L’association des étudiants de la faculté des sciences de la santé humaine a lancé ce lundi 08 décembre une grève de 3 jours jusqu’au 10 décembre. Objectif : réclamer 18 mois d’arriérés de bourse impayés pour les années académiques 2023-2024 et 2024-2025. Selon les étudiants plusieurs démarches ont été menées au ministère de l’Enseignement Supérieur et à la direction du Centre national des œuvres universitaires CNOU qui n’ont rien donné. Reportage
Portail fermé, une cour vide, des amphithéâtres déserts. C’est ce qui saute aux yeux dès que l’on entre à la faculté des Sciences de la santé humaines. La majorité des étudiants est restée à la maison eux mais quelques-uns là comme pour monter la garde. Ils sont assis, ils bavardent entre amis.
Selon eux, c’est près de 2 ans d’attentes sans bourse, « nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure », dit l’un d’eux. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le doublement des frais d’inscriptions qui passe de 28 000 à 50 000 F CFA.
Ahmat Bichara est étudiant en troisième année, depuis son entrée à l’université j, il a perçu une fois la bourse de six mois. Pour lui, l’État a décidé de tourner le dos à la faculté de la santé humaine, « comment comprendre que la bourse n’est pas perçue depuis ce temps, mais le ministère augmente les frais d’inscriptions sans motif et sans leur consentement des étudiants », dit-il. A son avis, le ministère a utilisé la technique de diviser pour mieux régner en intimidant les étudiants admis nouvellement en première année en soutenant que leurs noms sont écrits en crayon donc ils peuvent facilement être effacés. « Le temps que le bureau de l’association convoque une rencontre pour statuer sur l’augmentation des frais de scolarité, ils se sont rendu compte que les étudiants nouveaux sont passés outre pour payer les 50 000. Nous sommes donc obligés de les suivre. Le CNOU doit nous verser nos arriérés également » peste M. Bichara.
Pour le chargé de bourse de l’association, M. Ibet Mahamat Taboye, les autorités sont de mauvaise foi. Sinon, comment comprendre que des démarches ont été menées auprès de la direction du CNOU, du ministère sans résultat. Le CNOU dit avoir proposé de verser 3 mois de bourse, mais les étudiants ont refusé.
L’association a donné un préavis de 6 jours aux autorités administratives. Et ce depuis le 2 décembre. Pour le chargé de bourse, les 3 mois de bourse proposés par le CNOU ne peuvent pas résoudre les besoins des étudiants, « parce que certains étudiants partent en stage, d’autres sont dans des locataires et se déplacent aussi », disent-ils.
Ce qui mit le feu aux poudres, c’est une note du ministère informant les étudiants qu’ils vont désormais payer 50.000 de frais d’inscription au lieu de 28.000. Cette décision est à l’origine de la grève d’avertissement de 3 jours. « Si dans 3 jours, la situation n’est toujours pas décantée, l’association va lancer une grève sèche et illimitée jusqu’à satisfaction totale. Que les autorités prennent la situation en main pour verser la bourse parce que les étudiants n’ont pas d’autres sources de revenus », a affirmé M. Taboye.
Rappelons que c’est durant les 16 mesures prises par le gouvernement en 2016 que les bourses ont été supprimées. Sauf les écoles comme l’école nationale d’administration (ENA) et les universités comme la Faculté des sciences de la santé humaine où les étudiants sont admis par concours qui ont droit à une bourse de 30 000 par mois.
Mireille Kouladoum Modestine
« Novembre bleu » est un mois dédié à la lutte contre le cancer de la prostate. L’association Mba Madji Leci (pour notre bien-être) a organisé une marche bleue hier samedi 06 décembre dans la commune du 9ème arrondissement. Reportage.
Le point de départ de la marche va de la mairie du 9ème jusqu’à N’Gueli. Le député du 9ème arrondissement, l’exécutif communal ainsi les présidents des organisations étaient présents.
Habillé en tenue de sport avec des écharpes sur lesquels étaient écrit « lutte contre le cancer de prostate ». Des jeunes filles, des jeunes garçons, des personnes âgées ont répondu à l’appel à la marche bleue pour stopper le cancer de prostate qui tue en silence. Ils ont parcouru presque 10 km à pieds en chantant. Arrivé à destination, ils ont fait presqu'une heure d'étirement question d'être en forme.
La présidente de l'association Mba Madji Leci Mme Raïssa Mamadjibeye a pris la parole pour expliquer le contexte dans lequel cette marche a été organisée. L’association, dit-elle veut atteindre les objectifs qui vise à promouvoir le sport, un moyen efficace de lutte contre le cancer et beaucoup d’autres maladies. Elle soutient que les membres de l’association veulent aussi inculquer la culture de la marche aux personnes pour les prévenir du cancer de la prostate. Mais aussi pour lever l’équivoque sur le cancer de prostate. « Nous savons tous que la santé de reproduction précisément l’appareil génital masculin est considéré comme un tabou dans le milieu tchadien. A travers cette marche bleue, j'appelle les hommes qui ont plus de 50 ans à se rapprocher des professionnels de la santé pour se faire dépister le plus vite possible », dit-elle.
Le secrétaire de séance de la commune du 9ème arrondissement M. Lansana Rouské loue l'initiative. Il invite les hommes à se faire dépister, « le cancer de prostate est un mal qui fait très mal ».
Pour lui, « novembre bleu » est une activité annuelle qui se déroule tous les mois de novembre. Il demande aux jeunes de se rapprocher des hommes de plus de 40 ans pour les sensibiliser au cancer de la prostate, sur ses symptômes pour qu’ils soient avisés, « beaucoup ignorent cette maladie ». Il demande aux chefs de carré, de quartiers et les jeunes de faire les sensibilisations de proximité pour toucher un nombre important de personnes.
Dr Doumgo Monna Doni Nelson, médecin généraliste explique les facteurs de risque, les symptômes, et les moyens de prévention. Selon lui, beaucoup de personnes par ignorance pensent que la prostate est en elle-même une maladie. « L’homme a naturellement une prostate. C'est avec l’âge que le volume de la prostate augmente. Les facteurs qui favorisent la maladie sont liés aux modes de vie: la sédentarisation, la consommation de l’alcool, du tabac, de la viande rouge et grillée. Il conseille la consommation des fruits et légumes. Les symptômes se caractérisent par l’envi constant d’uriner et la douleur qui va avec. « Pour prévenir le cancer de la prostate, il faut se faire dépister de manière précoce. Plusieurs personnes sont sensibles au toucher rectal mais il faut le faire. C’est le moyen le plus efficace, le plus facile et le plus accessible.
Les organisateurs de la marche demandent aux participants d’être des ambassadeurs de lutte contre le cancer de la prostate.
Selon l’association, il n’existe nulle part au Tchad un plateau technique pour la prise en charge de ce cancer. Tous les spécialistes s’accordent pour dire que le cancer de la prostate détecté à temps peut être guéri à 100%. Cette marche bleue vient clôturer les activités de novembre bleu dédié à la lutte contre le cancer de prostate.
Mireille Kouladoum Modestine
Lors d’un point de presse tenu hier vendredi, l’association Féminine Tchadienne Ronel Culture a annoncé les préparatifs de la foire de la Noël et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), nommé le « Village du Père Noël et de la CAN ». Il se tiendra du 12 décembre 2025 au 18 janvier 2026,
Au programme : un espace de jeux pour enfants, un village dédié à la projection des matchs de la CAN, des plateformes d’exposition. Cette initiative a pour objectif d’apporter de l’aide et du réconfort aux orphelins, aux démunis, aux personnes nécessiteuses et aux enfants en situation de rue.
Selon la présidente de l’association, Mme Mandedje Laotol Sylvie, ce village mettra en lumière la force, la créativité et la détermination des femmes entrepreneures, moteurs d’une économie résiliente et innovante. « En cette période de fin d’année, l’association souhaite créer un espace d’échange et de valorisation de talents ». Elle lance un appel à la générosité du public pour venir à la rencontre de ces femmes courageuses. « Derrière chaque stand, il y a une histoire. Ces femmes ne sont pas seulement cheffes d’entreprise, elles sont des modèles, des architectes du changement et des sources d’inspiration pour la prochaine génération », affirme-t-elle.
« Chères exposantes, le succès de cette foire vous appartient. Chers visiteurs, votre générosité fera la différence. Ouvrez vos cœurs et vos porte-monnaie. Plongez dans l’ambiance de Noël et de la CAN, et venez soutenir nos entrepreneures. Que ces jours soient remplis de belles affaires, de rencontres enrichissantes, de joie contagieuse et d’actes de générosité inoubliables », exhorte Mme Mandedje Laotol Sylvie.
L’atmosphère se charge déjà de la magie des fêtes, de la ferveur du football et de l’énergie de l’entrepreneuriat. Au-delà des lumières et des animations, le véritable esprit du « Village du Père Noël et de la CAN » est sa mission solidaire. « Noël est une période de partage, et nous avons tous la responsabilité de tendre la main », conclut la présidente.
NDM
Le pont de la refondation a été inauguré le lundi 1er décembre dernier après quelques années de travaux. Reportage.
Selon les usagers rencontrés sur place, son ouverture est un grand soulagement pour tous. Surtout pour les populations qui vivent de l’autre côté du fleuve Chari. « Les interminables embouteillages de tous les jours sur le pont à double voies n’est qu’un mauvais souvenir », dit un usager.
Le plus grand pont du pays est construit non pas seulement pour relier N'Gueli, Walia, Toukra dans la commune du 9ème arrondissement, aux quartiers du centre de la capitale tel que Chagoua, Moursal, Dembé, dans le 7eme arrondissement, mais surtout pour désengorger l’autre pont plus au sud communément appelé pont à 2 voies. Le pont de la Refondation compte lui 6 voies. Selon les autorités publiques, il répond à un besoin pressant d’amélioration de la circulation dans la capitale. Sa mise en service permet de rendre fluide les déplacements quotidiens tout en désengorgeant les axes saturés et rendre accessible les deux zones en pleine croissance démographique.
Toujours selon les responsables des infrastructures et du transport, au-delà de son rôle de franchissement du fleuve, l’infrastructure a un impact économique immédiat. Son inauguration ce jour 1er décembre a été très bien accueilli par les premiers bénéficiaires que sont les habitants des quartiers Walia, Toukra, N’Gueli et même celles de la ville voisine du Cameroun, Kousseri.
Tout le monde s’accorde pour dire que c’est une infrastructure importante pour le développement urbain et le commerce frontalier entre le Cameroun et le Tchad.
Pour les usagers, la grande voie bitumée et électrifié, l'ouverture du pont de la refondation a également des avantages. Il réduit le temps de trajet, contribue à alléger la pression du temps sur les ménages et va améliorer la qualité de vie.
Toutefois les moto-taxis appelés « clandoman » y voient inconvénients, leur chiffre d'affaires a baissé d’un coup. « Pas de sollicitation de nos services comme avant. Avec seulement 150f, le client peut se rendre au marché de Dembé à bord d'un minibus de transport en commun », dit un clandoman.
Autre inconvénient, ce sont les accès. Les usagers sont obligés de contourner jusqu'au rondpoint pour prendre un virage à cause des ouvertures qui manquent à la grande voie bitumée qui relie le pont aux quartiers du 9ème arrondissement.
Le pont de la Refondation est construit grâce au financement de l'État tchadien, il s’impose comme un levier de développement et de modernisation de la capitale. Sa construction illustre l’importance des investissements publics dans des infrastructures durables, capables de transformer la ville et d’offrir de nouvelles perspectives à ses habitants. Il est long de 320 mètres. Il est doté de 6 voies de circulation ainsi que de deux trottoirs pour piétons. De plus, il a 2,5km de voie bitumée. Dans un communiqué publié au lendemain de son inauguration, la commune de la ville de N'Djamena a décidé d’interdire le passage des véhicules gros porteurs de plus de 7 tonnes pour des raisons de sécurité, de fluidité et de préservation de l’infrastructure.
Mireille Kouladoum Modestine
Le Maire de la Ville de N’Djamena M. SENOUSSI HASSANA ABDOULAYE et le Directeur Général Adjoint des Douanes NELDJI ISMAEL KONDOL se sont rendus au port sec de N’Guéli pour constater l’achalandage de la circulation provoqué par l’accumulation inhabituelle de camions transportant des marchandises.
Sur place, les deux responsables ont observé un afflux exceptionnel des camions poids lourds qui obstruent les voies d’accès et perturbe le trafic routier dans la zone.
Une situation qui s’explique selon les autorités par plusieurs facteurs : les perturbations récentes de la chaîne logistique consécutives à l'élection présidentielle au Cameroun, ainsi que la reprise progressive du trafic avec le Nigeria, après la fin de la saison des pluies.
M. NELDJI ISMAEL KONDOL a fait savoir aux responsables des Syndicats des Commissionnaires Agréés Douanes que la Direction Générale a instruit ses services de travailler en rythme intensifié, y compris les samedis, afin d'accélérer les opérations de dédouanement pour désengorger le site. L’objectif est de fluidifier rapidement la circulation, de garantir la sécurité des usagers et d’assurer la continuité des échanges commerciaux.
M. SENOUSSI HASSANA ABDOULAYE a, lui, annoncé des mesures pour, dit-il, restaurer la fluidité urbaine, « les services municipaux procéderons à un déguerpissement des occupations anarchique des voies publiques dans le secteur de Nguéli et ses alentours ».
La Mairie et les Douanes affirment collaborer étroitement pour rétablir un trafic normal et en veillant à ce que le port sec de N’Guéli conserve son rôle de plateforme logistique majeure au service des opérateurs économiques et du commerce extérieur du pays.
Le Directeur général des Douanes et Droits indirects M. Ousman Brahim DJOUMA et le Directeur général du Conseil des Chargeurs Tchadiens (COC Tchad) M. Hamid DJOUMINO ont signé vendredi 05 décembre dernier un protocole d’accord. Objectif : améliorer la compétitivité des chaînes logistiques desservant le Tchad.
Ce partenariat disent les deux directeurs généraux est une étape décisive dans la coopération entre les deux institutions. Une coopération qui vise en priorité la sécurisation du commerce extérieur, la simplification et l’harmonisation des procédures, la modernisation des outils d’information ainsi que le renforcement de la transparence sur les corridors logistiques.
M. Ousman Brahim DJOUMA a salué l'initiative qui selon lui, vient sceller une collaboration fructueuse qui permettra de fluidifier les opérations de dédouanements des marchandises, gage d'une mobilisation optimale et sécurisation des recettes.
Cet accord est qualifié d'historique par le Directeur général du COC Tchad pour rendre fluide les activités des transporteurs.
Pour les deux responsables ce partenariat est un levier majeur pour renforcer le commerce extérieur, réduire les coûts, les délais logistiques, et améliorer l’environnement des affaires au Tchad.
Hier 1er décembre a été marqué par la journée de la liberté et de la démocratie au Tchad, particulièrement dans la capitale, N’Djamena. Une cérémonie de prise d’armes s’est déroulée le matin à la Place de la Nation. C’est depuis 4 ans que cette journée n’a pas été célébrée avec autant d’ardeur. Reportage.
Le président de la République, le Premier ministre, les ministres, les présidents des grandes institutions et le corps militaire étaient présents à cette cérémonie ce lundi férié, chômé et payé.
Le moment fort de ce 35e anniversaire, célébré en grande pompe, à été le défilé militaire. Après le dépôt des gerbes de fleur par le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno au monument des martyrs, commence le défilé des différents détachements des Forces de Défense et de Sécurité (FDS).
Gendarmerie nationale, Force d’intervention rapide, armée de l’air, Garde nationale et nomade du Tchad, Groupement mobile d’intervention de la police de la forestière, les enfants de troupe se sont succédé aux pas cadencés sous la musique militaire.
Présent à la cérémonie, le député Ngarmbatna Lamane a fait un survol historique de la journée du 1er décembre. Pour lui, la liberté et la démocratie sont acquises par les Tchadiens au prix du sang des plus courageux qui ont pris les armes contre le régime dictatorial d’Hisseine Habré à l’époque. « En 1993, il y a eu libéralisation de l’espace politique avec la création des multiples partis politiques. Plus tard en 1996, le Tchad a organisé le 1er référendum qui a consacré la 3e République et le scrutin présidentiel » dit-il.
Les leaders religieux ont également pris part à l’évènement. L’archevêque métropolitain de N’Djamena monseigneur Edmond Djitangar Ngotbé, affirme que le 1er décembre est un évènement qui marque la vie des Tchadiens. La liberté et la démocratie ne sont pas seulement des événements à célébrer, mais plutôt un projet de construction parce que la liberté et la démocratie se construisent tous les jours. Il a interpellé les autorités du plus haut niveau à fournir encore plus d’efforts pour consolider la liberté et la démocratie. « Nous pensons qu’après 35 ans, il y a eu des avancées, mais il y a encore du chemin à parcourir. C’est pourquoi nous joignons notre présence et prière à ceux qui font des efforts pour les consolider », dit monseigneur.
Pour rappel, c’est le 1er décembre 1990 que le j colonel Idriss Deby Itno au nom du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) a renversé le régime d’Hisseine Habré accusé d’avoir éliminé 40 000 Tchadiens. Depuis lors, le 1er décembre est célébré comme la journée de la liberté et de la démocratie. Depuis la mort de ce dernier en avril 2021, c’est seulement ce 1er décembre 2025 que cette journée est célébrée avec autant de faste à travers le pays.
Mireille Modestine Kouladoum
Une vingtaine de cadres des douanes ont été formés durant 2 jours, du 20 au 21 novembre dernier, par l’Union européenne (UE). C’est dans le cadre de la modernisation de l’administration des douanes que l’activité a eu lieu. Elle a porté sur la stratégie d'acquisition et la maîtrise des équipements modernes de contrôle pour des opérations de surveillance et de sécurisation des frontières.
« C'est une assistance technique très précieuse dans la dynamique de modernisation et de professionnalisation des services douaniers », affirme la Direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI).
Selon les Douanes, cette formation est une étape de plus dans la coopération entre l’UE et les douanes tchadiennes. « Elle ouvre la voie à d’autres actions conjointes orientées vers la consolidation des compétences, le renforcement institutionnel et la lutte contre les trafics illicites », dit la DGDDI.







