La rédaction a fait réagir son des enseignants a l’occasion de cette journée. Vox pop.
Mme Darapi Nawai, enseignante. « L'enseignant, c'est un homme aimable, appelé à servir tout le monde en partageant sa connaissance, sa vie, son expérience avec les étudiants ou les élèves. Nous sommes fiers de tenir le flambeau. Tout ce que nous demandons au gouvernement c’est d'accompagner les enseignants à bien effectuer leur travail. Cela pédagogiquement en intégrant un bon nombre pour enseigner nos enfants. Le gouvernement doit respecter ses engagements.
Abbas Abdelkerim Abbas, enseignant. « Nous sommes en train de revendiquer toujours en faisant des grèves pour nos droits. Les jours passés nous avons fait une grève de 3 jour prolongée jusqu'à la fin du mois d'octobre. Le gouvernement ne veut pas nous aider à effectuer leur travail de l'enseignement ».
Djensissem Victor, enseignant. « Les difficultés des enseignants sont multiples. Ils enseignent sous les menaces. Ils sont, parfois, tués par leurs propres élèves. Le gouvernement a formé les enseignants et les a abandonnés. Le métier de l'enseignement est noble. Il est beau mais la gestion de carrière ne suit pas. Il faut une prise de conscience de nos dirigeants ».
Moussa Abdelkerim, enseignant. « Nous demandons au gouvernement d'honorer ses engagements vis-à-vis des enseignants. Il faut améliorer nos conditions de vie en répondant à nos revendications afin nous puissions jouer pleinement nos rôles. Les parents des élèves doivent aussi nous aider à accomplir notre mission »
Ousmane Bello Daoudou
Le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) section provinciale de N'Djamena a célébré ce 5 octobre la journée mondiale des enseignants édition 2023 dans la crise, sous le thème, « les enseignants dont nous avons besoin pour l'enseignement que nous voulons : un impératif mondial pour finir avec la pénurie d’enseignants ». La célébration a eu lieu dans la grande salle du ministère des affaires étrangères et des Tchadiens de l'étranger.
La cérémonie a commencé par la danse traditionnelle, suivie d'une minute de silence en hommage des enseignants morts sous la chanson de l'hymne nationale des enseignants intitulé, « l'enseignant a donné jusqu'au fond de son savoir ». Pour le président du Comité d'organisation M. Hamza, les enseignants jouent un rôle crucial dans la société, « ils sont les gardiens de la connaissance, les guides de nos enfants vers un avenir meilleur, et les modèles qui inspirent les générations futures. Ils travaillent sans relâche, investissant leur temps, leur énergie et leur dévouement pour éduquer nos jeunes et façonner leur avenir », a-t-il dit. Il poursuit, leur travail et leurs sacrifices sont marginalisés par le gouvernement.
M. Hamza dénonce ce qu’il nomme coupes arbitraires de salaires, « il est injuste que ceux qui façonnent l'avenir de la nation soient confrontés à des coupes arbitraires de leurs salaires, sans aucune reconnaissance ou remboursement ».
Le Secrétaire Général (SG) du SET Mbayana Laoukoura, affirme que, « l’image de l'enseignant tchadien est celle d'un homme qui vit en location avec sa famille, un homme à pied, à vélo ou sur une vieille moto dont les roues dansent autour de leur axe ou les freins grincent à tout bout de chemin ». Le SG soutient que les enseignants sont insultés, bastonnés, poignardés, fusillés par leurs élèves sans que le ministère chargé de les protéger ne dise un mot.
Pour que l'année scolaire 2023-2024 ne soit pas perturbée, les enseignants membres du SET, section N'Djamena, réclament le remboursement des 16 mesures, le rétablissement et le rappel des primes de craie et documentation coupées en 2018, jamais rétablis, le rappel des effets financiers des actes de carrière, le déguerpissement de la police à proximité des établissements Félix Éboué et de la Direction Nationale des Examens et Concours, le rappel des salaires des nouveaux intégrés et des professeurs scientifiques, etc.
Noël Adoum
Dans un communiqué de presse en date du 4 octobre, le coordonnateur de l'Association pour la Défense des Droits des Consommateurs (ADC) Yaya Sidjim a dénoncé l'augmentation abusive des prix des transports interurbains.
Pour le coordonnateur Yaya Sidjim, cette augmentation pèse lourdement sur le budget des citoyens consommateurs. Il a fait le point sur les tarifs qui ont trop varié. Aller de N'Djamena à Moundou qui était avant à 10 000 FCFA est désormais à 12 500 FCFA, une augmentation de 25%. N'Djamena - Abéché était à 20 000 FCFA est passé à 25 000 FCFA, soit 25%. N'Djamena - Sarh, de 15 000 FCFA à 17 500 FCFA, soit 16%. N'Djamena- Bongor: de 5 000 FCFA à 8 000 FCFA, soit 60%.
Selon lui, ces prix pratiqués ne se justifient pas, les raisons avancées par les transporteurs ne peuvent expliquer ces hausses disproportionnées. Il ajoute, l'ADC exprime sa solidarité vis-à-vis des passagers qui, en plus des tarifs élevés, ne bénéficient pas de services de transport de qualité. « C’est le cas des passagers qui, n'ayant pas de siège, sont placés dans le couloir entre les rangées sans aucune commodité, inadmissible », dit l'ADC.
L'ADC appelle les entreprises de transport interurbain à la baisser leurs tarifs et à fournir des services de qualité aux clients. Compte tenu de l'importance de la mobilité interurbaine, le gouvernement doit prendre des mesures urgentes pour répondre aux préoccupations des citoyens consommateurs.
L'Association recommande aux entreprises de transport interurbain d'assurer ses fonctions de régulation pour rendre le coût de transport abordable. Et garantir le droit des consommateurs sécurité des passagers.
Noël Adoum
Le Comité de Sensibilisation et de la Coopération pour la Cohabitation Pacifique (CSCCP) en coordination avec les chefferies traditionnelles et les chefs de race ont fait un point de presse ce 4 octobre au centre culturel Almouna. Ils demandent au gouvernement de transition de mettre fin aux conflits tribaux à la situation qui sévissent dans les provinces du Guerra et du Batha.
Selon le Secrétaire Général Adjoint (SGA) du CSCCP Abdel Kader Al Djelani Bahar, « la paix est un plier de cohabitation pacifique et de savoir-vivre entre les filles et fils du pays ». À la suite de la récurrence des conflits intercommunautaire dans le pays, « nous cherchons à mettre un terme définitif à ces conflits qui freinent l'économie et nuisent à l'image du pays », a-t-il souligné.
Le CSCCP dit soutenir à la récente mesure prise par le président de transition, par l'intermédiaire du conseiller spécial Mahamat Saleh Abdeldjalil. Après avoir présenté ses condoléances aux familles endeuillées, M. Bahar a appelé les deux parties à revenir à la raison et lutter contre les idées destructrices qui sont venues de l'extérieur du pays.
Le comité appelle les élites, les chefs religieux, à prendre leur responsabilité pour la sécurisation des couloirs de transhumance afin de revoir le code pastoral ainsi que les textes et lois qui organisent la transhumance. Il demande également au gouvernement d'arrêter les auteurs de ce conflit qui prêche la division sur les réseaux sociaux à l'intérieur et extérieur du pays.
Le CSCCP estime que la compensation doit inclure tout le monde afin qu'aucune partie ne soit marginalisée ou écartée et dénonce ensuite les actions illégales et inhumaines menées par les membres des forces de défense et de sécurité dans les zones de conflit, des tortures et des arrestations arbitraires des citoyens innocents tabassés, ligotés et insultés d'une manière qui dépasse le cadre de la loi.
Il demande au chef d'État-Major Général des Armées de faire une enquête pour que ces responsables soit traduit devant la juridiction militaire. Le comité souligne, « personne ne viendra construire notre patrie à notre place ».
Noël Adoum
Il y a quelques jours le ministère des Transports et de la Sécurité Routière a annoncé un nouveau Code de la Route qui rentrera en vigueur le 20 octobre prochain.
La circulation au pays et surtout dans la capitale tchadienne, N’Djamena, est une vraie jungle. Les accidents de la route sont légions. Conséquences : des milliers de morts, des milliers de blessés, des milliers d’handicapés à vie. Les incivilités sur la route sont quotidiennes. Les Tchadiens étant des sanguins, les accidents tournent parfois à la bagarre, aux engueulades, etc.
Analysé froidement, ce nouveau Code est une excellente nouvelle. Pour reprendre la formule des frères Dupont et Dupond dans Tintin la célèbre bande dessinée «… je dirai même plus.. », c’est une solution pour atténuer les souffrances et les vies brisées sur les routes tchadiennes.
J’étais heureux de saluer cette bonne nouvelle dans mon édito ou ma chronique lorsque je suis allé naviguer sur le réseau social Tiktok, histoire de me détendre. Je tombe alors sur un extrait vidéo du virulent et pragmatique Cheikh Mahamat Ahmat alias Faki « handicapé ». Il dénonce ce code avec des arguments simples en affirmant, je traduis ses propos en arabe locale en les résumant, lorsqu’il s’adresse aux gouvernants.
Cheikh Mahamat Ahmat : « ...le Président, le Premier ministre, le gouvernement, le ministre du commerce, le président des commerçants, les délégués, les députés se sont réunis. Pas de route, des rues cabossées, plein de nid de poule, des herbes partout au lieu de se réunir pour trouver des solutions pour faire baisser les prix sur les denrées alimentaires, ramener l’eau. Ils se sont réunis pour parler du port du casque sur la moto. Le casque c’est du riz? Du macaroni? Vous n’avez pas peur du Bon Dieu? Au moment où votre peuple a faim, vous refusez de parler des denrées alimentaires. Honte à vous. Haram à vous… ».
Il rajoute pour conclure, « …pire, ils dressent les hyènes (les policiers) pour aller s’attaquer aux chèvres (le public, usagers motocyclistes et automobilistes). A partir du 20 octobre, les policiers là, seul Dieu sait ce qu’ils feront dans cette ville… ».
Les prêches aux allures populiste de ce Cheikh sont vachement intelligentes. Cette sortie me parle, me touche. Et j’imagine elle touche aussi des milliers des Tchadiens. Je suis déchiré entre la vérité du Cheikh et la responsabilité des pouvoirs publics.
L’application stricte de ce Code préservera certainement des vies. Pouvoir s’acheter à manger pour manger à sa faim aussi sauvera des vies.
J’avoue que j’aime les prêches du Cheikh. Elles sont réalistes et praticopratiques. Il parle tellement bien du quotidien difficile des Tchadiens qu’il est devenu, pour moi, un peu notre « conscience morale ». Nous avons tous oublié qu’il y a quelques années l’histoire du port de casque a soulevé la colère « des clandomen » ou les mototaxis. A l’époque le maréchal Idriss Deby Itno a reculé de peur que la fronde ne mute en autre chose plus dévastatrice pour son régime. Le général Mahamat Idriss Deby reculera-t-il ? Lui qui assure juste une transition. Le GBS (gros bon sens), comme disent les Canadiens français, le recommande. Surtout le volet port de casque. Même si au fond il faut commencer quelque part à discipliner les Tchadiens avec ce Code.
Bello Bakary Mana
Le président de l'Union des Forces de la Résistance (UFR) Timane Erdimi a animé un point de presse ce lundi 2 octobre à son domicile pour dénoncer le non-respect de l'accord de paix de Doha, des résolutions du Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS) et s’est prononcé sur la vie politique du pays.
Il commence par rappeler que l'UFR est une coalition des mouvements armés crée le 18 décembre 2008. Et insiste pour souligner que c’est la principale coalition politico-militaire signataire de l'accord de Doha. « L'UFR réitère son engagement ferme en faveur de la paix au Tchad », dit-il.
Le contenu de son document lit devant la presse affirme que son mouvement est animé par le patriotisme, une volonté d'enterrer définitivement la hache de guerre et s’est lancé à participer à la construction du Tchad. Selon lui, l'UFR constate que plus d'une année après la signature de l'accord de Doha, le retard de son exécution est devenu chronique. « Le Comité de concertation et de suivi de la mise en œuvre de l'accord de Doha (CCSM-AD) qui devrait être mis en place n'a pas été mis jusqu'aujourd'hui pour des raisons incomprises pour leur part. c'est un grand manquement », a-t-il signalé.
Toujours selon M. Erdimi, la commission nationale chargée de la mise en œuvre du programme DDR ne donne aucun signe de discussion avec les différentes instances concernées qui devraient faire parties de l'accord. « L’accord de Paix de Doha est plus militaire que politique, mais malheureusement nous avons constaté qu'aucune disposition militaire n'a été honorée, le programme Désengagement, Désarmement et Réinsertion (DDR) est encore en phase de conception et de mobilisation des ressources après 13 mois », a-t-il déclaré. Il ajoute, que sans le DDR, l'organisation du referendum et celle des élections futures ne seront pas crédibles à notre avis. « Le DDR est l'affaire de la nation tout entière. L'Accord de paix de Doha est dans une situation confuse et sans une perspective claire ».
Sur la situation politique, économique, sociale, énergétique et sécuritaire, l'UFR constate avec regret la situation morose que traverse le Tchad, dit-il. « La mise en œuvre du processus DDR ne doit pas se faire de manière solitaire et unilatérale. Nous, les groupes armés, sommes les principaux concernés », a dit M. Erdimi.
Enfin, lUFR appelle les autorités de la transition à remettre à l'ordre du jour l'Accord de paix de Doha en relançant le dialogue même avec les groupes armés non-signataires. Et le processus du DDR ne doit pas être financé tant et aussi longtemps qu'une feuille de route objective, inclusive et consensuelle n'est pas élaborée. L'UFR demande à ses combattants délaissés au terrain sans grand soutien, où qu'ils se trouvent de patienter et de garder leurs positions dans l'esprit du respect de l'accord.
Noël Adoum
Aujourd’hui 2 octobre c’est la date fixée pour la rentrée scolaire. La rédaction est allée dans quelques établissements constater l'effectivité de cette rentrée. Du Lycée Félix Éboué en passant par le Lycée de paix, le Lycée de la liberté et le Lycée Fort Lamy, c’est bien la rentrée.
Au Lycée de la Paix, un silence y règne en revanche au Lycée de la liberté, il y a un peu de l’affluence mais au Lycée Fort Lamy (LFL), une forte affluence des élèves. Et les cours ont démarré sur le chapeau de roue, « tout se déroule normalement dès le jour 1 », dit un surveillant.
Pour Ibrahim Mahamat le proviseur du LFL, la rentrée des classes est effective dans son établissement. Il la justifie en montrant la présence des élèves et des enseignants dans les salles de classes. Il confirme que dans chaque classe l'enseignant du jour a commencé par le premier chapitre. Il soutient « au LFL, c’est la rigueur, les élèves ont un suivi régulier des enseignants ».
M. e proviseur est fier de rappeler que l'année dernière le LFL a présenté 114 candidats au baccalauréat, 113 sont admis d'office et 1 était admissible. Il invite les parents à apporter leur contribution, « c'est grâce à la contribution de tous que le Lycée Fort était 5ème meilleur établissement national », dit-il.
Selon Mahamat Saleh Hassan proviseur du lycée de la paix, la rentrée est timide, quelques rares élèves sont venus pour les inscriptions. L’administration est prête, les emplois du temps sont calés, les enseignants sont disponibles. Il affirme que pour cette année l’inscription est « à 6000f par tranche contrairement aux écoles privées, l'écart est grand ». Il pense que le prix est acceptable. Selon lui, beaucoup des compatriotes ont tendance à négliger les écoles publiques. Pourtant celles-ci font de leur mieux pour la réussite des enfants Tchadiens.
Pour le proviseur du Lycée de la Liberté M. Idriss Hassan Kabba, le ministre de l’Éducation nationale a donné le coup d'envoi le 15 septembre « la rentrée est fixée le 21 pour les classes d'examens et le 2 pour les restes de classes ».
Ce lundi 2 octobre, les inscriptions ont commencé. Ces inscriptions et réinscriptions se font en présence de parents d'élèves. M. Kabba invite les parents à pousser leurs enfants à venir à l'école et aux élèves d'être disciplinés.
Ousmane Bello Daoudou
Lors d’une déclaration hier samedi 30 septembre à la Maison des Médias, l'Association des jeunes pour la paix, la sensibilisation et la citoyenneté (AJPSC) dénonce l'annulation des ordonnance 08, 09, 010 et 011 relatives à l'État d'urgence, aux attroupements, aux réunions publiques et aux manifestations sur la voie publique.
Son président Moussa Djibrine Ramtallah Hassan demande au président de transition que les ordonnances qui restreignent la liberté et enlèvent aux citoyens tous les droits prévus par les textes internationaux que le Tchad a ratifié soient annulés.
L'AJPSC avertit si ces ordonnances ne sont pas annulées et que le Conseil national de transition (CNT) à la reprise adopte ces ordonnances, l’association appellera les citoyens à l'exercice à reprendre les manifestations pacifiques.
Pour lui, si d’aventure les agents de force de l'ordre s'abstient à les empêcher, l’AJPSC portera plainte devant les instances internationales.
Ousmane Bello Daoudou







