Prévu pour le 12 et 13 juin, le 10e congrès du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), s’annonce sous haute tension. Ialtchad Presse est allé rencontrer dans leur bureau de soutien de ceux qui se réclament « baministes » originel, c’est-à-dire ceux qui sont les membres fondateurs pour recueillir leurs réactions sur les tensions que vit le parti moins de 2 mois après le décès du président Deby Itno. Reportage
« Le congrès doit se tenir comme prévu », avait déclaré le Président du comité d’organisation Me Jean-Bernard Padaré. « Je suis le Secrétaire Générale du MPS, je suis le premier responsable du parti. Je prends acte d’abroger tout projet du congrès » avait affirmé Mahamat Zene Bada le Secrétaire Général (SG) du MPS.
12h. Quartier général (QG) de Bamina Assass au quartier Klémat. À l’entré, ils sont au moins 60 membres réunis dans leur QG. Ordre du jour : comment faire pour réussir ce premier congrès après la mort du président fondateur du MPS le Maréchal président Idriss Deby Itno. « C’est de notre responsabilité, nous qui sommes encore vivants de porter cette formation politique » mentionne le Coordonnateur Général du bureau de soutien « Bamina Assass » Brahim Khalifa. « Le MPS était à ses débuts un petit mouvement. Nous les « Baministes » lavons fait grandir. Et en sont les pères fondateurs », précise-t-il.
Selon le Coordonnateur, ils ne sont pas les militants ordinaires, mais les racines du MPS. Pour lui, toutes décisions qui vont dans le sens de la survie du MPS, Bamina assass est d’accord. À l’entendre, les polémiques, entre le SG du MPS et le Président du comité d’organisation sont dans les normes de la vie d’un parti, mais il faut qu’ils sachent que le moment n’est pas opportun pour se livrer à pareilles querelles.
« J’ai été choqué au début parce qu’on ne nous a pas demandé conseil avant d’arrêter la date du congrès, » s’indigne Brahim Kalifa. Il estime normale la réaction de leur frère d’arme le Général Moussa Haroun Tirgo. Pour lui, 30 ans et les sacrifices consentis ne sont pas une mince à faire. Dans une vidéo postée, sur sa page, Moussa Haroun Tirgo a rappelé à l’ordre les organisateurs du congrès. Il exige une concertation avec les baministes avant toute décision au sujet du MPS. Le coordonnateur général du Bureau Bamina assass appuie à 100% la sortie du Général Turbo. Pour Brahim Kalifa, ils ont porté le MPS de 1990 à nos jours dans l’union, ce n’est pas après la mort du Maréchal qu’ils vont se diviser. « C’est le moment de monter que le MPS, est un parti soudé et qui ne veut que la paix au Tchad », affirme M. Brahim.
« Les Baministes vont participer au congrès », dit le coordonnateur. Il appelle les Tchadiens à l’unité pour bâtir le pays.
Djilel-tong Djimrangué
Le bureau exécutif du MPS, ex parti au pouvoir, s’embrouille autour du congrès extraordinaire convoqué par la secrétaire générale 1re adjointe, Madjidian Padja Ruth. Dès lors, la confusion s’installe. Reportage.
Aura-t-il lieu ou pas ? La question est sur toutes les lèvres. Mais personne ne veut se prononcer. Même au sein du parti. « C’est un sujet sensible. Je ne veux pas être considéré comme un ennemi par tel ou tel camp » ont gentiment refusé plusieurs caciques du parti de répondre à notre micro. En tout cas, nous disent certains, tout est flou concernant la tenue ou non de ce congrès extraordinaire. Alors que d’autres affirment encore sous le sceau de l’anonymat qu’il aura bel et bien lieu.
Ce 10e congrès extraordinaire du Mouvement patriotique du Salut (MPS), convoqué par la secrétaire générale adjointe, Madjidian Padja Ruth, fait donc polémique. Le Bureau Exécutif (BE) dudit parti s’enflamme à propos. Le camp du secrétaire général titulaire, Mahamat Zen Bada boude la tenue de ces assises. Lui, qui se trouve actuellement en France, conteste la qualité de son adjointe à convoquer une telle session. Évoquant la violation des textes du parti, le SG a, dans une décision prise le 7 juin, annulé dans toutes ses dispositions la décision de son adjointe. Donc pas de congrès. Le camp de Madjidian Padja Ruth soutenu par Me Jean-Bernard Padaré, argue qu’aucune violation des textes du parti n’est constatée. Donc le congrès est maintenu. « Le 10e congrès extraordinaire du MPS aura bel et bien lieu comme prévu dans la décision 16 du 4 juin à N’Djamena », a assuré le président du comité d’organisation Me Jean-Bernard Padaré lors d’une communication faite ce mardi 8 juin.
Que disent les textes ?
D’après l’article 33 du statut du parti, le congrès est l’instance suprême du parti. Il se réunit en session ordinaire tous les trois ans sur convocation du secrétaire général. Cependant, l’exception est faite à l’alinéa 1er de ce même article : « il peut se réunir en session extraordinaire à l’initiative du secrétaire général du MPS ou à la majorité des deux tiers des membres du Conseil national du salut sur un ordre du jour bien précis. »
D’après Me Jean-Bernard Padaré, juste après les obsèques du président fondateur du MPS, Idriss Deby Itno, le bureau politique national s’est réuni pour mettre en place des comités de réflexion pour le bon fonctionnement du parti pendant et après la transition. « C’est sur la base d’un point phare du comité de réflexion que ce congrès a été convoqué par la secrétaire générale adjointe », fait savoir le porte-parole du parti, par ailleurs président d’organisation dudit congrès. Mais pour Mahamat Zen Bada, cette rencontre a des agendas cachés. Me Jean-Bernard Padaré réfute en bloc : « je peux vous rassurer que tout ce qui est fait est dans la totale transparence et la légalité ».
La pomme de discorde ?
Le 10e congrès extraordinaire du MPS est-il la pomme de discorde ? Non, répond Me Jean-Bernard Padaré, secrétaire général, chargé de la communication du MPS. D’après lui, le MPS est un parti de masse. « Donc c’est normal qu’il y ait des débats, où les tons peuvent parfois monter ». Même si des langues prédisent que le MPS est déjà engagé sur la voie de la dislocation, Me Jean-Bernard Padaré rassure « qu’il n’y aura aucune crise au sein de leur parti ».
Toutes les attentions sont orientées vers le 12 et le 13, dates du déroulement de ce congrès extraordinaire. Aurait-il lieu ? Oui ou non ? C’est une question à plusieurs réponses. Chaque militant coche la réponse qui arrange son camp. Tout porte à croire qu’il aura lieu mais en tordant des bras et dans une tension à fleur de peau.
Christian Allahadjim
Donc le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), ex-parti au pouvoir tente d’organiser, plus de 40 jours après la mort de son fondateur le défunt ex-Maréchal et ex-président Idriss Deby Itno, un congrès extraordinaire, le 12 et 13 juin, pour redynamiser le parti. Malgré les coups de téléphone pour comprendre les enjeux de ce congrès extraordinaire, rien n’y fait. C’est silence radio. La loi de l’omerta. Alors que cache ce congrès organisé en l’absence du Secrétaire Général Mahamat Zène Bada? Est-ce le « coup de Parti » après le coup d’État?
D’abord, les militants et certains membres du Bureau Politique National (BPN) sont étonnés et surpris par la convocation de ce congrès. Ils évoquent derrière les rideaux l’éventuel remplacement du Secrétaire General (SG) Mahamat Zène Bada qui est hors du pays pour raison de santé. Les « zenebadistes » sont choqués par le manque d’empathie de certains « camarades ». Pour les « pro congrès », l’organisation de cet évènement ne vise qu’une chose : se préparer aux futures échéances politiques. Les amis du SG, eux, pensent à faire capoter la rencontre ou à faire rentrer dare-dare leur leader et prendre à rebrousse-poil tous les « anti-Zene Bada » qui ont accepté de se faire organiser un congrès par des mains invisibles en haut lieu. Ces mains ont un objectif : reprendre le parti à leur compte. Un parti qu’elles considèrent comme une propriété personnelle. Un héritage que le SG leur disputait en affirmant son indépendance. Et en prenant un malin plaisir à contester consignes et instructions provenant du cabinet civil de la présidence. Pour le SG pas question de prendre ses ordres ailleurs que dans son BPN. Surtout après la mort du président Deby Itno. Il tente, sans s’en cacher lui et ses amis, de prendre le parti en leur compte comme héritage. Et à se poser personnellement comme le leader incontestable. Certains membres du parti veulent se débarrasser de Zène Bada au nom de la nouvelle donne politique. Il faut donc le faire partir. Comment? En organisant, en son absence, ce « coup de Parti » avant qu’il ne soit trop tard. Réussiront-ils? Difficile à dire. Échoueront-ils? Les paris sont ouverts.
Ensuite, Zene Bada et ses amis n’ont pas dit leur dernier mot. Depuis quelques heures, une hypothèse circule comme quoi le remuant SG reviendra. Il a déjà fait ce coup au Maréchal de son vivant. Certains de ses amis disent qu’il récidivera en utilisant la même recette : retourner les militants de base à son avantage. Mais ses proches lieutenants affirment que Zène Bada n’a pas apprécié ce coup de poignard dans le dos. Il a voyagé mercredi, le lendemain la convocation du congrès est sortie, signée P.O. (par ordre). Alors qu’il n’a donné ni ordre ni instruction. Le SG dit-on engagera la bagarre. Il croit que beaucoup des militants feront barrage à ce « coup ». Zène croit dur à son étoile. Elle ne pâlira pas selon ses lieutenants avec la disparition du Maréchal.
Enfin, depuis la France, le SG à travers un communiqué engage les hostilités. Il demande l’annulation de ce congrès. Le parti joue-t-il sa survie? Implosera-t-il? Si ceux qui veulent organiser ce congrès persistent, ils auront mené le parti à sa perte à peine plus d’un mois après le décès du président fondateur. Depuis sa disparition, militants, sympathisants et admirateurs se sentent orphelins. Ils sont désemparés parce que le parti ne s’était pas préparé à cette subite réalité. Le MPS étant déjà une maison vide. Sans meubles. Sans animateur. Tout reposait sur le seul président fondateur comme dirait le comédien Mahamane. Ce congrès est définitivement source des divisions. Il y a bien longtemps que le feu couvait dans cette maison vide qu’est le MPS. Avec ses tiraillements la maison est en feu et menace de s’écrouler. Il sera difficile de la rebâtir tellement ses fondations reposaient sur un seul poutre, le défunt Maréchal. Le parti est en train d’agoniser. Il mourra peut-être après le président fondateur….enfin peut-être.
Bello Bakary Mana
Bientôt les radios à travers le monde vont commémorer les 100 ans de la Radio. Un évènement qui a inspiré la Haute Autorité des Media Audiovisuel du Tchad HAMA, à suspendre les redevances des radios associatives, communautaires et confessionnelles. Ialtchad Presse est allé échanger avec certains dirigeants de ces radios sur leur situation. Reportage.
Il était 11 heures, lorsque nous avons poussé les portes quelques radios privées associatives, communautaires et confessionnelles à N’Djamena, capitale tchadienne.
Début. Quartier chagoua, 7e arrondissement, avenue Mobutu non loin de l’hôpital Notre Dame des Apôtres, c’est le siège de la radio Arc-en-ciel. Une radio communautaire qui regorge en son sein du personnel de tous les horizons. Le directeur à peine sorti, mais le rédacteur en chef M. Vangtou Abdoulaye nous reçoit. Très vite la question sur les redevances des radios privées que la HAMA a suspendues est abordée. Selon le rédacteur en chef, cette décision de la HAMA est une bonne nouvelle. Un soulagement, « les radios privées traversent une crise ce dernier temps. L’exemple de Dja-FM, qui a suspendu ses programmes depuis le 27 mai est un exemple. La radio Karouba de Moundou, Vision FM, voire Électron Télévision à qui la Société Nationale d’Électricité a coupé le courant pour factures impayées, etc. Cela montre que les médias privés ont des difficultés financières», dit-il. Pour lui, la suspension des redevances des radios est une initiative salutaire. Il rajoute toutefois que, la HAMA devrait plus revoir son aide aux médias afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle. Ces radios dit-il, contribuent beaucoup à la sensibilisation, l’éducation et le divertissement de la population. Les radios communautaires participent beaucoup au développement du Tchad, lance-t-il. « Cette suspension des redevances est bien, mais il y a beaucoup d’années déjà que les médias sont restés sans soutien. Si on prend le cas de la radio Arc-en-ciel, en un mois la dépense due seulement au carburant s’élève à 300 000FCFA. En plus de cela, il y a le personnel, les matériels de travail et autres dépenses », affirme M. Vangtou Abdoulaye.
D’après lui, bientôt la Radio va fêter ses 100 ans. Il note ne pas être à même de parler d’apport de la radio en général pendant les 100 ans. Mais il faut reconnaître relève-t-il, que la Radios est à la base de la démocratie. Prenant comme exemple la Covid-19, le rédacteur souligne le rôle important joué par les radios. « Tout le monde était en confinement, mais les journalistes prenaient des risques, ils informaient le public confiné. Les radios avec l’immédiateté relayaient les infos de la coordination de riposte sanitaire en temps réel au public.», dit-il. Le cap doit être maintenu même après 100 ans, conseille-t-il. M. Vangtou Abdoulaye affirme qu’au Tchad nous sommes dans un contexte particulier de transition et il faut que les radios contribuent plus à la consolidation de la paix et de la stabilité. « Les radios doivent amener et les gouvernants de la transition et le peuple tchadien d’être plus responsable dans ce processus pour aboutir à des élections démocratiques, libres et transparentes au Tchad. Les radios doivent jouer un rôle très réconciliant afin de freiner les dérapages sur les réseaux sociaux tendant aux replis identitaires », conclut-il.
Nous sommes à la grande Mosquée, à la radio Al-Coran, une radio confessionnelle. Le sous-directeur des Programmes et Nouvelles, M. Mahamat Abdoulaye se prête à nos questions. « C’est une très bonne initiative de la part de la HAMA. Vous savez, notre système de communication ou de l’information au Tchad est faible et fragile en même temps. Les organes de presse surtout privés dans notre pays sont très limités. La HAMA a pris une décision très responsable », dit-il. Radio Al coran poursuit-il, est une radio confessionnelle qui ne cache pas la vérité, elle contribue beaucoup à l’information, à l’éducation et à la formation des Tchadiens. « Nous remercions la tête de cette institution M. Dieudonné Djonabaye et toute son équipe qui sont préoccupés par la situation socioéconomique difficile que traversent les radios associatives, communautaires et confessionnelles », insiste-t-il. Pour les 100 ans de la radio, M. Mahamat Abdoulaye affirme que la radio est un média facile d’accès par rapport à la télévision et à l’Internet. « La prolifération médiatique au Tchad est un bon signe, car les médias constituent le socle du développement. Notre souhait est que notre pays évolue davantage dans ce domaine », évoque le responsable de programme de la radio Al coran.
« Rien ne peut remplacer la radio ni aujourd’hui ni demain… »
À la radio FM Liberté, nous rencontrons le rédacteur en Chef Mekondo Sony. Il est aussi président de l’Union des radios privées du Tchad (URPT). D’après lui, la décision de la HAMA est une initiative louable. « C’est un geste qui soulage, mais il reste beaucoup à faire encore. Merci à la HAMA, mais nous souhaitons qu’elle aille au-delà et plaider le sort des radios privées auprès du gouvernement. Il y a de cela cinq ans que les radios privées n’ont pas reçu l’aide à la presse. Mieux vaut tard que jamais », lance-t-il. Pour le président de l’URPT, ces médias font un travail méticuleux. Elles sensibilisent la population à la cohabitation pacifique pour que le Tchad soit un pays de paix. Il affirme qu’au moins 6 radios à Ndjamena comme en province sont en panne et n’émettent plus.
S’agissant des 100 ans de la radio qui vont être bientôt fêtés, le président l’URPT note une fierté même si la radio au Tchad n’a pas totalisé ce nombre d’années. « Je me rappelle encore la radio Tchad c’est dans les années 50. Vers 1990 avec l’arrivée de la démocratie au Tchad que les radios privées sont autorisés à fonctionner. Il y a une avancée significative, car à travers ces radios les gens sont mieux informés », dit-il. Il demande au gouvernement de soutenir les radios privées à migrer vers le tout numérique. Pour lui, rien ne peut remplacer la radio ni aujourd’hui ni demain. « La radio est là au début elle est toujours là et elle sera là. Au Tchad, l’oralité reste importante. Beaucoup ne sont pas instruits pour être sur les réseaux sociaux, mais trouvent leur compte à la radio à travers les différentes langues » affirme-t-il. Il demande aux auditeurs d’encourager le travail des journalistes qui n’est pas du tout facile. Quant aux journalistes, il les conseille de vérifier et revérifier les nouvelles à la source pour éviter toute diffamation ou information erronées. « C’est vrai nous sommes dans un monde de scoop, mais à vrai dire le scoop n’existe pas. Quelque part les gens ont dit avant que cela ne soit redit. Il ne faut jamais diffuser l’information à la va-vite pour ne pas entacher sa crédibilité »
Moyalbaye Nadjasna
Le collectif des 64 licenciés de la Raffinerie de N’Djamena, a animé ce samedi 5 juin, à la Bourse du travail, une conférence de presse. Occasion tout indiquée aux panellistes d’informer l’opinion sur le retard de leur réhabilitation. Retour sur cette conférence avec Ialtchad Presse.
Pour les panélistes, malgré la bonne volonté des autorités comme l’inspection de travail, la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), la direction de la Raffinerie, la recommandation de l’Assemblée nationale en date du 2 décembre 2020 et la recommandation du feu Maréchal Idriss Deby Itno, en mars 2021, leur réhabilitation retarde toujours. « Le blocus se situe au ministère du Pétrole et de l’Énergie en l’occurrence le ministre qui ne veut pas de cette réhabilitation. Les rumeurs circulent comme quoi, le ministre veut placer les siens à la place des 64 licenciés. C’est pourquoi, il est en train de chercher des alibis », a déclaré l’une des panélistes, Achta Hamid Saleh, secrétaire général du collectif.
D’après elle, le ministre du Pétrole et de l’Énergie s’est créé un alibi pour dire qu’il va d’abord les réévaluer avant de les réintégrer. « Pourquoi nous réévaluer avant de nous réintégrer ? D’autant plus que notre incompétence n’a pas été confirmée par la Raffinerie de N’Djamena », s’irrite la secrétaire générale.
Répondant à la question, est-ce que le collectif des 64 licenciés de la Raffinerie de N’Djamena a pu rencontrer le ministre pour échanger avec lui, le président du collectif, Ahmat Idriss affirme qu’ils ont été reçus une seule fois par l’ex-ministre du Pétrole et de l’Énergie, Ahmed Koua. Lors de cette rencontre, dit-il, ils n’étaient pas contents des propos tenus par le ministre. « Il nous a demandé s’il y a des morts, des gens qui ont d’autres travail. Ensuite, il a dit que parmi les 64 licenciés de la Raffinerie de N’Djamena, il y a des gens qui ne sont pas du domaine », rapporte-t-il. Pour lui, à la Raffinerie de N’Djamena, ce n’est pas seulement des chimistes qui travaillent. Il y a plus de 14 départements, précise Ahmat Idriss. « Il y a des électriciens, des mécaniciens, etc. Chacun travaille dans son domaine et département. Quand le ministre a vu la liste comportant des mécaniciens, des environnementalistes, il croyait qu’à la Raffinerie, c’est seulement des chimistes qui travaillent, mais il se trompe », lâche-t-il.
Les plaidoiries
Les panelistes plaident premièrement auprès de l’Assemblée nationale afin de rappeler le ministre du Pétrole et de l’Énergie à tenir à son engagement du 2 décembre 2020, de les réhabiliter dans un délai n’excédant pas deux mois. Ensuite, ils demandent au Premier ministre de transition de s’investir personnellement parce que c’est une injustice sociale et le social urge. Pour les licenciés le ministre doit respecter les textes et lois de la République. Puis, ils font appel au président du Conseil militaire de transition (CMT) de prendre le dossier en main puisqu’il s’agit des jeunes gens opprimés et méprisés dans leur propre pays.
Autres précisions : le panel est composé de 5 personnes, dont 4 hommes et une femme.
Allarassem Djimrangar

Ce vendredi 04 juin, une grosse pluie s’est abattue sur N’Djamena, capitale tchadienne. Acte 1 de dame pluie fâche déjà les N’Djamenoise. Au quartier Ridina II, 5e arrondissement plusieurs concessions sont inondées. Reportage
Ce matin, plusieurs concessions des N’Djamenois sont inondées. Les habitants de plusieurs quartiers se sont retrouvés pied dans l’eau. C’est une première grosse pluie orageuse qui a duré quasiment 4 heures. Nous nous sommes rendus au quartier Ridina II, le spectacle aiguise la curiosité. Les ménages ont renoué avec l’ancienne habitude, évacuer l’eau de la cour. Certains utilisent les motopompes, d’autres se servent des sceaux et autres récipients pour se débarrasser d’eau. Les rues secondaires sont déjà pleines d’eau. C’est un parcours de combattant pour les usagers surtout les motocyclistes. Pataugeant dans l’eau, on arrive chez madame Miguemadji Djibrine. Ici la cour est complètement dans l’eau, une chambre et salon aussi. « Vraiment c’est une surprise. L’eau n’est jamais entrée dans ma chambre, mais c’est étonnant cette année. Comme vous le voyez, mon lit et mon matelas flottent sur l’eau ainsi que mes réserves. Nous sommes en train de faire tout pour sortir l’eau et aérer les chambres. Sinon j’irai où avec mes enfants », dit-elle.
Juste à côté, un autre ménage. Aux grands maux, des gros moyens, la famille se sert de la motopompe pour évacuer l’eau stagnante. Le chef de famille à pied-œuvre note que la saison s’annonce difficile, « c’est difficile comme vous voyez. Cela a toujours été ainsi année après année. Avec cet engin, une heure est suffisante pour vider l’eau de ma cour. Sinon auparavant, avec les jeunes de la cour, nous curons l’eau comme dans les autres propriétés », confie-t-il. Il rajoute que normalement Ridina ne devait pas vivre un tel problème. Il suffit, dit-il, de faire de canalisations sérieuses jusqu’au grand canal du quartier Ardep-djoumal et l’eau va se déverser au fleuve. Les cours des certains établissements scolaires ne sont pas épargnés. Au lycée officiel d’Abena par exemple, c’est une marre d’eau. Les élèves s’éclaboussent d’eau pour atteindre leurs salles de classes. Même chose au lycée privé Hérédité.
Toujours au quartier Ridina, on signale déjà l’écroulement de quelques maisons. Pour un autre habitant, la pluie c’est une bénédiction et non un mal. Seulement nous n’avons pas de moyens pour améliorer notre milieu. C’est pourquoi nous sommes confrontés chaque année à de telles situations. Même si nous sommes dans l’eau c’est un mal nécessaire, car nous sommes soulagés un peu de la chaleur accablante. Dieu est souverain, il prendra soin de nous disent les victimes. Certaines communes à N’Djamena ont fini avec les curages des caniveaux d’autres traînent alors que dame pluie est déjà présente. Les habitants de différents quartiers de N’Djamena s’organisent pour frayer le chemin aux eaux de pluie, « le pire reste à venir », lance un passant.
Pour les résidents, les autorités communales doivent accélérer le rythme de curage des caniveaux pour éviter des catastrophes.
Moyalbaye Nadjasna
Le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Sabre Fadoul, a lancé officiellement ce 4 juin, à l’hôpital la Renaissance de N’Djamena, la campagne nationale de vaccination contre la pandémie de la Covid-19. Reportage.
Hôpital de la Renaissance au quartier N’Djari, dans le 8e arrondissement de N’Djamena. Il est 9 heures ce vendredi 4 juin 2021. Le ciel nuageux continue par gronder. La veille, N’Djamena a enregistré sa première grosse pluie de la saison.
Le hall de la structure est paré à abriter la cérémonie de lancement de la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19. Autorités sanitaires, personnel soignant de l’hôpital, représentants des partenaires techniques et financiers sont présents. La cérémonie peut commencer. Place aux allocutions.
Selon le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Sabre Fadoul, le choix de l’hôpital, la Renaissance pour le lancement de cette campagne n’est pas fortuit. « C’est pour rendre hommage au travail colossal que vous avez abattu durant toutes les périodes de cette crise sanitaire. Symboliquement, lancer cette campagne ici à l’hôpital la Renaissance, c’est reconnaître vos investissements, vos sacrifices dans le combat qui continue encore », déclare M. Sabre Fadoul. Sur le vaccin, le ministre affirme qu’il est efficace et qu’il n’y a rien à craindre. Pour lui, aucun gouvernement au monde ne se permettrait d’importer un médicament ou un vaccin qui pourrait avoir des répercussions négatives sur ses citoyens. « Nous avons reçu nos vaccins avant-hier. On aurait pu le recevoir au mois de février ou mars dernier. Mais nous avons préféré d’abord de nous rassurer de son efficacité », indique le chef de département de la santé.
Comme pour rassurer davantage la population, le représentant de l’OMS au Tchad, Dr Jean-Bosco Ndihokubwayo, l’OMS confirme que le vaccin Sinopharm a été bel et bien homologué par son institution. « L’OMS a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au vaccin Pfizer/BioNTech, à deux versions des vaccins AstraZeneca/Oxford - SKBio et Serum Institute of India, au vaccin Janssen ou Johnson, au vaccin Moderna et récemment à deux vaccins chinois à savoir le vaccin Sinopharm et le vaccin Sinovac », dit-il. Selon lui, d’autres vaccins continuent d’être évalués par l’OMS afin de garantir leur innocuité et leur capacité à protéger contre la maladie.
Cependant il est pour lui de regretter sur de 2 milliards de vaccins administrés dans le monde, seules 28 millions de doses des différents vaccins anti-COVID-19 ont été administrées en Afrique à peine 0,56% de la population africaine vaccinée. Après la parole l’acte.
Le moment tant attendu est arrivé. Le ministre Abdoulaye Sabre Fadoul, accompagné du représentant de l’OMS, Jean-Bosco Ndihokubwayo sont orientés vers la salle d’enregistrement des candidats au vaccin. Sur place, une soixantaine de candidats attendent déjà. La procédure est la suivante : prise de température à l’entrée, présentation devant les agents enregistreurs, enrôlement puis direction, la salle de vaccination. Ayant suivi tous ces protocoles, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul s’est fait vacciner sous les ovations de sa délégation. Suivi par le représentant de l’OMS. Après cette étape, les deux vaccinés sont allés observer une pause de 30 min dans la salle d’observation. Question de vérifier si des effets secondaires vont se manifester. A sa sortie, le ministre la Santé déclare « nous venons de donner l’exemple. C’est un vaccin comme tout autre. Que les fausses informations ne vous font pas peur. »
Rappelons que le Tchad a reçu 200 000 doses de vaccins Sinopharm comme don de la Chine. Ce lot permet d’entamer avec cette première phase de vaccination qui concerne trois provinces, Moundou, Abéché et N’Djamena. Les cibles prioritaires de cette campagne de vaccination sont le personnel soignant, les personnes âgées de plus de 65 ans et les candidats au Hadj. Bon à savoir, le vaccin n’est pas obligatoire, mais il l’est pour les pèlerins.
Christian Allahadjim
Allarassem Djimrangar
Les examens de fin d’année scolaire 2020-2021, se préparent d’arrache-pied. Les corps enseignants et les élèves sont à pied d’œuvre. Mais l’on ne connaît pas avec exactitude la date de composition. Reportage
Un ciel orageux, sol mouillé, température favorable. Nous sommes à 09h d’horloge. Devant la porte principale du Lycée Felix Éboué de N’Djamena, quelques groupes d’élèves discutent de la date des examens. Quelques-uns parmi eux acceptent de nous parler, mais sous couvert de l’ anonymat. C’est un élève en terminale littéraire A4 au Lycée Felix Éboué, « nous ne savons pas exactement quand on va composer. Nous sommes très en retard sur le programme », déplore-t-il. Selon lui, il y’a trop de perturbations et les programmes ne sont pas exécutés comme il se doit. « Je souhaite que les examens se passent en août », s’exclame une autre élève de TD, série scientifique du même Lycée. L’année passée Covid-19 avait perturbé par les cours. Cette année les cours sont perturbés par les campagnes et bien d’autres problèmes, nous raconte-t-elle.
Dans une salle, un enseignant dispense ses cours, « je peux vous parler, mais je ne veux pas être cité », averti-t-il. « L’écoule tchadienne est à terre », dit-il. Selon lui, avant de prendre une décision concernant les examens, les autorités doivent consulter les enseignants qui sont sur le terrain. « C’est nous (les enseignants) qui connaissons mieux l’évolution des cours. Pas les proviseurs et les censeurs » souligne l’enseignant. Pour lui, l’éducation est apolitique, car la vie des jeunes en dépend. Les programmes ne sont encore évacués à 60%, il va être difficile d’organiser les examens dans ces conditions, « c’est massacré les élèves » déclare-t-il. En français, c’est difficile de finir le programme, c’est une matière très complexe, explique l’enseignant. Pour lui, le gouvernement est dans sa logique de faire savoir à l’opinion internationale que l’éducation au Tchad, va bien, mais c’est tout le contraire. Il le dit la mine tendue. « Les manifestations et grèves sont très récurrentes ces 5 dernières années, ce n’est pas sourcier pour nous les enseignants d’évoluer à 90% », a-t-il conclu.
Il est 10h passées, nous sommes au Lycée Hérédité d’Abena. Le proviseur Kimtolngar Ngartossoum nous reçoit. La date des examens est encore incertaine, dit le proviseur. Selon lui, les programmes sont exécutés à 70%. « Je crois que les élèves seront près pour les examens d’ici mi-juin », affirme le proviseur. Pour lui, la crainte c’est que jusqu’aujourd’hui les dates exactes des deux examens ne sont pas connues. Sinon généralement, le Baccalauréat et le Brevet d’études fondamental se déroulent au début du mois de juin, mais compte tenu des situations que traverse le Tchad l’on est obligé de faire avec.
Le cas des provinces et certains établissements de la capitale sont inquiétants avec la saison des pluies qui arrive avec son cortège des inondations. Un communiqué du ministère de l’Éducation soutient que les examens auront lieu à la mi-juillet.
Djilel-tong Djimrangué
Aujourd’hui, les problèmes de la vue sont très fréquents. Ils sont liés aux maladies oculaires. Ces maladies peuvent causer de déficit visuel grave si elles ne sont pas dépistées à temps. La population n’a pas d’informations exactes sur les dangers liés au problème de la vue sans la correction. Ialtchad Presse a abordé la question avec le Docteur Mahamat Dicko, Médecin Ophtalmologiste à l’Hôpital Général de Référence Nationale(HGRN). Ialtchad Presse vous propose une entrevue après une une série de 2 reportages.
Quelles sont les maladies qui affectent notre vision ? Ya-t-il de statistiques au Tchad?
En sciences, pour aborder un sujet, il faut les statistiques. Il faut savoir que 80% de la population mondiale, « je parle de mondiale parce qu’on n’a pas de statistique au niveau local. Aucune étude n’a été menée au Tchad concernant le problème de la vue lié à la correction.» Sur le plan mondial, 80% de la population est porteuse de l’amétropie. Quand on prend la myopie qui est le chef de file de ces maladies, elle tient la première place et, 50% de la population mondiale sera myope à d’ici l’an 2050. S’agissant des maladies imputables aux corrections, elles sont nombreuses. Mais les principales sont les amétropies stérides : la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie.
Quel est l’impact économique lié à ces maladies ?
Il faut savoir que 33% de la population mondiale active est amétrope (problème de vue lié à la correction). 27% de conducteurs à un problème de vue. Ce qui fait que le coût au niveau des accidents de la voie publique, 60% sont liés au problème de lunettes. Cela peut avoir un impact important sur la productivité. Dans le monde, les dépenses engendrées rien que pour pallier ce problème représentent 270 milliards de dollars par an. C’est le lieu d’alerter les autorités publiques tchadiennes en tant que décideurs politiques afin de pouvoir prendre des mesures, organiser des sensibilisations et demander à la population de se faire consulter pour régler ce problème.
Quelles sont les causes de ces maladies ?
Les causes sont nombreuses. Mais retenons les deux principales causes : l’hérédité et l’environnement. Si on prend la myopie par exemple, elle est causée le plus souvent par une question d’hérédité. Si un enfant à un des parents qui est myope, il a 50% de chances de devenir myope. Si les deux parents sont myopes, ce pourcentage probable de faire la myopie est multiplié par trois. Il y a ensuite l’environnement. Les études ont montré que dans les zones industrialisées, il y a une forte prévalence de la myopie par rapport aux zones rurales. Les enfants enfermés dans les maisons développent plus de myopie plus que ceux qui passent beaucoup de temps à l’extérieur de la maison.
Comment savoir qu’on a un anomalie de vision?
La réponse qui s’impose c’est la consultation. Et malheureusement, comme je vous ai dit, 80% de la population mondiale est myope. Et ce n’est qu’hétérogène, cela veut dire que la répartition n’est pas cohérente. Par exemple les gens qui ont le problème de la vision qui ampute seulement 10% de leur vision, s’ils ne sont pas dans les activités qui nécessitent une vision minutieuse, telles que l’enseignement : les élèves et étudiants peuvent facilement constater qu’ils ont un problème de vue. Lorsqu’un enfant à l’école derrière tout le monde et qui ne voit pas le tableau, il se déplace, ses camarades le constatent. Même chose pour l’enseignant qui a tout le temps une activité de vision de loin comme la vision de près, en corrigeant les copies peut facilement constater qu’il a un problème de vision. Un cultivateur ou un paysan qui laboure ne se rend pas vite compte sauf si cela est profond.
Les tchadiens portent les lunettes correctrices à leur guise. Que dites-vous en tant qu’ophtalmologiste?
Vous savez, les lunettes sont un instrument permettant de pallier les défauts visuels ou de protéger les yeux. Mais allez se procurer les verres dans la rue, c’est une très mauvaise habitude sinon un danger. Le problème qui concerne la vision doit d’abord passer par une consultation. Le médecin ophtalmologiste doit prescrire une ordonnance de lunettes avec tous les renseignements retrouvés chez le patient. C’est alors que la consultation qui détermine le degré du verre qu’un opticien pourra le lui confectionner.
Les tchadiens n’ont pas une culture de lunettes. La majorité des femmes par exemple ont de problème de la vision mais refuse de porter les lunettes. Les problèmes profonds de la vision ne peuvent qu’être corrigés que par des lunettes. Au Tchad, qui dit problème de correction dit problème des verres. Il y a les verres, les lentilles de contacts, la chirurgie rétractile qui entrent dans le traitement de ces pathologies d’ordre correctionnel
Pourquoi on n’a pas cet arsenal thérapeutique?
Mais ici au Tchad on n’a pas cet arsenal thérapeutique, on a que les lunettes correctrices mais qui peuvent également résoudre ce problème. Cependant, les lentilles de contact et la chirurgie rétractile ne sont pas pour le moment au niveau de service technique ophtalmologique tchadien. Alors il faut que la population consulte les ophtalmologues au moindre signe visuel pour recevoir conseils adaptés au port des lunettes correctrices.
Le traitement se fait seulement par le port de lunettes ou existe-t-il d’autres produits ?
Grosso modo, les lunettes correctrices sont recommandées pour le moment au Tchad comme instrument de traitements proposés pour le problème liés à la correction. Toutefois, il y aussi les verres correcteurs et la chirurgie refractile. En Europe et en occident, certaines personnes refusent les verres correcteurs. Ils voient un chirurgien refractile qui va leur proposer la chirurgie qui les corrige pour toujours. Les lentilles ne sont pas adaptées à nos climats avec un environnement poussiéreux et chaleur. Ce sont des conditions qui ne sont pas favorables au port de lentilles ici au Tchad. Ceux qui ont essayé ont eu des infections au niveau de corneille. Ce sont des patients qui ont un niveau intellectuel un peu élevé qui le porte et en font très attention à l’entretien. Nous conseillons plus l’utilisation des lunettes correctrices et accessibles à tout le monde.
Conseils à la population ?
D’abord, il y a beaucoup des idées reçues qui sont là. « J’ai reçu beaucoup de patients qui disent : Dr les lunettes on nous dit avec le temps ça détruit l’œil, créer une atrophie au niveau du globe. Il y a ceci et cela ». Ailleurs dans d’autres pays, mêmes les gens qui n’ont pas problèmes de correction, voient les ophtalmologues pour prendre de conseils pour mieux protéger leurs yeux. Aujourd’hui, tout le monde est planté devant les écrans : smart phones, tablettes, téléviseurs, ordinateurs. Ces appareils dégagent la lumière bleue très nocive pour l’œil. Ce sont là des raisons fondées pour se rendre chez un ophtalmologiste, rien que pour chercher des conseils sur l’acquisition des lunettes anti reflet. Les lunettes en général c’est très bien pour l’œil. Les bonnes lunettes n’ont que de bénéfices pour l’œil.
Combien de patients en moyenne recevez-vous par jour?
Je n’ai pas fait le cumul par mois ou par jour. Mais je suis à l’HGRN. On est trois ophtalmologistes et chacun a ses jours de consultation. J’ai deux jours de consultations dans une semaine et je limité à 15 patients. Je fais ça parce qu’au niveau diagnostic lors qu’on en fait trop, ce n’est pas rentable en termes de résultats. Il n’y a pas assez d’ophtalmologues au Tchad. Ce dernier temps, oculaire on a le devoir de sensibilisation. A chaque fois qu’on reçoit un patient, on prodigue des conseils sur des conduites à tenir. Cela porte de fruit, car un nombre assez important de personnes viennent se faire consulter. C’est encourageant. Il y a tellement de choses que les gens racontent sur les verres qui ne sont pas vraies. Les bonnes informations ne peuvent être trouvées qu’auprès des ophtalmologues.
Que vous inspirent les caravanes ophtalmologiques qui se font chaque année au Tchad ?
Ces caravanes sont organisées et pilotées par un programme au sein du ministère de la Santé Publique, appelé le Programme national de lutte contre la cécité. Il s’occupe de la politique de santé oculaire. Elles se font plus dans les zones périphériques et des provinces afin de traiter les démunis. Mais le PNLC peut solliciter à tout moment l’intervention des médecins ophtalmologistes.
Propos recueilli par Moyalbaye Nadjasna
Le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS) observe du 2 au 4 juin prochain, dans toutes les institutions de l’enseignement supérieur une grève d’avertissement pour multiples revendications. Reportage.
Arriérés de salaires, primes et indemnités, arriérés des heures supplémentaires de 2014, frais de vacation et de mission, frais du jury, paiement des titres de transport des années 2019 et 2021, dégel des effets financiers des avancements et titularisations, sont les points saillants des revendications égrainés par Dr Guirayo Jérémie, président du Bureau Exécutif (BE) national du Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS). D’après lui, c’est une situation qui concerne tous les agents du ministère de l’Enseignement supérieur.
Dr Guirayo Jérémie précise que, les points immédiats de leurs revendications concernent les arriérés, primes et indemnités des institutions supérieures provinciales. « L’université de N’Djamena a signé un contrat avec Commercial Bank Tchad (CBT). Chaque fin du mois, elle payera les primes et indemnités en termes déchus, mais dans les provinces, cela traine jusqu’à 2 à 3 mois. Et lorsqu’on revendique, on nous paye qu’un seul mois. C’est ce qui nous plonge dans des arriérés », dit le président national du SYNECS. Selon lui, la situation est devenue récurrente et les arriérés s’accumulent. Dans les provinces, les conditions de vie et de travail des enseignants chercheurs du supérieur sont vraiment lamentables, déplore-t-il. « A l’heure actuelle, toutes nos sections provinciales accusent 2 mois d’arriérés de salaire, de primes et indemnités, des arriérés des heures supplémentaires depuis 2014, de frais de vacation et de mission et les frais du jury. C’est ce qui nous a conduits à cette grève d’avertissement de 3 jours », lance-t-il.
Dr Guirayo Jérémie soutient que, le décret portant le minima horaire, c’est-à-dire le volume horaire qui doit être assuré par les enseignants chercheurs, par grade et qualité pose aussi problème. Le SYNECS conteste l’arrêté 325 en vigueur à l’époque. Il indique qu’une commission a été mise sur pied au niveau du ministère de tutelle afin de travailler sur un projet de décret qui devrait prendre en compte toutes leurs préoccupations. Ce projet de décret déclare-t-il, se trouvait depuis un an au Secrétariat général du gouvernement (SGG) et devrait déjà être envoyé à la présidence pour signature mais jusque-là rien.
Avec la nouvelle donne, dit-il, il faudrait que le SGG ou la présidence leur sorte ce projet de décret afin que le SYNECS le retravaille et qu’il soit signé pour leur permettre de résoudre certains problèmes qui minent l’enseignement supérieur tchadien. « Tous ces problèmes qui minent l’enseignement supérieur, nous voulons les résoudre à travers cette grève d’avertissement. Si le gouvernement essaye de résoudre normalement nos revendications, on peut rattraper les retards de cours et voir l’élasticité de l’année académique. De ce côté, il n’y a pas d’inquiétude », rassure Dr Guirayo Jérémie. Il souligne que par le passé, le SYNECS était toujours en contact avec le ministre de Finances et du Budget, mais ces derniers il semble plus chargé. « Suite à la grève d’avertissement qu’on a lancé hier, le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur cherche à nous rencontrer pour discuter avec lui des mesures de faisabilité de nos revendications. Cette rencontre aura lieu d’ici quelques heures », conclut-il.
Allarassem Djimrangar







