Les ex-travailleurs de TCC ont pris en otage ce matin Me Hisseine N’garo leur huissier en chef dans son cabinet sis au quartier Gardolé. Ils exigent de lui le paiement de leurs droits le plus vite possible. Et demandent en outre des éclaircissements sur le montant que leur huissier compte prélever en plus des 10% de ses honoraires.
Les ex-travailleurs, leurs veuves et les ayant droit ont envahi ce matin le cabinet de Me Hisseine N’garo. Ils dénoncent la lenteur dans le paiement de leurs droits sociaux et réclament le paiement le plus vite possible. Une grosse de plus de 10.000.000.000 a été versée depuis plus de 3 semaines déjà sur le compte de Me Hisseine N’garo. Mais le déclenchement de la paie tarde. Ce que les ex-travailleurs trouvent anormal. Ils demandent des explications. En plus de ce retard, s’ajoutent les frais que Me Hisseine N’garo envisage soutirer sur leur montant à percevoir par personne en plus de ses 10% qui lui revient de droit. Pour M’baito Pierre, c’est depuis plus de 3 semaines qu’Esso a débloqué l’argent pour envoyer dans le compte de Me Hisseine N’garo. Mais ce dernier ne fait que les rouler dans la farine par rapport à la paie. « Tout le monde était d’accord pour qu’il prélève 300.000f par personne. Ce qui équivaut au 10% de ses honoraires de travail. Au lieu de cela, il a encore prélevé 125.000f par personne. On ignore totalement pourquoi il compte prélever tout cela et ses arguments ne tiennent pas debout », affirme-t-il. Il indique également que les ex-agents de TCC ont travaillé pour permettre aux autres de rouler dans des voitures. Ils ont pris l’argent de notre sueur cela ne les suffit pas et veulent maintenant couper nos veines pour aspirer nos sangs, a-t-il ajouté. M’baïto Pierre accuse le ministre de la Justice d’être en complicité avec Me Hisseine N’garo.
Les ex-travailleurs se disent déterminés pour toucher leur argent aujourd’hui, sans cela ils ne bougent pas du cabinet de Me Hisseine N’garo. Leur coordonnateur Djédouboum Apollinaire est en pourparlers avec Me Hisseine N’garo. La base attend impatiemment.
Une cérémonie de présentation de pièce théâtrale intitulée « la marche du Tchad, de la colonisation à l'avènement de la Démocratie », a eu lieu ce 25 septembre au ministère des affaires étrangères. Elle a été organisée par l'Association d'Échanges Culturels Kadja-Kossi (AECKK), qui a vu la présence de plusieurs personnalités publiques notamment la ministre de la culture et de la promotion de la diversité Ndougonna Mbakassé Riradjim. Reportage.
Il est 14h passée, public et invités commencent à affluer dans la salle du ministère des affaires étrangères pour un spectacle préparé par l'AECKK à sa tête l'une de plus anciennes promotrice de la culture tchadienne, Mme Mayoumbila Mariam. La salle était à moitié remplie de monde quand la mise en place est terminée. Une scène théâtrale a été livrée aux spectateurs présents. Passionnément, la scène a évoqué la décolonisation du Tchad, les différents régimes qui se sont succédés au pays jusqu'à la mise en place du CMT. Plus d'une vingtaine d'artistes ont joué le rôle des différents personnages dans une production culturelle réussie. Une véritable scène d'enseignement de l'histoire post-coloniale du Tchad a été démontrée par les artistes.
Youssouf Azolo, spectateur non-voyant s’est exprimé à notre micro à la fin du show. Il confie qu'il est un historien de formation et ravie de ce spectacle qui leurs a été offert. « C'est l'histoire du Tchad qui a été retracée depuis la colonisation jusqu'à l'ère actuelle ». Il poursuit, « c'est le Tchad en miniature qui a été retracée. Nous devons nous en sentir fier et encourager pour que cela puisse être produit un peu partout au Tchad et bien au-delà », dit-il. Minganodji Carine, artiste comédienne, affirme que ce spectacle n'a pas été facile mais avec le force et le courage ils ont pu arriver le réaliser. Elle ajoute, « je suis très émue parce que grâce à ce spectacle j'ai eu à acquérir encore plus de connaissances sur le passé de notre pays et compléter ce qu'on nous a été enseigné sur le banc de l’école », a-t-elle expliqué.
Pour Mme Mayoumbila Mariam, c'est un grand rêve de pouvoir réaliser cette pièce théâtrale qu'elle a porté avec son regrettée mari. Elle souligne qu'en son mémoire que cette pièce a été jouée. Mme Mayoumbila relève qu'elle a monté cette œuvre avec son défunt mari mais elle a tenu grâce à son fils Djas, son unique enfant. Elle signale que c'est la somme des expériences vécues qu'elle veut transmette à la nouvelle et futur génération pour qu'elle puissent mieux cerner le passé, corrigé les erreurs au présent et bâtir un avenir à travers les imperfections et les erreurs, dit-elle. Mme Mayoumbila a rappelé aussi que la présentation du spectacle n'a reçu aucun financement public et plaide à ce que le gouvernement appui des telles initiatives. Ndougonna Mbakassé Riradjim, ministre de la culture et de la promotion culturelle a tenu à féliciter les artistes et Mme Mayoumbila Mariam. Elle a déclaré que la paix n'a pas de prix et il n'y a pas mieux que les artistes pour promouvoir la paix.
Abderamane Moussa Amadaye
Samedi 24, le matin.
La thématique politiques publiques sectorielles a pris fin pour céder la place à la patate chaude qu’est le thème : Forme de l’État.
9h 55 min. Je stationne mon tacot. J’ai tenu ma promesse d’être à l’heure. Je me précipite dans la salle, mais mes amis sont en retard. Je m’installe alors que le présidium est déjà face à l’assistance. Gali et son staff sont à l'heure.
10h 15 min. Gali démarre les travaux en affirmant que les jeunes du balcon se plaignent d’être ignorés. « Il y a un énorme désordre », dit-il. En rajoutant, il y a ceux qui quittent la grande salle pour aller au balcon, s’ils n’ont pas eu la parole ils redescendent et repartent dans la salle 400. Ils sautent de travée en travée. « Je rappelle un principe simple, tout le monde ne peut pas parler », dit-il.
10h 17 min. Petite synthèse de la veille par Limane Mahamat.
Les débats reprennent comme mercredi, tout le monde veut parler malgré les explications du président Gali.….
Samedi 24 septembre, début d’après-midi.
12h 45 min. Distribution de la synthèse de la thématique Forme de l’État, Constitution, Réformes institutionnelles et Processus électoral : la patate chaude. C’est la thématique la plus courue, la plus crainte, la plus imprévisible, la plus, plus, plus, plus.
Gali lève la séance en demandant à tous de lire la synthèse. Pause.
15h 30 min. Reprise des travaux. Le rapporteur de la commission présente leur rapport à la plénière. Il cite Albert Camus, joue de son éloquence, donne des leçons, mais dans les faits ne fait que lire un rapport qui me laisse dans la confusion.
16h 00. Gali reprend la parole et dit « je ne souhaite pas la division, la fragmentation de la salle. J’ai consulté le présidium, évoluons dans le consensus ». Il rajoute qu’il y a un besoin de clarification. Autrement ce rapport de synthèse n’est pas clair, pas tranché, ni tranchant sur un sujet aussi important. Un désaveu voilé de la synthèse qui vient d’être présenté.
16h 35 min. Le rapporteur général Limane Mahamat mystifie la salle dans un exposé où il plaide le maintien du consensus, explique c’est quoi le consensus, demande la cohérence, explique c’est quoi la cohérence. Et lâche, « il faut tenir compte des tous les paramètres ». Silence pesant dans la salle. La thématique fait peur. À qui? À tout le monde. La crainte de la déchirure plane sur les assises. Les participants viennent de le comprendre. Il y aura la création des commissions Adhoc. Une sur les accords de Doha, une autre sur la charte de transition et les organes de transition, une sur l’éligibilité ou la non-éligibilité des membres du Conseil militaire de transition (CMT), etc.
16h 55 min. Gali reprend la parole et assène sa phrase fétiche, « un bon dialogue conduit à une bonne transition qui conduit à des bonnes élections ». La liste nominative est lue. Ils sont 19 membres dans la commission Adhoc 1.
17h 00. Les assises sont suspendues jusqu’à mercredi 9h 00. Il faut laisser la commission Adhoc 1 travailler. 5 membres de chaque corporation ou groupe sont invités dans la salle 400 pour consultation.
17h 15 min. Salle 400. Le rapporteur général adjoint demande à la technique de couper le son hors salle. C’est donc un huis clos. Le président du présidium Gali prend la parole pour presque s’excuser auprès des 19 désignés, « beaucoup sont désignés sans leur accord à cause de la qualité de chaque homme et de chaque femme. Alors pourquoi cette réunion? Parce que le vrai dialogue commence. À partir de lundi les choses sérieuses commencent », dit-il le visage grave. Il dit ne pas vouloir assister à la déchirure des Tchadiens. Il martèle qu’il s’est engagé en politique active à l’âge de 18 ans. « Je ne veux pas de la violence dans la salle, s’il y a violence alors le dialogue est un échec. Et moi je pars ».
17h 20 min. Le 1er vice-président Abdelrahim Biremé intervient en Français et en arabe.
17h 25 min. Gali veut donner la parole à la salle travée par travée. Une voix jaillit de l’assistance, « non, c’est une communication. Pas un débat ». La salle acquiesce. Gali esquisse un large sourire et lève la séance. Les jours prochains seront déterminants.
Bello Bakary Mana
Au cours de la plénière de ce samedi 24 septembre 2022, la plénière s'est penché sur les questions des infrastructures et particulièrement la dégradation des voies routières. Les participants ont évoqué le problème d'inaccessibilité aux structures sanitaires, les recettes des postes de péage, etc. Reportage.
Avant d'être adoptée, la thématique 4 sur les politiques publiques sectorielles, la question de la dégradation des états des routes a été abordée par les participants. Pour Dr Alhadj Hamid Zagolo, les problèmes des infrastructures ont été soulevés par l'ensemble des participants. C'est un problème qui tient à cœur tous les participants au dialogue national inclusif et souverain. Pour lui il est clairement dit qu'on ne peut plus parler des développements sans les infrastructures. Ils déplorent les états des routes actuelles. Il recommande fortement le bitumage de certaines routes surtout les principaux axes : N'Djamena-Mongo-Abéché-Adré, Ngoura-Amdjamena bilala-Ati.
Dans le même ordre d’idées pour Gnabaye Claude Ignera, la route est un levier qui permet de lutter contre la pauvreté, mais au Tchad le déploiement d'un point à un autre cause sérieusement de problème. Pourtant nous avons les recettes de poste de péage qui ne sert à rien. Qui part dans les poches des individus. Il suggère un état de lieux sur la collecte de ces fonds.
Mme Hourra Dadi, elle, soutient que l'état de nos routes surtout dans le B.E.T, la route est très dégradée. Les femmes en travail meurent en cour de chemin à cause de l'inaccessibilité des structures sanitaires. Voyager sur Faya est un parcours de combattant. Elle plaide pour des résolutions fortes dans ce secteur.
Nadjitelsem Reoudingam a axé son intervention sur la dégradation des infrastructures routières. Pour lui, les responsables attendent la saison de pluie pour soi-disant réparer les parties endommagées. Nous déplorons la gestion de nos services de nos infrastructures.
Ousmane Bello Daoudou
À moins d’une semaine de la fin du dialogue national inclusif et souverain(DNIS) qui devrait prendre fin le 30 septembre prochain, beaucoup de participants regrettent que le dialogue perde son caractère inclusif et souverain. Ils reprochent au président du présidium qui devrait organiser les plénières de manière transparente d’être sélectif et de prendre parti. Ils craignent que ce dialogue ne devienne finalement qu’un non-évènement. Reportage.
Lancé le 20 août dernier, le dialogue national inclusif et souverain (DNIS) est à moins d’une semaine de la fin prévue pour le 30 septembre prochain, beaucoup de participants restent sur leur soif. Certains craignent que ce dialogue ne devienne un non-évènement et que certains partis politiques et leaders de la société civile qui l’ont boycotté aient raison.
Pour Djividi Boukar Dibeing, président national du parti Démocratique et Socialiste (PDS), pour les débats aux plénières, le président du présidium Gali Nghoté Gatta est un dictateur et c’est regrettable. Selon lui, le président du présidium donne la parole de manière sélective. L’opposant et candidat malheureux à la présidentielle passé, souligne qu’avant le dialogue, on invitait les gens à venir s’exprimer et c’était la condition. Mais il ajoute que tel que les choses se déroulent, ceux qui ont désisté, ont raison. « Je suis un ancien candidat malheureux aux élections et Gali me refuse la parole, vous pensez que c’est sérieux et c’est encore au dialogue », s’interroge le président national du PDS. Il affirme que le dialogue est d’abord politique et on devrait plus accorder la parole aux hommes politiques. Djividi Boukar Dibeing craint que devient un échec. L’opposant dit regretter de participer au DNIS et soutient qu’il est venu au dialogue pour apporter sa contribution, mais le président du présidium refuse de lui accorder la parole.
Dans le même registre, Mahamat Nour Ahmat Ibédou, président de la commission nationale des droits de l’homme (CNDH), souligne que les démarches entreprises et la manière avec laquelle les gens font le passage en force depuis qu’on a commencé avec le dialogue ne sont de nature à donner de la crédibilité au dialogue. Pour le leader des droits humains, la mise en place du présidium et du règlement intérieur et le président des sous-commissions ont été effectués par la force. « Il y a des gens qui sont là qui sont prédestinés à être dans le présidium. Ça semble être un complot pour faire passer les choses et c’est désagréable », souligne Mahamat Nour Ibédou. Selon lui, ce dialogue ne satisfait pas entièrement les participants parce qu’il n’est pas inclusif, la preuve il y a des gens qui n’ont pas assistés. Il évoque les passages en force qui ne sont pas de nature à donner une crédibilité à ce dialogue. Le président de la CNDH ajoute aussi que certaines thématiques, les conclusions ont été vissées parce qu’on n’a pas pris en compte certaines propositions pertinentes.
Jules Doukoundjé
Les travaux de la plénière sur la thématique 4 ne sont pas toujours clos ici à N’Djamena capitale tchadienne. Ce 24 septembre 2022, la parole a été donnée au président de la commission 4 Mbogo Ngabo Selly et au rapporteur général Limane Mahamat pour faire une évaluation des amendements et proposition de recommandations depuis l’ouverture des débats sur cette thématique. Reportage.
Pour rafraîchir les mémoires des participants à la plénière, le président du présidium Gali N’gothé Gatta recommande ce matin le résumé des travaux déjà abordés. L’ex-ministre tchadien des Finances Mbogo Ngabo Selly intervient en premier en tant que président de la commission 4. Il récapitule quelques importantes recommandations en 25 points. L’essentiel de ces recommandations dit que les politiques publiques doivent satisfaire les besoins basiques de la population, combattre l’injustice sous toute forme, inventorier les textes législatifs adoptés et ceux en cours et les adapter aux besoins du peuple, assurer la justice publique tout en évitant la situation de monopole, transférer les compétences, informer les acteurs sur toutes les actions publiques afin de leur permettre d’en faire un contrôle citoyen.
Il poursuit en relevant l’inclusivité et le développement durable, la culture de performance, le code de transparence, la modernisation et la digitalisation de système statistique, valoriser le capital humain, refonder le système éducatif et promouvoir la culture de l’excellence, assurer le quota des jeunes dans les fonctions électives et nominatives. Mbogo Ngabo Selly, affirme aussi qu’il faut restaurer l’autorité publique de l’État, assurer la continuité et la permanence de l’État, payer les dettes intérieures et rapatrier les fonds placés dans les paradis fiscaux, soutenir les incubateurs, valoriser les ressources minières, assainir le climat des affaires, diversifier l’économie nationale, tirer de profit dans le partenariat public-privé, faire une répartition équitable des richesses du pays, valoriser l’expertise des forces de défense et de la sécurité, faire de TIC un outil de développement, valoriser la diaspora et promouvoir une diplomatie économique de développement.
Le président du présidium Gali N’gothé Gatta donne ensuite la parole à Limane Mahamat, rapporteur général. Il soutient que la thématique 4 qui regroupe 231 participants a examiné 32 secteurs sans complaisance en sous-plénière les 7 et 13 septembre 2022. Ce qui lui a permis de produire un rapport de 96 pages avec 824 recommandations. En général, Limane déclare qu’il se dégage un constat amer d’une absence de politique harmonieuse et toutes les formes d’injustice. Laquelle injustice qui a affecté les ressources matérielles et financières. Il ressort quelques principes allant de la transparence dans la responsabilité politique sectorielle, les moyens d’action, l’efficacité des services publics, la capacité de répondre aux besoins publics, l’attitude de valeurs dans la solidarité et la tolérance, l’obligation de rendre compte de ses actes tout en respectant les droits et libertés fondamentales. Les contributions relèvent la gestion irrationnelle des politiques publiques depuis 1993 à nos jours, la généralisation du phénomène de la corruption affectant la mise en œuvre des politiques sociales. La mauvaise répartition des services sociaux de base notamment, l’éducation, la santé et l’énergie. Cela affecte aussi les qualités des infrastructures publiques. Bref, dit-il, il faut corriger les insuffisances de la plénière. Après quelques observations et recommandations complémentaires ce matin, la synthèse du rapport de la thématique 4, politiques publiques et sectorielles est adoptée par consensus par les participants.
Moyalbaye Nadjasna
Dans l’après-midi, suite aux débats sur les politiques sectorielles thématique 4 ce 23 septembre au palais de 15-janvier de N’Djamena, l’écrivain et promoteur culturel, Nocky Djedanoum plaide pour que les objets d’art du Tchad qui se trouvent dans les musées en France soient restitués. Mariam Mayoubillah demande qu’on reconnaisse au ministère de la culture un statut particulier. Reportage !
L’écrivain et promoteur culturel Nocky Djedanoum en prenant la parole ce 23 septembre en plénière du dialogue national inclusif et souverain (DNIS) renseigne que sur au moins 92 000 œuvres d’art africains au musée de Paris en France, le Tchad en compte plus de 9200. Ce qui place notre pays en première position par rapport à tous les pays d’Afrique, souligne l’écrivain. D’après Nocky, cela fait plus d’un siècle que ces œuvres sont à Paris. « L’enjeu n’est pas seulement identitaire mais aussi économique. Ce que la France a gagné en plus d’un siècle rien qu'à travers les visiteurs dans ses musées, se chiffre en milliards. Je demande qu’il y ait une recommandation et un groupe de travail pluridisciplinaire qui va regrouper, les professionnels du musées, les parlementaires », évoque-t-il. Pour que ces œuvres quittent la France, il faut que le Tchad vote la loi qui va obliger la France à restituer ces œuvres, a signifié le promoteur culturel. Il informe que certains pays à l’exemple du Sénégal et le Benin ont réussi déjà à le faire. Il ne reste que le Tchad dit-il. « Aussi, ce qu’il faut faire c’est de reconquérir notre statut de berceau de l’humanité. Nous disons Tchad pays de droit qu’est-ce que cela veut dire ? Je souhaite à ce que nous sollicitions les Nations Unies et l’Unesco afin que le Tchad ait le statut spécial de berceau de l’humanité », déclare Nocky. Nous devons nous rendre à l’évidence que nous sommes à l’origine du monde, révèle l’écrivain tchadien. Il précise que le premier homme est parti de la terre Djourab et il faut le rappeler tout le temps. « Il y a quelques jours j’ai écrit une lettre ouverte à la directrice de l’Unesco pour lui demander que par rapport à la paix et la cohésion sociale, il faut nous donner un statut spécial », argue-t-il.
Mariam Manyoubillah, la promotrice de la troupe théâtrale Kadja Kossi prend aussi la parole. Elle déclare que l’artiste est à la base de la cohésion sociale, la paix et la réconciliation. Il faut valoriser les œuvres d’arts et faire en sorte que, les artistes tchadiens retrouvent réellement leur identité explique-t-elle. L’artiste recommande qu’on fasse du ministère de la culture un ministère prioritaire comme les autres en lui reconnaissant un statut particulier. Mariam Manyoubillah signifie qu’investir dans l’art et la culture a beaucoup d’enjeux économiques pour le pays. La culture détermine l’originalité d’un peuple. Il faut cesser de reléguer l’art et la culture au dernier rang, conclut la défenseure du monde des arts tchadiens.
Moyalbaye Nadjasna
Les débats sur la thématique 4 se poursuivent ce vendredi. Les participants sont revenus longuement sur le climat des affaires à la plénière au palais de 15 janvier dans le 5e arrondissement de la ville de N’Djamena. Reportage.
Au cours de la plénière de ce matin 23 septembre, les participants ont longuement abordé la thématique 4 concernant les politiques publiques et sectorielles. Pour Abakar Babani, qui a axé son intervention sur l'administration financière, pense que pour qu'il y ait développement, il faut développer les activités commerciales. « Aujourd'hui au Tchad, si vous vous rendez compte les investisseurs ne viennent pas investir. Pourquoi cela ? C'est parce que les taxes sont très élevées », soutient-il. Pour étayer ses propos, il a pris l’exemple des taxes à valeur ajoutée qui sont à 18% qu’il faut rabaisser à 12%. Pour les bourses des sociétés qui sont à 35%, il suggère qu’on les diminue à 25%. Dans ses explications M. Banani propose qu’il faut rajouter pour permettre la diversité de l'économie pour attirer les bailleurs étrangers.
Dans la même logique, Mme Dénédjiguim Mariam affirme que le développement d'un pays passe nécessairement par l'économie et l'entrepreneuriat. Selon elle, les ressources ne manquent pas, mais il manque un esprit initiatique, l'argent prend une autre direction. Pour elle, L'économie tchadienne est très malade, il faut la guérir.
Abdelkerim Souleymane, un autre intervenant propose lui aussi qu’on mette sur place des stratégies pour sauver notre économie. Pour ce dernier, le secteur de l'économie est négligé. Il se plaint aussi de la lenteur administrative qui handicape les hommes d’affaires.
Ousmane Bello Daoudou







