jeudi 22 octobre 2026

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Pour la sixième fois, il est candidat à la présidentielle. Pour la sixième fois, il n’a pas l’intention de perdre. Pour les militants du parti au pouvoir le Mouvement Patriotique du Salut (MOS), il est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Pour les opposants, il incarne l’échec d’une démocratie sans alternance. Qui est Idriss Deby Itno, le candidat du consensus ? Portrait.

Né en 1952 à Berdoba, au sud-est de la ville de Fada dans le septentrion tchadien, Idriss Deby Itno est un enfant du désert. Ses études secondaires le mènent au Lycée franco-arabe d’Abéché puis au lycée Jacques Moudeina de Bongor où il décroche un baccalauréat scientifique. Il intègre l’école des officiers active de N’Djamena en 1975. En 1976, il décroche une licence de pilote professionnel (spécialité transport des troupes) à l’Institut aéronautique Amaury de la Grange (France).

Le Commandant en chef

1979, retour au bercail du soldat Idriss Deby devenu depuis 2006 Idriss Deby Itno. Dans les années du début de la guerre civile, Idriss Deby rejoint le camp de l’ex-président Hissée Habré. Quelques années plus tard, il est nommé commandant en chef des Forces armées du nord (FAN). En 1982, Habré, chasse le régime de Goukouni Weddeye. Un des artisans de cette victoire n’est nul autre qu’Idriss Deby. Sa loyauté est gratifiée par le grade de colonel et commandant en chef. Idriss Deby reprend le chemin de l’école. Direction la France où il suit les cours à l’École de guerre interarmées. Il revient au pays en 1986 et est nommé conseiller de Hissée Habré pour la défense et la sécurité.

1989. Les relations entre l’homme fort de N’Djamena et son bras droit se gâtent. Après une tentative de coup d’État le 1er avril 1989, Idriss Deby s’enfuit au Soudan avec quelques frères d’armes. Certains de ses compagnons trouvent la mort. Hassan Djamous, blessé est capturé. Idriss Deby réussit à regagner le Soudan puis la Libye. Il fonde le 11 mars 1990, le Mouvement patriotique du salut (MPS), un mouvement politico-militaire. Un an plus tard, il chasse Hissée Habré du pouvoir un 1er décembre 1990.

Le président de la République

Habré débarqué, Deby est porté à la présidence du Conseil d’État le 4 décembre. Il sera désigné président de la République par son mouvement devenu parti politique début 91. En 1996, une Constitution est promulguée. Le pays organise les premières élections pluralistes. 14 candidats étaient en lice. Idriss Deby est élu pour un premier mandat de cinq ans en 1996. Il recueille 43,82% au premier tour en battant Wadal Abdelkader Kamougué au second tour par 69,09%. En mai 2001, Idriss Deby brigue son second mandat. Il est réélu dès le premier tour avec 63,17% des voix.

La nouvelle constitution et la présidence ad vitam

Alors que son second mandat tendait à sa fin, le gouvernement fait modifier la Constitution de 1996 qui limitait le nombre du mandat à deux. La nouvelle Constitution promulguée en 2006 saute le verrou de la limitation des mandats. Le président peut être réélu autant de fois. Idriss Deby Itno rempile pour un troisième mandat en 2006. Les grandes figures de l’opposition ont boycotté le scrutin. Deby s’est fait réélire aisément avec 64, 67% au premier tour.

13 avril 2006. Les rebelles du Front uni pour le changement (FUC) ont réussi à atteindre N’Djamena. Une attaque fulgurante qui a fait vaciller son pouvoir. Mais le soldat Deby Itno réussit, à les défaire. « Ce sont des enfants qui ne connaissent pas N’Djamena. Ils sont tombés dans leur propre piège », avait-il déclaré en son temps. En février 2008, au cours de son troisième mandat, les rebelles regroupés au sein du Commandement militaire unifié (CMU) ont encore failli renverser son régime. Après deux jours de combats acharnés en pleine capitale, la situation se retourne en faveur du président Deby alors que tout le monde le croyait vaincu. Le gouvernement pointe du doigt le régime de Khartoum, dirigé par Omar Hassan El-Béchir d’être derrière cette tentative de déstabilisation.

Le gendarme du Sahel

2013. Le nord Mali est envahi par des terroristes. Bamako et Paris sollicitent N’Djamena. Le président déploie 2 000 soldats avec à leur tête le général Oumar Bikimo. En 2014, il enchaîne avec un déploiement au Cameroun puis au Nigeria et au Niger dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le président Deby est auréolé et s’impose comme un partenaire incontournable de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme. Sur le plan régional, il est vu comme un panafricaniste et le gendarme du Sahel.

2016. Le MPS investit le président sortant Idriss Deby Itno pour un cinquième mandat. Le candidat de l’émergence fait face aux candidats de l’alternance issus de l’opposition. Les grosses pointures de l’opposition à savoir Saleh Kebzabo, Mahamat Ahmat Alhabo, Laoukein Kourayo Médard, et l’ex « mpiste » Joseph Djimrangar Dadnadji sont alignées Deby. Face à leurs stratégies qui consistaient à l’amener à un second tour et le battre, Idriss Deby Itno sort le fameux concept « un coup KO ». Et c’est le coup KO au premier tour. Le candidat du MPS est réélu avec 59,92% de voix. Son mandat qu’il dédie au monde rural sera marqué par la censure des réseaux sociaux, les mesures d’austérité, les crises sociales marquées par les grèves et des manifestations, la réforme des institutions avec le fameux forum national inclusif 1 et 2. Avec le forum 1, une nouvelle Constitution instaurant la 4e République a été promulguée le 4 mai 2018. Le verrou de la limitation des mandats est remis. Mais cette fois, le mandat passe de cinq à six ans. Un an plus tard, un poste de vice-président et le sénat sont créés, mais non comblés.

Le Maréchal du Tchad

2020. Deby Itno retourne sa djellaba et sa veste pour porter de nouveau la tenue militaire. Il dirige en personne l’opération « colère Bohoma » qu’il lance le 31 mars après la sanglante attaque des terroristes de Boko Haram contre une base de l’armée tchadienne dans le lac Tchad. L’armée perd près de 100 soldats lors de cette attaque. Un affront que le général cinq étoiles a décidé de laver. « Je refuse cette défaite et la réplique doit être foudroyante», avait-il martelé. Du 31 mars au 8 avril, il supervise les opérations depuis son quartier général installé sur l’île de Kaiga Kindjiria. Résultat, la péninsule est nettoyée de tous les éléments terroristes. En juin, l’Assemblée nationale prend une résolution pour récompenser le soldat de toujours Idriss Deby Itno. La représentation nationale l’élève à la dignité de Maréchal pour « services rendus » à la nation. Le 11 août, date anniversaire d’indépendance du Tchad, il reçoit ses insignes et sa tenue de Maréchal.

Le 6 février 2021, le MPS investit pour la sixième fois Idriss Deby Itno, 69 ans, 30 ans au pouvoir pour un nouveau mandat, cette fois de 6 ans. Sa candidature est objet à contestation. Pour l’opposition, c’est un mandat de trop. Elle réclame l’alternance et affirme qu’il n’y a pas de démocratie sans alternance. Pour la majorité présidentielle, leur candidat est l’homme qui peut garantir la stabilité et la paix. Sa candidature est déposée par sa formation politique auprès de la Cour suprême. Le 2 mars, le domicile de Yaya Dillo, candidat déclaré et proche parent du président candidat, a été attaqué par la garde présidentielle. Le nouveau fait jaser à tel point que trois candidats déclarés à la présidentielle se retirent.  Les appels au report de l’élection se sont multipliés. Rien n’y fait. Le 13 mars, le Maréchal président candidat lance sa campagne électorale. Il promet un coup KO au premier tour à ses six adversaires restés en lice. Selon plusieurs observateurs, sa victoire prochaine ne fait pas de doute. Si cela se confirme, le Tchad aura à sa tête Idriss Deby Itno, au moins jusqu’en 2027 sinon plus. Selon la Constitution du 4 mai 2018, il peut se représenter en 2027, pour un autre mandat de six ans.

Christian Allahadjim

Il était avant député. Cette fois, il est candidat à la présidentielle un an après la création de son parti. Qui est Yombombé Madjitoloum Théophile, l’homme qui refuse qu’on le décrive comme un « novice » en politique ? Portrait.

Son directeur national de campagne le décrit comme un homme qui a horreur du bureau. « C’est un homme de terrain, un candidat sérieux. » Son entourage le décrit en tant qu’homme de conviction, une personne calme. Lui-même se définit comme un « intrépide et endurant ».

Aîné d’une famille de cinq enfants, Yombombé Madjitoloum Théophile est né un jour d’avril 1969 à Bongor. Fils d’infirmier, il a passé son enfance et son adolescence entre Moundou, seconde ville du pays et N’Djamena, la capitale tchadienne. Comme tout jeune de la décennie 1970, il a été marqué par les douloureux événements de la guerre de 1979. « J’ai eu l’expérience de vivre comme un enfant en zone de guerre », dit-il. Ce qui le conduira plus tard  à travailler dans l’humanitaire. Titulaire d’un baccalauréat C, l’ancien élève du Lycée Adoum Dala de Moundou porte aujourd’hui plusieurs casquettes. Ingénieur civil, auditeur qualité, analyste en stratégie internationale, parcours défense, sécurité et gestion de crise, humanitaire et enfin homme politique.

Ses expériences professionnelles ont commencé en 1996 quand il intègre la Société tchadienne des eaux et d’électricité (STEE) en tant que chargé des études et de contrôle des nouveaux projets. Quatre ans plus tard, il quitte cette institution pour d’autres aventures. En 2004, il crée son cabinet d’ingénierie conseil où il occupe le poste de directeur général. Pour être en phase avec son humanisme, Yombombé crée la fondation Theos qui vient en aide aux enfants dans des zones de conflit au nord Mali et au Burkina. Yombombe collabore comme expert et consultant avec certaines organisations internationales et entreprises. Il a été trois fois consultant du PNUD.

La politique   

La politique, le natif de Bongor aux parents originaires des Monts de Lam l’a embrassée dans les années 2000. Lui, il n’en voulait pas. Mais son entourage le lui a conseillé. Précisément le préfet de Biltine quand il exerçait à la STEE. « Par rapport à mes convictions et ma conduite sur le terrain, le préfet m’a conseillé de faire la politique si je veux que les choses s’améliorent dans notre pays », se souvient Yombombé Madjitoloum Théophile. L’ingénieur civil choisit alors d’intégrer le Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT-Le réveil) de Pahimi Padacké Albert.

Au sein de cette formation politique, l’enfant des Monts de Lam gravit tous les échelons pour finir premier vice-président. En 2011, il porte les couleurs de ce parti aux législatives pour le compte du département des Monts de Lam. Yombombé Madjitoloum Théophile sera élu député siégeant à la troisième législature.

A l’hémicycle, le poulain de Pahimi Padacké Albert est élu 3e vice-président. Poste qu’il occupe jusqu’en 2020. Pendant son mandat électif, Yombombé est président de la Commission Développement, Infrastructure et Environnement du Comité Interparlementaire du G5 Sahel en 2019 et durant six ans membre de Parliamentarians for Global action (Action mondiale des parlementaires).

Sa plus belle expérience politique, dit-il, est sa participation aux négociations de l’accord du 13 août 2006. « L’accord nous a pris huit mois de négociation. Cela m’a beaucoup aguerri, de comprendre les enjeux de négociations, l’environnement politique », se confie-t-il.

L’ambition présidentielle

Fin 2019. Yombombé Madjitoloum Théophile démissionne du RNDT-Le réveil. « Nos visions des choses ne sont plus les mêmes avec le président du parti », justifie-t-il. Il perd par la même occasion son titre de député. La même année, il engage la procédure de la reconnaissance légale de son propre parti Union des Travailleurs progressistes pour la cohésion (UTPC). Deux ans plus tard, cette formation l’investit candidat à la présidentielle d’avril 2021. Une grande ambition pour la dernière-née des formations politiques tchadiennes. Mais Yombombé Madjitoloum Théophile se veut rassurant. « Je ne suis pas jeune en politique. 20 ans de carrière avec à la clé un mandat électif », réclame-t-il.

Avec un projet de société axé sur 11 points, le candidat de l’UTPC se veut pragmatique. « Contrairement aux autres qui font dans le discours, moi je viens avec des projets concrets pour le peuple », déclare-t-il. Ce n’est pas suffisant. L’ancien député dit « miser sur sa personnalité et son expérience » pour créer la surprise au lendemain du 11 avril. 

Christian Allahadjim

Bientôt les Tchadiens iront aux urnes pour choir leur prochain président de la République. Quatre citoyens expriment leurs attentes au futur président à l’issue de la présidentielle du 11 avril prochain. Vox pop.

Hissène Djimet, étudiant en Sciences de l’Éducation

 « Il faut que le futur président de la République soit bon pour notre pays, pour le construire. Nous les étudiants, nous attendons que notre bourse d’études soit rétablie, qu’on dispose de nos propres bus et non des bus loués, etc. L’Université de N’Djamena a beaucoup de problèmes. Dans les salles de Sciences de l’Éducation, il n’y a pas de ventilateurs, pas de lumières ni des tables-bancs. On veut que le nouvel élu corrige le problème de retard dans les reprises des cours à cause des multiples grèves »

Djimtadé Moitodé Victor, étudiant en 2e année Psychosociologie & Éducation.

 « À mon avis, le résultat est connu d’avance comme d’habitude. Moi je pense que rien ne va changer, cela serait toujours le calvaire. En termes d’attentes, je suis vraiment pessimiste qu’il y aura un changement »

Yaya Yakessé Mahamat, Délégué de quartier Paris-Congo.

« Moi, je suis déjà vieux. J’ai vécu de moments de gloire déjà. Je prie aujourd’hui pour voir la paix se consolider dans ce pays. Je voudrais que les Tchadiens brisent les barrières ethniques et religieuses. Il faut que le futur président développe le vivre ensemble. C’est tout ce que j’attends pour cette jeune génération. Car l’union fait la force et le progrès »

Nemmi Toumadji, Artiste rappeur.

« Vous savez, partout où on fait le tour, on ne voit que le MPS. On se demande s’il y a même des opposants ? Il n’y a pas d’ambiance comme par le passé. C’est démotivant. Mes attentes ? Ce que je dis est la triste réalité. Je suis artiste, je vais plaider pour les artistes. Les artistes tchadiens sont délaissés. Alors j’attends un changement positif sur le plan culturel et artistique. Par exemple, la construction des salles de spectacle dans au moins les quatre grandes villes du Tchad. Veiller au sujet du droit d’auteur afin que les artistes vivent au moins de ce qu’ils produisent. J’attends un Tchad prospère dans la paix et la sécurité. »

Réalisation, Moyalbaye Nadjasna

Les chrétiens du monde commémorent bientôt la Pâque. Au Tchad, la pâque est moins célébrée par les églises protestantes. Par contre, les chrétiens catholiques ont toujours respecté cette importante fête qui marque la crucifixion et la résurrection de Jésus-Christ. Après 40 jours de carême, un Vendredi saint est observé le 02 avril, avant la célébration dimanche prochain de la pâque. Reportage.

Selon Abbé Achille Djimwoï Teldjim, Curé de la Paroisse Notre-Dame-de-la-Paix, le Vendredi saint marque le jour de la mort du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ pour les chrétiens qu’ils soient catholiques ou protestants. « Vendredi saint fait partie du triduum pascal, les trois jours qui précèdent le jour de la pâque. Le Vendredi saint, prépare l’avènement de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ,», dit le Curé. À l’église, dit-il, ils sont appelés à jeûner parce que c’est un jour où ils ont perdu une personne qui leur est chère, le Christ. Pour mon père Achille Djimwoï Teldjim, en cette occasion, tout ce qui touche à la douleur de l’humanité au Seigneur. Car rajoute-t-il, c’est à travers la mort du Christ que jaillit la joie et la victoire sur la mort. « Les activités qui constituent le Vendredi saint sont entre autres : le jeûne et la prière, le chemin de la croix, et la vénération de la croix. Étant donné que c’est sur cette croix que le Seigneur a rendu l’âme, cet élément important qui a porté le Seigneur», précise Abbé Achille. D’après lui, dans l’Église romaine, la messe est célébrée qu’au jour où le Seigneur est sorti vivant du tombeau. 

Concernant la pâque, le Curé de la Paroisse Notre Dame de la Paix affirme que c’est une fête juive à l’origine. Cependant, la résurrection du Seigneur lui a donné un autre sens, lance-t-il. « Avec l’événement de la résurrection, la pâque devient la victoire sur la mort. Car de la résurrection, renaît une vie rayonnante et triomphante sur le mal », a expliqué père Abbé Achille Djimwoï Teldjim. Il ajoute que la pâque est un évènement fondateur. Autrefois, selon le religieux, la pâque commémorait la sortie des israélites de l’esclave en Égypte vers la terre promise Canaan.

« Les protestants ont besoin d’un enseignement… »

Selon le révérend pasteur Batein Kaligué, SG de l’Entente des Églises missionnaires et évangéliques au Tchad (EEMET), les chrétiens protestants font la pâque, mais à leur manière de façon très timide. « Ils ne suivent pas les pas du Seigneur pendant 40 jours et la dernière semaine difficile que le Seigneur a traversée. On le lit dans la Bible, mais on ne l’exprime pas ouvertement comme le font les frères catholiques », dit-il. Pour lui, les catholiques célèbrent très bien la pâque et respectent textuellement ce que la bible dit. « Je crois que nous avons besoin de faire un enseignement fort sur cette question afin d’amener les églises protestantes à comprendre la pâque. C’est une façon de matérialiser et d’actualiser les souffrances du Christ en marchant sur ses traces », confie Rev. Batein Kaligué.   Pour le SG de l’EEMET, la genèse de la pâque remonte dans l’Ancien Testament précisément du livre d’Exode écrit par le prophète Moise.

Dieu a parlé à Moise à travers un buisson ardant de repartir en Égypte dire à Pharaon de libérer son peuple qu’il tient en esclavage, dit le Rev. Batein Kaligué. « Dieu frappe l’Égypte par 10 plaies, dont la dernière, concerne l’extermination des premiers nés d’animaux et humains. Dieu, à cette occasion a recommandé à Moise que ménage Israélien immole un agneau sans défaut et d’en asperger le sang sur les linteaux de leurs portes afin d’être épargné de l’Ange destructeur. Les israélites doivent préparer les viandes et en manger tout en ceignant la ceinture et chaussure aux pieds. Un signe annonçant leur départ d’Égypte », explique le Rev. Tel a été la genèse de la pâque dans l’Ancien Testament, dit-il.  Selon lui, Jésus est aussi appelé l’Agneau pascal, c’est-à-dire l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. « Le mot pâque signe passer au travers, c’est-à-dire au-dessus.  Alors aujourd’hui, Christ est mort pour nous délivre de l’esclavage du péché. Donc paque signifie également délivrance du péché ».

Pâque vient de l’hébreu pessa’h, le passage devenu pascha en latin célèbre la fuite d’Égypte et le passage de la Mer Rouge. Au 16e siècle, Pâques s’écrit au pluriel par les chrétiens pour se distinguer de la fête juive afin d’évoquer à la fois, la passion, la crucifixion et la résurrection de Jésus-Christ mort à la veille du Sabbat. Pâques était aussi, selon les historiens, une fête païenne qui célèbre le printemps, le retour de la lumière après les longs et tristes mois d’hiver. Dans l’antiquité, plusieurs légendes illustrent cette joie par le retour sur terre et le réveil d’une déesse ou d’un dieu.

Moyalbaye Nadjasna

La première Dame du Tchad Hinda Deby Itno est sur tous les fronts depuis le lancement de la campagne électorale pour la présidentielle d’avril 2021. Qu’est-ce qui fait courir la première Dame ?

C’est un secret de polichinelle que l’omniprésence de la première Dame aux côtés de son mari de président interroge. La secrétaire particulière du président Deby, Hinda Deby Itno est l’ombre de son époux. Elle est toujours là. En avant de la scène comme à l’arrière-scène. Les années passent et la première Dame semble prendre goût à la politique active. Ce qu’elle ne faisait pas même lorsqu’elle était la présidente de l’OF/MPS. Cette fois-ci, avec la présidentielle d’avril 2021, la première Dame se démarque et s’engage sur la scène politique.

Depuis le lancement de la campagne électorale, Hinda Deby Itno est engagée pour la cause de son époux, Idriss Deby Itno. Ce n’est plus la première dame qui se contentait d’accompagner son époux lors de ses tournées, ses campagnes. Cette fois, elle s’affirme, s’affiche et s’initie à la politique. Seule ou aux côtés de son mari candidat, elle bat campagne : à Abéché, à Massenya, à Bol, à Ati pour convaincre l’électorat de voter le candidat du consensus

Ce n’est pas tout. La surprise vient du fait que la première Dame apparaît sur les posters géants comme colistière de son mari candidat. Du moins pas sur les affiches officielles imprimées par la direction nationale de campagne. L’abus vient des bureaux de soutien au MPS qui affichent le couple présidentiel comme des colistiers. Sa présence sur les posters géants laisse penser cela. Comme le cas Joe Biden et Khamala Haris aux États-Unis ou Patrice Talon et Mariam Chabi Talata au Bénin. Ces exemples ont-ils inspiré Hinda Deby Itno ?

La nouvelle constitution prévoit le poste de vice-président qui est nommé et révoqué par le président. La première dame peut-elle ou veut-elle prétendre à ce poste?

Le dernier mot revient au président Idriss Deby Itno, s’il est réélu, peut-être, la première Dame Hinda Deby Itno sera récompensée comme vice-présidente pour « services rendus au parti et à son époux ». Enfin cette possibilité peut s’avérer loufoque, mais rien n’est à exclure dans cette République de béni-oui-oui.  

Christian Allahadjim

Plusieurs électeurs se sont rendus le 27 mars dernier, sur les lieux d’enrôlement biométrique pour retirer leurs cartes d’électeur. La veille jeudi, 26 mars au cours d’une cérémonie officielle, le président Idriss Deby Itno, par ailleurs candidat du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) briguant un sixième mandat, a retiré sa carte électeur. C’était en présence du Président de la CENI qui a profité pour confirmer la disponibilité des cartes d’électeurs. Reportage.

C’est effectif, les cartes d’électeur sont disponibles dans les différents points de distribution, comme promis par la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI). Quartier Ardep-djoumal, paris-Congo en passant par Ridina, le constat ce samedi, 27 mars est identique. Les tchadiens à l’âge de voter retirent leurs cartes d’électeur. Seulement quelques irrégularités d’imprimeries sont constatées sur certaines cartes. Elles ne comportent pas de noms ou elles n’ont pas photos. Installée depuis 7 heures du matin, l’équipe de distribution du carré 4 d’Ardep-djoumal dirigée par Dassou, ne compte seulement que deux personnes. Pourtant elle dispose d’un millier de cartes d’électeur à distribuer. C’est un peu difficile, nous avons à l’instant deux jeunes volontaires qui nous aident, dit-il. Puisqu’il faut vérifier la liste, mettre les cartes par ordre alphabétique avant de les remettre aux bénéficiaires pour signer, il faut au moins quatre (04) personnes, affirme Dassou à la CENI.

Y’a-t-il de bousculade ce matin ? Dassou répond : « plusieurs personnes étaient là ce matin, mais on a pu gérer », explique-t-il. Sur la question des irrégularités, il indique que dans le tri des cartes, ils ont trouvé des cartes sans nom et sans photos. « On les arrange à part sur selon les instructions. Le reste c’est la CENI qui va décider », dit-il.

Un électeur rencontré sur les lieux dit avoir seulement son nom sur la carte sans son prénom. « Franchement c’est inconcevable, un document officiel on écrit le nom sans prénom. Cela prouve que le travail n’est pas fait avec sérieux », lance-t-il.  Issa, un autre électeur, n’a pas son nom alors qu’il s’est fait enrôler. « Je suis venu chercher ma carte électeur, mais ils disent que les noms commençant par la lettre ‘’I’’ n’y figurent pas. Où est passée ma carte alors ? C’est vraiment décourageant ». 

Devant chez Yaya Yakessé Mahamat Délégué du quartier Paris-Congo, il y a un point de distribution. Il n’y a pas affluence. Selon le délégué beaucoup de gens sont passés retirer leurs cartes. Jusqu’à hier ils passaient s’informer de l’effectivité de la distribution. « Nous avons reçu les cartes à Paris-Congo cet après-midi. Nous avons effectivement constaté des cartes sans noms, sans photos, mais la CENI suit. Nous leur remettons systématiquement ces cartes irrégulières », indique Yaya Yakessé Mahamat.

Selon plusieurs chefs des centres de distribution, le retrait des cartes se fera jusqu’au 09 avril. Ils demandent à ceux qui ont déjà retiré leurs cartes d’en informer les autres.

À suivre...

Moyalbaye Nadjasna

La campagne présidentielle d’avril 2021 est à mi-parcours. Sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, le combat semble déséquilibré. À N’Djamena, la guerre des affiches est nettement déloyale. Reportage.

Posters géants et mini posters sur des panneaux publicitaires, banderoles et pancartes de propagande sur des édifices publics et privés, N’Djamena est submergé par les affiches des candidats en lice pour la présidentielle d’avril 2021. Si la loi électorale exige que des espaces publicitaires soient répartis de manière équitable entre les candidats, le constat en est tout autre. La concurrence est déloyale et l’autorité régulatrice des élections ne lève pas le petit doigt pour remettre de l’ordre. Celle du candidat du consensus Deby Itno tapisse toute la ville créant un malaise. Du rond-point double voie jusqu’à l’aéroport en passant par les ronds-points Chagoua, palais du 15 janvier, de l’Union, des affiches du président sortant crèvent les yeux.

Les sept candidats en lice devraient être visibles. Mais les affiches du candidat du consensus Idriss Deby Itno bat le record des affichages. Sur le long des grandes artères de la capitale et les espaces publicitaires, les bureaux de soutien au candidat Deby se livrent à une rude concurrence entre eux-mêmes. Et fait régner un désordre indescriptible sur les affiches avec des slogans de leurs choix. Si la direction nationale de campagne du président candidat a utilisé quelques espaces publicitaires stratégiques pour ses affiches, les bureaux de soutien se sont rués sur des lampadaires publics improvisant des espaces publicitaires.

Du côté des partis de l’opposition en lice, c’est presque le désert. Leurs posters ne sont pas du tout visibles. Du moins, on les compte sur les bouts des doigts. Romadoumngar Félix Nialbé de l’Union pour le renouveau et le développement (URD) n’a ses posters que devant le siège de son parti. Pas une seule affiche de lui sur un panneau publicitaire. Les quelques posters de lui avec la mention « un esprit saint dans un corps saint », affichés dans le 6e arrondissement sont objet à raillerie. Félix Nialbé apparaît sur cette photo dans une tenue sportive dans une position accroupie. Relayée sur les réseaux sociaux, certains internautes se demandent si c’est une affiche pour les jeux olympiques ou c’est une photo in memoriam. 

Lydie Beassemda du Parti pour le Développement et l’Indépendance intégrale (PDI) n’a aucune affiche officielle dans la ville. Un membre de son équipe de campagne évoque le manque des moyens pour réaliser des supports. « Nous faisons avec les moyens de bord », dit-il. Pour lui, l’idéal est de défendre le programme politique de leur candidate.

Pahimi Padacké Albert du RNDT-Le réveil est le candidat qui dispute les espaces publicitaires avec le candidat du consensus. Même si l’écart est grand, PPA a deux de ses posters géants affichés en face de la direction des Douanes et l’autre au rond-point menant à l’aéroport. Son camp accuse le MPS d’avoir occupé anarchiquement les espaces publicitaires. « Ils ont commencé leur campagne avant la date prévue. En plus ils ont occupé anarchiquement les panneaux qu’il faut louer avec la mairie de la ville », tonne un membre de l’équipe de sa campagne. « Nous avons réussi à louer quelques panneaux. Mais là encore des gens malintentionnés ont vandalisé le poster géant de notre candidat en face de la maison de la culture Baba Moustapha », déplore notre informateur.

Théophile Yombombé Madjitoloum de l’UTPC et Brice Mbaimon Guedmbaye du MPTR et Alladoum Djarma Balthazar du parti ASTRE sont les grands absents des affiches.

Sur les réseaux sociaux, les candidats se font également visibles. La campagne oblige. Et le réseau social le plus utilisé est Facebook. Ainsi, le candidat du consensus a sa page Facebook dénommée IDI 21. Cette page est suivie par 32 794 internautes. Des activités du président candidat sont régulièrement postées et sponsorisées. Les bureaux de soutien aussi sont de la partie. Des pages Facebook créées en leurs noms font la propagande du candidat du consensus.

La candidate du PDI Lydie Beassemda, absente des affiches sur les espaces publicitaires, est cette fois présente. La page dédiée à sa campagne dénommée PDI présidentielle 2021 compte 1 671 abonnés.

Le candidat du changement Pahimi Padacké Albert utilise la page officielle de son parti le RNDT-Le réveil pour relayer ses activités électorales. La page est suivie par 2 665 abonnés. Le candidat de l’UTPC, Théophile Yombombé Madjitoloum, lui, utilise sa propre page pour faire sa campagne. Sa page compte près de 2 000 abonnés. Brice Mbaimon Guedmbaye est, là encore, absent. Du côté du candidat de l’URD, la campagne à l’ancienne est privilégiée. « Nous avons proposé faire de la communication en ligne mais les vieux ont préféré battre campagne sur le terrain », affirme une source. Alladoum Djarma Balthazar, qui jusque-là n’a pas lancé sa campagne, est le candidat le plus populaire sur les réseaux sociaux. Enfin, en termes de raillerie. Dès l’annonce de son investiture par son parti ASTRE, la toile s’est enflammée. Les internautes n’ont pas tardé à lui trouver des surnoms du genre Balthachou, Baltichou, etc. Cela l’a rendu célèbre mais l’opposant est depuis le lancement de la campagne électorale introuvable. Il gère son compte Facebook en relayant quelques messages de campagne.

Christian Allahadjim

À la suite de l’incident ayant entraîné la mort de deux enseignants devant les locaux de la SNRJ/PSIG, le procureur de la République Youssouf Tom s’est prononcé ce vendredi.

À l’entame de sa communication, le procureur de la République près du tribunal de grande instance de N’Djamena a tenu à préciser que les tirs n’ont été effectués ni par les éléments du peloton spécial d’intervention de la gendarmerie (PSIG) ni par la section nationale de recherche judiciaire (SNRJ). « C’est un élément de la garde nationale et nomade du Tchad en poste à l’Agence nationale de la sécurité informatique et la cybercriminalité électronique (ANSICE) qui a tiré », a dit le procureur. 

Les faits

Le 23 mars autour de 13 heures, deux enseignants sur une moto ont été tués par balles devant les locaux de la Section nationale de recherche judiciaire (SNRJ) et le Peloton spécial d’intervention de la Gendarmerie. Selon le procureur, l’auteur des tirs auditionné sur procès-verbal régulier affirme avoir repéré deux personnes tentant de voler un véhicule dans les locaux de l’ANSICE. En poste pour assurer la sécurité des biens et des personnes, il a réagi en voulant immobiliser le véhicule. « Il dit avoir visé les pneus », rapporte le procureur en citant le procès-verbal d’audition. Malheureusement, poursuit-il, les balles ont raté la cible. Et ont atteint mortellement deux enseignants qui passaient devant les locaux de l’agence. Les victimes sont Wantamo Solbel et Wilva Djilvankissam, tous enseignants à l’école primaire Notre dame de la paix de Beguinage.

La procédure

L’auteur des tirs a été interpellé le même jour. Le parquet a été aussitôt saisi, dit le procureur Youssouf Tom. Une enquête a été ouverte et le mis en cause a été auditionné sur procès-verbal régulier. Les parentes des victimes se sont constitués partie civile. L’auteur est déposé à la maison d’arrêt de Klessoum. Pour le procureur, cet événement est douloureux. « Perdre deux enseignants à la même heure est bien regrettable. Mais ce qui est arrivé est arrivé.  La justice est saisie et le droit va être dit, promet le procureur Youssouf Tom.

 

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