne sont pas accréditées. Pour son cas, il a adressé une correspondance aux pays qui ont une accréditation dans le domaine pour le permettre de vivre de son art. Parlant du nombre pléthorique des artistes qui vont l’accompagner dans son concert, l’ambassadeur de la forêt de Dembé donne ses raisons. « Je désire rendre la date du 26 mars une date historique et inoubliable dans l’histoire de la musique tchadienne. Alors je veux laisser le « je suis » pour faire avec le « nous sommes » pour voir ce que ça va donner. Je recherche le waouh pour l’art et la musique tchadienne au-delà des frontières. Ma victoire sera celle du peuple », a-t-il dit.
Ray’s Kim ne sera pas seul sur le podium ce 26 mars. Il sera accompagné des artistes comme Valcero du Cameroun et Croquemort qui vit actuellement au Mali. L’artiste Valcero dit répondre à l’appel de l’Afrique et non de Ray’s Kim ni du Tchad. Car pour lui, il faut des artistes engagés comme le Bunda Boss pour faire changer le visage de l’Afrique qu’il appelle zone d’extension. « Aller au stade d’Abena est un acte de combat. En Afrique, les gens ont réduit l’art et la culture au divertissement et à l’abrutissement. Pourtant, l’art et la culture transforment les mentalités avec une puissance phénoménale » affirme-t-il.
Pour le slameur Croquemort, c’est un réel plaisir d’être aux côtés de Ray’s Kim pour ce concert parce que c’est un choix qu’il a fait. Il qualifie le concert d’historique en ce sens que les textes de Ray’s Kim parlent de ce qui allait arriver et c’est effectivement le cas. Aussi, il précise que c’est pour la première fois que quelqu’un l’invite au Tchad pour un concert et le donne la liberté de choisir les titres qu’il va jouer. « Les autres te disent tu enlèves ceci et tu joues cela et c’est ça qui tue l’art. Avant d’être artiste, on est citoyen alors si un artiste voit qu’il n’y a pas d’électricité et d’eau dans la société il doit dénoncer. C’est ça qu’on appelle artiste ». L’ère du Maréchal a été très longue et il a tenté de bousiller le cerveau des Tchadiens, il faut à tout prix changer cela pour que la nouvelle génération grandisse dans la justice, a-t-il précisé.
Kouladoum Mireille Modestine
Ousmane Bello Daoudou







