Je suis à Abu Dhabi comme journaliste pour vous faire vivre les moments clés du Programme national de Développement (PND). Ça se fera à ma manière à travers une chronique quotidienne. Déjà les derniers réglages sont en cours… Lundi 10 et mardi 11 novembre, le pays jouera sera au centre de regards.
Départ
N’Djamena, capitale tchadienne. Samedi 8 novembre. Il était 11h lorsque le commandant de bord donne les dernières consignes. L’avion roule sur la piste de l’aéroport international Hassan Djamouss. Et hop, il prend son envol. N’Djamena est sous nos pieds, les arbres, les maisons en « potopoto » ou en béton, les rues et des ruelles se font petites et disparaissent. Le fleuve Chari remplit à rebord serpentant la ville, se rétrécit et tarit comme par magie. Cap sur Abu Dhabi…
Arrivée
6h plus tard, nous sommes à Abu Dhabi, capitale des Émirats arabes unis. Il est 21h. Curieux je jette un coup d’œil à travers les hublots, la ville est scintillante de lumière.
Le lendemain 9 novembre. À 11h 30 min, je me dépêche avec des collègues pour aller repérer, voir, toucher du doigt les préparatifs de ce grand rendez-vous à l’hôtel Rixos Marina où l’avenir du plan national de développement économique se jouera.
Que contient ce plan?
Il contient pour l’instant beaucoup d’espoir. Selon le document officiel du ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale intitulé Plan national de Développement (PND) « Connexion 2030 », il incarne une vision audacieuse du développement du pays. Parce que le Tchad est un carrefour stratégique au cœur de l'Afrique. Le concept central de ce PND est la connexion.
Le mot « Connexion » est choisi et assumé. Que signifie-t-il? Le document répond : Connexion à la géographie du pays, un pays stratégique. Connexion à son héritage, berceau de l’humanité. Et connexion aux immenses potentiels du pays pour bâtir une économie diversifiée et inclusive.
Les attentes de ce PND sont immenses. La barre est placée très haut. Objectif à atteindre : des investissements sans précédent. Ils visent à augmenter le produit intérieur brut (PIB) de 60% afin de sortir 2,5 millions de Tchadiens de la pauvreté. Rien de moins.
Comment y arriver?
4 domaines d’intervention et 17 programmes de développement y figurent. 268 projets et reformes dont 133 projets structurants seront présentés et discuter.
En tout il faut trouver 30 milliards dollars pour transformer le pays pour projeter le pays dans un véritable développement. L’ambition est d’en faire un modèle de développement en Afrique. Un modèle qui allie ambition et pragmatisme pour les 19 millions d’âmes en majorité des jeunes vivant sur un territoire de 1 284 000 km2. Un pays connecté à 80% sur Internet.
Dire que ce PND est ambitieux est un euphémisme. En voici 2 exemples phares….
Éducation, Formation professionnelle, Jeunesse sport et emploi : 80% de taux de scolarisation dans le primaire, 60% pour le secondaire, 2,2 milliards USD d’investissements, 100% des enseignants diplômés d’ici 2030.
Le développement du numérique : 80% de couverture Internet prévue d’ici à 2030, 30% de taux de pénétration de haut débit mobile contre 16% en 2021, 2 fois moins cher pour les consommateurs, 1,5 milliard seront investis exclusivement dans le numérique.
Bello Bakary Mana
Du 27 octobre au 3 novembre passé, la Direction Générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI) a organisé une session de formation sur l’utilisation du système douanier automatisé au logiciel SydoniaWorld.
Une initiative dans la droite ligne de son programme de modernisation de l’administration douanière et de l’amélioration de la gestion des opérations de dédouanement, conformément à son ses objectifs de renforcement des procédures douanières, de sécurisation des recettes et d’encadrement à l’accès au SydoniaWorld.
Durant une semaine, 51 agents ont été initiés aux fonctionnalités avancées du logiciel afin de moderniser les procédures, accélérer le traitement des opérations et améliorer la transparence.
Le Forum sur le Commerce et l’Investissement Émirats arabes unis-Tchad, qui se aura lieu les 10 et 11 novembre à Abu Dhabi est un événement majeur. Il rassemblera des hauts responsables gouvernementaux, des dirigeants d’entreprise et des investisseurs des deux pays.
Entre autres invités, on notera que le premier intervenant sera M. Ousmane Diagana, Vice-Président pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Groupe de la Banque mondiale. Il sera suivi par M. Ali Alshimmari, Président et CEO, Global South Utilities (GSU) et M. Tony Elumelu, Président, Heir Holdings.
Ces leaders expliqueront comment les investissements stratégiques, les partenariats avec le secteur privé et l’innovation politique peuvent accélérer la transformation du Tchad. Et impulser une vision moderne de développement en positionnant le Tchad comme un hub compétitif et connecté en Afrique centrale.
« Tchad connexion 2030 » est un forum de dialogue et la collaboration pour mobiliser les acteurs publics et privés. Objectif : libérer de nouvelles opportunités dans le secteur commercial, énergétique, numérique et dans les infrastructures.
Je n’ai pas l’habitude de m’inspirer des réseaux sociaux (RS), ( Tiktok, Facebook, etc.). Je m’en méfie, mais ils m’ont inspiré cette chronique. Pas les RS en tant que RS mais l’intervention d’un compatriote. Il s’appelle Abgué Jonas comme indiqué sur son compte Tiktok. Ça doit être son nom. Admettons qu’il s’appelle ainsi. Il serait un parent d’élève. Je ne le connais pas. Il est très fâché. Son message est pertinent. Et la sainte colère avec laquelle il a livré son argumentaire fait du bien. Ça venait de ses tripes.
La raison de sa colère : la rentrée scolaire est officielle depuis quelques semaines, mais l’école publique tchadienne est fermée … « et tout le monde s’en fout », dit-il.
C’est un crime, « on a un grand problème dans ce pays. Et tout le monde se tait », s’indigne M. Abgué. Je croyais, au début de son message qu’ il allait nous parler des futilités de la vie, des difficultés d’être Tchadien, de la crue du Chari, du prix des criquets grillés sur le marché, etc.
Non. M. Abgué parle à notre « conscience collective » de notre « inconscience collective ». De notre silence de voir les enfants de la République forcés de rester à la maison. Pas obligés d’aller à l’école de la République. Il plaide la cause des enseignants. La cause de l’école publique. Il est prêt à en payer le prix. Il soutient que personne, dans ce pays, ne reconnaît l’importance de l’enseignant, de l’enseignement. Il a rappelé une anecdote, le constat qu’une femme étrangère d’origine ouest-africaine a faite, une parole foudroyante sur notre pays. Elle a affirmé que « le Tchad n’est pas un pays ». Il lui donne raison. Oui tout le monde s’en « fout » de l’école publique.
Les médias s’en « foutent », ils en parlent du bout des lèvres.
Le gouvernement s’en « fout », il a d’autres chats à fouetter.
Le ministère de l’Éducation s’en « fout », il n’a pas de solution.
La primature s’en « fout », elle fait l’autruche.
La Présidence s’en « fout », elle est dans sa tour d’ivoire.
M. Abgué suggère une solution pour résoudre le problème : couper dans les salaires des députés, des ministres qui roulent dans de grosses onéreuses voitures V8. Ils sont nourris, blanchis par la République sans rien faire pour les enfants de cette République. « Vous êtes ce que vous êtes grâce aux enseignants. Donnez-leur à manger. Il faut que l’enseignant mange d’abord. Faites quelque chose. C’est un crime », dit-il.
J’ai l’habitude de dire que le Tchad est « un pays sans chapeau » comme le titre du livre de l’écrivain canadien d’origine haïtienne qui racontait les malheurs qui s’abattaient sur son île, Haïti. Il s’interrogeait, « ces malheurs sont-ils la volonté de Dieu? Comment être croyant et accepter une telle concentration de tragédie? »
Abandonner l’école publique n’est-il pas une tragédie? Une malédiction divine? C’est les deux à la fois.
Vous avez raison, M. Abgué. C’est un crime. Notre crime à tous. Le Tchad est un pays sans chapeau. Les élites l’ont abandonné. Les Tchadiens sont complices par leur silence. Au moins vous, vous, ne vous êtes pas tu. Dieu vous rendra grâce.
Bello Bakary Mana
Le Collectif d’avocats de l’opposant Succès Masra a organisé un point de presse dans son siège au quartier Abena pour expliquer la procédure à la Cour de cassation. Mais aussi pour dénoncer la détérioration de son état de santé de leur client.
Me Jacqueline Moudeina avocate, « le diagnostic du médecin traitant renseigne que l'état de santé de Dr Assyongar Masra Succès nécessite un bilan d'allergologie et de kinésithérapie respiratoire non disponible dans les plateaux médicaux tchadiens ainsi que d'autres pathologies ». Pour elle, il faut prendre la mesure de l'urgence médicale. Le Collectif dit avoir saisi le 13 octobre le Procureur général près la Cour d'Appel de N’Djamena d'une demande de mise en liberté provisoire et d'une autorisation d'évacuation sanitaire aux fins d'analyse et de soins médicaux adéquats. Mais il n’y a pas eu de suite judiciaire.
Me Jacqueline Moudeina dénonce ce qu’elle appelle la perpétuelle ingérence du pouvoir exécutif dans sur le pouvoir judiciaire, « en contradiction avec le principe de la séparation de pouvoir ». Le Collectif s'indigne et tient pour responsable le gouvernement de tout ce qui arrivera à son client.
Ousmane Bello Daoudou
Le ministre d'État, ministre de Finances du Budget, du Plan et de la Coopération internationale Tahir Hamid Nguilin , aussi président du comité d'organisation, a animé une conférence de presse samedi après-midi pour expliquer l'évolution de la préparation du PND Tchad Connexion 2030. Il était entouré par plusieurs de ses collègues ministres celui du Commerce, de l'élevage, de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Communication.
Après avoir félicité tous les groupes. Il a dit « nous sommes tous mobilisés pour que ce plan soit une réussite ». Il affirme que plus de 2000 confirmations à la table ronde de différentes nationalités et l'ensemble des organisations sous-régionales. « Ce rendez-vous n'est pas comme les autres. C'est un rendez-vous remarquable. Nous avons commencé à écrire une belle histoire en mettant notre potentiel ».
Le ministre affirme que l’objectif de ce PND est de mettre en valeur le pays avec une population jeune et nombreuse. « Nous sommes sur la dernière ligne droite », dit-il.
Selon lui, ce PND est coorganisé, il est multilatéral, « c'est un forum pour présenter le potentiel du Tchad ».
Ousmane Bello Daoudou
Lors d’un point de presse organisé samedi 1er novembre dans son siège national, la SONEMIC a annoncé sa participation au Programme National de Développement 2030 qui aura lieu du 8 au 12 novembre à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.
Abdelkerim Charfadine, Directeur général (DG) affirme, « la SONEMIC trace la voie d'un Tchad émergent fondé sur la diversification économique et la bonne gouvernance ».
Selon lui la SONEMIC joue un rôle stratégique qui consiste à encadrer et promouvoir l'exploitation minière sur tout le territoire national. Et rajoute « garantir la transparence et la traçabilité des opérations et surtout favoriser la transformation locale des ressources afin que la richesse du sous-sol tchadien profite pleinement à nos populations ».
Le DG répète que sa société s'inscrit dans la politique nationale de bonne gouvernance. « La SONEMIC s'engage à bâtir un secteur minier moderne, transparent et inclusif au service de développement national », dit-il. Selon lui, sa société est déterminée à contribuer à la mise en œuvre du PND en faisant du Tchad un pôle de référence en Afrique centrale pour une exploitation responsable et durable des ressources naturelles.
Ousmane Bello Daoudou
L'Agence Nationale d'investissements et d'Exportation(ANIE) a organisé un café Eco hier samedi 1er novembre dans un grand hôtel de la capitale tchadienne, N’Djamena. Objectif : expliquer aux investisseurs l’engagement de l’ANIE pour « Tchad Connexion 2030 » qui aura lieu dans quelques jours à Abu Dhabi, aux Émirats arabe unie.
« Ce Café Eco s'inscrit dans une nouvelle dynamique Nationale celle d'un dialogue économique ouvert, participatif et constructif », dit Mme Sobdibet Sobkika Liliane, Directrice générale (DG) de l’ANIE. Pour elle, le PND est le boussole économique du pays, il trace la voie d'un Tchad émergent, résilient et compétitif, « ce plan n'est pas qu'un document technique, mais c'est une vision portée par l'État, soutenue par nos partenaires et exécuter par le secteur privé ».
Mme Sobdibet soutient que la mission de son agence est de faciliter, accompagner et promouvoir les investissements productifs. Elle rajoute, « cette logique d'autonomie passe aussi par la valorisation du made in Tchad ».
Toujours selon la DG, l’ANIE est un acteur clé dans la mise en œuvre du PND. Elle fait du Tchad une destination d'affaires attractive, valorise les opportunités offertes et conçoit des stratégies pour encourager les partenariats à fort impact, dit-elle.
Enfin, les organisateurs de l’évènement affirment que l’ANIE facilite la collaboration entre le secteur public et le privé pour la réalisation des projets structurants du PND.
Ousmane Bello Daoudou







