Le président de la République Mahamat Idriss Deby est de retour dans la capitale tchadienne, N’Djamena. C’est 5 jours après la clôture du Plan National de Développement (PND) « Connexion 2030 » qui s’est déroulé du 10 au novembre dernier à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.
Les partisans politiques, les membres du gouvernement, les dirigeants des différentes institutions du pays se sont mobilisés pour accueillir leur « champion » et célébrer, disent-ils, la réussite du PND dirigé avec brio par le président, disent-ils.
« Le PND est la nouvelle feuille de route stratégique du Tchad avec comme principal objectif la transformation de l’économie pour réduire drastiquement la pauvreté », soutient le gouvernement.
Rappelons que les autorités ont affirmé avoir mobilisé 20,5 milliards de dollars d’investissement dès la fin des travaux du forum.
A peine la Table ronde du Plan National de Développement (PND) « Connexion 2030 » à Abu Dhabi, clos le 12 novembre que le gouvernement tchadien annonce son premier projet via un appel d’offres international. Objet : développer des systèmes solaires autonomes et des réseaux électriques décentralisés.
Selon nos sources, c’est un financement initial de 120 millions de dollars. Et le premier jalon des engagements pris devant les partenaires techniques et financiers. « Ce projet vise à renforcer rl’accès à une électricité verte, fiable et abordable, en particulier dans les zones rurales et les villes secondaires », disent des sources gouvernementales.
Toujours selon les mêmes sources, ce projet est mis en œuvre avec l’accompagnement de la Société Financière Internationale (SFI). Une organisation qui agit comme conseillère principale de la transaction auprès du ministère de l’Eau et de l’Énergie. La SFI est mobilisée pour trouver des solutions innovantes et des investissements privés pour accélérer la transition énergétique du pays. L’initiative s’appuie également sur la plateforme d’un Groupe de la Banque mondiale pour attirer des opérateurs privés et garantir une mise en œuvre rapide et à grande échelle.
Enfin, pour les autorités tchadiennes, le Tchad démontre à travers cette concrétisation sa détermination à transformer les annonces du PND en actions concrètes.
18 douaniers, toutes catégories confondues, ont prêté serment lors d’une audience de prestation de serment qui s’est passée, hier, 12 novembre au Tribunal de Grande Instance de N’Djamena.
Pour la Direction des Douanes, c’est une étape importante qui engage moralement et juridiquement ses agents à exercer leurs missions avec probité, impartialité et sens du devoir. Pour ces nouveaux douaniers, cette cérémonie marque à la fois la reconnaissance de leurs efforts et le début d'une nouvelle responsabilité. « C'est un moment d'honneur et de fierté, mais aussi un appel à la rigueur et à la discipline », dit l'un des jeunes agents.
Les Douanes tchadiennes réaffirment leur volonté de professionnaliser davantage leurs effectifs et de renforcer leur efficacité dans la lutte contre la fraude, la contrebande et les trafics illicites, tout en facilitant le commerce légal.
Le Premier ministre Allah Maye Halina a effectué hier mercredi 12 aux Douanes. Objectif de la visite d'inspection à la Direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI).
Objectif de la visite: s'enquérir du fonctionnement de l'administration douanière.
La délégation est d'abord allée au port sec de N'Guéli, principal point d'entrée des marchandises. Selon les sources douanières, les efforts consentis ont permis la réalisation satisfaisante des opérations.
Ensuite le PM est revenu au siège de la Direction générale pour une séance de travail qui ont porté sur la progression continue des recettes.
Le Chef du Gouvernement a exprimé sa satisfaction et a invité l’administration à redoubler d'efforts afin d'atteindre, voire de dépasser les prévisions fixées pour l'exercice en cours, _« le pays doit compter sur ses propres recettes et non sur les apports extérieurs », a-t-il affirmé.
Le Directeur général des Douanes et Droits Indirects, le Général de Division Ousman Brahim DJOUMA a salué cette visite. Pour lui, c’est un encouragement pour tous les agents des Douanes.
Je suis allé au dîner offert par le président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno lundi soir dans le plus grand hôtel de la ville d’Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis.
Lundi 10 novembre,18h.
À l’entrée des lieux, deux portiques de sécurité sont plantés, « encore la sécurité? », me suis-je interrogé moi-même en monologuant. Un pour les femmes, un autre pour les hommes. Des agents de sécurité debout vous surveillent, eux-mêmes sont comme surveillés par des jeunes hommes en « djellabia » blancs, foulards noués à la tête. Avec deux autres collègues journalistes, nous nous plions aux règles et passons les portiques.
10 mètres plus loin, s’ouvre devant nous une vaste esplanade où tables, chaises, nappes et napperons sont magnifiquement dressés. Comme on dit, les organisateurs ont mis les «petits plats, dans les grands plats ». La musique tonne, les invités arrivent en grappe. Ils sont « sapés comme jamais ».
Nous choisissons notre table. Nous étions entre bonnes bouffes, danses traditionnelles. On dit souvent que bouffe, musique et business font bon ménage. Je n’ai jamais cru à cela, mais depuis ce dîner je suis en train de changer d’avis. Cette ambiance festive a permis de récolter ces sommes :
100 millions de dollars de la Banque mondiale pour le secteur privé
450 millions d’euros pour une unité textile,
13 millions d’euros pour la transformation de l’arachide
28 millions de dollars pour une cimenterie
395 millions de dollars pour la production de canne à sucre
Alors que le maître de cérémonie anime, ministres et investisseurs signaient des accords et promettaient d’injecter de l’argent dans l’économie tchadienne, j’ai reconnu un vieux journalistes français X Girard du journal Le Figaro qui échangeait avec de jeunes Français de la table à côté. Il se joint à nous et nous raconte avec force et détails, comme seul savent le faire les vieux journalistes d’antan, sa tumultueuse aventure aux confins sud du pays en 1985 durant la rébellion « codo », son arrestation, son séjour en prison. Et surtout sa libération rocambolesque contre 50 voitures, 504 GL bloqués par la France. « Je sais ce que je vaux moi. 50 voitures 504 GL, je dis bien 504 GL », dit-il sur un ton comique.
Notre confrère X Girard nous a rendu la soirée agréable par le récit de sa mésaventure au pays. Il a capté notre attention à tel point que la soirée est presque finie sans qu’on s’en aperçoive pleinement. Il fallait partir. Il fallait se dire au revoir et s’attraper vite un taxi pour aller reposer nos os.
Le lendemain mardi 11 novembre, 9h 00.
Je sors difficilement de mon lit. Nous arrivons à presque 9h 45 min à Rixos Marina. Les portes sont bloquées. On était plusieurs Tchadiens. Les esprits s’échauffent. On est renvoyé à une autre porte d’entrée. Ici c’est une entrée VIP nous annonce-t-on. « Médias, journalistes », dit un confrère. Je répète la phrase. Pas question, dit la sécurité. Les autres compatriotes aussi se fâchent. On maudit les Émiratis et leur système de sécurité un peu brutal. « Hier ils ont bloqué un invité VIP pendant des heures », dit un confrère.
11h 10 min. Nous sommes un petit groupe à réussir à rejoindre la grande salle. Le ministre Tahir Hamid Nguilin est en train de clore le PND, « …je déclare clos les travaux de PND, connexion 2030 », dit-il.
Un peu avant, une grosse nouvelle tombe. Les autorités tchadiennes annoncent avoir mobilisé des financements à hauteur de 20,5 milliards de dollars. « L’objectif de 30 milliards de dollars est réalisable », dit une note lis sur la page officielle Facebook du président Mahamat Idriss Deby Itno. Dans la même note, il exprime sa gratitude à son frère l’Altesse Cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, aux pays frères, félicite le comité d’organisation, les partenaires, etc. Il finit ainsi sa note, « Que Dieu bénisse les Tchadiens et tous ceux qui les aiment ».
Bello Bakary Mana
Le forum de commerce et d’investissement Émirats arabes unis et le Tchad au sujet du Plan National de Développement (PND) « Tchad Connexion 2030 », qui a commencé le 10 novembre à Abu Dhabi a pris fin ce mardi 11.
Selon les organisateurs, ce rendez-vous a permis au Tchad d’obtenir des promesses de financement d’un montant global de 20,5 milliards de dollars, « c’est près des deux tiers des 30 milliards recherchés », affirme les responsables tchadiens.
Tahir Hamid Ngulin, ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, a clôturé les travaux en remerciant les participants, les partenaires techniques et financiers. « Il faut maintenir les contacts, maintenir la dynamique. Ce n’est qu’un début. Nous allons mettre sur pied une gouvernance du PND pour faciliter les affaires », a conclu le ministre.
Ce lundi 10 novembre, comme prévu la capitale des Émirats arabes unis, Abu Dhabi s’est réveillée avec l’ouverture du forum sur le Plan national de développement (PND du Tchad.
8h du matin. Les participants se dirigent en petits groupes vers les portes d’entrée de la grande salle. Le service de sécurité a décidé de bloquer tout le monde jusqu’à 9h 00. « Faites une seule ligne », lancent les agents de sécurité. Rien n’y fait. Les participants font la sourde oreille. La sécurité lâche prise et fait passer les invités en groupe de 2 personnes. Je réussis à passer.
Je suis dans la salle. Je me dirige instinctivement vers le coin presse au fond. Je vois des visages familiers, ce sont des collègues journalistes. En fond de scène, un grand écran géant de 10 mètres sur 5 domine. Il est écrit Forum Tchad- UAE sur le Commerce et l’investissement floqué des drapeaux et des armoiries de deux pays. À gauche sur la strate un pupitre blanc. Au centre 6 fauteuils blancs garnis des micros sont bien rangés pour accueillir les panélistes. Au bas de la strate, c’est la zone VIP. Après c’est la zone des « M. et Mmes tout le monde », les participants.
10H 15 min. La maîtresse de cérémonie annonce les intervenants et explique les grandes lignes du PND.
Le président du comité d’organisation et ministre de Finances, du Budget, du Plan et de la Coopération Tahir Hamid Nguilin prend la parole. Il s’est dit fier de l’évènement, « merci pour l’affluence avec plus de 70 pays présents, merci pour l’intérêt et l’attention à ce sommet, au Tchad ». Pour lui, ce PND est différent parce que le concept et l’idée ciblent le secteur privé.
10h 30. C’est l’heure des panels. Ça commence avec les mines et les hydrocarbures, suivi par le secteur Agricole, l’industrialisation, l’eau et l’énergie électrique. Les panélistes vante les potentiels du pays en matière agricole, pastorale et surtout l’immensité et la disponibilité des terres arables.
12h 30 min. Le président Mahamat Idriss Deby fait son entrée sans que la salle ne soit avertie par la fameuse phrase, « Mesdames, et monsieurs, M. le président de la République… ». Les participants se lèvent. Aussitôt après, projection d’une vidéo sur les Émirats arabes unis pour rappeler aux participants que les Émiratis viennent de loin et sont aujourd’hui loin. Mais c’est aussi, je pense, pour dire aux Tchadiens, « vous-êtes, vous aussi, capables avec un peu de sérieux ».
Le président commence son discours comme d’habitude en remerciant Allah le Tout puissant d’avoir permis cette rencontre. Les Émiratis, les participants sont remerciés. Le président affirme qu’il n’est pas venu pour vendre le pays mais pour partager une conviction, celle de faire du Tchad un modèle de développement. « …ce qui est possible pour les Émirats est possible pour le Tchad… Le Tchad ne vous offre pas une aventure mais un partenariat stratégique et mutuellement bénéfique », dit-il. Il a promis aux investisseurs de leur faciliter les choses comme par exemple : leur assurer une sécurité juridique, la mise en place de e-visa, etc. Il a vanté les atouts du pays. Fin du discours. Les participants sont débout, ils applaudissent.
Au tour du président du Togo Faure Gnassingbé d’intervenir. Il affirme que ce que le Tchad a initié est inspirant et dépasse ses frontières. C’est au Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine de discourir, il vante l’approche de ce PND, donne quelques conseils et appelle les investisseurs à investir au pays. Les intervenants « gros calibre » sont tous passés. Les présidents quittent la salle...
Le vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre M. Ousmane Diagana est invité à prendre la parole. Il promet de soutenir le pays à hauteur de 2,5 million de dollars.
Les panels se succèdent. Il est presque 17h. C’est fini pour ce lundi. Le gros du PND est derrière. La salle se vide, les participants trainent, échangent, discute. Un dîner est offert le soir.
Le mardi matin, dit-on, c’est « be to be ». C’est quoi ce concept? Personne ne semble capable de me l’expliquer. En réalité, c’est l’acronyme anglais de B2B, qui signifie « business to business ». Je vais au dîner avec ce concept dans ma tête. Bouffes, danses traditionnelles du pays, accords et conventions sont signés. Je rentre à mon hôtel vidé.
Bello Bakary Mana







