Du 5 au 26 juin 2022 se déroule la Compétition féminine Vacances Lifes à la Maison de la culture Baba Moustapha dans le 3e arrondissement de la capitale tchadienne au quartier Ambassatna. Durant un mois, les jeunes filles venues de dix-neuf établissements privés et publics de N’Djamena vont s’affronter sur les rubriques : danses, interprétations et enfin clôturer la compétition avec l’élection miss. Reportage.
Depuis 2009, la Compétition féminine Vacances Lifes se déroule à la Maison de la Culture Baba Moustapha pendant les vacances et regroupe plusieurs établissements publics et privés de N’Djamena. Pour cette année, 19 établissements prennent part à cette compétition. Il s’agit du lycée Technique Commercial, du lycée de Gassi, de la Concorde, du Communal, Assemblée chrétienne, etc. L’âge requis pour participer est entre quatorze 14 et 18 ans. Cette compétition va se dérouler chaque dimanche du mois du juin. Le calendrier établit comme suit : le 5 juin c’est la présentation, suivra le quart de finale ce 12, la demi-finale le 19 et la grande finale le 26 juin.
Pour Foré Yacoub Traoré, promoteur culturel et organisateur, cette compétition est exclusivement réservée aux jeunes filles. Il affirme que les jeunes filles sont très souvent discriminées. Et ajoute que cette compétition a été mise sur pied afin de pouvoir permettre aux filles de montrer leurs talents, de se créer un profil atypique que ce soit dans la musique, la danse et le monde de mannequinat. Foré Yacoub Traoré estime que la danse, la musique dans notre monde d’aujourd’hui rapporte beaucoup financièrement, cette compétition peut-être une opportunité aux filles de sortir le meilleur d’elles-mêmes afin de devenir de grandes musiciennes et danseuses, dit-il.
Malgré la forte volonté des organisateurs, cette compétition demeure sans sponsor. « J’ai les larmes aux yeux quand on me parle de sponsor. Toutes les démarches ont été faites pour le financement de cette compétition, mais, hélas, il n’y a que des promesses sans actes », conclut Foré Yacoub Traoré.
Abderamane Moussa Amadaye
Ousmane Bello Daoudou
Le tchadien Attié Djouid Njar-Nalbi a participé à la première édition du festival international du livre gabonais et des arts tenu à Libreville le 27 mai dernier. Il a obtenu le premier prix Filiga de l’engagement littéraire africain. Il rentre combler du sacre et dédie le trophée au peuple tchadien. Reportage
« Un grand honneur pour le Tchad, pour ma modeste personne en tant qu’écrivain et pour toute la littérature tchadienne. Arracher un trophée à main levée lors d’un festival qui a vu la participation des pays africains francophones ajouter à ceux-là, la France et le Canada ce n’est pas facile. La première des choses qui m’est venue en tête quand j’ai reçu ce prix, c’est le Tchad. Ce beau pays avec ce beau monde, ces Tchadiens que j’aime beaucoup. Je leur dédie ce prix » tel est le sentiment qu’a eu Dr Attié Djouid Njar-Nalbi enseignant en littérature à l’université Adam Barka d’Abéché.
Pour le récipiendaire, c’est un prix de l’engagement littéraire africain alors l’émotion et la joie était à son comble. Il déclare que tant qu’il est en vie, il va s’efforcer davantage pour rehausser le Tchad. Dr Attié d’ajouter que si les autres Sao tchadiens ratent les coups de l’autre côté, il faut dire haut et fort que la littérature tchadienne avance très bien. Il se réjouit de ce trophée surtout que c’est ces deux ans consécutifs il a reçu des prix. En 2021 au meeting international du livre francophone d’Abidjan et le sacre du festival du livre gabonais en 2022.
Écrivain engagé, il est a à son actif 8 ouvrages publiés dans différentes maisons d’éditions d’ici et d’ailleurs. Dr Attié Djouid Njar-Nalbi déplore le fait que les autorités tchadiennes de manière générale et le ministère de tutelle en particulier ne soutiennent pas les écrivains. Il garde du ministère de la Culture un mauvais souvenir. « J’ai dit à mes amis, il faut qu’on parte. Il ne fallait pas que le Tchad soit absent à ce rendez-vous africain. On a fait le voyage par voie terrestre avant de prendre le vol au niveau de Douala ou on a eu toutes les tracasseries du monde. On n’a pas reçu de l’aide, nous avons fait les choses avec nos propres moyens », explique-t-il.
Dr Attié inspire et continue à inspirer certains de ses étudiants qui sont aujourd’hui à leur troisième ouvrage. Selon lui, lorsqu’il voyage, les gens lui posent des questions relatives à la littérature jeune. Il affirme que maintenant, la littérature jeunesse commence à prendre sa place. « La seule chose que je peux dire aux jeunes qui veulent écrire, c’est d’avoir le temps quand on veut avoir une œuvre de qualité. La qualité exige le temps. Un bon écrivain est un bon lecteur, une personne cultivée. Un homme de lettres, un écrivain c’est celui-là qui construit l’homme, c’est celui qui détient la culture. Alors il faut se cultiver davantage à travers la lecture et tout ira pour le mieux », conseille-t-il.
Kouladoum Mireille Modestine
Les avocats tchadiens viennent de suspendre leur grève déclenchée il y a quasiment un mois suite à l'arrestation des personnes et surtout leurs confrères lors de la marche autorisée, le 14 mai dernier. Une décision commune prise à l'issue d'une Assemblée générale organisée ce mercredi, 8 juin 2022 au centre culturel Al-Mouna de N'Djamena, Tchad. Reportage.
Le Bâtonnier Me Dionro Laguerre Djerandi à la sortie de l'Assemblée générale, déclare qu'ils ont cessé le travail suite à l'arrestation des personnes après la marche du samedi 14 mai dernier. « L'audience foraine a fini par une condamnation d'un an avec sursis. Nous nous sommes retrouvés en Assemblée générale pour évaluer tout cela. Unanimement, nous avons décidé de la suspension de la grève en espérant que la Cour d'Appel qui sera saisie et qui a un pouvoir d'évocation entende le droit et que cette décision de condamnation soit purement et simplement annulée », dit le Bâtonnier. A son avis, cette condamnation n'a pas sa raison d'être. Il estime que même si c'est une condamnation avec sursis, c'est une condamnation. Autrement, le problème n'est pas entièrement résolu, insiste-t-il.
Me Laguerre soutient qu'ils reprennent leurs activités en attendant d'attaquer cette affaire-là à la Cour d'Appel pour son annulation. « De notre évaluation, il se dégage que notre revendication ultime n'a pas été prise en compte. Nous avons demandé une libération pure et simple de ces personnes, car un procès ne devait pas avoir lieu, mais il a fini par avoir eu lieu », dit l'avocat. Il déplore les conditions d'arrestations de ces personnes et toute la procédure qui a suivi jusqu'au procès en audience foraine à Moussoro. Pour le Bâtonnier ce n'est pas une surprise. D'après lui, ils ont eu plusieurs échanges, mais si au niveau du parquet ils apprennent que les instructions leur venaient d'un haut niveau, rien de surprenant.
Toujours selon Me Laguerre, ce sont les juges de siège qui sont indépendants qui ont rendu cette décision. Au regard du droit dit-il, ils auraient pu faire autrement. « Mais la question de leur indépendance, vous le savez que l'indépendance du pouvoir judiciaire pose problème. C'est un problème réel dans ce pays. Notre lutte de chaque jour est que le pouvoir judiciaire soit véritablement indépendant de l'exécutif et du législatif. A l'égard des juges, nous disons que l'indépendance judiciaire s'arrache », affirme l'avocat. Les magistrats, soutient-il, doivent eux-mêmes être déterminés afin de faire œuvre utile, d'être plutôt esclave de la loi et non de quelqu'un ou d'une institution. Le Bâtonnier pour se résumer affirme que tous les acteurs judiciaires doivent s'impliquer dans cette lutte pour faire rayonner la justice tchadienne. « Pour nos confrères avocats, en attendant que la décision ne soit appréciée par la cour d'Appel, ils peuvent effectuer normalement leurs activités d'avocats », clarifie-t-il.
Moyalbaye Nadjasna
Classé avant dernier pays au monde en termes d’accès à l’énergie par la Banque Mondiale (BM) en avril 2021 avec 11,8%. Le Tchad fait partie des pays où le délestage intempestif est récurrent. La population a très peu accès. Les secteurs public et privé en sont victimes. Les hôpitaux considérés comme des lieux sensibles où l’électricité devrait être en permanence sont aussi touchés. L’équipe de Ialtchad Presse est allé dans quelques hôpitaux et cliniques de la capitale pour le constat. Reportage.
Si hier la population et quelques institutions publiques et privées sont dans le noir, le délestage contamine même les services hospitaliers. Le constat est amer. De l’hôpital polyclinique Chérif Kachallah Kasser en passant par l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine et la Clinique Médico-chirurgicale Al-Shifa, personnels et responsables se plaignent.
À l’hôpital polyclinique Chérif Kachallah Kasser, situé dans le 3e arrondissement de la capitale tchadienne, sis au quartier Ambassatna il est 10h Personnels infirmiers, médecins, responsables administratifs et patients tous étaient présents, mais sans énergie électrique et dans l’obscurité. La plupart des administrateurs de l’hôpital utilisent l’éventail ou un bout de papier pour se rafraîchir. Les patients, impuissants, sont abandonnés dans la chaleur des salles ou dans la cour.
Pour Banterné Nojie, sage-femme et responsable, plus de quatre (4) semaines que l’hôpital souffre de délestage. La SNE (Société Nationale d’Électricité) ne fournit plus de l’énergie dans cette structure sanitaire, dit-elle. Pour elle, la maternité demande de l’électricité pour son bon fonctionnement. «En cas de saignement, il faut impérativement un bilan auprès du laboratoire afin de bien prendre en charge la patiente, mais sans l’électricité nous avons un sérieux problème et ça risque de mettre la vie de la patiente en danger », affirme-t-elle. Quant au Médecin en Chef de cet hôpital, Dr Tidjani Abou Nassib, le délestage est devenu très fréquent. Il ajoute aussi que cela un impact sur la prise en charge des patients et ralenti les travaux au sein de l’hôpital. Il souligne que « le laboratoire, l’échographie, la maternité, la réanimation, l’oxygène… ne fonctionnent qu’avec l’énergie. Sans électricité, la vie des patients est en extrême danger ». Pour pallier au délestage, Dr Tidjani Abou Nassib dit qu’un groupe électrogène a été mis en marche, mais ce n’est pas suffisant, « avec la chaleur il faut un temps de repos pour le groupe, il faut du gasoil… ce n’est pas du tout facile sans électricité », dit-il.
À l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine situé dans le 8e arrondissement de la capitale derrière l’ancien hôtel Kempinski, il est 11h. Les bourdonnements des groupes électrogènes envahissent presque tout l’hôpital. Il y a délestage. La majorité des groupes sont en marche et alimentent une grande partie de cette institution hospitalière. Selon Moussa Adoum, technicien de laboratoire, le délestage est devenu récurrent, mais la direction de notre institution a pris des dispositifs nécessaires en installant des groupes électrogènes automatiques en subdivisant par secteur. Il soutient que délestage à un impact négatif dans leurs travaux de laboratoire « quand il y a délestage, en labo, nous allons reprendre tout à zéro et nous perdons des réactifs, ce qui bloque la coordination du travail », martèle-t-il. Pour Dr. Allarassem Diaz Kody, technicien supérieur en Anesthésie Réanimation, le délestage a un impact négatif sur le résultat de leur travail. Il dit que le bloc opératoire, la chirurgie, l’anesthésie nécessitent de l’énergie. « Lorsqu’il y a délestage en pleine chirurgie, les appareils s’arrêtent, nous ne pouvons plus contrôler les paramètres du malade, le respirateur pour oxygéner le malade, s’arrête aussi et il y a grand risque que le patient meurt », confie-t-il.
À la Clinique Médico-chirurgicale Al-Shifa, située dans le 8e arrondissement non loin du lycée la Fidélité, il est 12h. Lorsqu’on entre dans l’enceinte de la cour on est saisi par le vrombissement du groupe électrogène, signe qu’il y a délestage à la clinique. Pour Balamto Etienne, Directeur administratif de cette clinique, la SNE est dans les oubliettes, le délestage est monnaie courante. Il ajoute même s’il y a de l’énergie, il y a une faible capacité de pouvoir alimenter la clinique. Pour remédier à ce problème, deux groupes électrogènes sont mis à contribution. Balamto Etienne affirme que « les 2 groupes électrogènes consomment 2 fûts de gasoil, soit l’équivalent de 250.000 FCFA par jour ». Selon Madet Lévis, laborantin, le délestage a un impact négatif son travail et sur les patients. Il relève que la clinique dispose des appareils qui nécessitent de l’énergie. Il ajoute que « sans électricité nous n’arrivons plus à effectuer certains examens et c’est un manque à gagner tant pour la clinique que pour les patients » conclut-il.
Rappelons que le délestage est devenu récurrent ces derniers temps même dans les structures hospitalières. Ils engendrent des conséquences fâcheuses sur la santé des patients. Il freine le travail des médecins et occasionne la mort des patients surtout ce qui sont en salle de chirurgie, de réanimation disent unanimement médecins, personnels soignants et administrateurs des cliniques et des hôpitaux.
Abderamane Moussa Amadaye
Au lendemain de la condamnation des leaders de Wakit Tamma, lundi 6 juin à Moussoro à la suite d'une audience foraine, la rédaction d'Ialtchad a sillonné quelques organisations de défenses des droits de l'homme ce mardi 7 juin. La Commission nationale des droits de l'homme(CNDH) et la Ligue tchadienne des droits de l'homme(LTDH) se félicitent de leur libération même si elle est conditionnelle. Elles déplorent le laxisme de la Justice tchadienne dans le respect du droit de la défense. Reportage.
11 heures. Palais de Justice de N'Djamena, capitale tchadienne. La cour grouillait de monde, quelques auditions des prévenus de la maison d'arrêt se déroulaient. Mais les avocats n'ont pas encore levé leur mot d'ordre de grève malgré la libération de leurs collègues arrêtés. Notre objectif est de rencontrer le président par intérim de la Ligue tchadienne des droits de l'homme (LTDH) Me Adoum Mahamat Boukar. Dans son bureau, après de poignées de mains, nous allons à l'essentiel : après procès des leaders des Wakit Tamma à Moussoro.
Me Adoum Boukar estime que même si les leaders de Wakit Tamma ont été libérés, ils ont écopé quand même d’une condamnation avec sursis. Selon lui, la LTDH avait condamné dès le début cette affaire « les droits de la défense n’ont pas été respectés », a-t-il dit. Pour lui, profiter de la bonne foi des gens pour les livrer aux services de renseignements généraux (SRG ) n'est pas du tout normal. À son avis ce n'est pas un bon procès. « C'est une affaire purement politique à qui on a donné un habillage juridique. Alors si la justice se comporte de cette manière, il n'y a plus de garantie pour les citoyens lambda. Il faut que le droit de la défense soit respecté. Les conditions d'un procès équitable ne sont pas réunies, pour ce jugement. Bien que les gens sont libérés, mais c'est une condamnation avec sursis », lance-t-il. Le président de la LTDH, affirme qu'ils s'attendaient à ce que la procédure soit annulée parce qu'elle est nulle au départ. Les avocats, dit-il, ont interjeté Appel et attendent que ces leaders soient rétablis dans leurs droits. Me Boukar assure que jusqu'à ce qu'une nouvelle décision soit prise par la Cour d'Appel, les leaders de Wakit Tamma peuvent exercer librement leurs activités.
13 heures. Nous sommes au bureau de M. Mahamat Nour Ibédou, Président de la Commission nationale des droits de l'homme du Tchad (CNDH). Nous déclinons l'objet de notre visite qui reste le même: après procès de Moussoro. Il répond en affirmant qu'il faut d'abord se féliciter de cette libération même si elle est avec un sursis. Son institution a toujours plaider pour la libération de ses camarades leaders de Wakit Tamma. Il soutient qu'il faut restaurer un climat social afin de nous permettre d'avancer plus sûrement vers le dialogue national inclusif (DNI). La justice elle aussi a fait preuve de la sagesse, dit le président de la CNDH. « En âme et conscience, ces genres d'arrestations en cette période n'étaient pas la bienvenues. C'est à l'actif de tous, car leur arrestation n'arrangeait personne et dans l'intérêt de personne surtout pas du peuple tchadien », dit M. Ibédou. La justice tchadienne a toujours été liée à l'exécutif, c'est quelque chose à améliorer, dit-il. Le président de la CNDH soutient que jusqu'à nos jours notre justice n'a pas encore retrouvé ses lettres de noblesse. « C'est l'une de nos missions et nous allons faire en sorte que la Justice joue pleinement son rôle en toute objectivité, surtout il y a eu beaucoup d'entorses dans la procédure d'arrestation des avocats. C'était complètement une procédure biaisée. On a marché sur des principes de justice », confie le président de la CNDH.
M. Mahamat Nour Ibédou promet qu'en tant que conseiller du gouvernement, du Conseil national de transition (CNT) et du Président de la République, ils vont dire que la bonne gouvernance dépend du respect des droits de l'homme et des principes.
Moyalbaye Nadjasna
Au lendemain de la condamnation et de la libération des leaders de la société civile, Wakit Tamma Ialtchad a baladé son micro. Quelques citoyens ont donné leurs impressions. Vox pop.
Koumakoye Assina Lazare, « nous sommes content de leur libération, mais seulement leur condamnation avec sursis ne nous plaît pas. La loi n’est pas respectée pour leur condamnation ».
Noubaissim Christian, secrétaire général de syndicats de travailleurs de secteur pétrolier du Tchad « c’est un sentiment de satisfaction parce qu’ils viennent d’être libérés puisqu’ils sont incarcérés injustement. Leur condamnation est une forfaiture, ils voulaient se laver la face. Chaque tchadien qui dit ce qui ne marche pas sera condamné, c’est dommage, mais la lutte continue ».
Ali Hassan Zakaria, « de toutes les manières je suis sûr de moi, ils seront totalement libérés. Libérés avec sursis n’est pas une libération, c’est pour ne pas qu’ils parlent après. C’est anormal, je pense que Wakit Tamma ne va pas reste les bras croisés, si la justice lève ce sursis, il vont nous trouver sur leur chemin. Si le PCMT est là, c’est pour gérer la transition, il faut qu’il gère cette transition dans la transparente de la manière démocratique. Nous voyons que c’est une dictature qui dépasse celle du défunt papa. Il faut qu’il arrête avec tout cette manœuvre de la dictature. C’est eux qui ont signé l’autorisation de la marche, donc il n’y a pas de raison d’arrêter les leaders de Wakit Tamma et de les juger sans respecter la loi. Ce n’est pas le moment de semer les troubles il faut qu’ils respectent la loi » .
Abdelsalam Hissene Adiko, « Wakit Tamma revendique la souveraineté de la gestion de notre pays, je pense que c’est légitime et la transition devait adhérer à cette idée. Donc, il n’est pas normal de jeter en prison certains, au moment où on parle de dialogue. Je ne sais pas qu’ils vont dialoguer avec qui? Pour moi, le dialogue a besoin de toutes ses filles et ses fils. Donc durant la transition, la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. Prenons l’exemple du Mali comparaison n’est pas raison. Nous n’avons pas un problème particulier avec la France, mais elle reste un partenaire du Tchad ».
Idriss Moussa Hamid, étudiant « selon moi, la transition n’a pas respecté la loi. Nous n’avons pas le droit de parler, si on parle on est ciblé. Certaines choses commises ne reflètent pas l’image d’un pays en voie de développement. Il faut que les dirigeants respectent les textes de la République pour donner le bon exemple pour que les citoyens respectent à leur tour la loi ».
Propos recueillis par Ousmane Bello Daoudou
Le ministre de la Santé publique et de la Solidarité nationale Dr Abdel-Madjid a assisté ce matin à la cérémonie de lancement de l’opération de transfert monétaire d’urgence aux réfugiés camerounais et les communautés hôtes du site de Guilmey-Farcha, dans le 1er arrondissement de la ville de N’Djamena. La cérémonie a lieu en présence des réfugiés et des autochtones.
Plusieurs hautes autorités composées de membres du gouvernement, de l’ambassadeur du Cameroun au Tchad, du représentant de la Banque mondiale (BM) au Tchad et du délégué du gouvernement auprès de la commune de N’Djamena ont assisté à Guilmey, sortie de la ville de N’Djamena à la cérémonie du lancement de l’opération de transfert monétaire d’urgence aux réfugiés camerounais et communautés hôtes. Ces réfugiés camerounais avaient fui la ville de Kousseri et ses environs suite aux affrontements intercommunautaires. L’opération a lieu grâce au projet d’appui aux réfugiés et communautés d’accueil (PARCA) et avec le soutien financier de la BM, du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et du gouvernement. Cette opération de transfert monétaire concerne les camps de réfugiés de Guilmey, Kalambari et 37 villages d’accueil.
38.052 réfugiés camerounais et 8954 autres personnes des communautés hôtes bénéficieront de cette assistance financière. Les ménages des réfugiés percevront 45.000 frs par individu et les bénéficiaires des communautés d’accueil auront pour part un montant unique de 120.000 frs CFA par ménage.
Cet appui permettra à tous d’assurer leurs besoins essentiels de base. Dans le but de faciliter l’accès aux soins de santé primaire aux réfugiés, le gouvernement a construit et équipé deux espaces de santé sur les sites de Guilmey et de Kalambari.
Cette opération sociale est d’un montant de 3 milliards de frs CFA.
En décembre dernier, de milliers de réfugiés camerounais qui avaient fui les conflits intercommunautaires, étaient accueillis provisoirement dans la forêt de Farcha Milézi, dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena, puis installés dans les sites de Guilmey et de Kalambari. Le gouvernement tchadien et ses partenaires du système des Nations unies et les ONG s’activent pour la prise en charge holistique.
Avec l’approche de la saison de pluies, les réfugiés des camps précités rencontreront d’énormes difficultés et auront besoin de plus d’appui financier et matériel. Cette opération de transfert monétaire d’urgence vient à point nommé et soulagera un tant soit peu ces réfugiés composés majoritairement de femmes et des enfants.
Après des affrontements intercommunautaires autour d’un site d’orpaillage la semaine surpassée à Kouri-Bougoudi dans l’extrême Nord du pays qui ont fait de dizaines de morts. Le président du conseil militaire de la transition (PCMT), le général Mahamat Idriss Deby a ordonné l’évacuation du site et de mettre un camp militaire. La démolition et le déguerpissement des orpailleurs sont interprétés de différentes manières par les analystes. Reportage
Trop c’est trop. Le gouvernement refuse de tolérer les conflits intercommunautaires. Après les affrontements intercommunautaires autour du site d’orpaillage de Kouri-Bougoudi qui a fait de dizaines de morts, le PCMT en déplacement dans la localité a ordonné la fermeture du site et le déguerpissement à Wour, chef-lieu du département. Depuis le samedi dernier, plus de 500.000 orpailleurs de plusieurs nationalités à la recherche de métal précieux ont été déplacés à Wour par l’armée nationale. Ce déguerpissement est analysé par différentes manières par les intellectuels.
Pour l’ancien ministre de la Justice, garde de sceaux et enseignant chercheur, Pr Ahmat Mahamat Hassane, le grand BET fait partie des provinces du pays sur lesquelles le gouvernement central depuis les indépendances n’a jamais eu le contrôle total. Selon lui, ce sont les zones qui échappent au contrôle et à la légalité républicaine du pouvoir central. Il rappelle qu’en 1972, le président Ngarta Tombalbaye en visite au Tibesti avait constaté déjà cette carence de l’État et de l’administration dans l’extrême Nord du pays qui ballotte entre la Libye et le Tchad. Ahmat Mahamat Hassan affirme que cette absence de l’État avait poussé le président d’alors à créer la garde nationale nomade du Tchad (GNNT) en intégrant les ressortissants du Tibesti et du Batha. L’enseignant chercheur soutient que pour le cas de Kouri-Bougoudi, l’exploitation de l’or échappe de nos jours au contrôle de l’autorité centrale et créée de risques et de bagarres entre les orpailleurs et prend une allure de conflit intercommunautaire. Il précise que ce n’est pas un conflit intercommunautaire, mais plutôt un groupe des orpailleurs qui ont pris des armes et ont remplacé les autorités locales dans le seul but d’accaparer les terres.
L’ancien ministre de la Justice, garde de sceaux sous le défunt président estime que cette situation est grave et le PCMT est allé mettre en place une base militaire et a demandé aux chefferies traditionnelles d’apporter leur contribution pour pacifier la zone. Pour le Pr Ahmat, c’est une bonne décision, mais la décision centrale, c’est que l’État ne s’est pas imposé. Il suggère qu’il faut revigorer l’autorité de l’État sur place. « La base militaire ne suffit pas, ça risque de créer un défi de rapport de force. Il faut plutôt impliquer les populations elles-mêmes dans la reconnaissance du pouvoir central », dit-il. Le juriste ajoute que ça serait une grande première, si le PCMT arrive à pacifier le Tibesti et notamment la zone des orpailleurs avec d’étrangers venant de l’Ouest du Soudan et qui ont des armes pour défier l’autorité de l’État et des autorités traditionnelles. Le Pr Ahmat Mahamat Hassan souligne que c’est important et les Tchadiens attendent de voir les effets.
La découverte de l’or dans les montagnes du Tibesti en 2012 a déclenché une ruée vers l’or des pays voisins et des autres régions du Tchad provoquant ainsi de tensions et parfois des affrontements meurtriers.
Jules Doukoundjé







