vendredi 23 octobre 2026

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Depuis quelques mois, la pièce de 500 francs n'est plus acceptée dans la capitale tchadienne, N'Djamena. Elle a subitement disparue. La rédaction est allée interroger les commerçants et les clients. Reportage.

La pièce de 500 FCFA communément appelée, « Dragon » ou « Mia hadid » ont mystérieusement disparu de la capitale. Le motif de cette disparition est confus. Selon plusieurs témoignages recueillis des habitants, la pièce est rejetée par les commerçants aux marchés publics, chez les boutiquiers dans certains quartiers, aux carrefours de vente voire même des cabarets et les agences de voyages. Ce refus des commerçants au marché et des vendeurs ambulants interroge. Pourquoi la pièce de 500 Fr n’est plus acceptée?

Ismaïl Aboubakar est commerçant grossiste, il affirme, «nous utilisons bel et bien cette monnaie dans les provinces notamment à Abéché, Mongo, Bokoro, etc. Mais je ne comprends pas pourquoi, les commerçants de N’Djamena rejettent ces pièces de 500 Fr qui sont valables et utilisables dans tous les pays de la zone de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)? », Il poursuit en soutenant que les Tchadiens doivent prendre conscience afin de ne pas rendre la vie encore difficile à leurs prochains.

Moussa Béchir, client au marché de Habena estime que «les pièces de 500 Fr ne sont pas un problème tant que c'est  fonctionnelles, ils doivent circuler dans les marchés voire même ailleurs tout comme les billets et d'autres pièces de monnaie». Il appelle les commerçants de N’Djamena à se ressaisir et à respecter les autorités. Il demande au gouvernement de sanctionner ceux qui rejettent cette pièce de monnaie.

Hassana Anguini, chauffeur de mini bus sur l'axe Walia-Ngueli avance ses raisons, « je n'accepte pas de les prendre si on me remet, car je ne peux pas les échanger chez d'autres commerçants étant donné que tout le monde n'a pas besoin de ces pièces ».

Un boutiquier témoigne dans l'anonymat, il affirme que les clients utilisent les pièces de 500 Fr, il les a collectés jusqu’à 20 000 francs en quelques mois. Et sa grande surprise les mêmes clients refusent catégoriquement de prendre ces pièces comme monnaie de change, « j'étais obligé d'aller acheter de la marchandise avec, à Kousserie, au Cameroun» s'est-il plaint .

Après la mise en circulation des nouvelles coupures de billets de banque dans la zone CEMAC en décembre dernier, les pièces de 500 francs sont toujours valables et doivent être utilisées comme d'autres pièces de monnaie a indiqué la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) lors d'une conférence de presse en décembre 2022.

Noël Adoum

La campagne référendaire s’accélère, l'Alliance des Partis politiques pour le « Oui » a organisé une rencontre ce samedi 2 décembre au Stade de Diguel sous le parapluie Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti du défunt président Idriss Deby Itno et du leadership de son Secrétaire général (SG) M. Haroun Kabadi.

C’est dans un stade de Diguel rempli d’anciens politico-militaires, des membres du gouvernement et des militants du MPS et des plusieurs autres partis politiques que le SG du MPS M. Haroun Kabadi a déclaré que si le « Oui » gagne, c'est le Tchad qui gagne. Pour lui, la lutte menée depuis 2 ans a pour objectif d'amener le pays au progrès et à la cohabitation pacifique, etc. « Il n'y a pas match pour la victoire du oui », paraphrasant son défunt chef Idriss Deby Itno.

Selon le SG, le Tchad est en sécurité dans un continent en effervescence. «Nous avons maintenu la gouvernance politique, économique ainsi que la sécurité du territoire de 1284000 km2 », a-t-il martelé. Il appelle ses militants à voter Oui pour un seul Tchad indivisible, pour la stabilité et le développement , «voter oui c'est voter pour la justice et l’égalité sociale, mais également donné le pouvoir à la base. La victoire est certaine le 17 décembre prochain ».

Le représentant des partis alliés Malloum Yoboïdé Djeraki affirme qu’il n’y a aucune raison pour faire la fédération. Ils ne peuvent pas appeler les citoyens à voter, dit-il.  Et ceux qui appellent au boycott ont servi le pays dans le passé et sont dans l'ingratitude intellectuelle. « Je souhaite que le oui l’emporte à 99%  pour enterrer carrément le projet de fédération». 

Le chargé des ex mouvements politico-militaires M. Djimadoum s'engage, « nous, ex mouvements signataires de l'accord de paix de Doha ce 2 décembre au stade de Diguel réaffirmons nos soutiens pour la Paix au Tchad. Le fédéralisme pourrait hypothéquer la nation ».

Noël Adoum

Le parti politique le citoyen en quête de Bonheur  (CEB) a fait son entrée politique ce samedi 2 décembre 2023 au palais des arts et de la culture. Ce nouveau parti votera « Oui » au référendum du 17 décembre prochain.

Le chef du parti M. Abakar Dirde Zène affirme que son organisation est le fruit d'un diagnostic approfondi de la situation passée, présente et future du Tchad. « Le parti CEB est né pour lutter pour que chaque Tchadien puisse manger 3 repas par jour, pour éliminer le paludisme,  pour donner accès aux soins et faire du Tchad un pays bilingue », dit-il.

Le CEB s'assigne aussi comme objectif de combattre la géopolitique régionale fruit de la maxime « diviser pour mieux régner » afin de minimiser les compétences, les mérites ou les expériences au seul profil des médiocres au col rouge, disent les membres du parti. Ils affirment qu’avec le CEB il n’y aura plus des nominations par décrets, par arrêtés, etc. Toujours selon le parti, la promotion se fera par ancienneté, expérience et compétence afin d'avoir une retraite décente.

Le chef du CEB M. Dirde Zène ajoute que dans le programme du parti l'agriculture et l'élevage ont retrouvé leur place. «  L’armée doit être réformée, les finances publiques assainies », dit-il.

Ousmane Bello Daoudou

Le parti pour le Rassemblement et l'Équité au Tchad (PRÉT) votera « Oui » au référendum constitutionnel pour un État unitaire « fortement décentralisé » du 17 décembre. C’est ce qu’a annoncé ce vendredi 1 décembre son président Me Théophile Bongoro dans une conférence de presse tenue au siège national de son parti au quartier Chagoua.

Bongoro affirme qu’un État unitaire fortement décentralisé fera du Tchad, un pays moderne régi essentiellement par l'ordre républicain dans lequel le développement humain et territorial serait au centre de toute la politique économique et sociale.

Selon lui, le caractère unitaire de l'État est écrit en lettre d’or dans le programme politique de son parti. « Cette forme de gestion permet aux collectivités locales de disposer d'une certaine liberté de décision pour définir les normes de leurs actions et les modalités », dit-il. Toujours selon lui, ce modèle permettra un nouvel équilibre dans la répartition des pouvoirs et donnera une autonomie matérielle, organique et fonctionnelle aux provinces.

« Le pays a connu des événements qui ont secoué son fondement et son unité. Donc, il faut chercher d’abord à consolider sa base de décollage sociopolitique et économique. Seul un État unitaire fortement décentralisé le permettra ». Il ajoute que cette forme permet une association de toutes les forces vives de la nation dans toutes ses composantes et à tous les niveaux.

Enfin, pour le PRET l’État unitaire fortement décentralisé permet une alternance dans l'exercice du pouvoir par des élections libres et démocratiques. Me Bongoro appelle ses militants et militantes, les sympathisants et les amis du parti à voter Oui le 17 décembre prochain.

Ousmane Bello Daoudou

Au cours d'une conférence de presse ce jeudi  30 novembre le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti du défunt président Idriss Deby Itno a célébré son 33e anniversaire axé sur ses réalisations à travers le pays. La célébration a eu lieu au siège du parti au quartier Djambalbahr dans le 2e arrondissement.

Pour le Secrétaire général (SG) du parti M. Haroun Kabadi, ce 33e anniversaire est la marque d’une victoire historique sur la dictature, « c'est aussi une victoire des idées des militants du MPS qui ont pris les armes pour combattre cette dictature. C'est grâce aux forces patriotiques du MPS que le Tchad est jusqu’à là resté libre ». Il affirme que la journée de la liberté et de la démocratie est un moment privilégié pour les militants et les Tchadiens en général de pouvoir évaluer tout ce que le MPS a fait depuis son arrivée au pouvoir. « Le MPS a contribué à l'unité, à la paix sociale, à la sécurité de notre pays. Le MPS a apporté toujours la bonne nouvelle ». il dit aussi que le MPS a fait 33 ans de vie commune, il pense que cette vie commune va continuer avec  un État « unitaire fortement décentralisé » dans une gestion où la bonne répartition des ressources sur l'ensemble du territoire national sera une réalité.

Selon le parti, beaucoup des efforts sont faits pour que la nouvelle constitution soit adoptée pour éviter le désagrément du fédéralisme et ses conséquences. M. Kabadi soutient que malgré tout ce que les gens disent sur le MPS, les 209 partis politiques et la centaine des associations de la société civile ont fait encore confiance au parti de la houe et de la Kalash en le désignant chef de file de l'Alliance.

Le SG demande à tout le monde de travailler pour que le Tchad ait de l'avance pour que le Tchad vive non seulement sa démocratie, sa liberté, mais aussi son développement. Il rassure que les militants du MPS sont au début, au milieu et ils seront à la fin sinon la cloche de l'autre côté est la cloche de la division, faisant allusion aux partisans du fédéralisme.

Ousmane Bello Daoudou

Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) et la Plateforme Républicaine ont animé un point de presse ce 30 novembre 2023 dans les locaux de la radio FM Liberté. Cette déclaration est axée sur l'appel à la conscience des Chefs religieux face au danger que court le Tchad. Reportage.

Par la voix du président du parti les démocrates Avoksouma Djona Atchenemou, cette lettre a été adressée aux leaders religieux. Elle affirme que l'influence spirituelle s'étend bien au-delà des frontières de lieux de culte, et leur parole a un impact significatif sur la vie de la nation.

La déclaration relève que la nation est confrontée à un défi critique qui risque d'anéantir les minuscules progrès démocratiques réalisés au cours des six dernières décennies. « Nous sommes confrontés aux élections à venir, qui ont soulevé de graves préoccupations quant à leur équité et à leur légitimité », dit-il. Le GCAP et plateforme Républicaine ont appris que le gouvernement actuel favorise activement un environnement qui est très loin d'être démocratique. Car « Il existe en effet de fortes indications de fraudes électorales en préparation et notre crainte est que le pays ne sombre définitivement dans la dictature », a déclaré Avoksouma Djona.

Le GCAP et la Plateforme Républicaine estiment que les voix des religieux portent, et leurs positions sur les questions d'éthique et de morale peuvent avoir un impact profond sur la société. « Il est essentiel que nous préservions l'intégrité de nos processus démocratiques et que nous défendions les valeurs de justice et de transparence pour refuser toutes tentatives de manipulation des élections à venir ».

Selon GCAP, les tchadiens ont perdu toute possibilité de revendiquer leurs droits. Il estime que, « celui qui se trouve à la tête de l'Etat, utilise toutes les ressources publiques disponibles pour acheter les consciences s'il ne se sert pas de la violence pour réprimer toute dissidence ou revendication. Mieux, il fait fi de tout cadre juridique existant en imposant des règles injustes aux populations qui devraient en principe espérer bénéficier de sa protection ».

Pour eux, depuis le début de la transition, « les dirigeants de la transition ignorent toutes les règles d'honnêteté et de transparence. Ils refusent toute possibilité de consensus qui devrait régir un tel processus de retour tant attendu à l'ordre constitutionnel. Car la nouvelle Constitution et l'organisation du référendum écarte la question du choix de la forme de l'Etat le 17 décembre prochain sont bien la preuve que le retour à l'ordre constitutionnel risque fort de se faire sans l'inclusion souhaitée ».

La GCAP compte s'opposer à la poursuite de ces pratiques d'exclusion. « Nous devons surtout faire en sorte que notre pays ne soit détruit par quelques mains qui n'ont aucune capacité à prendre en considération l'intérêt national ou l'intérêt du peuple ».

Noël Adoum

La campagne référendaire a démarré. Deux camps battront campagne. Celui du « Oui » et celui du « Non ». Mais le Tchad étant un pays « à part », ses hommes et femmes politiques étant « spéciaux », il y a dans les faits plus que deux camps. Il y en a au total quatre.

Le premier camp, celui du « Oui ». A sa tête, le Premier ministre Saleh Kebzabo (SK). Ses partisans souhaitent que le Tchad reste un État unitaire, mais « fortement » décentralisé. Ils sont très audibles. Ils font beaucoup de bruits. Et croient dur comme fer que le fédéralisme est un danger. Que le Tchad cessera d’exister. Ils font de la « petite politique » avec une proposition tout à fait valable et défendable. À l’inauguration de leur campagne, leur chef, le « Kaïgama » Kebzabo a vanté leur option en fustigeant les fédéralistes, les qualifiant de divisionnistes, de sécessionnistes. Des arguments pour faire peur. Pas d’arguments économiques, administratifs, rien. Pour un homme politique de son envergure, c’était plutôt paresseux. A cela il faut ajouter la mauvaise foi des partisans du « Oui » d’avoir enfreint, par purs calculs politiques, les recommandations du dialogue national en présentant un seul choix : la constitution d’un État unitaire décentralisé floqué d’une nouvelle invention tchadienne, le concept « d’État unitaire fortement décentralisé ».

Le deuxième camp, celui du « Non ». Il est à plusieurs têtes. Il y a le bloc de Baniara-Yorongar-Béasemda et le groupe de Brice Mbaimong Guedmabaye. Ils veulent que le pays devienne un État fédéral. Ils ne sont pas audibles en ce début de campagne, mais disent se préparer à faire échec aux vœux des partisans du « Oui » qu’ils accusent d’être contre le vrai changement. Ils n’ont pas les moyens de leur ambition fédérale. Difficile pour eux de financer leur campagne. Par contre, disent-ils, leur option est de plus en plus comprises, de plus en plus populaire. Ils ont parmi eux des extrémistes du fédéralisme comme si cette option réglera d’un coup de baguette magique tous les problèmes du pays.  

Le troisième camp, celui du « boycott ». Il est bicéphale (à 2 têtes). Il y a la coalition de plusieurs partis avec un porte-parole Max Kemkoye. Il y a aussi l’ancien Premier ministre Pahimi Padacké Albert. Tous dénoncent la malfaisance qui a jalonné toute la seconde phase de la transition. Pour eux ce référendum est mal foutu. Ils ont déjà presque perdu la bataille sauf si les Tchadiens boudent les urnes et suivent l’appel au « bureau de vote mort ».

Le quatrième camps, celui du « ni oui ni non ». C’est celui du parti Les Transformateur dirigé par Succès Masra. Ils choisissent de ne pas choisir parce que, disent-ils, il y a des partisans de l’État unitaire et du fédéralisme dans leur organisation. Une position sans prise de position. Ils iront donc vers où le vent les mènera. Ce n’est pas fort. Autrement dit la question est trop brûlante et clivante pour eux. C’est bien dommage. Il vaut mieux prendre une position et l’assumer que ce « ni, ni » qui les fait paraître aux mieux comme des frileux, au pire comme des opportunistes. C’est surprenant de la part de ceux qui veulent transformer le pays. Et qui se définissent comme des durs qui tracent un chemin dur. Cette ambiguïté risque de leur causer des problèmes durant la campagne et de leur coûter politiquement cher dans leur ambition de copiloter le reste de la transition. Pire, il risque d’engendrer des interrogations sur leur sincérité politique. J’ai hâte d’entendre leurs arguments de campagne.

Enfin, ce début de campagne ne semble pas intéresser les Tchadiens. Ils sont préoccupés par leur dur quotidien. Ils sont désabusés par la politique et les politiciens. Pour l’instant, ils ne croient aucun des camps. Le début de campagne référendaire est pour eux un non-évènement. J’ai insisté dans mes échanges avec plusieurs sur l’importance de ce rendez-vous politique pour l’avenir du pays. Les plus pessimistes boudent. Les plus optimistes répondent  « Allah khalib, Dieu est en contrôle ». Pourtant, Dieu n’a rien à voir.

Bello Bakary Mana

Au cours d'une conférence de presse organisée cet après-midi à la Bourse de travail ce 28 novembre 2023, l'Alliance panafricaine fête la proclamation de la République en dénonçant « la continuation de l'asservissement du peuple tchadien », dit-elle. Les organisateurs affirment « s'engager pour une souveraineté effective du Tchad ». L’Alliance exige le démantèlement des bases militaires françaises installées au Tchad d'ici le 28 décembre 2023.

Pour les organisateurs de cette conférence, la proclamation de la République est un acte politique majeur dans lequel un État déclare son statut en tant que République. Pour eux, en proclamant la République à l’époque, l'Etat devait affirmer normalement le principe de la souveraineté populaire « le pouvoir émane du peuple et est exercé par des représentants élus pour le bien du peuple ».

Ils affirment que le Tchad fait face à trois principaux fronts de lutte : le front externe, la poursuite de la domination de l'Afrique par des puissances néo coloniales et impérialistes malgré les pseudo indépendance politique et le front interne contre les valets. Ils demandent l'annulation de tous les accords coloniaux entre la France et le Tchad, exigent l'arrêt immédiat de toutes les manœuvres et intimidations de la diplomatie française à l'égard des membres de l'opposition libre. L’alliance panafricaine soutient que l'indépendance est factice, le néo-colonialisme est en cours et continue à nous imposer des valets, mais aussi des systèmes économiques au service du capitalisme occidental.

Enfin, ils présentent leur alliance comme une alliance panafricaine né d'une coalition d'actions de partis politiques, d'associations, d'intellectuels et des citoyens qui ont une nouvelle vision éthique de la lutte citoyenne pour la restauration de la dignité de chaque Tchadien.

Pour rappel, le panel était composé de Dr Évariste Toldé, Naibeye E. Koumbairi,a président du parti panafricaniste du Tchad, Bishop Amane Coordonnateur de Nekemando, Doudé et plusieurs activistes. Cette conférence de presse était initialement prévue au Centre Al Mouna, mais délocalisée à la Bourse de travail.

Ousmane Bello Daoudou

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