Dans un point de presse hier jeudi 18 octobre à la Maison des médias du Tchad, les organisations de la presse privée ont fait le compte rendu de la réunion avec les autorités de la transition. Et ont formulé une liste de doléances pour dénouer la crise entre eux et la direction générale de la communication de la présidence de la République.
Les responsables des médias privés ont fait des propositions pour une sortie de crise qu’ils qualifient de constructive et durable opposant les médias privés à la direction de la communication présidentielle (DGCOM). Ils réclament entre autres chose, la nomination d'un point focal fiable, capable de transmettre leurs préoccupations directement au président de transition sans passer par l'actuel DGCOM qu'il juge hostile à leur regard. « Nous suggérons le ministre de la communication, et le conseiller aux médias du président de transition à condition qu’ils agissent de manière Indépendante sans l'influence de la DGCOM », disent-ils.
Les responsables des médias privés appellent le gouvernement à la révision des textes législatifs et application des recommandations du DNIS parmi lesquelles, la révision des textes de loi qui régissent la presse. Selon eux, cette révision contribuera à créer un environnement juridique plus favorable à la liberté de la presse, la nécessité de garantir la sécurité des journalistes, un accès libre à l'information à la présidence, à la primature et dans tous les ministères. Il faut signaler cette suggestion innovante pour la création d'une commission permanente nationale et indépendante d'accès à l'Information (CNPAI), gérée par les journalistes et prise en charge par l'État.
Ces organisations demandent le renforcement des capacités professionnelles des journalistes ainsi que la mise à disposition d'équipements adéquats pour leur travail qui selon eux, contribuera à améliorer la qualité du journalisme au Tchad. Ils lancent un cri d'alarme au président de transition d’intervenir pour résoudre les problèmes financiers de la Maison des médias menacée d'expulsion pour non-paiement de loyer.
Enfin, ils demandent aux autorités de la transition de rappeler à l'ordre la Haute Autorité des Médias et de l'Audiovisuel (HAMA) afin qu'elle demeure dans son rôle. Et qu'elle cesse avec ses menaces et intimidations, ni ses tentatives d'influencer les médias de manière partisane.
Abderamane Moussa Amadaye
En dépit de la mobilisation permanente de toutes les ressources et instruments disponibles de l’appareil d’État et de ses auxiliaires[1] pour l’entraver, le président du parti Les Transformateurs, Succès MASRA continue sur son seul nom, d’infliger une peur panique irrationnelle à l’héritier et président de transition Mahamat Idriss Deby et à ses acolytes du système. Quelle peut en être la raison ?
Entraves, persécutions, harcèlements
Jamais, aucun de tous ceux qui, par le passé, ont porté le fer sur le terrain démocratique contre le système Deby, n’a eu droit à pareil traitement de faveur du régime. De Kamougué à Kebzabo en passant par Yorongar qui ont défié le Deby père dans les urnes avec succès aux présidentielles avant d’être privés de la victoire par le bras constitutionnel du régime et de connaître le purgatoire, n’ont pas été autant entravés, combattus ou réprimés sans humanisme.
Il y a certes feu Ibni Oumar Mahamat Saleh qui a payé le plus fort des prix de l’engagement politique, avec le sacrifice suprême, mais qui jusqu’à son élimination physique, disposait comme tous les leaders politiques de l’époque d’une relative liberté publique et politique. Pour le leader des Transformateurs, rien ne lui a été épargné. Tous les stratèges et intellectuels du régime ont un blanc-seing pour donner libre cours à leur imagination pour l’innovation des instruments institutionnels, politiques, diplomatiques et juridiques de répression et d’empêchement de Masra et de son organisation. Un concours Lépine permanent pour le pire, mais inefficient jusqu’alors puisque Masra qui en est l’objet et la cible, dispose encore et toujours des ressources morale, politique et intellectuelle, de la force de conviction et de résilience, de la capacité d’entrainement et de mobilisation de l’espérance de la Nation que l’ensemble du système Deby avec toutes les ressources de l’appareil de l’État ne peut avoir et susciter. C’est un euphémisme que de l’affirmer.
Aujourd’hui, Masra battra sans coup férir dans les urnes l’héritier Deby même dans le fief de ce dernier dans le septentrion du pays dans un combat démocratique loyal. Il le peut d’autant plus qu’il ne prône ni haine, ni exclusion, ni vengeance, mais la remise d’équerre des principes d’égalité, d’équité et de la saine émulation des citoyens. Qui plus est, il apparait pour l’observateur, de ce qu’il dégage, qu’il s’est préparé à la charge suprême et a réfléchi sérieusement à la cause des maux qui minent le pays et à la méthode, aux moyens et au chronogramme d’un leadership éclairé et inspirant. Mais surtout il propose une gouvernance partagée et responsable pour installer d’une part, la confiance nécessaire à la cohésion et d’autre part, les commandes des leviers du développement économique et social du pays. Tout ce dont est incapable le système Deby. Et personne n’y perdra, y compris les protégés actuels du régime qui pacifieront ainsi leur relation aux autres au lieu d’être craints et honnis. C’est ce que le régime ne peut offrir comme horizon et ne veut pas comme alternatif. Or, Masra en est intrinsèquement et irrémédiablement l’incarnation vivante. Certes, il n’est pas un Saint, et n’a sans doute pas à disposition une panacée clé en main, mais il propose une méthode vertueuse et entrainante, une trajectoire lisible par tous et une obligation d’en répondre compte devant le peuple.
Dès lors, tous les moyens sont bons pour l’abattre : de la longue interdiction faite à l’administration d’enregistrer son partie politique à la modification opportuniste et pro domo de la constitution ; des assassinats aux arrestations récurrents de ses militants en passant par les saccages et les gazages répétitifs du siège de son parti ; du harcèlement permanent par l’ANS et la police de ses militants et soutiens, aux interdictions de réunions et manifestations publiques ; de l’exclusion du dialogue national inclusif et souverain (DNIS) à l’ interdiction aux autorités administratives, traditionnelles et religieuses de le recevoir ; de l’interdiction aux responsables des établissements publics de l’enseignement supérieur de lui accorder la moindre tribune en dépit de l’éclectisme de son parcours universitaire et professionnel qui en fait un modèle et une source d’inspiration pour le jeune public estudiantin. Des débauchages systémiques des proches collaborateurs et membres de la famille ; du procès en sorcellerie de confessionnalisme et régionalisme par celui qui les pratique en mode de gouvernement; du procès d’être le protégé de la France, par ceux-là mêmes qui sont installés au pouvoir et qui doivent la pérennité de leur régime au parapluie militaire, financier, institutionnel et diplomatique de la France ; des procédures judiciaires iniques aux poursuites pénales préventives (on n’arrête décidemment pas l’innovation), la liste est interminable.
Le « Touillomètre À ZÉRO »
Et le comble maintenant, le mandat d’arrêt international doublé paradoxalement de l’interdiction de retour au pays. Comment demander aux polices du monde entier de procéder à l’arrestation de Masra et s’opposer en même temps à son retour au pays alors que ce retour permettra de l’arrêter soi-même ? Le système Déby n’est définitivement jamais à une contradiction près.
Masra ne doit encore sa survie qu’à la conjugaison de trois facteurs cumulatifs : premièrement, sa grande popularité à l’intérieur du pays ; deuxièmement son aura et son audience à l’international, jamais égalée par un leader politique tchadien de l’opposition et enfin, troisièmement, le précédent Ibni Oumar Mahamat Saleh qui malgré la renonciation de son parti et de sa famille et le décès de Déby père, ne passe toujours pas à l’international.
Qu’est-ce qui peut expliquer et justifier cette persécution si n’est qu’il leur fout le « trouillometre à zéro » ?
Le leadership de Masra ôte le sommeil et hante l’héritier Deby et ses nouvelles remorques que sont Kebzabo et Gali NGoté qui ne peuvent relever le gant face à lui. C’est la raison pour laquelle, Ils ne veulent foncièrement plus de lui dans leurs pattes sur le territoire national, ni aujourd’hui, ni demain ; du moins pas avant la fin de la boucle du processus électoral transitoire : ni pendant le référendum, ni pendant les législatives, et encore moins à l’occasion des présidentielles à venir. Ceci explique le blocage en coulisse de toutes les esquisses de solutions de réconciliation proposées par les experts de la CEEAC[2], malgré le parti pris manifeste du médiateur Félix TSHISEQUEDI. Mais personne n’ose assumer publiquement cette entrave pour entretenir l’illusion et l’alibi de la main tendue à l’égard de Masra et des Transformateurs afin de tromper les partenaires internationaux et bailleurs de fonds.
Bien sûr qu’il arrive à Succès Masra de se tromper ou de manquer parfois discernement ; les exemples ne manquent pas. Mais qui parmi ses contempteurs et procureurs tiendrait débout et garderait encore la tête froide en subissant seulement le tiers du quart de ce qu’il endure depuis 5 ans ? Combien parmi ceux-ci n’ont pas fermer boutique ou se sont vendus au régime dès la première épreuve subie ? Masra ne pourra malheureusement et humainement peut-être pas tenir face au rouleau compresseur du système. Mais quoiqu’il lui arrive l’Histoire l’a d’ores et déjà inscrit au rôle des immortels héros de l’Afrique.
Abdoulaye Mbotaingar
Docteur en droit, maître de conférences à l’université
[1] Police, gendarmerie, ANS, armée, trésor public, gouvernement et parlement, justice, gouverneurs, préfets, sous-préfets, sultans et chef de canton, ONAMA, institutions administratives indépendantes, dignitaires religieux, MPS et ses satellites, notamment les partis politiques, associations de la société civile et intellectuels alliés et alibis, etc…
[2] Il est de même du blocage de la publication du rapport de la CEEAC sur les massacres du Jeudi Noir.
A l'issue d'une Assemblée Générale Extraordinaire tenue le 15 octobre à la Maison des médias sur le thème, « Tous ensemble soutenons la Transition et l'UDS derrière le parti de la masse le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) », l'Union des démocrates et socialistes (UDS) a reconduit son président Idriss Moursal et décide de s'aligner derrière le mouvement patriotique du salut en cette phase importante de transition.
Cette assemblée générale extraordinaire a vu la présence de plus d'une cinquantaine de membres et sympathisants réunis à la maison des médias. A l'issue des échanges, son président Idriss Moursal a été reconduit. Pour Mahamat Adam Hissein, Secrétaire Général du parti UDS, leur formation politique soutient la transition qui selon lui reste toujours inclusive et exemplaire de toutes les transitions enclenchées en Afrique francophone. « Après plus de deux ans de transition, des efforts et des sacrifices ont été consentis par le Président Mahamat Idriss Deby Itno », dit-il. Le SG estime aussi que le gouvernement d'union national dirigé par Saleh Kebzabo va bon train et au service du développement du pays et du bien- être de la population, a-t-il confié. Pour clore sa déclaration, le SG affiche et apporte le soutien sans faille de sa formation politique à l’ancien parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) pour au mieux affronter les échéances électorales avenirs, a-t-il affirmé.
Abderamane Moussa Amadaye
La Fédération de l'Opposition Crédible (FOC) a organisé une conférence de presse hier samedi 14, octobre au siège du parti socialiste sans frontière (PSF). Cet échange avec la presse est axé sur le lancement d'une pétition contre le facilitateur de la Communauté Économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) Félix Tshisekedi sur le processus de transition au Tchad.
Gam Robert, secrétaire général de PSF représentant le président de la FOC Yaya Dilo Djerou, explique que la CEEAC sous la conduite du président Tshisekedi a eu comme mission de faciliter le dialogue sous le principe de subsidiarité. Il soutient que la CEEAC avait fermé les yeux sur toutes les dérives de la junte, notamment la violation des conditions fixées par l'Union Africaine (UA) pendant la première phase de transition. À la suite des événements de 20 octobre 2022, la FOC estime que la CEEAC avait mis en place une parodie de Commission d'enquête qui n'avait jamais rendu publiques ses conclusions. « Les émissaires du facilitateur nous avaient promis que la restitution de leur enquête serait faite lors de la visite du Président Tshisekedi à N'Djamena. Ce qui n'a pas fait », a dit M. Gam Robert.
Selon la FOC, la récente visite de l'envoyé spécial du président Tshisekedi ressemblait à une opération de lobbying et d'achat de consciences en faveur de la junte. L'essentiel des échanges avaient tourné autour de la participation des acteurs de l'opposition dans le gouvernement de la junte sans aucune considération pour 14 propositions présentées au facilitateur, a-t-il indiqué.
Les membres de la FOC dénoncent l'absence de neutralité, d'impartialité et de perspectives de la part du facilitateur de la CEEAC. La FOC demande à la Conférence des Chefs d'État des pays membres de la CEEAC de procéder au remplacement immédiat de M. Félix Tshisekedi comme Facilitateur sur le processus de la transition au Tchad. Ils demandent également le respect des dernières décisions du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine, relatives à l'inéligibilité des dirigeants de la transition. « Nous reviendront pour exiger que l'Union Africaine dessaisisse la CEEAC du dossier tchadien en mettant en veilleuse le fameux principe de subsidiarité ».
Enfin, la FOC demande à tous les panafricains, à tous les citoyens des pays membres de la CEEAC et à tous les démocrates tchadiens de signer la pétition afin de mettre la CEEAC devant ses responsabilités.
Noël Adoum
Lors d’une assemblée organisée hier samedi 14 octobre, Le Centre de santé Sainte Mère Térésa de Calcutta évalue ses performances en matière de santé publique.
Birwé Kaïtouamou responsable dit son centre couvre plusieurs quartiers divisés en zone A, B, hors zone et les personnes nomades. Pour lui, ce centre est une œuvre confessionnelle dirigée par les professionnels. Pour l'année, 3357 personnes de toutes âges ont été consulté, 28 référés dans le centre hospitalier, 186 naissances. « Les maladies récurrentes sont le paludisme et la fièvre typhoïde ».
Le curé Abbé Madou remercie Dieu pour cette œuvre, il affirme que ce centre a ouvert ses portes, il y a à peine deux ans,
Pour lui, après la COVID 19, il y a des questions de survie des populations, c'était urgent de mettre un centre de santé à proximité pour venir en aide à la population en répondant à ses besoins sanitaires. Il soutient que pendant les inondations, le centre a répondu en prenant en charge les sinistrés majoritairement des enfants, des femmes et des personnes âgées.
Abbé Madou, curé de la paroisse Saint Isidore de Babanja de Walia affirme que ce centre a pour mission de redonner le sourire à ceux qui souffrent. Il plaide auprès de ses partenaires et du gouvernement de doter le centre des matériels surtout en appareils de dialyse pour soulager les patients.
Ousmane Bello Daoudou
Dans un point de presse hier jeudi 12 octobre, le collectif des avocats pour la défense des militants du parti les transformateurs demandent la libération immédiate des jeunes de ce parti détenus aux renseignements généraux
Me Allatan Ndordji affirme que des traitements dégradants, inhumains perpétrés contre 72 des militants de transformateurs en détention est totale violation des règles relatives aux conditions et délai de garde à vue. « Ces jeunes détenus sont entassés à même le sol, sans nourriture, ni eau, ni protection contre les moustiques et sans droit de visite pourtant la loi accorde aux avocats le droit à leur rendre visite », dit-il.
Selon lui, les dispositions de l'article 221 et suivi du code de procédure pénale tchadien, le délai de garde à vue est de 48h aux termes desquelles, tout prévenu est censé être présenté au parquet ou à un juge compétent pour faire suite à la procédure pénale enclenchée contre lui.
Me Allatan Ndordji affirme que le procureur de la République au mépris de ses prérogatives légales a avoué son impuissante à gérer la situation de ces jeunes détenus. Pour lui, le collectif des avocats constate avec amertume jusqu'à ce jour qu’il n’a aucun communiqué officiel des autorités de la transition sur leur situation inquiétante de ces détenus politiques dans les locaux des RG.
Pour le collectif ces faits sont extrêmement graves. « Rien ne peut justifier que dans un État de droit que le code pénal tchadien, les conventions de Genève de 1949 et la convention contre la torture de 1984 soient violés », dit le Collectif
Le collectif exige la libération de ces jeunes compte tenu du dépassement du délai légal de garde. Il interpelle les autorités à respecter leurs engagements en faveur de l'État de droit.
Ousmane Bello Daoudou
Jour après jour, il y a une année, s'ouvre la première année de la phase II de transition marquée par la dissolution du Conseil Militaire de Transition (CMT) et la prestation de serment du président de transition, Mahamat Idriss Deby Itno pour une durée de 2 ans définie selon les résolutions du dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Une année plus tard, quel bilan ?
L'an 1 de la seconde phase de transition a commencé avec la nomination de gouvernement d'union nationale le 12 octobre 2023. A sa tête un ex-opposant à Idriss Deby père, M. Saleh Kebzabo et quelques mécontents de l'ancien régime qui avaient combattu les armes à la main le régime Deby. 8 jours plus tard, la tragédie du 20 octobre 2022 s'est produite. Ceux qui contestaient Mahamat Idriss Deby fils ont été réprimés. Une répression inédite. Des morts par certaines, des arrestations et des enlèvements par milliers.
La semaine qui suit cette répression a été terrifiante. Les voix discordantes sont amoindries par cette nouvelle forme de « démocratie armée ». Le désormais président de transition est le seul maître à bord. Contrairement aux premiers 18 mois, la première année phase de la seconde transition, liberté de manifestations sont abusivement restreintes. Le président de transition est vénéré et loué par ses courtisans. L'héritier sans s’en rendre compte se retrouve a exercé le pouvoir d'un président élu.
Une idée lui a été soufflé à l’oreille : des tournées à l'intérieur du pays. Elles sont engagées sur le dos des contribuables tchadiens pendant que les denrées alimentaires connaissent une flambée exponentielle. Tel un président élu ou un candidat en campagne présidentielle, il sillonne le pays. En une année il met à la retraite certains généraux et élèves d’autres au même grade.
La première année de cette seconde phase a été aussi celle de critiques acerbes des actions du gouvernement. D'abord, la mise sur pied de la Commission Nationale chargée de l'Organisation du Referendum Constitutionnel (CONOREC) a été fortement critiqué du fait de sa composition. La crédibilité de cette organisation remise en cause ainsi que tout le processus d'enrôlement. Cette institution n'est pas la seule, il y a aussi les organes de pilotage, de contrôle et de suivi-évaluation des résolutions et recommandations du dialogue national inclusif et souverain (DNIS).
Ensuite, la recrudescence des conflits n'a pas cessé. Plus de 37 cas de violences inter et intracommunautaires ont défrayé la chronique, à l'Est, au Centre, dans le Lac-Tchad et au sud du pays. La puissance publique a démontré ses limites et n'a pas souvent pu s'imposer pour régler le conflit devant la justice républicaine mais par le prix du sang (Dia). Les règlements des conflits par l'État paraissent incongrus pour plusieurs tchadiens qui se demandent où est passée la justice ? Cette phase est aussi marquée par les grèves des magistrats. Ils ont dénoncé à maintes reprises le projet de Constitution qui, selon eux, ne garantit pas l’indépendance du pouvoir judiciaire. Ils réclament aussi une meilleure condition de travail.
L'électricité reste toujours un défi pour cette seconde phase de transition. Les promesses faites par le PT lors de sa prestation de serment pour la multiplication fois 3 de la capacité énergétique de la ville de N'Djamena avant fin janvier 2023 a été un échec. Les N'Djamenois subissent trois fois plus de délestage que les 10 dernières années. Les vagues de protestations dans les quartiers se multiplient, N'Djaména est sombre comme un tombeau. Certains commencent à remplacer les câbles de la SNE par des panneaux, les pénuries de carburant, les flambées des prix des denrées, du transport. Tout échappe à la transition.
L'an 1 de la deuxième phase de la transition a été chaotique. Le Président de Transition et les membres du gouvernement sont interpellés pour redresser la barre avant qu'il ne soit trop tard.
Abderamane Moussa Amadaye
Un déjeuner de presse a été organisé ce 10 octobre 2023 par le Premier ministre du gouvernement d'union nationale de transition Saleh Kebzabo. Il a échangé avec les responsables des différents organes de presse dans un hôtel de la place. Cet échange vise à recueillir les doléances et les difficultés que les responsables de presse rencontrent dans l'exercice de leur fonction.
Réuni autour de plusieurs tables rondes à travers un déjeuner de presse organisé à 13h00. La cérémonie a vu la présence de quelques membres du gouvernement, les responsables de différents médias et d'autres invités. Le premier ministre de transition Saleh Kebzabo relève que la question de la cohésion sociale interpelle tout le monde car la culture du bien vivre-ensemble mérite d’être vulgarisée. « Aucun journaliste, aucun média au monde ne saurait être libre et responsable dans une société divisée où la haine serait la chose la mieux partagée », a-t-il dit. Il poursuit, « Vous êtes les plus écoutés, les plus lus, les plus regardés. Transmettez la culture de patriotisme à nos concitoyens dans la diversité culturelle et politique. Propagez l’amour de son prochain, la cohabitation pacifique et l’acceptation de l’autre ».
Pour lui, pratiquer le journalisme dans un pays en quête de stabilité politique et sociale comme le Tchad est périlleux. Pire, gérer une entreprise de presse dans un système économique faible, est un sérieux sacrifice, a-t-il déclaré. Le Premier ministre dit mesurer les charges qui pèsent sur les patrons de médias, en tant que responsables. Il affirme mesurer aussi les conditions difficiles de travail dans lesquelles les journalistes exercent, les difficultés sécuritaires, économiques, matérielles, et surtout la sempiternelle question d’accès à l’information, a-t-il ajouté.
Il a souligné l'amélioration des conditions de travail, la révision en hausse de l’aide à la presse et la révision des lois telle que recommandée par le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Il a appelé les journalistes à être responsables en respectant le code d’éthique et de la déontologie qui régit ce noble métier. « Cessez d’être des journalistes d’intimidation et des prédateurs », a-t-il affirmé.
Enfin, le chef du gouvernement a interpellé les médias publics sur la qualité de leur production face à une concurrence rude. « On est journaliste ou on ne l’est pas. Vous n’êtes ni des griots, ni des zélateurs impénitents, et encore moins des censeurs aveugles et partisans » a-t-il conclu.
Noël Adoum







