samedi 24 octobre 2026

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Le cadre d’Action et de Réflexion des jeunes ressortissants des églises membres de l’Entente des Églises et Missions Évangéliques au Tchad (CARJEEMET) est de cœur avec l’église Catholique qui s’est retirée du dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Le cadre exprime son mécontentement par rapport aux représentants de l’EMEET qui sont retournés au dialogue et donnent 48 heures à ces derniers de se retirer du DNIS. Reportage  

Le retour au DNIS des responsables de l’EMEET n’a pas plu aux jeunes de cette grande organisation des chrétiens protestants de notre pays. Ils considèrent ce retour sans aucune explication comme une trahison et donnent 48 heures aux concernés de quitter le DNIS. Pour le Secrétaire Exécutif des jeunes de l’EMEET, Ngaradé Ndolebé Viadal, l’EEMET a dépassé les limites. Selon lui, personne n’ignore ce qui se passe dans ce pays. Il y a beaucoup d’injustice et une partie des tchadiens les subissent au quotidien. « L’EEMET doit se mettre tout simplement à l’écart des assises du DNIS. Au cas contraire ils se feront entendre » souligne-t-il.

Le secrétaire exécutif des jeunes de l’EMEET précise qu’ils ne sont pas des opposants politiques, mais ils veulent juste que les choses se déroulent dans le respect. « Malgré une lettre adressée au Secrétaire Général d’EEMET lui rappelant son rôle. Quelques heures plus tard il a suspendu sa participation du DNIS », explique-t-il.  Et il ajoute, à leur grande surprise, l’EEMET réitère sa participation au DNIS après sa rencontre avec le PCMT.

Le cadre rejette en bloc les arguments avancés par les responsables de l’EMEET pour retourner au DNIS. Le CARJEEMET dénoncent également le manque de respect du porte-parole du Gouvernement et l’imposture du Ministre de la jeunesse qui utilisent à tort les saintes écritures pour insulter les chrétiens du Tchad. Les jeunes de l’organisation donnent un délai de 48 h à l’EEMET pour sauver son honneur en se retirant définitivement du DNIS. « Sinon nous jeunes chrétiens des églises membres d’EEMET nous nous verrons dans l’obligation d’entreprendre des actions pour nous faire entendre et seul les dirigeants de cette institution seront responsables de tous ce qui adviendra », insiste Ngaradé Ndolebé Viadal.

Djénom Josiane

Les débats sur la thématique 4, politiques publiques sectorielles se poursuivent au Palais de 15 janvier de N’Djamena capitale tchadienne. La commission 4 avec 13 sous-thématiques suscitent assez de discussions. Ce vendredi 23 septembre 2022, des questions telles que les détentions arbitraires, les relations extérieures, l’élevage et la bonne gouvernance aiguisent votre rédaction Ialtchad. Reportage !

Sur la question d’emprisonnement, un intervenant affirme que tous ceux qui vont en prison ne sont pas forcément des coupables. Il déclare que le cas de M. Gali N’gothé est révélateur. Il plaide pour ces arbitraires cessent. Selon ce répondant, les tortures dans les lieux de détentions constituent une violation au principe de la sacralisation de la vie humaine. « Les jeunes formés en administration pénitentiaire n’arrivent pas jusque-là à s’exercer. Ce sont les gardes nomades et les gendarmes en complicité avec les régisseurs qui s’accaparent de leurs fonctions. Ce sont des pratiques qui doivent cesser », dit-il. Le président du parti la Calebasse Saleh Kebzabo revient sur les questions relatives à la relation du Tchad avec la France qu’il estime les gens refuser de l’aborder conséquemment. Or dit-il, aucune question ne peut être considérée comme tabou à ces assises. Le leader de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) déclare que tout le monde est concerné par ce problème. Il signifie que le Tchad est un pays indépendant et il faut arrêter avec la démagogie politique sur cette question. Tout doit être traité ici et c’est le lieu indiqué insiste-t-il.

Un autre intervenant aborde le point sur l’élevage. Il renseigne qu’il se dégage 5000 milliards de FCFA en terme de capital bétail sur pied qu’il faut développer. Malheureusement remarque-t-il, les politiques publiques n’y arrivent pas. Pour preuve dit-il, l’institut de recherche en développement animal, ancien laboratoire de Farcha fabriquait avant 1979, 24 types de vaccin. Cela montre une portion congrue aujourd’hui de trois types de vaccins, soutient l’expert. Il démontre qu’il suffit un peu d’argent pour le remettre à niveau et fabriquer les types des vaccins qu’il faut au Tchad. L’intervenant assure que nous avons des engagements avec des organisations normatives telle que, l’organisation mondiale de la santé animale. « Au niveau de finances, on nous dit qu’il n’y a pas de nomenclature concernant la santé animale. A mon avis il faut vraiment le faire », exprime-t-il. Pour lui, les trois abattoirs à savoir : l’abattoir de Moundou, l’abattoir de Djermaya et le complexe laitier de Djermaya sont en souffrance. Selon lui, ce sont là des industries qu’on pouvait bien développer à travers le partenariat public-privé pour assurer la transformation de nos produits d’élevage. Autre chose, il faut matérialiser les couloirs de transhumance, termine-t-il. Sur la question de l’environnement, il parle du parc de Mandat qui est complètement occupé par les éleveurs et les braconniers. « Cela demande que des mesures énergiques soient prises pour conserver cette réserve de faune et flore », recommande-t-il.

Mahamat Saleh Moussa, s’exprime sur la bonne gouvernance. Il va falloir qu’il y ait une clause qui va mettra fin au clientélisme, au favoritisme et au népotisme, déclare Moussa. S’agissant des conditions de vie des tchadiens, il propose une politique publique de subvention des denrées alimentaires sur l’étendue du territoire national. Car, la population souffre du prix exorbitant des denrées sur les marchés affectant négativement le panier de la ménagère.

Moyalbaye Nadjasna

L’idée de rattacher la petite enfance au ministère de l’Education nationale et de la Promotion civique évoquée au cours de la plénière de ce vendredi, n’a pas fait l’unanimité. Le ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Amina Priscille Longoh s’est opposée à cette proposition et affirme qu’il n’est pas pertinent de rattacher la petite enfance à l’éducation nationale. Reportage

Au cours du débat en plénière sur la thématique 4 qui aborde les politiques sectorielles, la question de rattacher la petite Enfance, département du Ministère de la Femme, de la Famille et de la Petite enfance au Ministère de l’Education nationale et de la Promotion civique, n’a pas du tout plu à certains participants.

Mme le ministre Amina Priscille Longoh s’est aussi prononcée sur cette question, soulignant que la petite enfance ou la préscolaire est la période qui précède la scolarité obligatoire et c’est une période qui concerne les enfants de zéro à 6 ans. Selon elle, cette période est un moment d’éveil, d’affection socioaffective de l’enfant, un moment pour préparer l’enfant à commencer sa scolarité à partir du primaire. Elle rappelle que c’est depuis 1956 que le préscolaire est instauré au Tchad et il est rattaché au Ministère en charge de l’Enfance. Mais avec les débats en plénière du DNIS, la commission a souhaité que ce volet soit rattaché au Ministère en charge de l’éducation nationale. « Nous ne trouvons pas pertinent cette recommandation. Le Ministère de l’éducation a beaucoup de choses à faire et des défis à relever en ce qui concerne le système éducatif », rétorque Mme Amina Priscille Longoh. Elle soutient aussi que les enseignants du préscolaire sont des agents sociaux formés à l’école nationale de la Santé et des Assistants sociaux et ne sortent pas de l’Ecole normale. A ce propos elle s’interroge s’il faudrait redéployer le personnel du ministère de la femme au ministère de l’éducation pour s’occuper de la petite enfance. A cette interrogation, elle répond que c’est difficile. Elle affirme que son département a déjà vécu cette expérience lorsqu’on a rattaché le département de la solidarité nationale au ministère de la santé publique. Elle se désole qu’à chaque fois qu’il y’a des assises nationales, il faut dépouiller le ministère de la Femme de ses prérogatives. Mme le ministre dit que son ministère se bat pour devenir le ministère de Souveraineté. « C’est dommage qu’à chaque assise, les gens veulent le dépouiller de sa substance. Nous, nous opposons à cela et demandons simplement qu’on puisse accompagner le ministère dans ses initiatives et de renforcer son pouvoir d’action à travers une ligne budgétaire conséquente », ajoute-t-elle. Amina Priscille Longoh pense que le Ministère de l’éducation doit s’occuper de l’éducation et de l’enseignement fondamental, notant que le département a beaucoup de défis à relever avec environ 30.000 enseignants pour plus de 3 millions d’élèves.  

Jules Doukoundjé

Mercredi le 21 septembre, Liberté de la Presse

J’arrive au palais du 15 janvier encore en retard. 30 min de retard. Le présidium s’efforce d’être à l’heure. Mais les travaux ont commencé à 10h 15 min. Je prends la mauvaise habitude d’être en retard. Nouveau défi, il faut que je sois à l’heure demain jeudi, InchAllah. Ce Inchallah qui sert de point final à la plupart des Tchadiens me rappelle un ami malien qui dit que c’est l’argument béton pour les procrastinateurs. Il n’a pas tort…

Les interventions étaient houleuses. Il s’agit de finir avec la thématique Droits et libertés fondamentales. Je me suis inscrit la veille sur liste. Je me suis assis au même endroit, même chaise. À mes côtés mes amis et confrères.

10h 45 min. Le rapporteur Limane Mahamat fait sa fameuse synthèse. Il finit. Gali reprend le micro pour faire quelques remarques à la salle.

10h 50 min. La prise de parole reprend où elle a été abandonnée. Le rapporteur adjoint Armand Djékoltar commence. Monsieur X à vous la parole tandis que M. Y se prépare. Sa méthode me semble efficace, car elle t’annonce de te préparer, c’est toi le suivant, à toi de jouer.

11h 20 min. Le nom des intervenants dans la travée jaune est épuisé sans que je ne sois appelé pourtant je me suis inscrit en arrachant le micro et en criant mon nom. Il faut que je parle, il faut que je parle me suis-je dit. La synthèse de ma thématique ne me semble pas fidèle.

J’insiste pour m’inscrire une nouvelle fois, ça marche. J’entends mon nom. Je me suis préparé. Mon guide mémoire est dans mon téléphone. Je me lance sur la question de la liberté de presse et des rapports médias versus pouvoir public. Je rectifie quelques points mal libellés dans la synthèse, en rajoute d’autres. Mon temps de parole est épuisé. J’ai réussi à faire passer 6 points, sauf le 7e qui concerne les médias publics. J’étais fier de moi et mes amis…

13h 30 min. La pause.

16h. Les travaux reprennent.

17h 30 : Le rapport de la commission 3, Droits et libertés fondamentales est adopté. Distribution des documents du prochain thème.

Jeudi 22 septembre,

C’est le jour de la présentation de la thématique 4, politiques publiques sectorielles.

10h 10 min. Me voilà encore en retard, je file comme un forcené vers le palais du 15 janvier. J’ai eu le réflexe de syntoniser la radio. Les travaux ont commencé avec un petit retard de 5 min.

10h 15 min, j’entends le président du présidium Gali faire une mise au point. Il annonce le retour de certains partis politiques dans la salle. On cite leurs noms et leurs parti, je n’en connais aucun. Je lance a un ami du lycée, politicien devant l’Éternel « ce sont des illustres inconnus, ces gens ». Il en rit aux éclats.


Gali dit à la salle avoir essayé toutes les méthodes de prise de parole, sans arriver à des résultats concluants. Que faire? Un participant propose d’aller par sous-thème, il y en a 13.

10h 35 min. Je prends place à côté de mes amis…la discussion entre le présidium et les participants s’arrête.

Limane Mahamat, le rapporteur fait sa synthèse…

Le débat reprend avec la mise en garde de Gali « celui ou celle qui est hors sujet je lui coupe le micro ».

Avant la pause, le président Gali reprend la parole. Il veut rencontrer 5 membres de chaque groupe à la salle 400 pour un échange. Il gâte l’invitation d’une confrère et amie pour déjeuner en groupe en ville.

13h 30 min. Pause.

14h00. Salle 400. Gali et le présidium anticipent sur le thème Forme de l’État. Ce thème semble terroriser tout le monde avec la question du fédéralisme alors comment gérer les interventions? Chacun va de son commentaire. Je prends la parole et propose de garder la méthode de travée et de laisser les gens s’exprimer. Il y aura des divergences, mais c’est saint pour le dialogue. « Je ne comprends pas l’utilité de cette réunion »

L’ombre du thème Forme de l’État commence à mettre tout le monde sur les nerfs. Le journaliste en moi piaffe de voir arriver ce jour…

16h 00. Les travaux reprennent. Ils finissent avec M. Laoukhein Medard qui fait le "doktor" avec son antidote sur les morsures de scorpions du BET comme un avant-goût sur le thème de la forme de l’État. Fédéral ou unitaire? Le débat sur ce sujet est prometteur.

Bello Bakary Mana

Le président du présidium a été applaudi lors de sa désignation, mais aujourd'hui ce n'est pas le cas, certains le qualifient d'autoritaire, d'autres l'apprécient. L'équipe de ialTchad Presse a interrogé quelques participants ce 22 septembre 2022 qui livrent leurs impressions. Vox pop

Pr Ali Souleymane Daby « je pense qu’aucun être humain n'est parfait et M Gali accomplit bien sa mission. Les Tchadiens ne sont pas habitués à dialoguer et aussi quelques fois la plénière s'impose, mais il faut de l'autorité pour diriger de tels débats sinon l'anarchie va s'installer. Je trouve que c'est l'homme qui fallait ».

Dr Ramatou Houtoui « c'est vrai, il a été applaudi parce qu'il y avait des critères qui étaient définis comme l'objectivité, la neutralité, le bilinguisme et la hauteur de capacité de gérer une équipe. Je ne le connais pas de près, mais il répond. À cause de l'inclusivité et de représentativité et nous sommes nombreux, donc certains n'ont pas eu de la parole et cela crée la frustration. A mon avis, il faut la rigueur pour sortir des résolutions fortes qui répondent à la hauteur des attentes. Gali a une grande capacité d'écoute, d'observation et de la flexibilité pour abaisser les tensions, il faut de la patience et de la tolérance.

 Djimet Clément Bagaoua, « au début, nous avons cru que le choix était meilleur, mais à la dernière minute, ça nous surprend il devient dictateur puisqu'il y a trop de frustration et cela nous inquiète sur le reste des travaux de la plénière. Il faut laisser les gens s'exprimer pour que le contenu du dialogue soit cohérent et constant. »

Mme Zara Hamid, « nous avions applaudi pour sa désignation, mais pour le moment certains le qualifient d'autoritaire, de mon point de vue c'est normal, c'est pour mettre de l'ordre. Quelquefois il change des méthodes, moi je pense que c’est pour gérer ce beau monde, il faut de l'autorité ».

Ousmane Bello Daoudou

Les débats sur le rapport de la commission 4 sur la thématique « politiques publiques sectorielles » ont été suspendues pour reprendre demain vendredi 23 septembre 2022, au palais du 15-janvier de N’Djamena. Le Maire de Moundou chef-lieu de la province du Logone Occidental Laoukein Kouraleyo Médard a saisi l’occasion pour proposer des remèdes à la minute contre les piqûres des scorpions du désert. Reportage.

Gali Gatta N’gothé, président du présidium à la reprise des débats dans l’après-midi un peu vers 17 heures a donné la parole au maire de Moundou (sud du Tchad) Laoukein Médard. Le maire de Moundou est un homme politique, mais aussi un spécialiste en pharmacopée. Le soignant naturaliste demande la parole pour donner un remède contre les piqûres des scorpions. Il s’exprime : « Si j’ai voulu donner une recette en traitement minute contre les piqûres de scorpions dans la région du Borkou Ennedi Tibesti (BET), c’est parce que depuis qu’on est là, plusieurs voix se sont levées pour parler de plusieurs cas de morts dans cette localité », déclare-t-il.

Soyez prêts chers frères et sœurs du BET si vous avez quelque chose notez, dit-il. Selon Médard, il suffit de prendre un litre d’huile d’arachide et le verser dans un Koro. Après cela comme les scorpions sont nombreux là-bas, il faut les chasser conseil le maire de Moundou. « Pour un litre d’huile explique le naturaliste, il faut 12 scorpions. Vous les mettez dans le Koro contenant l’huile. Une fois emprisonner ces scorpions dans l’huile vous fermez le couvercle et vous gardez la tasse à côté. Le scorpion en se débattant pour sortir, va libérer le venin dans cette huile. Le lendemain matin, vous ouvrez votre tasse et vous prenez les cadavres des scorpions pour les jeter. Ensuite vous versez cette huile empoisonnée des venins des scorpions dans un flacon propre », explique Médard. Un litre peut être utilisé quatre (4) à cinq (5) ans. De l’avis de Médard, chaque fois que quelqu’un est piqué par un scorpion, qu’est-ce qu’il faut faire ?

D’après lui, il suffit d’utiliser une lame de rasoir sur la partie piquée. Ensuite, il faut tremper un morceau de tissu propre dans cette huile et tampon, frottez deux ou trois fois, assure le maire de Moundou. « Quelque seconde en moins de cinq minutes, la personne est guérie même si elle est devant son champ, elle va automatiquement reprendre sa houe pour labourer comme si de rien n’était. Telle est la recette qui est un traitement minute contre les scorpions du BET », conclut Médard sous une pluie d’applaudissement. Le président du présidium reprenant le micro, remercie de vive voix le maire de Moundou avant de signifier aux concitoyens des zones cibles d’en faire usage judicieux de la recette que leur propose Laoukein Médard.

Moyalbaye Nadjasna

 

Les participants au dialogue national inclusif et souverain (DNIS) ont abordé ce jeudi la thématique 4, chargée de traiter les politiques sectorielles. Cette thématique est subdivisée en 13 sous-commissions. Lors des débats en plénière, les délégués ont insisté sur le système éducatif qui est en lambeau et exigent qu’on restaure la bourse des étudiants. Reportage.

Le système éducatif tchadien est malade et cela inquiète les participants au DNIS. Au cours d’un débat en plénière sur la thématique 4 qui traite les politiques sectorielles, les délégués sont largement revenus sur le système éducatif qui est en lambeau selon plusieurs participants. Pour redonner sa lettre de noblesse, plusieurs propositions ont été faites.

Pour Dr Alfred Ramadji, enseignant chercheur à la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de N’Djamena, le problème de la bourse des étudiants est crucial. Selon lui, cette bourse a été supprimée, pas pour des raisons justes, mais c’est complètement du vol. Il estime que c’est une grave injustice qui a été faite aux étudiants. « Si nous voulons restaurer le Tchad, repartir sur de bonnes bases, il faut corriger cette injustice », plaide-t-il. Le chercheur a balayé à revers de la main les raisons avancées par les autorités publiques qui disent que le Tchad est le seul pays en Afrique centrale à donner la bourse aux étudiants. Il souligne que la suppression de la bourse des étudiants est une escroquerie.

Dr Alfred Ramadji évoque aussi la qualité de repas servis aux étudiants. A ce sujet, il affirme que ces derniers mangent comme des pourceaux. A son avis, une mafia a été montée autour de la restauration des étudiants. « On nourrit un étudiant avec 1500 frs par jour et on donne ce marché à des clients bien connus », dit-il.

Il révèle que l’État dépense 1 milliard 125 millions par mois pour le repas des étudiants, donc une prévision de 10 mois, donne 11 milliards 250 millions qui vont dans la poche des gens. Le chercheur plaide qu’on donne 25.000 frs à chaque étudiant par mois pour réparer cette injustice.

Pour Dr Youssouf Barkaï Maïdé, enseignant-chercheur et politico-militaire affirment que notre pays perd beaucoup d’argent en termes de fuite de capitaux liée à notre système éducatif. Il ajoute que beaucoup des jeunes tchadiens vont étudier au Cameroun et cela est un manque à gagner pour le Tchad. Selon lui, il y a actuellement plus de 50.000 étudiants tchadiens au Cameroun et cela fait perdre au trésor public environ 70 milliards de frs par an. Le chercheur exprime son indignation sur la situation de l’école tchadienne et surtout de l’enseignement supérieur qui vient de célébrer ses 50 ans d’existence, mais qui n’a ni une bibliothèque ni une école doctorale. Dr Youssouf Barkaï Maïdé suggère que l’argent investi par les étudiants au Cameroun soit réinvesti au Tchad et cela ne peut se faire que par une initiative du gouvernement à empêcher les étudiants tchadiens d’aller étudier à l’étranger.

Jules Doukoundjé

Les travaux de la plénière du dialogue national inclusif et souverain DNIS se poursuivent. Les débats sur la thématique 4 « politiques publique et sectorielle » viennent d’être repris ce 22 septembre 2022 au palais de 15-janvier de N’Djamena. Reportage.

Ce rapport soumis à la plénière renferme 824 recommandations. La synthèse du rapport compte 28 pages avec 13 sous-thèmes. Elle a été présentée par le rapporteur général de la commission 4 après le décor planté par M. Mbogo Ngabo Selly, président de cette commission. Les sous-thématiques sont, l’économie et la finance, le développement rural, Éducation nationale, communication et technologie de l’information et de la communication (TIC), mines, énergie et pétrole, hydraulique pastorale et rurale, développement durable, santé et affaire sociale, jeunesse, la culture et sport la fonction publique et la politique extérieure et la diaspora.

Suivant les débats, les répondants de quelques corporations certains ont relevé que le secteur éducatif est malade. Ils proposent que ce soit restauré le concours d’entrée en 6e et le Certificat d’Études primaire et élémentaire du Tchad (CEPET). Selon ces intervenants, ces examens permettent de faire un meilleur tri des élèves qui vont aborder l’école secondaire. D’autres interventions touchent le secteur aéronautique. En substance, Mme Safia Youssouf, ressort que la position géographique du Tchad constitue un atout dans ce secteur. L’aviation tchadienne n’existe pas donc il faut repenser ce secteur qui est d’ailleurs très porteur. Hassan Adoum Bakhit oriente son intervention sur la distribution de la richesse. Il signifie qu’il faut que la répartition des marchés publics soit transparente. L’intervenant insiste sur le fait que les appels d’offres et les marchés de gré à gré ne se font pas selon la procédure normale. Leur mauvaise répartition fait perdre l’État, dit-il.

M Kamkil, délégué de la Tandjilé, s’est exprimé sur le climat des affaires. Il estime qu’il faut assainir ce secteur. Selon lui le fait que les militaires soient visibles partout dans la ville fait peur aux investisseurs qui pensent que le Tchad est en guerre permanente. Il demande aussi que la présentation des malfrats à la presse cesse. Un investisseur qui voit ces choses se verrait être en insécurité. Le code général des impôts au Tchad est dur et n’encourage pas les investisseurs, en plus le manque de l’électricité. Il termine son intervention en relevant la question d’infrastructures routières. En ce moment, tous les tronçons qui relient nos provinces à la capitale sont dans des états de dégradations avancées, dit-il. Haroun Badaoui constate qu’aucune recommandation n’a été faite au sujet de firme pharmaceutique locale. Il propose que cela soit pris en compte. Pour Haroun Badaoui, si les médicaments sont produits localement, cela résoudrait le problème des médicaments de la rue. Adoum Manani relève la question de lq pauvreté des Tchadiens. Selon lui, il faut bien organiser les mécanismes des microcrédits. C’est une seule façon pour résoudre ce problème de pauvreté. Plusieurs pays ont expérimenté et les résultats sont encourageants dit-il. Un autre participant s’exprime sur le secteur tourisme et propose que le rocher Hadjar Alphile ou éléphant dans le Hadjar Lamis soit enregistré dans le patrimoine national pour booster le tourisme.

Au sujet de l’intégration des jeunes à la fonction publique, Ali Ahmat Birémé propose que la masse salariale de l’État soit assainie. Il recommande que les dettes intérieures soient aussi payées pour faire développer le secteur privé. Sinon on va tout droit au mur.

Moyalbaye Nadjasna

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