L’Observatoire Économique et Statistique d’Afrique subsaharienne (AFRISTAT) a organisé ce 23 octobre 2023 la 46ème réunion du comité de direction dans le 8e arrondissement de la capitale tchadienne, N’Djamena.
L'objectif de cette réunion est d'élaborer la vision horizon 2025 qui servira à développer le volet « observatoire économique », sauvegarder l'acquis du centre de référence dans le domaine du renforcement des capacités statistiques afin de continuer d'être l'instrument d'intégration économique en Afrique Subsaharienne.
Pour le ministre de la Prospective Économique et des partenariats internationaux, Moussa Batraki, le conflit entre la Russie et l'Ukraine est venu exacerber les tensions sur le marché des matières premières notamment celui du pétrole, du gaz ainsi que sur celui des produits alimentaires notamment le blé et le maïs, a-t-il dit. Selon le ministre, l’une des conséquences les plus visibles de cette situation d’ensemble reste le renchérissement du niveau général des prix un peu partout dans le monde. Il relève que les perspectives sont en berne car le FMI annonce un ralentissement général de l’activité. « L’Institution de Bretton-Woods indique que la croissance mondiale devrait passer de 3,5% en 2022 à 3% en 2023 et il est projeté un taux 2,9% en 2024 », a-t-il déclaré.
Selon lui, la finalisation du projet de révision du Traité portant création d’AFRISTAT, l'examen des résultats de l'étude stratégique d’AFRISTAT à l’horizon 2035 et les délibérations devant conduire à la proposition au Conseil des ministres de candidats susceptibles d’être nommés Directeur Général de l’Institution à partir de janvier 2024 sont des sujets qui vont impacter la vie d’AFRISTAT.
Noël Adoum
Écrire sur les sextapes de deux ministres démissionnaires est un exercice difficile. Dans ce métier, les mauvaises nouvelles écrasent souvent les bonnes nouvelles. Cette actualité sur les ébats sexuels de ces ex-responsables publiques sont d’une autre dimension. L’opinion publique tchadienne continuent d’en parler. Le journaliste ne peut l’occulter. Il faut en parler mais en parler autrement. Alors comment en parler autrement ? Analyser les faits….
Le sujet, il faut le dire, le redire, le répéter encore et encore est « culturellement délicat ». « Socialement » navrant. Et « politiquement explosif » pour un pays comme le nôtre où l’hypocrisie se mêle à la morale. Et où le voyeurisme ne s’encombre pas de la décence.
Dans une société normale, cette vidéo relève strictement de la vie privée. Autrement dit chacun fait ce qu’il veut avec qui il veut dans sa chambre à coucher. Et même si par mégarde ou par règlement de compte, une vidéo pareille, se retrouve sur la place publique, la décence aurait voulu de s’abstenir de la propager.
La « boule puante » est partie de la page Facebook d’un mystérieux personnage des réseaux sociaux surnommé Général Labo Mobil. Le fameux général dit détenir plusieurs autres vidéos compromettantes qui menaceraient plusieurs hommes et femmes politiques. C’est la panique, dit-on, chez plusieurs membres du gouvernement. La suspicion est partout. Le désarroi est total comme le prouve l’intervention du conseiller Takkilal Ndolassem qui parle abruptement de « Coup d’État scientifique ». La délectation du supplice du général Labo Mobile est insupportable.
Ces sextapes révèlent comme dit la fameuse expression « les choses du Tchad », en pire.
D’abord, on découvre le visage hideux de la culture de « meute » des réseaux sociaux tchadiens. Une culture néfaste qui s’empare des sujets insignifiants pour en faire une affaire de tous et un déshonneur de tous. Des soi-disant « activistes », « opposants », « influenceurs ou tiktokeurs vaseux et incultes » rivalisent d’ingéniosité pour jeter en pâture notre légendaire valeur « la soutra » (ne jamais jeter aux chiens l’honneur et l’intimité d’un frère et d’une sœur quel que soit nos querelles).
Ensuite, c’est la vague des « moralisateurs » ou police autoproclamée « des mœurs » qui arrose le public de ses jugements moraux, prédisant l’apocalypse. Paradoxalement, les mêmes, disent à gorge chaude « seul Dieu est ultime juge ». Oubliant au passage que de tous les temps, les Hommes ont transgressé les règles et les conventions établies. Il n’est pas interdit de voler mais il est interdit d’être surpris. C’est le cas de nos deux ex-ministres.
Enfin, il y a tous ceux qui parlent sous la barbe du déshonneur de la République mais qui piaffent tels des taureaux en attendant le nom des prochaines victimes du général Labo.
Cette affaire tombe sur la tête d’une transition à bout de souffle, déjà dépassée par les difficultés de la gestion du quotidien. Le gouvernement et la présidence n’ont pas mesuré les dégâts politiques que cette affaire a engendré. Le fait de laisser les deux ministres officiellement démissionner par eux-mêmes est une erreur. Il fallait dès la publication de ces sextapes, les démettre de leurs fonctions pour sauver un peu l’honneur et le privilège de servir le pays.
Bello Bakary Mana
Dans un point de presse animé ce 21 octobre 2023, le président du parti union des démocrates pour le développement et ne progrès (UDP), Max Kemkoye sur les douloureux événements du 20 octobre, il exige une enquête internationale et une justice internationale. Le président de l'UDP a aussi dressé le bilan de la gestion embrassante de l'an 1 de la seconde phase de transition.
Pour Max Kemkoye, président de l'UDP, l'effroyable a été atteint le 20 octobre 2022 à la suite de la manifestation réprimée dans le sang à N'Djamena, Moundou, Koumra et Doba. « Ce jour-là, des jeunes tchadiens tombaient par centaines sous les balles assassines de l'ensemble des forces de défense et de sécurité », dit-il. Il relève que le gouvernement, pour se justifier à l'effet de se donner bonne conscience, a qualifié cette manifestation réprimée d'atteinte à la sûreté de l'État et insurrection populaire, affirme M. Kemkoye. S'agissant de responsabilité de cette sanglante répression, le président de l'UDP indique que « les faits sont là, les éléments de forces de défense et de sécurité de façon générale et l'armée en particulier ne répondent qu'à un ordre...en pareille circonstance, tirer à vue ou tirer pour tuer dans une armée ne peut relever de la compétence exclusive de celui qui a le pouvoir de réquisitionner l'armée pour le maintien de l'ordre. Et cette réquisition ne peut se faire que par décret », a-t-il confié à la presse. Face au silence et au manque de crédibilité de la CEEAC dans la facilitation de cette tragédie, selon le Président de l'UDP, son parti promet de se battre aux côtés des victimes pour sauver le Tchad de la junte aux intérêts étrangers en contre partie du pouvoir. « Nous appelons ces gens qui croient qu'ils vont continuer à bénéficier de l'impunité ou qu'il n'y aura pas justice à sortir de leur tanière pour demander pardon car, aucun régime n'est éternel. Et ça sera un Tribunal criminel qui statuera sur leur sort », a affirmé, Max Kemkoye, président de l'UDP. Il poursuit, « le bon sens politique et l'humanisme nous condamnent à s'interdire toute exploitation politicienne de ce drame...nous exigeons l'enquête internationale et la justice pour les victimes...ces morts ne doivent pas servir à rien ou être rangées dans l'oubliettes comme de nombreux événements connus et restés impunis », a-t-il laissé entendre.
M. Max Kemkoye s'est aussi appesanti sur l'an 1 de la seconde phase de transition. Pour le président de l'UDP, les tchadiens vivent les pires situations socioéconomiques et politiques depuis plus de 24 mois dont 12 mois de malheur excessif qu'il résume en 17 points qu'il dénomme « les 17 plaies béantes difficiles à cicatrisées occasionnées par le gouvernement de transition dite phase 2 ». Il souligne l'indifférence et l'irresponsabilité des autorités de transition, l'incapacité à répondre aux urgences économiques et sociales, aux détournements massifs et la destruction de l'économie, l'absence de justice, cherté de vie, des nominations et élévations népotistes, etc.
Enfin, face à ce qu'il qualifie de l'échec total et du pilotage automatique de l'État par des immatures, le président de l'UDP promet que la junte militaire aura le peuple en face. « Partout où règnent ces genres de pouvoir, le peuple a fini toujours par renverser la vapeur car, nous en avions vu et revu les sinistres, célèbres et tout puissants dictateurs finir droit en prison, lynchés par la rue, chassés par les populations, emprisonnés à vie ou tués et exposés. Quelle que soit la puissance d'un dictateur, sa fin a toujours été triste et ils sont légion », conclut, M. Kemkoye, président de l'UDP.
Abderamane Moussa Amadaye
Le Syndicat National des professionnels de l'Administration du Territoire dénonce lors d’un point de presse la gestion de l'administration territoriale, la revalorisation et l'harmonisation de leur traitement salarial.
Mme Ndeingar Sonia la Secrétaire Générale (SG) dénonce les dérives de certains chefs des unités administratives. « Les nominations par le décret présidentiel sont remplacée par des nominations verbales ou par messages », dit la SG.
Elle affirme que la suspension du gouverneur de Wadi Fira par le président de la transition pour cause la nomination par un arrêté des maires de communes et le sultan du Dar Zakhawa est en violation des textes qui régissent les unités administratives, les collectivités autonomes et les chefferies traditionnelles.
Pour elle, le SYNPAT déplore la militarisation et la politisation de l'administration publique. Pourtant, dit-elle, le ministère dispose des cadres formés à École Nationale de l’Administration (ENA) du pays, de l’étranger. Et qui traînent dans les couloirs du ministère. « La plupart des gouverneurs, des préfets et des sous-préfets sont des militaires sans aucune notion et références de la fonction Publique ». Selon le syndicat, ces pratiques sont perpétrés par les tout-puissants gouverneurs sont la plupart des généraux qui ont fait de la mauvaise gouvernance des unités administratives une règle. Conséquence : les populations sont arnaquées.
Le Synpat condamne ces dérives et propose au président de transition de procéder à des nominations sur la base des critères définis par les textes de la République. Il doit aussi s’investir dans le dossier de la revalorisation et de l'harmonisation salariale des agents de commandement du ministère.
Ousmane Bello Daoudou
Dans une déclaration faite ce samedi 21 octobre, l'association des jeunes pour la paix et la sensibilisation et la citoyenneté déplore la situation socio-économique, politique et sécuritaire du pays.
Moussa Djibrine Ramtallah Hassan, président de l'AJPSC dit constater les agissements des autorités de la transition qui tentent d’instaurer une pensée unique par l'asservissement des Tchadiens. Il affirme que les partis politiques et la société civile favorable à la transition font leur activité alors que ceux de l'opposition démocratique sont empêchés, dit-il.
Pour lui, l'insécurité, la cherté de vie, le recul de la démocratie, le manque de politique d'emploi pour les jeunes, l'injustice sont quotidien, dit-il. Face à la situation, il soutient que la transition dirigé a échoué parce qu’elle est incapable de répondre aux besoins urgents des Tchadiens. Il exige la dissolution du gouvernement afin de constitution une nouvelle équipe Républicaine soucieuse de la vie politique du pays.
Ousmane Bello Daoudou
Par une déclaration officielle diffusée sur le site de l'ambassade des États-Unis au Tchad, le porte-parole du département Américain, Matthew Miller exhorte le gouvernement tchadien à faire la transparence sur les violences du 20 octobre où plusieurs manifestants ont été tués par les forces de l'ordre, selon le porte-parole.
Une année après la tragique et douloureuse répression sanglante du 20 octobre 2022, le département Américain a rehaussé à nouveau le ton sur les autorités de transition. Il affirme dans sa déclaration que « les forces de sécurité du gouvernement du Tchad ont abattu quatre (4) manifestants devant l'ambassade de États-Unis », au cours d'une manifestation du 20 octobre. Il a relevé que lors de multiples réunions avec de hauts cadres tchadiens, les États-Unis ont insisté pour que les responsables de ces meurtres répondent de leurs actes. « Malgré les assurances selon lesquelles l'affaire a été transmise au procureur général, nous n'avons vu aucun signe indiquant que le gouvernement du Tchad prend des mesures pour enquêter ou traduire les auteurs en justice », dit-il. M. Matthew Miller affirme que son pays ne dispose d'aucune information concernant une enquête gouvernementale sur le recours à la force meurtrière par les forces de sécurité contre d'autres manifestants pendant et après les manifestations du 20 octobre, a-t-il indiqué. « Nous n'avons pas non plus connaissance d'une quelconque mesure gouvernementale visant à enquêter sur l'arrestation et la mort de manifestants en détention survenus ultérieurement », a-t-il confié.
Le porte-parole du département d'État américain estime que la transition au Tchad ne peut réussir vers des élections démocratiques que si le gouvernement créé les conditions permettant à l'opposition non-armée et aux groupes de la société civile la pleine participation au processus politique. « Les États-Unis renouvellent leur appel pour que des enquêtes exhaustives soient menées sur ces événements et que toute personne responsable de violations et d'atteintes aux droits humains soit amenée à rendre des comptes », conclut le porte-parole du département d'État américain.
Abderamane Moussa Amadaye
Jour après jour, la manifestation du 20 octobre réprimée a une année. Par un point de presse animé ce jour 20 octobre 2023, la coordination des associations de la société civile et de défense des droits de l'homme (CASCIDHO) a commémorer cette journée sous le signe de deuil et d'indignation.
Pour Mahamat Digadimbaye, coordonnateur du CASCIDHO, le jeudi noir 20 octobre est un triste souvenir qui rappel une tragédie macabre dont les plaies sont encore béantes, dit-il. Il estime que ce jour les tchadiens se sont entretués, le sang a coulé et les larmes ne pas toujours encore séchés. « Un an après, le CASCIDHO s'indigne de cette barbarie humaine qui visait l'explosion du Tchad en tant que nation, une et indivisible », a-t-il confié. Pour lui, ces événements allaient remettre en cause les efforts de paix, de l'unité nationale et un retour à l'ordre constitutionnel. « Mais les tchadiens dans un sursaut national ont pu préserver les valeurs de l'unité nationale et du vivre-ensemble, sérieusement menacées », a-t-il laissé entendre.
Toujours dans sa déclaration en cette sombre journée du 20 octobre, le coordonnateur de CASCIDHO a tenu à féliciter l'engagement de la CEEAC pour la médiation dans cette affaire et dit attendre avec impatience la publication du rapport, qui selon lui, garantira la paix et la stabilité au Tchad en vue d'un retour apaisé à l'ordre constitutionnel. « De même nous saluons également les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de l'apaisement et la décrispation de la situation politique. Nous faisons référence ici, aux manifestants libérés et ayant bénéficiés de la grâce présidentielle », a-t-il déclaré.
Pour finir, la CASCIDHO dit condamner avec force et fermeté toute exploitation de ces événements tragiques à des dessins politiques inavoués. « Le Tchad, il faut le dire à trop souffert des affres de la guerre et de la division. Le 20 octobre 2022 est le summum. Il est temps que le sang tchadien cesse de couler. En marche vers le retour à l'ordre constitutionnel en lieu et place de nos pleures et larmes, prônons le dialogue et la réconciliation. Nous disons plus jamais les manifestations meurtrières dans notre pays », conclut-il.
Abderamane Moussa Amadaye
Le Tchad a célébré le 18 octobre dernier la 16ème édition de la Journée Mondiale de Lavage des mains sous le thème, « lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies ». C'est le secrétaire général (SG) du ministère de la Santé publique et de la prévention Dabsou Guidaoussou qui a donné le coup d'envoi de cette activité au centre de santé la léproserie.
Ousman Doumbouya, représentant de l’Unicef au pays soutient que le lavage des mains est un geste simple si pratiqué régulièrement, il réduit les risques des maladies. Selon lui, la journée vise à faire passer le message et le répéter. Malheureusement cette journée est négligée mais la célébration plaide pour le changement de comportement afin d’être à l’abris des maladies. Des défis restent à révéler pour promouvoir l’hygiène et l’assainissement.
Selon le SG du ministère, cette journée créée dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé vise également à encourager la culture de lavage des mains est une opportunité pour sensibiliser sur les bienfaits des mains propres et ses bénéfices. « Chaque année des milliers d’enfants dans le monde ne vont pas à l’école à cause des maladies liées aux mains sales. Au Tchad, 9.000 décès d’enfants par an sont dus à la diarrhée. 1 enfant sur 5 en soufre au quotidien, se laver les mains est la meilleure façon d'éviter la propagation de nombreuses maladies ».
Noël Adoum







