vendredi 23 octobre 2026

Depuis le lundi 14 mars, les cours sont suspendus au collège d’Abena dans la commune du 7e arrondissement. Pour cause, la direction de l’établissement a surpris quelques élèves en train de participer au jeu de hasard et un second groupe qui jouait action et vérité un jeu d’amour. Après la convocation des parents, la tutrice d’un élève a mal pris la correction de l’administration et cela a soulevé les autres élèves contre les enseignants. Reportage

Les portes des salles de classe et la direction du CEG d’Abena sont hermétiquement fermées. La cour de l’école est déserte, et cela depuis 4 jours déjà. Pour cause, le comportement inapproprié de certains élèves dans la cour de l’établissement. Abdel-bassid Mahamat Yacoub Dabio, Directeur du CEG d’Abena explique qu’un groupe des élèves qui se réuni dans la cour de l’école et qui jouent à un jeu qu’ils ont nommé « action et vérité ». « Le jeu consiste à appeler une fille, lui demander de montrer ses seins et aussi avec combien de garçons elle a couché. Ensuite, on lui demande de se déshabiller et il appelle un garçon qui vient coucher elle. Quelques élèves sont venus signaler à la direction qui a mis la main sur cette bande d’élèves », a-t-il précisé. Il souligne  qu’en plus de cette bande, il existe un groupe d’élèves qui joue au jeu de hasard. La direction a convoqué les parents d’élèves qui se sont présentés. Mais parmi eux, la tutrice d’un élève injurié les directeurs des études et les surveillants de tous les maux. A-t-il ajouté « la réaction de la dame a fait que les élèves sont sortis des salles de classe pour jeter des cailloux sur les enseignants. La hiérarchie est saisie et a instruit les enseignants de quitter l’établissement. Depuis ce jour l’établissement est resté fermé parce que les enseignants se sentent menacés », affirme-t-il.

A l’initiative du directeur du CEG, une rencontre a eu lieu ce jeudi 17 mars chez le chef de carré numéro 30 du quartier Chagoua Abdelkader Béchir pour chercher des solutions à ce problème. On prit part à cette rencontre, les enseignants, les représentants de l’inspection départementale de l’éducation nationale, la direction et les chefs de carré. Au menu des échanges, sensibiliser les parents d’élèves pour attirer l’attention de leurs enfants quant à leur comportement déviant. Assurer la sécurité des enseignants pendant les heures de cours. Après échange, les parties prenantes se sont mises d’accord sur deux choses après la reprise de cours. Il s’agit notamment de convoquer les chefs de classe et les parents d’élèves vendredi 18 mars pour les sensibiliser.

Mireille Kladoum Modestine
Ousmane Bello Daouda

Des cas de la rougeole ont été enregistrés dans plusieurs districts sanitaires de la commune de N’Djamena. Parmi ces districts sanitaires, c’est celui du Sud de la capitale tchadienne qui aurait enregistré le plus de cas. Pour lutter contre la propagation et la contamination, le médecin chef de district Sud exhorte les populations à faire vacciner leurs enfants. Reportage.

La rougeole est une maladie contagieuse et virale qui se manifeste par les éruptions cutanées. Les signes apparents sont : avoir des yeux rouges, écoulement nasal, parfois la bouche rouge et accompagnée des fièvres.  Cette maladie apparaît souvent dans les zones sahéliennes, en période de forte chaleur, et touche souvent les enfants de de 0 à 5 ans.

Pour le médecin-chef de district de N’Djamena Sud, Dr Besso Ernest Mahamat, le district sanitaire de N’Djamena Sud a été déclaré épidémique depuis le mois de février dernier. Selon lui, le mois dernier, son district a notifié 4 cas qui ont été confirmés par le laboratoire. Dr Besso Ernest Mahamat révèle, dans sa zone d’intervention, jusqu’à présent, 22 cas ont été notifiés. Ces cas déclarés sont répartis comme suit : 11 au centre de santé d’Atrone, un cas au centre de santé de Boutalbagara, Harangadji a un cas notifié, l’hôpital Notre Dame des Apôtres a 4 cas, l’hôpital de l’Union a enregistré un cas, le centre de santé de la léproserie a un déclaré et confirmé, le centre de santé de SOS village d’enfant, un et le centre de santé de Ndjari a connu un cas.

Au sujet de la riposte, le médecin-chef de strict sanitaire de N’Djamena Sud souligne que pour toute la ville de N’Djamena, sur les 5 districts que compte la délégation provinciale de la Santé et de la Solidarité, 4 sont déjà déclarés épidémiques. Il estime que, vu cette situation, le district sanitaire de N’Djamena Sud ne peut pas organiser seul une campagne.  Le médecin spécialiste en santé publique et nutrition, affirme que le Ministère en charge de la santé publique avec l’appui de ses partenaires ont décidé d’organiser du 23 au 25 mars prochain, une campagne de riposte, où tous les enfants de 0 à 5 ans seront vaccinés contre la rougeole. Il ajoute aussi que cette campagne de vaccination va leur permettre de rattraper les enfants qui ont raté la vaccination contre la rougeole l’année précédente. À propos de son district sanitaire, il note que les cas suspectés ou confirmés ont été pris en charge sur le plan médical.

Pour prévenir contre la rougeole, le médecin-chef de district sanitaire de N’Djamena Sud précise que la meilleure prévention, c’est la vaccination. Il demande aux parents de faire vacciner leurs enfants de 0 à 12 mois contre la rougeole. Il explique qu’une fois que l’enfant est vacciné, même s’il fait la rougeole, ce ne serait pas un cas qui entraînera la mort. Mais, il ajoute que si l’enfant n’est pas vacciné et qu’il contracte la maladie, son cas serait compliqué et cela pourrait causer sa mort. « La meilleure façon de prévenir la rougeole, c’est de se vacciner contre la rougeole, contre toutes les autres maladies évitables par la vaccination », dit-il. Pour le médecin, le district n’a pas encore enregistré les cas de décès liés à la rougeole. La plupart des cas  sont des cas simples pris en charge à domicile.

Le Dr Besso Ernest Mahamat demande aux populations de son district sanitaire, de 23 zones de responsabilité, s’il y a des enfants qui ont des éruptions cutanées, des yeux rouges, ou des nez qui coulent, de les amener dans les centres de santé ou à l’hôpital le plus proche. Cela permettra de confirmer le diagnostic et d’isoler le malade. « Cette stratégie va permettre de réduire l’extension de la maladie ».

Jules Doukoundjé

L’association « Chad Environment Protection » (CEP) est installée à Kournari à environ 50 km de N’Djamena la capitale tchadienne. Elle veut apporter sa contribution pour la lutte contre l’environnement au Tchad. Le CEP produit du Charbon Bio d’une comestibilité très économique à un prix à la portée de toutes les bourses de ménages. Reportage.

L’association « Chad Environment Protection » (CEP) vise comme objectif la protection de l’environnement. Elle lutte aussi contre la déforestation, une véritable solution pour le phénomène de la désertification. La CEP fait un travail de recyclage des déchets. Elle fabrique des charbons bio à base de déchets végétaux sous la supervision de l’entrepreneur Mahamat Abdelsalam.

Le charbon bio est un excellent facilitateur de cuisine pour les ménages mêmes moyens. Il cuit rapidement les aliments et en un temps record. Les tenanciers des points de grillades peuvent faire usage de cette énergie pour répondre vite aux attentes de leurs clients. Ce combustible est d’une qualité remarquable. Il est également économique par sa longue durée, sans fumée ni odeur indésirable. Le Charbon Bio est vendu à seulement, 250 FCFA le kilogramme.

Ce combustible Bio peut frire un plat entier avec seulement un kilogramme. Le sac de 25 kilogrammes avec son foyer est vendu à 7 500 FCFA. La CEP utilise son propre fonds essentiellement pour la cueillette et le transport des déchets. Important, l’association « Chad Environnement Protection » (CEP) s’engage chaque année à planter 1000 plants. Une façon de contribuer positivement à préserver l’environnement.

Le Charbon Bio de l’association « Chad Environment Protection » (CEP), est disponible partout à N’Djamena. Il est un protecteur écologique. Contacts : 63590010 / 93268545

Moyalbaye Nadjasna

Depuis un certain temps, la police et la gendarmerie nationale ont pris l’initiative de présenter les personnes appréhendées au cours de leurs opérations à la presse. Ces personnes présumées sont traitées de tous les noms d’oiseau lors de la cérémonie de présentation. Cette manière a amené le ministre de la justice chargé des droits humains Mahamat Ahmad Alhabo à sortir une note qui interdit aux procureurs et substituts d’assister à ces genres de cérémonies. Reportage.

Cette note est signée depuis le 11 mars prochain avant le départ du ministre pour Doha. Mais elle est rendu publique que ce 15 mars 2022. Le ministère de la justice fait remarquer dans la circulaire que le ministère en charge de l’administration du territoire et de la sécurité publique excelle dans une pratique qui consiste systématiquement à présenter dans leurs locaux, avec un grand renfort médiatique, toutes personnes appréhendées par les agents de la police nationale ou de la gendarmerie au cours de leur opération. Et ce, très souvent en présence des représentants du ministère publique.

La note instruit les procureurs de la République ou leurs substituts à ne plus assister à la cérémonie de présentation de ces personnes appréhendées pour quelque motif que ce soit. Pour le ministre, ces personnes qui sont exposées sous les projecteurs et caméras au cours d’une cérémonie sont qualifiées de voleurs, malfrats et bandits de grands chemins. Cette pratique ternit l’image de l’institution judiciaire du pays a-t-il noté. Pour le ministre de la justice, ces personnes sont des présumées coupables et comme tel, il n’est pas question qu’on leur attribut des qualificatifs avant leurs procès. Il fait mention des dispositions de l’article 11 de la charte universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 pour appuyer sa thèse. L’article dit que « Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumé innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établit au cours d’un procès public ou toutes les garanties nécessaires à sa défense lui aurait été assurée ».

Le ministre de la justice chargé des droits humains indique que ces pratiques n’ont pour seul objectif d’humilier et porter ainsi atteinte à la dignité de ces personnes présumées innocentes et constituent des actes de traitements inhumains, dégradants et humiliants. Il rappelle que cette pratique est interdite par les dispositions de la déclaration universelle des droits de l’Homme ainsi que la charte de transition de la République du Tchad dans son article 10.

Kouladoum Mireille Modestine et
Ousmane Bello Daoudou

Le leader de Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), l’un des principaux groupes rebelles tchadiens, Mahamat Mahdi Ali, exige que le gouvernement de transition et les politico-militaires soient traités sur le même pied d’égalité au cours des pourparlers à Doha au Qatar. Il souhaite aussi que le gouvernement qatari reprenne sa casquette de modérateur. Cette position du chef rebelle est vu par certains analystes comme un manque de confiance et une méfiance dans cette phase de pourparlers. Reportage

Le départ de l’ancien président Goukouni Weddeye de l’ancien comité technique spécial (CTS) serait à l’origine, sinon de l’aggravation de la méfiance entre le gouvernement et les groupes politico-militaires en pourparlers à Doha au Qatar. Le principal chef rebelle des politico-militaires, le responsable principal du FACT, Mahamat Mahdi Ali, exige l’égalité entre le gouvernement de transition et les groupes rebelles en négociation pour le dialogue national inclusif (DNI) en mai prochain. Il souhaite aussi que le gouvernement qatari reprenne en main la médiation. Cette position du chef rebelle et la suspension à la fin de la matinée des cérémonies d’ouvertures font croire à certains analystes tchadiens que c’est le manque de confiance entre le gouvernement et les politico-militaires qui seraient la cause de cette situation.

Pour l’ancien ministre de la Justice, Garde des Sceaux, le Pr Ahmat Mahamat Hassan, le président du FACT Mahamat Mahdi Ali souhaiterait que le Qatar joue son rôle de médiateur entre les belligérants notamment. L’ancien ministre souligne que la rencontre de Qatar est marquée par une forte méfiance des uns et de autres. Selon lui, les politico-militaires accusent le gouvernement de transition et le CMT d’avoir un agenda caché, celui de la conservation du pouvoir et qu’ils voudraient seulement utiliser la rencontre comme une sorte de faire-valoir de la légitimation et non pour discuter des choses fondamentales pouvant l’engager et remettre en cause son pouvoir. Pour le Pr , M. Mahdi doit comprendre que la rencontre de Qatar ne discute pas de questions fondamentales, elle doit discuter seulement des conditions de participation au dialogue national inclusif. Il précise que les questions de fond seront à discuter lors du DNI prévu le 10 mai prochain. Il ajoute que Doha est une rencontre préparatoire, mais, note-t-il, malgré cela il faudrait que la sélection des différents politico-militaires qui doivent prendre part au dialogue doit être rigoureuse pour que le dialogue ne soit pas une sorte de kermesse pour cacher un agenda. Dans une analyse neutre, l’ancien ministre de la Justice, sous le règne du Président Idriss Deby, soutient que dans les débats, que ce soit le pré-dialogue à Doha ou le DNI, prévu pour le 10 mai, la question centrale qui devrait être partagée par tout le monde, c’est organiser les élections générales sur la base d’une nouvelle Constitution pour doter le pays d’un pouvoir qui émane de la volonté des Tchadiens.

Aux dernières nouvelles provenant de Doha, la suspension des travaux est rallongée de 48h.

Jules Doukoundjé

Le glaucome est une maladie de l'œil qui provoque une diminution irréversible du champ de vision. La personne qui en souffre peut devenir aveugle si elle ne reçoit aucun traitement. Selon Dr Mahamat Ahmat Dicko, médecin ophtalmologiste au CHU la Reference Nationale et au Cabinet d’ophtalmologique « Espoir de vue », le glaucome endommage le nerf optique. IalTchad Presse s’est entretenu avec lui. Le médecin insiste sur le dépistage et la sensibilisation du glaucome. A un stade avancé de la maladie, il n’y aura plus de solution. Interview.

Qu’est-ce que le glaucome ?

Le glaucome par définition est une maladie du nerf optique. Ce nerf relie l’œil au cerveau, transmet les informations de la vue au cerveau. Le glaucome détruit les fibres optiques au niveau de la papille, qui est l’émergence du nerf optique au niveau de la rétine. Au fur et à mesure, ces cellules nerveuses au niveau de la papille sont détruites sous l’influence d’une hyperpression (augmentation de la pression au niveau de l’œil) qui est le facteur principal de survenu de cette maladie.

Qu’est-ce qui est à l’origine du glaucome ?

Dans l’étiologie ou la cause, en médecine on parle en termes de facteurs de risques. Il y a d’abord ce qu’on appelle l’augmentation de la pression oculaire. Cette pression fait souffrir le nerf optique en permanence et affaiblit les cellules au niveau du nerf optique qui à la longue peut entrainer la cécité. Ce sont des facteurs de risques héréditaires. Alors si on présente le glaucome cela veut dire qu’on a hérité d’un de nos parents. Soit du côté paternel ou du côté maternel.

Quels sont les traits caractéristiques du glaucome ?

Alors, le principal signe du glaucome c’est seulement la perte de la vue. Ce qui est dommage, les gens nous arrivent à des stades tardifs. C’est une maladie qui n’entraine pas de douleurs et il n’y a pas de symptôme qui peuvent alerter d’autant plus que la perte visuelle est progressive. Et donc si la personne qui souffre de cette maladie n’est pas très attentionnée, elle se fera découvrir tardivement. En général, la plupart des personnes qui viennent des zones reculées arrivent à un niveau très avancé avec une visibilité presque nulle. Il faut souligner que la perte de vue est irréversible. Si on reçoit un patient à un niveau avancé de glaucome, l’objectif du traitement consiste à bloquer la maladie. La vision qui est perdue est irrécupérable. Jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas des thérapeutiques qui pourront récupérer la vue perdue.

Alors que conseillez-vous à la population ?

Nous appelons la population, surtout tous ceux qui ont des antécédents familiaux de glaucome, cela veut dire les gens qui ont des parents glaucomateux, doivent faire le dépistage chaque année. Cela afin de pouvoir le dépister rapidement et instaurer très rapidement un traitement qui permettra de bloquer la maladie dès son début.

Existe-t-il des statistiques au niveau national ?

Le glaucome n’est pas récent mais une vieille maladie qui existe depuis longtemps. Malheureusement au niveau du cabinet, on n’a pas de statistiques encore. Nous envisageons des études au niveau du cabinet et à l’hôpital pour avoir de statistiques exactes. Mais il faut savoir que dans le monde il y a autour de 80 millions de personnes qui souffrent de glaucome. Et 7 millions sont déjà aveugles. Une cécité qui est irréversible. Lorsqu’on est atteint par le glaucome et qu’on développe une cécité, aucun plateau technique dans le monde ne dispose une solution thérapeutique assez important. Malheureusement ces patients vont faire de navette entre les grandes nations qui ont la médecine évoluée mais cela ne servira à rien. On donne de calmants pour atténuer la douleur si nécessaire mais la vision n’est récupérable. Le dépistage précoce est le maitre mot qu’on soit issu de la famille glaucomateuse ou pas.  Prendre sa tension intraoculaire pour se prévenir.

Quelle est la situation dans votre cabinet ?

Ici je reçois tout le temps les patients. Rien que ce matin, J’ai reçu au moins 3 patients qui présentent le glaucome. Mais je voudrais dire qu’au Tchad, il n’y a pas de données récentes de la prévalence de glaucome. Toutefois, des études sont en vues pour donner de statistiques propres au pays. Cependant c’est un problème de santé mondiale. J’ai été au Sénégal et au Mali où on avait fait des études qui sont superposables à presque tous les pays de l’Afrique subsaharienne. Selon les données récentes de la France, 800 000 personnes sont suivies, 400 000 présentent le glaucome sans le savoir. Seule solution, c’est la sensibilisation et le dépistage.

Est-ce qu’il y a une stratégie nationale de sensibilisation ?

Vous savez, au niveau national, il y a un programme National de lutte contre la Cécité au sein du ministère de la Santé Publique. Ce programme normalement est sensé initié des études et des stratégies nationales de lutte contre le glaucome mais ce qui ne se fait pas actuellement. Nous avons fait de suggestions à ce Programme pour assoir de stratégies de lutte contre le glaucome qui sont en cours.

Quelles sont vos recommandations en faveur de la population tchadienne ?

Ce qu’il faut retenir le glaucome est une maladie de nerf optique. C’est un nerf qui relie le globe oculaire au cerveau. C’est pareil comme un fil électrique avec de bornes différentes, si une borne est coupée, il n’y aura plus de lumière. Le stade ultime du glaucome c’est la cécité. Si on n’a pas la vue, on n’a pas la vie. J’insiste pour dire aux membres de familles glaucomateuses de faire de consultation chaque année pour le dépistage. Il n’y a pas d’âge, les parents et les enfants tous sont appelés à faire le dépistage. Lorsqu’on découvre tôt le glaucome, on peut administrer le traitement pour éviter la cécité. Il est bien dommage que la plupart des patients qui nous viennent des villages ont une perte de vue très avancée. Ils ont constaté la baisse de vision tôt mais par négligence ou manque de d’informations, ils perdent leur temps auprès des charlatans. Au moment où ils viennent chez un ophtalmo, c’est déjà trop tard.

Interview réalisée par

Moyalbaye Nadjasna

Depuis quelques semaines, les réseaux des deux compagnies de téléphonies mobiles sont médiocres. Les appels et connexions Internet sont de très mauvaise qualité. Converser jusqu’au bout sans que la communication ne soit perturbée, presque inaudible est quasi impossible. Les appels sont coupés à tout moment, les abonnés ne cessent de maudire les 2 compagnies qui ont le monopole de la téléphonie au pays. Reportage

Des appels qui s’interrompent abruptement, le réseau qui lâche, la connexion Internet qui tourne dans le vide jusqu’à l’épuisement des mégas bits, mais les abonnés sont toujours facturés par les deux compagnies au même prix. Ce sont les difficultés quotidiennes auxquelles fait face le consommateur tchadien. Quelques consommateurs rencontrés se plaignent.

Pour Labeu Martine étudiante, à chaque fois qu’elle veut faire des recherches, elle pique une colère. « Je n’arrive pas à ouvrir même une page d’accueil surtout à 20h. La qualité du réseau est tellement désagréable qu’il est difficile, voire impossible, quelques fois de faire ce pour lequel tu as acheté les MB », précise-t-elle. Selon l’étudiante, les enseignants maintenant ont changé leur méthode d’enseignement. Ils envoient les cours par WhatsApp à votre délégué qui le partage à son tour dans le groupe. C’est la connexion Internet permet de télécharger les cours afin d’atteindre l’enseignant pour les explications. Mais la connexion est devenue un luxe. L’accessibilité est compliquée.

Un autre consommateur se plaint du fait que ses appels n’aboutissent pas. Mahamat Brahim ne supporte pas cette mauvaise prestation de service. « Quand j’appelle pour prendre les nouvelles de mes parents, c’est n’importe quoi. Il fallait insister à plusieurs reprises pour que les appels aboutissent. Les réseaux ces deux compagnies-là ce n’est pas la peine ». Mahamat Brahim demande à l’autorité régulatrice de défendre la cause des consommateurs tchadiens.

Pour le président de l’Association pour la Défense des Droits des Consommateurs ADC El hadj Daouda Adam, cette perturbation de réseau est passagère. Il souligne qu’elle est due aux travaux de mise à niveau qui se font maintenant chez les compagnies mobiles. « Peut-être que nous allons prendre notre mal en patience pour le déploiement de tous les investissements liés à l’installation des fibres optiques. La baisse du prix d’accès à Internet et autre nécessite une mise à niveau du réseau », affirme-t-il. Selon lui, il faut mettre cette perturbation sur le dos des réaménagements pour la qualité de service, mais cela ne peut pas servir d’excuse aux opérateurs des téléphonies.

En même temps, Daoud demande aux consommateurs qui ne sont pas satisfaits des services d’une des deux compagnies de la quitter. « Si les compagnies ne se soumettent pas à nos exigences en tant que consommateurs, qu’on refuse d’utiliser leurs produits.  Peut-être que cela va les pousser à se poser des questions quand leurs chiffres d’affaires vont baisser », a-t-il indiqué. Il ajoute qu’en tant que citoyen, on peut appeler le service client pour dire à l’opérateur qu’on n’est pas satisfait. Le président de l’ADC appelle enfin les consommateurs à la culture de la réclamation. Adam aimerait que les Tchadiens se plaignent sur tous les services étatiques, pas seulement sur les téléphonies mobiles.

Kouladoum Mireille Modestine
Ousmane Bello Daouda

Le personnel médical pour la commune de N’Djamena demande plus de sécurité dans leurs lieux de travail. Ils font souvent l’objet d’agression surtout pendant les permanences de nuit. Le 28 février dernier, un infirmier a été agressé par un patient à l’hôpital de la paix de Farcha. Cette unième agression a poussé le syndicat du personnel soignant à exiger plus de protection. Ils donnent 3 jours aux autorités de tutelle pour trouver une solution, sinon ils vont jeter les blouses et déclencher une grève. Reportage.

Les agressions contre le personnel médical sont monnaie courante ces derniers temps dans la ville de N’Djamena. Plusieurs médecins et infirmiers sont souvent agressés par les patients. Cette situation d’insécurité qui sévit dans les structures sanitaires et sociales inquiète les hommes en blouses blanches. Le 28 février dernier, un infirmier de garde a été agressé par un patient blessé à l’hôpital de la Paix de Farcha, dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena.

Pour le médecin-chef de district, Ahmat Achene Brahim, un patient est venu avec une blessure derrière l’oreille et quand il était arrivé, les infirmiers s’occupaient d’autres malades. Selon lui, il saignait et un infirmier l’a aidé à arrêter le saignement en attendant la prise en charge. « Mais il refuse de patienter et se met à boxer l’infirmier en lui exigeant d’abandonner l’autre malade et de s’occuper de lui », dit Dr Ahmat Achene Brahim. Le médecin-chef explique aussi les deux autres patients étaient blessés par le même agresseur. Le patient agresseur a menacé de tuer l’infirmier et ses collègues étaient obligés d’appeler la police. L’agresseur a été maîtrisé par les forces de sécurité et conduit au commissariat de police de Farcha.

Le médecin chef de district Nord de l’hôpital de la Paix de Farcha affirme que les agressions sont monnaie courante à son établissement. Il dit avoir interpellé plusieurs fois sa hiérarchie et les autorités en charge de la sécurité publique afin d’assurer la sécurité du personnel, surtout ceux qui sont en permanence dans les urgences. Le personnel médical de l’hôpital de la Paix de Farcha exige sa protection pendant les heures de gardes et demande que le patient agresseur soit poursuivi et jugé pour agression.

Dans la même veine, Dr Guilia Tampi Babegue, médecin généraliste à l’hôpital de la Paix de Farcha, indique qu’un patient agresse un infirmier qui est là pour le soigner. Elle estime que les autorités doivent régler le problème incessant d’insécurité qui sévit dans les hôpitaux et les centres de santé de N’Djamena. Au sujet du comportement agressif de certains patients dans les hôpitaux, Dr Guilia Tampi Babegue relativise en disant que si l’on fait une bonne analyse, les responsabilités devraient être partagées. Selon elle, dans certains hôpitaux du pays, il y a un réel problème d’accueil. Elle précise que de fois certains patients frustrés et mal accueillis, deviennent souvent violents. Pour le cas de l’hôpital de Farcha, elle souligne que le patient était ivre. Il était aussi blessé par ses amis au cours d’une altercation. Le médecin généraliste suggère que l’État affecte les agents de sécurité dans les hôpitaux pour assurer la sécurité du personnel, surtout lors des gardes de nuit.

Le syndicat national des travailleurs des affaires sociales et de la santé (SYNTASST) donne un préavis de grève de 3 jours allant du 14 au 16 mars pour réclamer la traduction en justice de l’agresseur. Le syndicat exige aussi la mise en place des agents de sécurité dans les structures sanitaires. Passé ce délai, le personnel va observer une grève avec un service minimum.

Jules Doukoundjé

La gare routière d’Abéché sis au quartier N’Djari à l’Est de N’Djamena est une gare où l’insécurité, les arnaques des clients, sont monnaie courante dans les couloirs des agences de transport. Tout se déroule alors que toute une unité de sécurité est présente en ce lieu. Le syndicat national des Courtiers et Fret commissaire des Transports du Tchad (SNCFCTT) et quelques agenciers rencontrés sur les lieux déplorent cette situation qui perdure. Reportage.

L’entrée de la gare routière d’Abéché pose problème à certaines heures. Le syndicat national des Courtiers et Fret commissaire des Transports du Tchad (SNCFCTT) se plaint du désordre des courtiers illégaux qui infiltrent leur milieu. Pour M. Adam Mahamat Ousmane, Secrétaire Général (SG) de ce syndicat, leur rôle c’est d’assurer les convoyages des marchandises et des frais de déchargements. Le courtier, dit-il, est un auxiliaire de transport, garant des marchandises. Le syndicaliste rappelle que leur activité est réglementée par un décret du 14 avril 1983.

Aujourd’hui selon M. Adam, chacun porte le manteau de courtier et s’installe comme il veut à la gare routière.  Il signale un autre problème, les bandits de toute nature circulent librement dans les couloirs et volent les passagers.  À son avis, les courtiers illégaux qui infestent leur environnement arnaquent les paisibles citoyens qui viennent pour voyager.  Un phénomène d’insécurité inquiétant sévit à tout moment à la gare routière d, souligne Adam. « J’appelle les autorités, surtout celle de la sécurité, le ministère en charge de transport afin de trouver une solution définitive à ce problème. De telles choses ternissent notre image et mettent la vie de nos concitoyens en danger », dit le SG du SNCFCTT.

Il informe que la seule et unique gare routière officielle à N’Djamena c’est celle d’Abéché. Celle du quartier Lamadji à la sortie nord de la ville n’est pas encore opérationnelle. Il soutient que tous les voyages vers le Nord, Est, et Centre peuvent s’effectuer à partir de la gare routière d’Abéché. Il plaide pour qu’une mesure soit prise par les autorités afin d’arrêter ce désordre. « Regardez à l’entrée de notre gare routière, il y a tout le corps, mais les bandits déambulent sans être inquiétés. Quel est leur rôle ici ? C’est vraiment un défi à relever. Tout ce qui les intéresse c’est prendre les formalités des camions. À mon avis ils sont déployés ici pour assurer la sécurité des biens et personnes », lance M. Adam. Il déplore surtout les intrus qui continuent d’arnaquer leurs clients avec des faux reçus.

Selon lui, les gens alignent les bus aux bords du goudron pour embarquer les passagers mêlés aux bandits. Nous le regrettons parce que de cas d’accidents mêmes mortels ont été signalés sans qu’une mesure ne soit prise. « Une fois ils ont même bloqué le cortège du président de l’Assemblée nationale. Comme ce sont des informels, ils cherchent leurs clients et oublient la légalité. Il a fallu l’intervention de la police pour dégager la voie », insiste le syndicaliste.

M. Idriss Abdallah est aussi un des courtiers d’Abou Hamama, il refuse d’être photographié, mais il parle. Pour lui, ce sont des « bogobobgo » qui s’incrustent pour faire leurs affaires louches. Certains clients naïfs et des novices tombent chaque jour dans le piège de ces bandits, dit-il. « Ce que je reproche à mes compatriotes, ils aiment trop la facilité. Au lieu de se rapprocher de nous, ils se laissent facilement avoir par ces arnaqueurs. Ces gens sont des voleurs affûtés et subtils, leurs reçus ne portent pas de cachet. Les voleurs sont omniprésents, mais chacun doit être vigilent », dit l’agencier. Pour Idriss Abdallah, si tu mets de la viande dans la bouche d’une hyène, il va la manger sans hésitation. « Je prie la sécurité de faire son travail normalement pour garantir la sécurité de nos clients », alerte-t-il.

Moyalbaye Nadjasna

Les pourparlers avec les politico-militaires de Doha au Qatar sont ouverts hier, mais suspendus à la fin de la matinée. Le groupe armé Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (Fact) a quitté la salle pour exprimer son mécontentement dénonçant la pléthore des groupes armés pour diluer le poids des politico-militaires. Certains analystes et leaders de la société civile craignent que le départ du FACT et la suspension des pourparlers mettent en mal le processus du dialogue national inclusif (DNI), prévu en mai prochain. Reportage.

Les pourparlers entre les groupes politico-militaires ouverts hier à Doha au Qatar devraient permettre à tous les groupes rebelles tchadiens de participer au dialogue national inclusif (DNI), prévu au mois de mai prochain. Mais les travaux ont été suspendus en fin de matinée.

Pour le ministre tchadien des Affaires étrangères, Cherif Mahamat Zene, le plus important est que tous les invités sont présents. Il préfère que le FACT revienne sur la table des pourparlers. Selon lui, les responsables du FACT n’ont pas quitté la salle à cause du gouvernement, mais à cause de l’organisation. Cherif Mahamat Zene souligne que la suspension permettre aux deux parties de mettre en place de groupes de travail. Il espère que le FACT fera partie de ce groupe de travail pour revenir en salle et aborder les questions de fond. Au sujet du nombre des participants retenus, le ministre indique que c’est le travail du comité technique spécial (CTS), dissous. Il ajoute que ce débat ne concerne pas le gouvernement.

Selon le Pr Ahmat Mahamat Hassan, le départ du FACT de la salle n’est pas une surprise vu le début du processus engagé par le gouvernement de transition. Selon lui, le FACT a été contacté par le premier comité technique spécial dirigé par l’ancien président Goukouni Weddeye et avec lequel ils sont parvenus à un certain nombre de garanties et de points. Pour le Pr Ahmat, l’ancien président représentait la garantie et l’assurance pour le groupe rebelle pour intégrer le DNI prévu en mai pour une refonte du Tchad. Les rebelles de ce groupe estiment que depuis le départ du Président Goukouni, ils n’ont plus la garantie quant à la sincérité du gouvernement. « Ils pensent qu’avec ce grand nombre des politico-militaires qui se retrouvent à Doha, la majorité n’a pas de troupes sur le terrain pour inquiéter le CMT au pouvoir », explique -t-il. L’analyste politique note aussi que le regroupe rebelle pense que le Conseil Militaire de Transition (CMT) a un agenda caché pour noyer le vrai débat. L’ancien ministre de Justice, Garde des Sceaux, argumente en soutenant que le FACT pense qu’on les utilise pour légitimer le gouvernement de transition et le pouvoir du CMT qui n’a pas la volonté réelle d’aller vers un vrai dialogue. Et aboutir à une nouvelle constitution. « Le groupe rebelle soupçonne le gouvernement de transition et le CMT de ruser pour conserver le pouvoir ».

Abondant dans le même sens, le coordonnateur de Wakit Tama, Max Loalngar, affirme que cette suspension est le témoignage de l’existence des problèmes réels à résoudre. Pour lui, ce sont des problèmes qu’ils ont toujours dénoncés. Selon lui, si l’on prend le format de ce dialogue, l’on se rendra compte qu’il y a plus de 50 groupes politico-militaires. Alors que sur le terrain, les Tchadiens savent et le monde sait qu’il n’y a que 5 groupes politico-militaires actifs sur le terrain qui peuvent menacer la paix. Le coordonnateur estime que c’est avec ces 5 groupes qu’il faut négocier. « Nous avions dit que cette négociation ne saurait réunir uniquement les politico-militaires qu’il faut aussi associer les forces vives de la nation », dit le défenseur des droits humains. Il estime que ce qui se profile, c’est ce que le CMT veut servir en mai.  Il dit avoir toujours dénoncé le fait qu’il ait un nombre pléthorique avec des applaudisseurs pour dénaturer le débat. C’est ce qu’ils veulent faire là-bas. Le coordonnateur de Wakit Tama soutient que ce n’est pas surprenant que ces assises aient été suspendues dès le début.

Jules Doukoundjé 

  1. Arts & Culture
  2. Musique
  3. Mode-Beauté

-Vos Annonces sur le site Ialtchad Presse-

  1. Divertissement
  2. Sports
  3. Mon Pays