vendredi 23 octobre 2026

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C’était une grande gueule des réseaux sociaux. Il s’est fait un nom en s’attaquant violement au régime du défunt président Idriss Deby Itno et a certaines personnalités. Il tirait sur tout ce qui bougeait au nom de l’activisme politique. Il a continué, à l’arrivée du Conseil Militaire de Transition (CMT), dénonçant un coup d’état avant de rallier la transition au nom du dialogue national inclusif. Et de tomber dans le silence. Je reçois l’ex-activiste politique Abel Maina pour faire le point sur les actualités, son retour au pays et les péripéties qui entourent ce retour, ses convictions, la transition…

Bonjour M. Abel Maïna

Bonjour Bello, bonjour à tous les téléspectateurs de Ialtchad. C’est un plaisir pour moi sur le plateau de Ialtchad, un média qui a bercé le début de notre jeunesse et le début du combat que nous menons. C’est grâce à Ialtchad que nous sommes peut-être devenus des activistes. Je me souviens quand j’ai commencé à lire Ialtchad, c’était au début de mes études à Cotonou, au Benin en 2001-2002. C’était le premier site d’information qui me permettait de lire, de savoir, de découvrir. Savoir aujourd’hui que Ialtchad a grandi moi qui a connu Ialtchad pendant toutes ces années, plus de 20 ans. Ialtchad est aujourd’hui le média le plus connu et surtout je suis en studio. Et c’est surtout un honneur pour moi, Bello (permettez-moi de vous tutoyer), de te rencontrer.

Ancien activiste ou toujours activiste ?

Je pense que….puff, cela me fait rire lorsque les gens disent ancien activiste. Parce que les choses pour lesquelles je me suis engagé n’ont pas du tout changé, elles demeurent encore là. Je ne suis un activiste religieux ni pour autre chose. Pour le moment, je suis un activiste des droits de l’homme, contre l’injustice. Et ça même si les gens n’aiment pas je reste activiste.

Est-ce que l’injustice le pays ?

On ne peut pas dire que l’injustice a quitté le pays. L’injustice ne demeure pas seulement dans le pays, mais il demeure dans le monde entier. L’injustice a toujours existé et existera toujours. On doit continuer à se battre contre cela. L’injustice au Tchad ce n’est pas quelque chose qu’on peut bannir, mais qu’on peut atténuer.

M. Maïna vous êtes au Tchad. On est au Tchad. On ne vous entend pas dénoncer les arrestations, on ne vous voit pas manifester. La manifestation et les dénonciations c’est bon quand on est à l’étranger et c’est mauvais quand on est au Tchad seulement?

On est rentré dans le cadre du dialogue national. On ne peut dialoguer en étant dans la rue. Le dialogue il s’asseoir et discuter, quand on est dans la rue avec des cailloux et des pancartes, ce n’est plus le dialogue. C’est le rejet et la dénonciation directe pour ne pas discuter. Nous nous sommes rentrés pour le dialogue national et pour réussir la transition. On ne peut pas être dehors manifester

Abel Maïna, le dialogue est une chose et la transition est une autre chose. Est-ce que vous êtes en train de nous dire, en période de transition, « ne manifester pas, ranger-vous, ne dites rien, attendez le dialogue » c’est cela ?

Non, ça dépend. Nous, nous sommes sortis pendant la tuerie de Sandana, la police nous a embarqués, nous avons étés gazés. Nous sommes sortis pour un cas bien précis, mais lorsqu’il s’agit de la politique, nous ne pouvons pas sortir manifester du. Moment où nous avons accepté dialogue avec le Conseil militaire de transition (CMT).

Lorsque vous dîtes cela « dialoguer avec le CMT », les gens ne sont pas dupes. Vous les 4, vous représentez qui ?

Écoutez, d’abord nous représentons nous-mêmes d’abord. Nous représentons les différentes voies…ce n’est pas une histoire de groupe, de parti politique, de rebelles le dialogue c’est la rencontre de tous les filles et fils du Tchad.

Abel Maïna, dans la lutte, dans l’activisme il y a ce qu’on appelle la cohérence dans les idées et dans l’action. On vous a vu dénoncé le coup d’État constitutionnel du fils qui succède au père. Aujourd’hui vous vous assoyez  ici pour dire « tout ça n’a pas existé ». On balaie ça du revers de la main, c’est cela ?
 
Non je n’ai absolument pas dit cela. Je pense qu’a un moment donné il y a un temps pour la guerre, il y a un temps pour la paix, un temps pour la discussion, un temps pour les injures, un temps pour tout. Le fils nous lui avons dit qu’il a un pouvoir qui n’est pas légitime, parce qu’il n’est pas élu, qu’il n'est pas sorti des élections. Par contre il faut tenir compte de la situation exceptionnelle du Tchad. Est-ce que le président de l’Assemblée nationale est lui-même légitime de prendre le pouvoir ?

C’est quoi la situation exceptionnelle du Tchad ?

La situation exceptionnelle du Tchad, c’est qu’on eut un chef de l’État qui est mort sur le terrain. Et ceux-là qui ont occasionné la mort du chef de l’État n’ont pas pu prendre le pouvoir. Même s’il avait pris le pouvoir ça serait un coup d’État, un renversement du régime.

La constitution le prévoit

La constitution dit que le mandat est de 5 ans, mais son mandat a duré 12 ans sans les élections. Donc lui-même n’est pas légitime.

Donc vous Abel Maine activiste vous préférez le coup d’État que de suivre les textes ?

De toutes les façons, il y a un problème. Haroun Kabadi n’était plus dans les textes parce que les textes ne lui donnaient que 5 ans.

Vous êtes là depuis quelques mois, qu’est ce qui a changé ?

Écoutez beaucoup de choses ont changé.

Donc le système d’avant n’existe plus ?

C’est difficile de dire que le système d’avant n’existe plus parce que le chef est mort au front. Le système a mis beaucoup de temps, on ne peut pas le balayer d’un coup. Il faut du temps, un processus. Ce qui a changé en premier, les opposants sont dans le gouvernement, les activistes indésirables comme nous sont au Tchad, les manifestations sont autorisées, pour la jeunesse les coûts d’Internet a beaucoup baissé, le changement est un processus aujourd’hui on a gagné que les manifestations soient autorisées…

Là les manifestations sont interdites

Les manifestations sont interdites parce qu’a un moment donné…parfois même aux États-Unis, en France les manifestations sont interdites quand cela rentre dans le cadre de la sécurité…

On n’est ni la France, ni les États-Unis

oui on n’est ni la France ni les États-Unis, dans ce cas on n’a pas besoin d’avoir la même démocratie que celle des États-Unis ou de la France.

On est au début de quelque chose, il faut laisser les gens exprimer leurs avis

Les gens expriment leurs avis, mais quand c’est une seule manifestation…les gens se sont attaqués aux biens des particuliers tchadiens, ces stations Total appartiennent aux Tchadiens, ils ne portent que le nom Total, c’est vrai qu’il y le symbole, mais ça appartient aux Tchadiens. II faut savoir qu’au Tchad, il n’y a pas de système d’assurance alors comment est-ce que le commerçant à qui on a détruit les biens, comment il va relancer ses activités. Les casses…

Quels nombres de casses il y a eu concrètement ?

Écoutez même s’il y a eu une seule casse

On a vu quelques pompes de stations chamboulées, pas plus

Même s’il y a une seule pompe chamboulée, ce n’est pas bien.

C’est la faute à qui ?

On ne dira pas que la faute est à X ou Y.

Est-ce que vous en train de dire que cette manifestation n’est pas bonne parce qu’il y a eu des casses malgré que ça s’est passé en dehors de l’itinéraire et des heures de la marche ?

Oui.

C’est une manifestation autorisée, est-ce que vous tenez compte de ça pour juger ?
Non je ne juge pas les manifestants ni les organisateurs des manifestations. Ce n’est pas à moi de le faire c’est à la justice de le faire. Déjà moi ça me pose un certain nombre de problèmes qu’on puisse arrêter des leaders et qu’on les jette en prison pendant plus de deux semaines.

Quel problème cela pose ?

Cela me pose personnellement le problème de respect des droits des individus. On peut les convoquer et les laisser libres. C’est véritablement un problème pour moi au Tchad, pour toute chose on arrête les gens, on les envoie en prison.

Abel Maina, je vous rappelle que c’est une marche autorisée, vous trouvez normal qu’on arrête les leaders de la société civile sans autre forme de procès ?

Je viens de dire que je ne trouve pas ces arrestations normales.

Parce que quand je vous entends c’est comme le discours d’un officiel

Je dis, je n’approuve pas leurs arrestations parce que ce ne sont pas des gens qui vont fuir. Je n’approuve pas qu’on les envoie à Moussoro non plus.

Vous êtes la bande de 4, il y a vous et 3 autres qui sont rentrés. Expliquez-vous aux Tchadiens, car vous êtes pris en charge, nourris, logés aux frais des contribuables tchadiens, est-ce que ce n’est pas gênant ?

Pourquoi cela me gênerait de venir et de trouver le minimum que j’ai déjà. On ne m’a pas pris en France dans la rue, sans maison sans électricité. Lorsque je viens au Tchad invité par le chef de l’État, il faut qu’on me mette dans cette condition.

Combien vous avez reçu pour rentrer au pays ?

Je défi qui que ça soit nous n’avons rien reçu. Je le dis aux Tchadiens, nous n’avons rien reçu.

Vous n’avez rien négocié, même pas un poste ?

Aucun poste, aucune négociation.

Un de vous a été nommé. Êtes-vous en attente d’un poste ?

Nous sommes d’abord venus dans le cadre du dialogue national…

Pourquoi n’avoir pas attendu alors ? Pourquoi n’avoir pas dit nous rentrons sans aucun marchandage ?

C’est normal…nous sommes les invités du chef de l’État

Avez-vous fini avec vos démêlés avec la communauté Béri ?

Je n’ai pas de problème avec la communauté Béri. J’ai des problèmes avec quelques individus qui prétendent être de la communauté Béri.

Vous reconnaissez avoir commis des torts sur une communauté ?

Je ne dis pas que reconnaît avoir commis un tort, mais pour moi cette parenthèse, elle est fermée.

Il n’y a pas un dossier à la justice ?

Quel dossier à la justice ? Vous avez vu un dossier à la justice ? Je n’ai pas reçu de convocation, j’ai reçu deux individus à la maison, ils sont venus faire leur show avec leurs téléphones. Jusqu’aux preuves du contraire, si un procureur ou un juge m’appelle je viendrai.

La France s’ingère-t-elle dans les affaires tchadiennes ?

La France ne soutient que ses intérêts. Si les Tchadiens décident de faire partir le Conseil militaire de transition, la France ne peut pas s’opposer à ça. Le débat sur l’ingérence de la France est un faux problème.

Les préparatifs du Dialogue national, vos impressions ?

Le dialogue national a commencé dès la mort du Maréchal. Et c’est un processus, chaque jour il y a des tractations. Le dialogue est donc en bonne voie.

Le pré-dialogue de Doha avec les politico-militaires, qu’est-ce que vous en pensez ?

Si les gens sont réunis depuis 2 mois à Doha cela veut dire que c’est en bonne voie.

Quel rôle a joué Ibedou dans votre retour ?

Un rôle important

Étiez-vous ses relais ?

Des partenaires, on ne peut pas être ses relais. Nous on a existé dans la lutte associative avant que Ibedou ne se lance en 2011.

Réalisation Bello Bakary Mana

La Banque Mondiale (BM) au Tchad vient de rendre public un communiqué de presse ce 6 juin 2022 à N'Djamena. Le document dit que l’économie du Tchad s’est contractée depuis 2015. Cette contraction économique à empêcher le pays de réduire la pauvreté et d’améliorer ses résultats en matière de développement selon de nouvelles analyses publiées par l'institution de Breton Wood dans le cadre de la deuxième semaine du savoir organisée  du 6 au 8 juin 2022 dans la capitale tchadienne. 

D’après ce communiqué, les auteurs de ces nouvelles analyses soulignent le besoin de développer des chaînes de valeur agricole et d'élevage plus solides afin de diversifier l’économie, assurer une meilleure sécurité alimentaire et promouvoir une croissance durable. Selon ces études, l'important c'est les réformes audacieuses, la réduction des vulnérabilités à long terme, tout en profitant des opportunités offertes par la transition politique, la hausse des prix du pétrole et la restructuration de la dette. La deuxième édition de la semaine du savoir est placée sous le thème: « Nourrir la population tchadienne : vers la transformation des chaînes de valeur de l'agriculture et de l'élevage a été choisi pour lancer les débats sur l'état des connaissances et apporter de nouvelles pistes de réflexion pour améliorer les conditions de vie et promouvoir les opportunités pour la population tchadienne ».

Selon le document, Rasit Pertev, représentant résident de la BM pour le Tchad, a affirmé que, « la crise alimentaire mondiale et l’inflation généralisée en cours doivent inciter à la réflexion quant aux réponses adéquates à apporter surtout dans un contexte aussi fragile et austère que  celui du Tchad ».

Le communiqué  précise qu'au cours de la semaine du savoir, la BM présentera une série de quatre nouveaux rapports. Il s'agit de la note sur la situation économique et de la pauvreté au Tchad qui indique que le PIB du Tchad s'est contracté de 1,2 % en 2021, marquant une deuxième année consécutive de récession. Les raisons identifiées selon le document, c'est la suspension de deux mois de production de pétrole dans les usines Esso, des perturbations de l'activité économique dues à l'insécurité sociopolitique et des contraintes de liquidité en raison des retards dans la restructuration de la dette. Avec une reprise économique lente et fragile, les effets négatifs de la pandémie sur les ménages pauvres et vulnérables devraient perdurer à court et moyen terme, signifie toujours le document.

Le communiqué met en exergue, l’inflation due à la crise Russie-Ukraine. Cette crise indique le document, a également des répercussions négatives sur les ménages les plus pauvres et vulnérables. « Malgré un marché pétrolier porteur qui entraînera une reprise de la croissance en 2022 se poursuivant en 2023-2024, la croissance du PIB par habitant restera négative ou relativement modeste », dit la BM. Les problèmes sécuritaires et les différentes entravent l'exploration des opportunités sur la commercialisation du bétail et de leurs produits, souligne le communiqué. Il ajoute que cette situation est aggravée par les difficultés d’accès au crédit. Le document relève des améliorations significatives en matière de services vétérinaires, de lutte contre les abattages clandestins, et d’infrastructures de marché. Les conclusions de l’étude indiquent que le marché nigérian reste et certainement pour longtemps, le débouché privilégié du bétail tchadien.

Agriculture, un secteur clé de l'économie tchadienne

L’analyse des contraintes et opportunités pour le développement du sous-secteur agricole selon le communiqué confirme que l'agriculture est un secteur clé de l'économie tchadienne. il relève que près de 88% des ménages vivant de l'agriculture de subsistance.  « Cependant les chaînes de valeur agricoles restent sous-développées malgré des avantages comparatifs notamment dans le sésame et la gomme arabique. L’étude souligne aussi l’importance d’améliorer la résilience au changement climatique grâce à des investissements ciblés et l'adoption de pratiques et infrastructures agricoles climato-intelligentes. » La BM estime à travers son communiqué qu'il faut développer les capacités des organisations de producteurs. Ce sont des partenaires essentiels qui doivent saisir les opportunités offertes par les chaînes de valeur porteuses du pays affirme le document.

Le rapport identifie aussi trois contraintes pour une croissance inclusive et résiliente. Ce sont, la violence et la fragilité politique, la volatilité des revenus pétroliers, et l’impact du changement climatique. « Nos analyses concluent que pour créer des emplois et stimuler l’économie, les pouvoirs publics devront se focaliser sur les réformes et les investissements pour améliorer la prestation de services publics, combler les déficits d’infrastructures et permettre le développement du secteur privé dont les chaînes de valeurs agricoles et de l’élevage. Le Tchad ne sera pas en mesure de suivre pleinement les priorités identifiées s’il ne s’attaque pas plus efficacement aux moteurs sous-tendant la fragilité, les conflits et la violence dans le pays », suggère Fulbert Tchana Tchana, économiste principal de la Banque mondiale pour le Tchad.

Les militants de Wakit Tamma se sont donné rendez-vous ce lundi au palais de justice pour contester contre le procès des leaders de la coordination des actions citoyennes Wakit Tamma à Moussoro. Tôt ce matin, les forces de l’ordre ont envahi les abords du palais. Les militants ont annulé la manifestation de contestation. Reportage.

Moussoro, ville à quelques kilomètres de la capitale tchadienne, N’Djamena le verdict des 6  leaders tombe. Ils sont condamnés à 12 mois avec sursis et 10 millions à payer solidairement à l'État tchadien pour préjudice subi. Entre temps, dans la capitale les forces de l’ordre bien armées font la patrouille en plein jour aux alentours du palais de justice ou les militants de Wakit Tamma ont prévu se réunir pour protester contre le procès de leurs leaders. Des équipes des forces de l’ordre sont postées devant, des côtés et derrière le palais. Les convois des différentes unités se succèdent et font le tour du palais. Le public du palais de justice se pose des questions, ils n’ont pas des réponses. Les militaires postés devant le palais de justice procèdent à des fouilles systématiques de tous les usagers avant d’entrer au palais.

Peu de temps après, les militants de Wakit Tamma ont décidé de se disperser. Après le retrait des militants de Wakit Tamma du palais de justice, le porte-parole de la coordination des actions citoyennes Wakit Tamma Adoum Soumaine a fait un point de presse à la bourse du travail pour informer sur le déroulement du procès de leurs leaders depuis Moussoro. Il qualifie le procès d’un procès à charge donc essentiellement politique et demande au parquet de revoir les choses. Pour lui, il n’accepte pas cette condamnation sans preuve sur les leaders avant de parler des réquisitions du parquet. « Les réquisitions du parquet sont extrêmement sévères. La réquisition dit 2 ans d’emprisonnement ferme, 2 milliards de dommages et intérêts qui doivent être payés solidairement et 100.000F d’amande. Il faut des années de travail pour payer les 2 milliards de dommages avec l’ensemble du salaire des six prévenus. Pour qu’on arrive à un tel réquisitoire, il faut qu’il y ait des preuves sur la table. Le procureur ne dispose d’aucune preuve », explique-t-il. Il ajoute que Wakit Tamma va engager des actions et tient le gouvernement et la France responsables de tout ce qui arrive. Adoum Soumaine précise que c’est un procès de la France contre les leaders et considère les 2 milliards comme étant une rançon à payer à la France parce que Wakit Tamma a toujours réclamé que le gouvernement fasse preuve de compréhension et de solidarité avec la population qui réclame une autre coopération avec la France. « La seule chose que le Conseil Militaire de Transition (CMT) a pu faire c’est arrêter les leaders qui contestent sinon il a échoué dans tous. Dans tous les cas, la France va être contestée que le CMT et son gouvernement soient d’accord ou non, c’est un sujet qui est lancé et qui n’arrêtera pas. Arrêter les leaders de Wakit Tamma n’empêchera pas la population de sortir pour revendiquer le départ de la France de ce pays », a-t-il conclut.

Kouladoum Mireille Modestine

La Revue de Performance du Portefeuille Pays (RPPP) a eu lieu ce matin 6 juin à l’hôtel Radisson Blue de N’Djamena organisé par la Banque Africaine de Développement (BAD) en collaboration avec le gouvernement tchadien.  Les experts de la BAD avec les techniciens du ministère de l’Économie, de la planification du développement et de la coopération internationale ont évalué ensemble les difficultés de la mise en œuvre de la stratégie  2015-2020 prorogée en 2022 et formuler des solutions et recommandations pour le Plan d’amélioration du portefeuille pays (PAPP). Reportage.

La coopération entre la BAD et les pays membres régionaux est régie par un document stratégique pays, dont celui du Tchad couvre la période 2015-2020 prorogée en 2022 en raison de la pandémie à coronavirus. L’opération de cette stratégie se matérialise par des opérations ou projets qui visent à l’attente des objectifs fixés. Elle arrive à terme cette année.

Pour la performance globale du portefeuille, la BAD soutient qu’il y a trois thèmes transversaux à savoir : le genre, la fragilité et l’environnement, changements climatiques et croissances vertes. Par rapport à l’évaluation du respect des conditions de la performance de la gestion des projets, les conditions ont été satisfaisantes. Du respect des clauses du projet, en passant par le respect des clauses de sauvegarde environnementale et sociale et enfin le respect des clauses relatives à l’audit, les scores sont largement appréciés. Sur le score de quatre (4) la plus basse performance est à 2,66. Contrairement à l’évaluation du respect des conditions, l’évaluation des systèmes et procédure des projets sont quasiment insatisfaites. Sur quatre (4) types de performance, trois (3) ont été non appréciées, il s’agit de la performance dans les acquisitions des projets, la performance dans le suivi-évaluation et enfin la performance de l’exécution et du financement de projets et état d’exécution, sauf la performance dans la gestion financière qui a été satisfaisante et notée ¾.

Plusieurs contraintes ont été remarquées dans la mise en œuvre de la stratégie  2015-2020-2022. Du côté de la BAD, il ressort le manque de chargés de projet basé au Tchad, les longs délais de traitement des dossiers et de soumission d’avis au pays, le non-respect du nombre requis de supervisions à effectuer par projet, etc. Les problèmes en rapport avec le gouvernement tchadien sont aussi multiples, parmi lesquels, le démarrage tardif des projets, la lenteur dans le processus de passation des marchés, les faibles maîtrises des règles et procédures de la Banque, le retard dans le paiement de la contrepartie….

Les experts de la BAD avec les techniciens du ministère de l’économie ont fait des recommandations sur les problèmes du portefeuille qui nécessitent des mesures supplémentaires. Du côté du gouvernement, il a été recommandé de remplir les conditions de premiers décaissements dans un délai maximal de 6 mois après l’approbation des projets ; de justifier les reliquats des comptes spéciaux des projets achevés ; d’améliorer la soumission des rapports d’audit et les délais de recrutement des auditeurs… Pour ce qui concerne la BAD, il l’a été recommandé de rationaliser les conditions de don et œuvrer continuellement avec les autorités à remplir les conditions avant l’approbation du Conseil, d’accélérer le traitement des dossiers et la soumission des avis, de continuer le dialogue avec la BDEAC pour trouver une issue au retard de mobilisation de sa quote-part pour les projets cofinancés, etc.

Selon le Directeur général adjoint de la BAD de l’Afrique Centrale, M. Souleymane Goné, la stratégie  2015-2020-2022 arrive à échéance cette année. Il souligne que la BAD et le gouvernement tchadien procéderont dans les prochains mois à l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour la période 2023-2027, axée sur le Plan National de Développement (PND). Il a ajouté également que son institution a préparé un rapport de diagnostic pour justifier les axes prioritaires de développement du pays. Pour lui, la présente revue de performance du portefeuille pays (RPPP) rentre aussi dans le cadre de la prochaine stratégie.

Il faut rappeler que, la Banque Africaine de Développement (BAD) est une institution financière multinationale de développement fondée en 1964 qui compte aujourd’hui quatre-vingt-un (81) États membres, dont cinquante-quatre (54) régionaux et vingt-sept (27) non régionaux. Elle est établie dans le but de contribuer au progrès social des États africains. La BAD a pour mission de combattre la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie sur le continent, via la promotion des investissements à capitaux publics et privés dans des projets et des programmes aptes à contribuer au développement économique et social de la région.

Abderamane Moussa Amadaye

Le Brevet d’enseignement fondamental est lancé ce matin lundi 6 juin 2022 sur l’ensemble du territoire. 104.205 candidats vont composer pendant neuf jours les épreuves écrites, orales et physiques. Ialtchad a fait un tour dans quelques centres. Reportage

Au centre Félix Eboué dès l’entrée de la porte une ceinture de dispositif policière est mise en place. Tout est calme. Élèves, surveillants sont concentrés. Chacun fait son boulot. Par contre au centre du lycée de la concorde les élèves sont distraits dans la salle de composition, mais déterminés.

Quelques élèves interrogés donnent leurs avis. Pour Brahim Mahamat 0usmane tout est à leur portée, « les deux sujets sont abordables. Je pensais que ça allait être difficile, mais Dieu merci ». Quant à Moutonna Norina, il trouve que le premier jour s’est bien passé par la grâce de Dieu je vais l’avoir. Abdoulaye Mahamat renchérit  « alhamdoulilah pour le premier, nous avons fait et nous attendons le résultat ». Tous sont d’accord pour dire que le sujet n’est pas difficile c’est ce qu’il ont fait en classe. « Les ainés nous disaient que c’est compliqué, mais c’est abordable ».

Un premier surveillant trouve que les épreuves sont abordables pour les élèves, ils affirment n’avoir pas connu des difficultés, tout se passe bien. Ils ont commencé par la rédaction et pour continuer avec la mathématique, les candidats sont très disciplinés. Ils sont concentrés dans leur travail.

Pour un deuxième surveillant, l’examen se déroule dans les bonnes conditions depuis le matin. « Nous n’avons rien constaté, mais nous avons eu une candidate qui a fait un malaise, mais elle s’est retrouvée pour repartir dans la salle de composition ». Pour le président du centre du lycée de la concorde Alladoum Guebabere l’examen se déroule dans des bonnes conditions. Le lancement a eu lieu ce matin par les autorités compétentes, « pour l’heure nous sommes à la deuxième épreuve et nous allons finir par le civisme le soir ». Selon le président du centre, les surveillants ont assumé normalement leur travail, mais il y a trop des absents « nous n’avons pas le motif de leur absence ».

Le président du centre Felix Eboué avait au début des inquiétudes, mais après l’ouverture tout s’est passé à merveille, il y a l’engouement et motivation de l’équipe qu’il dirige, a-t-il affirmé. « Je pense que le BEF dans notre centre se passe normalement sauf qu’au début nous avons eu quelques soucis, certains élèves n’ont pas leur nom sur la liste des candidats et d’autres n’ont pas des cartes. Certaines listes sont venues avec un grand retard, mais nous avons pu résoudre ce problème en les mettant dans une salle en attendant la liste avec nos chefs hiérarchiques ».

Rappelons qu’après 10 ans des études secondaires le Brevet d’enseignant fondamental est le premier diplôme dans la vie d’un élève.

Ousmane Bello Daoudou

Une décision de justice c'est lorsqu'il y a un conflit qu'il soit correctionnel, social, civil ou commercial entre deux parties pour lesquelles le juge a prononcé son verdict. Elle n'est exécutoire définitivement que si les voies de recours judiciaires sont épuisées. Sauf pour les mesures conservatoires ou les jugements avant dire droit. Au Tchad, assez d'obstacle sapent l'exécution de la décision judiciaire. Me Hisseine Ngaro, huissier commissaire-priseur explique le mécanisme. Reportage.

Le juge du Tribunal de Grande Instance (TGI) prend ses décisions, mais si l'une des parties n'est pas d'accord, elle va faire appel, dit Me Hisseine Ngaro, huissier et commissaire-priseur. En appel, dit-il, si les parties sont toujours insatisfaites, elles peuvent se pourvoir en cassation. C'est alors toute une procédure lorsqu'on parle de décision judiciaire ou décision de la justice, assure l’huissier. Il précise que c'est une décision qui revêt l'autorité de la chose jugée, ou exécutoire.

Selon Me Ngaro, aujourd'hui les décisions de justice n'arrivent pas à être exécutées à cause de la déliquescence judiciaire que nous vivons. Pourtant, soutient-il, la loi est claire sur la question d'exécution de la décision de justice. « Vous allez trouver un huissier-commissaire de justice qui rencontre toutes les difficultés pour l'exécuter. Or cette décision a acquis l'autorité de la chose jugée. L'huissier de justice ne peut pas exécuter la décision qui n'a pas acquis l'autorité de la chose jugée. Sauf pour les mesures conservatoires ou les jugements avant dire le droit, l'huissier est tenu de rester dans le cadre de ce dispositif », dit-il.

Pour illustrer son propos, Me Ngaro, affirme que le juge peut par une décision conservatoire suspendre des travaux de construction. L'huissier qui va vers le propriétaire de ce terrain litigieux lui signifie cette mesure conservatoire de suspension des travaux. « Mais s'il refuse d'obtempérer, on établit un procès-verbal de constat notifiant la poursuite de la construction. Ensuite, on dresse un procès-verbal de revenant pour déposer auprès du Procureur de la République. Et la plupart des cas, ces gens ne sont pas poursuivis. Si d'aventure le juge rend une décision pour ordonner la destruction, il revient toujours à l'huissier de l'exécuter ». Dans un tel cas d'espèce, dit-il, le Procureur de la République demande la poursuite de la personne incriminée pour rébellion à la loi. D'après Me Ngaro, maintenant de manière globale, tout le monde fait obstacle à la décision de justice. « Par exemple le juge rend une décision et lorsqu'un huissier va pour son exécution il l'appelle pour surseoir. Ce sont des cas que nous avons vécus. Mais moi je continue l'exécution parce que demain, c'est la crédibilité de l'huissier qui est mise en cause », soutient l'huissier. À son avis, le plus souvent, les juges et les procureurs reçoivent des appels du politique.

« Quand nous étions arrivés à la justice dans les années 88-89, la justice était respectée et non celle d'aujourd'hui. Je faisais partie de ceux qui ont composé la justice et nous avions condamné Chedeille Soukoudou qui était la sœur du défunt président tchadien Hissène Habré. Il nous l'a livrée lui-même pour qu’elle soit jugée. il n’y a pas cela depuis 32 ans », rappelle Me Ngaro. La justice doit se démarquer du politique. C'est dommage, on apprend que certains magistrats détiennent les cartes des partis politiques, dit cet huissier qui a 35 ans dans le métier. Pour lui, la magistrature c'est un pouvoir, si les magistrats continuent à plaire à l'exécutif, ils n'auront jamais la main libre pour prendre des décisions. Le magistrat doit être un homme indépendant qui rend la décision au nom du peuple tchadien, insiste-t-il.

Le judiciaire doit arriver à dire stop et dire qu'il n'a pas des ordres à recevoir de l'exécutif ou du législatif. « Nous sommes tous des esclaves de la loi et non au-dessus de la loi tant que cela n'est pas résolu, on va nous traîner toujours par le nez. Ce n'est pas une question d'huissier seulement au cours de l'exécution des décisions de justice, on a des camarades qui ont été tués et blessés », affirme Me Ngo Hisseine. Aux jeunes huissiers, il leur conseille le respect de la déontologie et l'éthique de la profession. D'après lui, le gain facile est nuisible, il faut faire le travail avec plus de professionnalisme. Il déplore surtout la division au sein de leur corps. C’est un obstacle pour l'avenir de ce métier qui dépend surtout des anciens huissiers, affirme Me Ngaro.

Moyalbaye Nadjasna

La série de la conférence-débat publique organisée par le comité technique d’organisation du dialogue national inclusif (CODNI) prend fin. Le dernier thème est « les conflits intercommunautaires au Tchad : état des lieux et solutions ». 5 panélistes composés de chefs traditionnels, des chefs religieux, mais aussi des enseignants chercheurs et experts ont mis à nu le nœud du problème et ont suggéré quelques pistes de solutions. Reportage.

Les conflits intercommunautaires ont endeuillé plusieurs familles au Tchad. Chaque année le pays enregistre plusieurs de conflits intercommunautaires et les autorités en charge de la sécurité publique et de l’administration du territoire peinent à mettre fin à ces conflits qui désolent les citoyens, surtout ceux du monde rural, éleveurs et agriculteurs. Pour mettre fin à cette situation malheureuse, le CODNI, dans le cadre du prochain dialogue organise une série de conférence-débats publiques. Le dernier thème de cette série de conférences-débats est « les conflits intercommunautaires : états des lieus et solutions ».

Pour sa majesté Tamita Djideingar, président de l’association des chefs traditionnels au Tchad, qui expose sur les conflits liés aux chefferies, souligne que la recrudescence de ce phénomène posent problème pour un Tchad en construction. Selon lui, les chefs traditionnels sont avec la population à la base et vivent au quotidien avec les populations et connaissent aussi bien comment cela se passe. Le chef de canton de Donomangua, soutient que les autorités traditionnelles sont les détentrices et garantes de valeurs traditionnels de ces communautés et exercent de pouvoir profond et en cas de trouble, ils sont impliqués dans la recherche de solution. Il ajoute que les conflits méritent d’être traiter avec une grande attention. Il estime que ces conflits sont liés à l’accès aux ressources naturelles telles que les terres, les forêts, les cours d’eau et leurs répartitions. Sa majesté Tamita Djideingar suggère le rétablissement de l’harmonie au sein de la communauté.

Pour le Pr Djérareou Abel, qui expose sur le conflit interreligieux, et comment les religieux contribuent à trouver de solution, les religieux ont contribué à atténuer la tension dans les conflits interreligieux et interethnique pour pouvoir vivre ensemble. Selon lui, les conflits ont pour cause la manière de vivre sa foi qui amène les conflits interreligieux. Il affirme que la principale cause de division est la méconnaissance de l’autre. Le pasteur souligne que pour promouvoir le vivre ensemble, les religieux proposent l’enseignement de valeurs humaines partagées. Il ajoute que le tchadien utilise souvent le nom de Dieu, et que ce sentiment religieux peut faciliter le dialogue.

L’expert du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, Kabadi, estime que le ministère éprouve beaucoup de difficultés pour résoudre les conflits intercommunautaires dans notre pays. Il énumère l’absence et l’insuffisance de moyens de travail. Il révèle que le pays compte 420 sous-préfectures et les chefs des unités administratives travaillent dans de conditions difficiles et cela ne favorisent pas la gestion des conflits. L’expert évoque aussi la multiplication des unités administratives et les chefferies traditionnelles sans assises territoriales précises qui seraient aussi une des causes du problème. Pour résoudre, M. Kabadi propose qu’on revalorise le salaire des agents de commandement et leur allouer les moyens conséquents pour faire correctement leur travail. Il propose qu’on renforce les mécanismes traditionnels et communautaires de règlement de conflits. Selon lui, les communautés ont leurs moyens de régler les conflits.

Tirant la conclusion de la série de conférences-débats organisées durant la semaine, le président du comité technique du CODNI, Djégoltar Gambaye Armand se réjouit des panels et du niveau de débats qui sont francs et ouverts. Il appelle les médias à organiser les débats contradictoires sur les sujets d’actualité.

Jules Doukoundjé

L’Union des Syndicats du Tchad (UST) a tenu sa deuxième Assemblée générale (AG) évaluative ce samedi 4 juin à la Bourse du Travail. Des travailleurs des secteurs publics et privés se sont présentés et ont évalué à tour de rôle la grève au niveau sectoriel. Il a été décidé de tenir une autre Assemblée au cours de laquelle le service minimum dans les hôpitaux sera suspendu si les leaders arrêtés ne sont pas libérés le lundi. Reportage. 

La grève est évaluée de temps à autre pour voir ou est-ce les syndicalistes vont. L’UST se réjouit du fait que les travailleurs des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de l’administration du territoire, du pétrole ont pris part à l’AG de ce samedi. Chaque représentant des cellules syndicales a pris la parole pour évaluer la grève au niveau de son secteur respectif. Pour le président de L’UST Barka Michel, son organisation syndicale est satisfaite du fait que la grève continue à être suivie. Il poursuit en disant que des décisions allant dans le sens de leurs camarades en prison ont été prises. « Il a été décidé que jusqu’au 06 juin si nos camarades ne sont pas libérés, une autre AG sera conviée le mardi et probablement le service minimum sera suspendu. Les syndicalistes du secteur de l’élevage disent que les heures d’battage seront fermées. Le secteur privé décide de faire une grève de solidarité non pour soutenir, mais l’observer normalement comme il le faut. Alors nous sommes contents que les gens comprennent le sens de la lutte que nous menons », affirme-t-il.

L’occasion est toute indiquée pour l’UST de faire le point sur le soutien international qu’ils ont. Pour lui, toutes les organisations syndicales internationales leur ont apporté leur soutien. Elles ont en même temps pris de dispositions pour se faire entendre au niveau de Genève. « On ne peut pas négocier avec des gens qui ne respectent pas leurs propres lois. On va plutôt durcir les actions pour montrer au gouvernement que la solidarité des travailleurs ne va pas s’arrêter. Nous avons le soutien de la population face aux agissements du gouvernement. La seule chose qui reste au gouvernement c’est mettre les gens en prison et nous nous sommes fatigués de leur prison », a affirmé Barka Michel.

Il ajoute également que les autorités les insultent au téléphone, les suivent partout, mais tout cela ne veut rien dire pour les syndicalistes. L’UST a elle aussi engagé des procédures judiciaires contre l’État tchadien en déposant une plainte au niveau du Bureau international du travail (BIT). Me De La Rochelle suit le dossier et il a saisi la cour de Justice des droits de l’Homme et des peuples de l’Union africaine (UA). Le président de l’UST demande à tous les syndicalistes et militants de Wakit Tamma de converger tous au Tribunal de Grande Instance de N’Djamena pour dire qu’ils ne sont pas contents du déroulement du procès à Moussoro.

Kouladoum Mireille Modestine

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