vendredi 23 octobre 2026

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de N’Djamena ces dernières semaines commencent à avoir des répercussions sur la santé des populations. Plusieurs centres de santé et hôpitaux enregistrent lors des consultations, de cas de paludisme, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. Reportage.

Les centres de santé et les hôpitaux de la ville de N’Djamena enregistrent de plus en plus dans leurs services de consultations des patients souffrant de paludisme. Certains responsables de ces centres et hôpitaux appellent les populations à bien se protéger en pulvérisant leurs chambres et de dormir sous les moustiquaires imprégnées. Pour le médecin-chef de l’hôpital de l’Union, situé au quartier Chagoua, dans le 7e arrondissement de la ville de N’Djamena, Dr Djimornan Djikiri, la saison des pluies est naturellement une période de moustique, c’est aussi la période où beaucoup d’hôpitaux font face à des cas de paludisme sous toutes ses formes. En ce qui concerne le taux de paludisme pendant cette période de pluies, le Dr Djikiri constate une flambée des cas de paludisme dans les hôpitaux et les centres de santé de la capitale tchadienne. Selon lui, cette flambée est liée aux inondations que connaît la ville de N’Djamena et que c’est le moment de reproduction du moustique anophèle femelle qui est le vecteur du paludisme. Le responsable de l’hôpital de l’Union indique que le paludisme est la première cause des hospitalisations dans cette structure sanitaire. Et les enfants et les femmes enceintes sont les plus touchés. Pour prévenir le paludisme, il exhorte les femmes et les enfants à dormir sous les moustiquaires imprégnées, avant de dire que si l’on ne fait pas la campagne de prévention, la situation risquerait d’être critique, surtout en cette période hivernale. Pour éviter que la situation ne soit pas maîtrisable, le médecin-chef de l’hôpital de l’Union compte lancer au courant de ce mois, une campagne de chimioprophylaxie saisonnière en faveur des enfants et surtout des femmes enceintes.  « Nous demandons aux parents de laisser les enfants prendre normalement les médicaments qu’on va leur donner pendant cette campagne de prévention », dit le Dr Djimornan Djikiri.

À propos de la prise en charge des femmes enceintes contre le paludisme, le jeune médecin souligne que la consultation prénatale permet à celles-ci de prendre le traitement préventif intermittent gratuitement. Il invite les femmes enceintes à se rendre dans les centres de santé et les hôpitaux les plus proches pour la consultation et de bénéficier gratuitement du traitement afin de réduire le taux de prévalence liée au paludisme. « Le taux de prévalence du paludisme chez les femmes enceintes et les enfants est en train de grimper, si nous ne cherchons pas de stratégies pour stopper, nous risquerons de nous retrouver dans une situation difficile à gérer, surtout quand le pique sera atteint en septembre et octobre », explique le médecin-chef. Il a toutefois révélé que, dans la structure qu’il gère, les services de consultation montrent que chaque jour, 50 personnes souffrent de paludisme et que la plupart sont des femmes enceintes et les enfants.

Au centre de santé d’Atrone

Au centre de santé d’Atrone, la situation semble plus compliquée. Le quartier Atrone de part, sa position géographique, est l’un des quartiers les plus inondés de la commune du 7e arrondissement. De l’avis du sage-femme et responsable du centre de santé, Mme Ndénam Irène, le paludisme est la première cause de mortalité chez les enfants de 0 à 5 ans.  Selon elle, ce taux est lié à la position même du quartier qui manque d’infrastructures telles que les canaux d’évacuation des eaux de pluie et surtout le niveau social des populations. La responsable du centre de santé d’Atrone soutient que la prise en charge des enfants et les femmes enceintes est gratuites et appelle aux parents de référer leurs enfants au centre de santé pour une meilleure prise en charge. Parlant de la disponibilité des médicaments contre le paludisme, elle explique qu’il n’y a pas de souci, mais que ce qui les préoccupe pendant cette saison des pluies, c’est la quantité insuffisante des TDR (le test de dépistage rapide).

Pour lutter efficacement contre le paludisme, surtout chez les femmes enceintes et les enfants, les autorités sanitaires devraient s’évertuer à mener une campagne nationale de sensibilisation pour la distribution et l’utilisation massive des moustiquaires imprégnées dans toute l’étendue du territoire.

Jules Doukoundjé

Le Tchad est entré dans une transition dirigée depuis, le 20 avril dernier par le Conseil militaire de la transition (CMT). La junte qui a pris le pouvoir après la mort du président tchadien, Idriss Deby Itno, n’a que 18 mois de transition et doit organiser un dialogue national qui aboutira à l’organisation des élections démocratiques, libres et transparentes. Qu’attendent les femmes? Seront-elles bien représentées lors de la tenue de ces assises nationales ? Ialtchad a rencontré une plateforme des organisations féminines CELIAF. Reportage.

Mme Yodamné Marie est la présidente nationale de la Cellule des liaisons des associations féminines (CELIAF). Selon elle, dans le processus de préparation du dialogue national inclusif (DNI), les femmes n’ont peut-être pas une grande influence dans la prise de décision en tant que telle. Toutefois, elle précise que ceux qui ont composé l’équipe qui doit préparer ces assises ont pensé quand même aux organisations des femmes et à aux organisations de la société civile y compris la CELIAF. « Des consultations ont été faites, nous y avons pris part et nous sommes impliquées. Mais ce que nous voudrons encore plus, c’est que les différentes corporations qui doivent prendre place à ces assises prennent en compte les femmes, syndicales, partis politiques, que la place réserve à la femme soit là. Pour le moment nous ne nous plaignons pas », reconnaît-elle.

La présidente de la CELIAF déplore que, sur toutes les organisations faîtières féminines simplement 5 places sont réservées aux femmes. D’après elle, si toutes ces faîtières voudraient être chacune à la table de préparation et ensuite à la table du dialogue, c’est insuffisant. « Nous sommes plusieurs organisations, mais celles qui ont été identifiées, sont celle dont leurs bases étaient autour de 14 et cela a fait que certaines faîtières ont cédé leur place à d’autres. Mais on ne sait pas ce qui va se passer. Toutefois, nous ne voulons pas faire la politique de la chaise vide », dit-elle. Madame Yodamné Marie, souhaite que sur les 14 grandes organisations qu’on leur donne 14 places et ce serait quand même généreux. Elle soutient que, si dans les sous-commissions thématiques si les profils des femmes répondent au travail thématique, il faudra qu’elles soient là. « Si nous ne sommes pas là, ce ne sont pas les autres qui vont parler en notre nom », lance-t-elle.

La présidente nationale de la CELIAF affirme que les femmes sont dans le processus de la préparation, mais elles exigent que les femmes soient aussi présentent lors des assisses pour qu’elles parlent des problèmes du pays et les problèmes des femmes. « Tous les Tchadiens ont les yeux tournés vers cet évènement qui va marquer un tournant décisif pour la paix au pays », affirme-t-elle.

Mme Yodamné Marie soutient que les femmes aujourd’hui, n’attendent pas à être positionnées. « Elles-mêmes se positionnent par la prolifération des organisations féminines. Elles ont pensé pour bien mener cette lutte, il faudrait se mettre en plateformes ou organisations faîtières. Chacune avec ses objectifs s’unifie pour défendre les causes féminines », explique-t-elle.

La présidente de la CELIAF plaide auprès des plus hautes autorités et attire leur attention sur la place des femmes, « tout ce que nous faisons, c’est pour la paix et nous croyons arriver aux résultats », conclut-elle.

Moyalbaye Nadjasna

Les candidats au baccalauréat session 2021 ont composé ce, 02 août sur l’étendue du territoire tchadien. Au Lycée de Walia, 9e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne, la série scientifique entame avec les matières littéraires. Mais le choix des surveillants a suscité des mécontents. Reportage.

97 022 candidats sur l’ensemble du territoire national composent le baccalauréat session 2021, ce 02 août. Mais ce matin, ce sont les candidats de la série scientifique qui ont entamé les matières littéraires notamment les épreuves de Français et de la philosophie en option. Au Lycée Walia, 9e arrondissement de N’Djamena, capitale tchadienne, l’un des grands centres de composition, tout se passe bien. Selon la présidente du centre, Mme Yonaissem Laohonbé, le premier jour, les matières se passent d’une manière alternative et c’est la série D qui a commencé ce matin.  « Les étudiants sont sortis sourire aux lèvres. Nous pensons qu’ils ont compris le sujet peut-être », dit-elle.

Dans la cour nous avons rencontré quelques candidats. Elle, c’est Sopké Parfaite, « nous avons commencé avec l’épreuve de français, le sujet parle de côté négatif de la science, c’est abordable à mon avis. C’est ma première fois de composer. Je ne suis pas stressée dans, je suis tranquille et confiante », dit-elle. Un peu plus loin Madé Jean Aradé est aussi candidat, « nous avons démarré avec les matières littéraires notamment le français et la philosophie en option. Je ne me suis pas plaint. Si toutes les autres matières sont pareilles, l’espoir est grand pour la réussite », affirme-t-il. Nina Claudine, « j’ai opté pour le français, car j’ai trouvé le sujet de dissertation abordable. À ma compréhension, le sujet relève le progrès de la science, mais aussi de ses inconvénients. C’est pour la 2e fois que je compose le baccalauréat donc je ne suis pas perturbé. Il n’y a pas de soucis », dit-elle.

Le choix des surveillants

Au centre de Walia II, quelques mécontentements sont signalés à propos du choix des surveillants. Selon Monsieur Donald Bidjaweyé Kembey, chargé de revendications de la cellule SET du lycée scientifique de Walia, habituellement quand un président vient dans un centre, il s’appuie sur les enseignants qui sont sur place. Selon lui, il y a des établissements partenaires comme les privés lorsqu’ils envoient 50 candidats, ils ont droit normalement à un surveillant. « Cette année, un flou artistique a été organisé. Il y a un grand établissement privé qui a envoyé plus de 150 candidats et il n’a pas été représenté du tout. La présidente du centre s’est concertée avec le proviseur du lycée de Walia et un syndicaliste qui n’est pas le secrétaire du SET Walia », explique-t-il. Il relève par ailleurs, en précisant que, la sous-section SET de Walia n’a pas été impliquée dans le choix des surveillants, ce qui a causé des frustrations. Au lycée de Walia, poursuit-il sur les 42 enseignants ils ont choisi 16 dont 8 chargés de cours et 8 surveillants du lycée. « C’est un club de gens qui veulent se sucrer les doigts. L’ONECS insiste toujours sur le choix des surveillants et exige que ce soit les enseignants surplace. Ceux qu’ils ont parachutés ne sont pas tous des enseignants, ce sont leurs parents », dit-il furieux.

La présidente du centre de Walia II, Mme Yonaissem Laohonbé estime pour sa part que ce sont des gens malintentionnés qui s’agitent. « Nous avons travaillé et avec le secrétaire de la cellule de set et le proviseur. Ce sont eux qui ont fait leurs choix sur leurs enseignants qu’ils connaissent. Je ne peux pas entrer dans les détails, mais il y a 3 ou 4 personnes qui sont des instigateurs et se sont faits accompagner par des établissements privés très nombreux. On ne peut pas dans un examen prendre tout le monde, peu importe les moyens déployés. Ils ne devraient même pas faire de problème », confie-t-elle. Mais pour l’instant, tout est calme, dit-elle. D’après elle, cette année, les moyens sont limités à l’ONECS. Elle précise en outre que, l’ONECS leur a donné seulement 42 surveillants pour le centre et ils ne peuvent pas aller au-delà.

Le centre de Walia II compte 1523 candidats, 573 sont en série D et 950 en série A.

Moyalbaye Nadjasna

Les personnes handicapées ne sont pas contentes de la décision du gouvernement qui oblige ces dernières à laisser leurs engins à Nguéli et de traverser à pied pour se rendre à Kousserie, une ville camerounaise, frontalière à la capitale tchadienne, N’Djamena. Pour exprimer leurs frustrations, elles se réfugient chez le voisin et refusent de retourner à N’Djamena, si le gouvernement ne change pas d’avis. Reportage.

Pour se prendre en charge, certaines personnes handicapées font de trafic de marchandises entre Kousserie, une ville située à la frontière, et N’Djamena. Mais, les autorités publiques obligent les personnes handicapées à laisser leurs engins à Nguéli, côté Tchad, et de traverser à pied. Mécontents de la décision, ils décident de se réfugier au Cameroun depuis le 19 juillet dernier et exigent une note officielle qui leur permet de reprendre leurs affaires. Pour le président du réseau des personnes handicapées du Tchad, M. Malgai Moussa Abderamane, les personnes handicapées vivent une situation déplorable. Selon lui, depuis la pandémie du coronavirus, les personnes handicapées n’exercent aucune activité et ont du mal à prendre en charge leurs familles. « Le Tchad a pris des engagements pour faire la promotion des personnes handicapées, de respecter et de garantir leurs droits en ratifiant la convention des Nations Unies pour la protection des personnes handicapées et la loi 007 portant la protection et le respect des droits des personnes handicapées », dit-il. Le président du réseau des personnes handicapées estime que jusque présent, rien n’est fait pour aider ces personnes en situation sociale parfois très difficile, avant de se plaindre que beaucoup de projets sont initiés en faveur de celles-ci, mais, malheureusement, ils manquent de financement. Il souligne que le réseau mène une lutte pour obtenir la création des centres de formations spécifiques aux personnes handicapées.

Toutefois, si pour certains, le handicap est un défaut et que le pont de Ngueli est un moyen de survie, les autres sont optimistes et exercent d'autres activités plus rentables. Pour Lodénémadji Juliette, directrice adjointe de la promotion des personnes handicapées au ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de la Petite Enfance, la traversée du pont de Nguéli est une activité à risque. Elle estime que, la société ne favorise pas la situation aux personnes handicapées, mais que seul le courage permet de surmonter les difficultés. « Je ne me suis jamais découragée à cause de mon handicap. La vie est difficile avec tout le monde, même les personnes valides. Pendant mes études, je vendais les gâteaux pour m'en sortir », explique-t-elle, avant de préciser qu’après l’obtention de sa licence en sociologie à l’Université de N’Djamena, elle s’était inscrite pour apprendre la couture qui lui permet de gagner un surplus. Selon elle, tendre la sébile est déshumanisant. Contrairement à Mme Lodénémadji Juliette, cet enseignant de lycée déplore la situation des personnes handicapées qui se réfugient à Kousserie. M. Taryam Michael dénonce une injustice à l’égard de ces personnes. « Demander aux personnes handicapées de laisser leurs tricycles à Nguéli pour se rendre à Kousserie est injuste », déplore ce dernier.  Il appelle ses frères de s’armer de courages et opter pour d’autres activités plus rentables, en faisant abstraction de leur handicap. Il sollicite par ailleurs le soutien de la famille et de la société en général pour accompagner ces êtres qui vivent dans la précarité. Afin de décanter la situation, les discussions entre le réseau des personnes handicapées, la commission de droit de l'homme et les autorités sont en cours.

La marginalisation, le rejet des personnes handicapées par la société, le non-respect de la loi numéro 007, portant la protection des personnes handicapées au Tchad et le chômage, poussent certaines à effectuer le transport des marchandises du Tchad- Cameroun via le pont Ngueli.

 koumassen Juste

 

Plus de 80000 candidats sur l’ensemble du territoire national sont appelés à passer l’examen du baccalauréat de l’enseignement du secondaire et technique session d’août 2021. Les épreuves vont se dérouler du lundi, 02 au samedi, 07 août 2021. À moins de 72 heures, Ialtchad est allé sur le terrain imprégner des préparatifs. Reportage.

Le temps très clément ce vendredi, 30 juillet à N’Djamena capitale tchadienne. 11 heures passées et nous sommes à la mini foret de Neem au quartier Sabangali, dans le 3e arrondissement de la ville. Sous l’ombre d’arbres et fleurs bien aménagés, élèves et étudiants en profitent pour réviser leurs cours.

À peine au milieu de cet espace vital, nous rencontrons deux élèves. L’un s’appelle Mahamadou Mahamat Abakar, élève en TA au lycée la belle Vue et l’autre, Adam Mahamat Youssouf Teri, élève du lycée de la Liberté. Tous deux sont des candidats de série A4. Selon Mahamadou Mahamat Abakar, ils ont fini leur programme au lycée la belle vue. « À l’heure où je vous parle, je suis à 90% préparé et prêt pour affronter le baccalauréat. On ne peut pas dire 100% à cause de quelques perturbations connues de tous. Je crois que les enseignants ont fait ce qu’ils peuvent, avec mes recherches personnelles, j’en suis confiant. Je suis candidat de la série A4 et toutes les matières sont importantes et à mon avis, il n’y a rien à négliger », affirme-t-il. Le candidat Abakar précise par ailleurs qu’il, révise à l’instant son cours d’histoire. Il souhaite bonne chance à tous ses camarades avant de remercier en même temps, tous les enseignants.

Adam Mahamat Youssouf Teri, estime pour sa part qu’il y a eu assez de perturbations cette année. Toutefois, il indique aussi être prêt pour le baccalauréat. « Je révise mes cours de philosophie et d’histoire. En français, je comprends bien le commentaire composé. J’ai préféré lire mes leçons à cet endroit comme c’est calme et l’ombre est frais. Nous sommes restés cote à côté avec mon complice pour échanger les idées, c’est vraiment nécessaire », confie-t-il.

Nous sommes cette fois au quartier Gassi, 7e arrondissement.  Là se trouve l’Office national des examens et concours du supérieur (ONECS). L’ambiance de retrait des cartes biométriques par les candidats nous emballe. Nous nous rendons auprès de l’équipe de distribution. Selon le chef d’équipe, le retrait des cartes se passe bien. Il souligne que, certains candidats traînent encore les pas avant de leur demander de se hâter. « Quelques petites difficultés sont dues aux erreurs sur les noms et la date de naissance. Pour remédier à ces erreurs, nous prenons les photocopies des cartes avec les bons renseignements des candidats. Nous allons le plus vite possible leur confectionner d’autres cartes », explique-t-il. D’après le responsable de distribution, le temps est certes court, toutefois, il n’y a pas de soucis à ce niveau, même le jour de composition, les cartes restent disponibles.

« Nous sommes à plus de 80 mille candidats »

Le président du Jury du Baccalauréat session 2021 Dr Andjaffa Djaldi Simon nous reçoit. Il nous renseigne sur les préparatifs. Selon lui, toutes les conditions matérielles et financières sont réunies pour le bon déroulement du baccalauréat. « Les présidents des centres sont pratiquement tous à leur poste respectif. Même à N’Djamena tout est fin prêt. Il est si tôt de donner le chiffre et le pourcentage exact, mais nous sommes à plus de 80 mille candidats », informe-t-il.

Mahamat Al Boukhari Oumar est le vice-président du Jury. Il conseille les candidats d’être sereins, car les épreuves au baccalauréat ne sont pas différentes des devoirs de classe. Monsieur Mahamat Al Boukhari informe les candidats de ne pas prendre sur eux ce qui est interdit par le règlement de l’examen. « Ce que vous devrez avoir sur vous, ce sont cartes biométriques, vos bics, règles, tousl es nécessaires pour écrire. Éviter la tricherie pendant la composition afin qu’on ne vous exclut pas de la salle. À mon avis si un candidat lit bien ses leçons, il peut aussi brillamment réussir à son examen », avertit-il. Mahamat Al Boukhari rajoute que cette année à cause de covid-19, un calendrier spécial est établi. Les séries poursuit-il, vont composer à l’intervalle d’un jour décalé. « Nous demandons aux candidats de bien comprendre le calendrier afin de ne pas se tromper. S’ils ne comprennent pas le calendrier, ils peuvent s’informer auprès des surveillants tout comme auprès des présidents des différents centres », clarifie le vice-président.  Il précise en outre que Ndjamena seul compte 41% de l’effectif des candidats.

L’appel des candidats est prévu à 6 heures et 30 min. Les épreuves commencent le matin à 8 heures précises et dans l’après-midi à 14 h00. Aucun candidat n’est accepté en salle après 15 minutes de retard. Les épreuves vont se dérouler du 02 au 07 août 2021.

Moyalbaye Nadjasna

La coordination pour l’action citoyenne dénommée Wakit Tama vient d’achever sa marche pacifique ce 29 juillet comme prévu à N’Djamena, capitale, tchadienne. Du point de départ, rond-point Hamama au lieu du rendez-vous le Palais du 15-janvier. Les forces de l’ordre et de la sécurité ont bien quadrillé les manifestants. Reportage !

Il est 8h 00, les marcheurs de Wakit Tama se rassemblent au Rond-point Hamama, dans le 8e arrondissement de N’Djamena. Les forces de sécurité  se déploient tout le long de l’itinéraire. Le point de départ de la marche est le Rond-point Hamama et le point d’arrivée le Palais du 15-Janvier. La grande avenue est dégagée pour l’occasion. Les marcheurs, les journalistes et les forces de sécurité l’ont conquise. La mobilisation est forte, les marcheurs sont venus nombreux, de tous les horizons et quartiers de la ville. L’ambiance était joyeuse. Chansons, coup de sifflets, pancartes en mains avec différentes mentions, les manifestants avancent lentement mais sûrement. On peut lire par exemple, « France hors du Tchad. Réviser la charte de transition. Arrêter de voler le peuple. Non à la succession dynastique. CMT ou sont nos indemnisations » entre autres.

A chaque 200 mètres, les marcheurs s’arrêtent. Soit ils entonnent l’hymne national, soit ils lancent un message. Assis sur le bitume face au palais de Justice de N’Djamena, ils observent une minute de silence puis réclament une véritable justice au Tchad. Chose impressionnante, Wakit Tama semble mieux organisé pour cette marche. En dehors de la police, tout autour des marcheurs, se trouve une haie des jeunes chargés de la sécurité. Ils quadrillent les autres. L’itinéraire est bien suivi et les manifestants après un bref arrêt non loin de l’aile gauche de l’échangeur de Diguel, sont enfin entrés au palais du 15-janvier. Les leaders de Wakit Tama se tiennent tous debout pour accueillir les marcheurs qui avancent vers eux en chantant la Tchadienne. Une ambiance stupéfiante se dessine avec des cris et youyous. Le coordonnateur de Wakit Tama, Me Max Loalngar invite ses camarades à paraphraser un couplé du musicien ivoirien Tiken Djafa Koli. « Aller dire au CMT qu’ils enlèvent nos noms dans leurs business, on a tout compris. Ils nous mènent souvent en bateau vers des destinations qu’on ignore, ils allument le feu et ils activent. Et après ils viennent jouer au pompier. On a tout compris », répètent-ils.

Pour Mahamat Nour Ibedou, cette marche est un début de libération du peuple tchadien. « Nous disons non au CMT et non à la France. Notre pays est souverain et indépendant. Nous avons la vérité et nous arriverons à notre but. C’est un grand jour aujourd’hui, parce que c’est pour la première fois qu’on nous autorise à marcher ».

Dr Yombatnan Sitack, estime pour sa part qu’il faut que justice règne dans ce pays. « Il n’y a pas la paix sans la justice, sans le pardon et la réconciliation. C’est la raison de notre marche. Chaque jour que Dieu fait, nous ne savons pas dans quelle destination le CMT nous mène », dit-il. Selon lui, la charte doit être révisée pour donner des garanties, avant de préciser que c’est l’exigence du peuple, de l’UE, et de l’UA. Dr Sitack rajoute par ailleurs que Wakit Tama dit non à la méthode actuelle du CMT. Il souligne que la plateforme a besoin d’un gouvernement civil et non militaire. Ce dernier estime que les militaires devraient plutôt assurer la sécurité des citoyens.

Toutefois, il plaide pour l’indemnisation des victimes de l’ancien président Hissène Habré, la revue des situations des personnes handicapées, des diplômés sans emplois et des retraités. « Un pays normal ne peut former les jeunes et les laisser au quartier. Nous ne sommes pas contre les activités de la transition, mais il faut impliquer tous les Tchadiens. Car la justice élève une nation », dit Dr Sitack.

Le président de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), Barka Michel, affirme que Wakit Tama ne demande pas trop au CMT. « On lui demande d’organiser dans les 18 mois, il ne reste plus que 15 mois, un dialogue national inclusif et garantir des élections libres et transparentes. Ce qui permettra également de constituer des institutions étatiques sérieuses », précise-t-il.

Le coordonnateur de Wakit Tama Me Max Loalngar soutient que la plateforme est une organisation sérieuse, responsable et intelligente. Elle ne cédera pas à la machination. « Votre détermination montre qu’on doit continuer. Et j’ai le plaisir de vous dire que la prochaine marche est prévue pour le 07 août 2021 ».

Moyalbaye Nadjasna

Depuis le 23 juillet 2021 le marché Central de N’Djamena, capitale tchadienne, n’est plus alimenté en électricité. Les couloirs du marché sont sombres, les commerçants sont en colère. 72 heures de préavis de fermeture des boutiques sont lancées à l’endroit de la Mairie centrale et la Société nationale d’électricité (SNE). La SNE promet de donner deux semaines d’électricité. Reportage. 

28 juillet. 12 heures.  C’est sous une fine pluie que nous nous rendus au marché Central surnommé Soukh Khabir, grand marché. Nous rencontrons des commerçants fâchés suite au délestage de la Société nationale d’électricité SNE. Selon une source de la SNE, le courant devrait être rétabli pour deux semaines au grand marché, ce 28 juillet. Adoum Boukar est commerçant et vendeur des appareils électroniques. Il estime que c’est une insulte à l’égard des commerçants. « Je trouve que deux semaines d’électricité promises par la SNE est peu. Nous n’avons pas d’arriérés et ils vont nous donner seulement la lumière pour deux semaines, c’est une farce », dit-il. Selon lui, chaque fin du mois les boutiques collectent l’argent pour la facture de la SNE. Il rajoute que tous les commerçants étaient étonnés lorsqu’ils ont appris que la SNE a coupé l’électricité du marché pour non-paiement. « C’est étonnant lorsqu’on apprend que le grand marché a des arriérés qui sont montés à 245 millions de francs CFA. Or, les délégués viennent de payer 4 millions pour la facture du mois écoulé ».

M. Adoum Boukar, note que leur préoccupation actuellement, c’est le rétablissement de l’électricité. Les arriérés engagent ceux qui les ont entretenus. D’après lui, les conséquences sont un manque à gagner. « Les vendeurs produits périssables sont pénalisés. Ils ont perdu tous leurs produits. Qui va les dédommager ? Actuellement, ils achètent de la glace pour conserver leurs marchandises », affirme-t-il. Mahamat Tahir, un autre commerçant est inquiet. « Sans l’électricité, c’est vraiment piteux. Voyez comment c’est obscur. Ce n’est pas intéressant. Nous n’arrivons même pas à vendre nos articles. C’est l’obscurité à l’intérieur de nos boutiques. En toute sincérité, nous ne sommes pas motivés à faire le marché », lance-t-il.

Un autre commerçant qui requiert l’anonymat est exaspéré qu’un grand marché soit plongé dans l’obscurité, « ce marché est le marché central. Regardez dans quel état les commerçants se trouvent. La nuit par exemple, si un étranger arrive et qu’on lui dit que c’est un marché central, que dira-t-il ? Je crois qu’on ne fait pas seulement du mal aux commerçants, mais à l’image du pays », affirme-t-il. D’après lui, si rien n’est fait comme ils l’ont promis, ils vont fermer leurs boutiques. « Je vous assure que nous n’avons pas d’arriérés de la SNE. J’ai tous les reçus et je peux même vous les montrer, la vérité est bonne à dire. Il y a des boutiques qui payent 10 000 f, d’autres 7500f, 5000f et 2500f. Ceux qui ont des réfrigérateurs ne payent pas moins de 25 000F », renchérit-il.

Pour découvrir la vérité, certains commerçants que nous avons rencontrés proposent, au ministère des Mines et de l’Énergie, d’instruire une enquête auprès de tous les commerçants du grand marché. Cette vérification leur permettrait de voir si les commerçants payent ou pas leur facture d’électricité.

Moyalbaye Nadjasna

Le concours d’entrée à l’École Nationale d’Administration (ENA) pour l’année 2020 2021 lancé le 15 juin dernier crée de frustration chez certains  arabophones. L’administration a limité le concours aux francophones et aux bilingues. Pour exprimer leur frustration, les unilingues arabophones ont organisé une marche qui s’est soldée par 7 arrestations.

Les arabophones unilingues ne sont pas d’accord pour la restriction du concours d’entrée à l’École Nationale d’Administration pour l’année académique 2020 2021. Ils reprochent à l’administration de les exclure. Le délai de dépôt de dossiers va du 15 juin dernier au 30 juillet prochain. Pour le directeur général de l’ENA, M. Senoussi Hassana Abdoulaye, depuis sa création en 1963, les concours d’entrée dans cet établissement étaient toujours en français et que les arabophones doivent cesser de raconter des fausses histoires.  « Il n’a jamais été question de section arabe, c’est une contre-vérité. Il n’y a jamais eu de cours en arabe à l’ENA », précise-t-il. Il explique que c’est en 2018 que le gouvernement a exprimé le besoin de former les traducteurs bilingues et les assistants de direction bilingues et c’est par l’expression des besoins de l’État que l’ENA avait lancé le concours.

M. Hassana Abdoulaye précise que c’est seulement qu’en 2018 que le concours a été ouvert aux bilingues et non aux arabophones. Il explique que pendant la formation de la filière des traducteurs et de assistants de direction bilingues, 40% des cours sont en français, 40% en arabe et 20% autres pour cent de cours sont soit en français ou en arabe et que les élèves ne sont pas séparés, mais l’enseignant est libre de dispenser son cours en français ou en arabe. Selon lui, le bilinguisme n’est pas bien expliqué aux Tchadiens qu’il y’a une grande confusion entre arabophones et le bilinguisme. Le directeur général de l’ENA souligne que l’établissement s’évertue à former les administrateurs selon les besoins de l’État et qu’il n’a pas la vocation d’exclure les uns et de favoriser les autres. Pour ce qui concerne le concours en cours, il affirme que le gouvernement a exprimé le besoin dans la formation en domaine et impôt. Et qu’à l’heure actuelle, il est difficile d’avoir les formateurs professionnels en arabe, c’est pourquoi le concours est ouvert seulement aux bilingues et aux francophones, avant de noter que ce n’est pas une exclusion, mais plutôt un besoin qui nécessite une qualification pointue.

Pour le porte-parole des arabophones, Mahamat El Béchir, la langue arabe est une langue officielle au Tchad. Il n’est pas question d’organiser un concours national et d’exclure les arabophones. Pour exprimer leur frustration, les arabophones ont organisé une marche qui s’est soldée par une arrestation de 7 membres.

Le délai de dépôt des dossiers a commencé le 15 juin et fini le 30 juillet 2021. Les candidats doivent préciser dans leurs demandes l’un de 8 départements choisis.  Les centres de concours sont Abéché, Bol, Bongor, Faya, Mao, Mongo, Moundou, N’Djamena, Pala et Sarh.

Jules Doukoundjé

Donc le Conseil Militaire de Transition (CMT) vient d’écouler son 100e jour au pouvoir ce mercredi 28 juillet. Il a été créé le 20 avril par un cercle restreint de militaires hauts gradés avec l’appui actif de la France deux jours après la mort du Maréchal président Idriss Deby Itno. Deux raisons ont, dit-on, motivé la mise en place du CMT : la situation politico-militaire volatile qui prévalait et le refus du président de l’Assemblée nationale (PAN), Haroun Kabadi, d’assurer l’intérim. Pour se donner une légitimité de facto, la junte a adopté une charte de transition qui contient tous ses engagements. 100 jours plus tard, quel est le bilan positif ou négatif du CMT?

Le positif

D’abord, un gouvernement de transition a été rapidement nommé. C’était une bonne chose. Il ne fallait pas laisser les Tchadiens dans l’expectative et les supputations politiciennes. La nature a horreur du vide. La politique encore plus. Cette installation du CMT a permis d’éviter le chaos pour certains. Pour d’autres le CMT est plutôt une machine illégitime qui a validé la succession dynastique au sommet de l’État. Tout compte fait, le CMT s’est installé cahin-caha. Et a rapidement annoncé Pahimi Padacké Albert (PPA) comme Premier ministre de Transition (PMT). Des noms d’autres leaders avaient circulé. Il semblerait que PPA a été choisi par défaut lorsque les autres faisaient de la résistance à la junte. PPA a su être opportuniste en proposant lui-même ses services.

Le mi-positif, mi-négatif

Aussi, très vite il s’est attelé à la formation du gouvernement. Personne n’est dupe. Ce gouvernement est l’œuvre de la junte. Certaines personnalités publiques sont entrées dans ce gouvernement de transition par devoir à leur pays en temps de crise. Des fortes têtes comme Mahamat Ahmat Alhabbo, secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD) du défunt professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh. Ils ont peut-être troublé voire déçus certains, mais faire de la politique c’est aussi savoir, parfois, faire des concessions. Le gouvernement s’est mis par la suite au travail. L’Union africaine (UA) est entrée en scène avec le résultat qu’on connaît. Son premier choix comme Haut Représentant le sénégalais Ibrahima Fall est rejeté. Un nouveau est nommé, il s’agit du Congolais Basile Ikouébé. Il est arrivé dans la capitale tchadienne, N’Djamena, en mode incognito,  presque sur les pointes des pieds. Pourquoi? Qu’est-ce que cela augure ? Quelle lecture faut-il en faire? Il est trop tôt. Pour l’instant, il faudra donner la chance au coureur comme on dit.

Le négatif

Depuis la formation du gouvernement, rien ne semble avoir avancé à un rythme respectable. 3 mois sont consommés, il ne reste plus que 15 mois. Pour y arriver à respecter les échéances, il faudra accélérer le rythme. Le temps est un redoutable ennemi, mais la junte semble traîner des pieds sans aucune raison sinon qu’elle a, peut-être, des intentions cachées.

Ensuite, le Conseil National de Transition (CNT) annoncé depuis lors est toujours dans les limbes. Un comité chargé de sélectionner les candidatures patauge encore dans « l’a peu près-isme ». Les réunions se succèdent pour travailler, dit-on, les textes, les critères, les cv etc. Dans cette nouvelle machine, l’ex-parti au pouvoir le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), ses amis, ses alliés jouent du coude. Les organisations de la société civile, proches du CMT et celles loin de la junte s’accordent sur un fait : le rythme est lent. Trop lent. Pire, aucun signe de la part du CMT pour commencer à réfléchir sur une des conditions imposées par l’UA : la modification de la charte de transition. 

De plus, depuis quelques semaines, le PMT flanqué du ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et du dialogue ont lancé un ultimatum aux partis politiques et aux organisations de société civile de faire parvenir les noms de leur représentant au comité chargé d’organiser le Dialogue national. La méthode choisie interroge. Et les conséquences sont déjà visibles et audibles. Des scènes disgracieuses ont emmaillé les rencontres qui ont, pour la plupart, fini abruptement. C’était une foire d’empoigne. Elle a été inaugurée à l’hôtel Radisson Blu par les partis politiques pour la désignation de 15 des leurs. Tous les Tchadiens ont vu les images, entendu les invectives. Ce n’était pas beau à voir. Ces disputes sont le reflet de la médiocrité d’une bonne partie des hommes et des femmes politiques du pays. Le lendemain, c’est au tour des organisations des jeunes de s’étriper presque à coup des coups de poing. Oui les jeunes, il est tentant de dire que la relève est prête pour la suite du désordre organisé depuis des décennies. Et les médias dans cette foire de positionnement? Ils ont, semble-t-il, déjà des représentants cooptés on ne sait pas par qui. Ni par quelle alchimie. Il s’agit pour la plupart des « journaleux béni-oui-oui » qui ont brillé ces dernières années par leurs complaisances que par leurs intégrités journalistiques. Il y a quelque chose de malsain et d’odeur puante…

Enfin, il est temps que le CMT et le gouvernement de transition changent de méthode. Il est inconcevable de réunir des centaines d’acteurs politiques et de la société civile en leur demandant de désigner leurs représentants. Cette approche ne peut donner que des scènes de désolation. Cette méthode donne l’impression que c’est voulu, organisé et cautionné en haut lieu. Il est temps que le CMT et le gouvernement proposent aux Tchadiens une méthode bien définie avec des critères précis. Sinon, sinon ces scènes disgracieuses annoncent un combat des coqs au lieu d’un dialogue apaisé.

Alors que faut-il dire de ce bilan des 100 premiers jours? Réponse : il est largement négatif. Non pas par la faute des Tchadiens. Ni par celui de l’UA et de la communauté internationale. C’est en grande partie par la faute de la junte qui croyait qu’il suffisait de prendre le pouvoir par la force. Et de crier « ciseaux » pour que tout se fasse. Pour que les Tchadiens leur obéissent aux doigts et à l’œil. Non. Les Tchadiens veulent du changement, ils sont décidés à l’obtenir vaille que vaille même au prix des coups de poing.

Bello Bakary Mana  

Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours sur la capitale tchadienne ont font d’énormes dégâts dans certains arrondissements. A Dingangali 1, quartier sud, situé dans le 9e arrondissement, les habitants sont à pied d’œuvre pour évacuer les eaux de pluie. Reportage.

Les habitants de certains arrondissements de la capitale tchadienne, N’Djamena, n’arrivent plus à dormir, à cause des pluies qui se sont abattues ces derniers jours. Au quartier Dingangali 1, situé dans la commune du 9e arrondissement, les habitants ont passé la nuit debout pour évacuer les eaux des pluies. Pour faire face à cette situation, ils sont contraints d’ouvrir un passage sur le canal pour évacuer les eaux. Pour Dounia Alexandre Tandoka riverain de la digue, la digue a été construite d’une manière précipitée. M. Tandoka estime que les autorités devraient, en principe, consulter la communauté locale, avant d’ajouter que c’est elle qui vit la situation. Et c’est  elle qui devait donner des orientations à l’équipe technique qui a construit la digue, mais cela n’a pas été fait. Selon lui, en construisant la digue, les ingénieurs devraient ouvrir des vannes et mettre les buses pour permettre à l’eau de circuler, mais ils n’ont pas fait.

 Pour avoir ouvert la vanne, le dimanche dernier, les habitants de Dingangali 1, victimes des inondations ont eu de violents échanges avec l’entreprise qui a construit la digue. « Nous n’avons pas besoin qu’un ministre signe une décision, alors que nos familles sont dans l’eau », explique-t-il. Il a noté par ailleurs que chacun a sa responsabilité et qu’il est de la responsabilité et de l’État de construire les infrastructures pour évacuer l’eau. « Nous ne demandons pas une assistance, nous demandons à la mairie d’assumer ses responsabilités et nous allons appuyer celle-ci à faire son travail », précise-t-il. Pour Bintou Simondih, mère célibataire, chaque année, les habitants de Dingangali, surtout ceux qui habitent aux abords de la digue souffrent des inondations. Selon elle, le gouvernement leur a promis la construction des canaux d’évacuation digne de ce nom, mais c’est resté sans suite. « Je vis seule avec mes enfants et quand l’eau est entrée dans notre chambre, je suis obligée d’aller réveiller les voisins à 1 heure du matin pour aller ouvrir la vanne ».

Les inondations dans le quartier Dingangali ont empêché plusieurs débrouillards de vaquer à leurs occupations. C’est le cas du jeune forgeron qui a vu son atelier de fabrication de seau inondé par les eaux de pluie. Pour Dingamadji Maturin, il faut régler définitivement ce problème qui empêche les habitants de ce quartier de se débrouiller pendant la saison des pluies.

La commune du 9e arrondissement manque d’infrastructures et de moyens matériels et financiers pour faire face à des catastrophes naturelles telles que les inondations.  L’année dernière, la quasi-totalité des habitants de Dingangali, Walia et Gardolé ont été contraints de quitter leurs habitations pour cause de débordement des eaux fluviales. Cette inondation causée par le relâchement de la digue construite par l’État pour contenir les eaux du Chari et du Logone a fait d’énormes dégâts matériels.

Jules Doukoundjé

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