A l'instar des autres pays du monde, le Tchad a célébré hier 21 avril la fête du ramadan appelé aussi «l'Eid-el-fitr» en arabe. 24h après le spectre de la fête de la fin de ramadan est encore visible à N’Djamena, capitale du Tchad. Cet après-midi, 22 avril 2023, un tour de la ville a permis à l’équipe d’Ialtchad de faire le constat. Reportage.
Au lendemain de la fête l'ambiance est toujours festive. la fête continue. Les boutiques en face des artères de la ville, de l'avenue Tombalbaye en passant par Général Maldoum, Tcheré jusqu'à l'avenue Charles de Gaulle sont quasiment fermées. Le constat est pareil dans les marchés. Du marché de Diguel en passant par Dembé, marché à mil et le grand marché, ils sont déserts. Pas assez d'engouement. On ne peut apercevoir que des enfants vêtus en neuf, rares sont accompagnés de leur famille pour des visites familiales.
Au parc d'attractions situé à Mardjandafak sur la place de la nation, l'engouement est de taille. Une partie du terrain de foot située à proximité de la place est occupée par des apprentis de moto et voiture. Le symbole de l'esclave déchaîné est grimpé par des enfants curieux, d'autres pour prendre des photos de souvenirs. L'ambiance est euphorique au parc d'attractions. Les enfants jouent sur la glissade malgré la température élevée. C'est aussi l'occasion pour certains vendeurs. Ils se sont installés sur le coin pour vendre des bonbons, de l'eau fraîche, de sucrerie et aussi des jeux d'enfants. C'est le cas d’Achat Moussa. Elle vend de l'eau glacée, du jus d'oseille et de la mangue. Elle relève que ce deuxième jour de fête est une aubaine à saisir. « C’est le seul moment qu'on peut bien et mieux vendre. Il fait chaud, les enfants ont besoin de l'eau ou du jus d'oseille pour se rafraîchir ou de la mangue pour manger. Alors, nous tirons bénéfices », a-t-elle confié. Adam Hamid Moussa dit Hemeti, une dizaine révolue, vendeur de bonbons et de cigarette indique aussi que ce jour, communément appelé « deuxième Eid » est un véritable jour où il liquide plus de leur produit. « Il y a plus de vente de bonbons et la cigarette est encore plus », dit-il. Demandé sur la nuisance et la dangerosité de la cigarette, il affirme, «je n'ai pas le choix. Ça me permet de survivre et d’aider ma famille », dit-il. Au sujet de ses clients, Hemeti a souligné qu'il y a même des mineurs, « même ceux qui ont 12 ans achètent la cigarette pour fumer ici à la place de la nation au vu et au su de tout le monde, sans s’inquiéter », a-t-il déclaré. Si la fête semble tirer profit et du sourire à certains, d'autres affichent plutôt un visage un crypté. C'est le cas de Mahdi Harir. « Si pour certains cette fête fut belle et joyeuse pour moi, je dirai non », dit-il. Il ajoute, « je suis militaire en faction depuis hier. Je n'ai rien profité. A l'heure où je te parle, je ne suis pas allé à la maison. », a-t-il relevé, les yeux pleins de sommeil.
Signalons que l'Eid-el-fitr marque la fin de 29 ou 30 jours de carême sec musulman. Selon la tradition musulmane, elle est fêtée jusqu'à trois jours. Contrairement à la tradition musulmane, le Tchad, État laïque accorde une journée à cette fête.
Abderamane Moussa Amadaye
20 avril 2021- 20 avril 2023, il y a 2 ans que le Conseil Militaire de la Transition (CMT) accéde au pouvoir avant de basculer à la deuxième phase de transition. Quelques citoyens ont donné lurs avis sur le bilan de la Transition. Vox pop.
Nguerebaye Adoum Saleh, Directeur de communication du siège de MPS, « L'étape de la transition, 2 ans après le décès du maréchal, le MPS est toujours mobilisé car c'est un parti de masse mais on a pas mis en place un parti fictif. La transition a réussi d'organiser le dialogue National Inclusif et Souverain qui a vu la présence de 1500 participants venant de tous les bords. Il y a eu des recommandations et résolutions de DNIS et la transition est entrain de mettre en pratique les différentes recommandations par des actes concrets. Le 20 octobre, si les manifestants ont dit qu'ils ne reconnaissent pas le gouvernement, c'est une forme de rébellion et d'insurection».
Générale Halimé Bouyé, « La transition marche bien. Après le décès du maréchal, les militaires ont pris le relais pour assurer la sécurité grâce à leur courage. La transition règne bien, ce n'est pas comme au Soudan après la chute d'Oumar Al Béchir ou bien en Libye après la chute de Gadhafi où il y a eu des chaos. Ici au Tchad la transition a fait notre fierté et c'est aussi grâce à notre armée que nous sommes en sécurité. On a pas eu des difficultés, les conflits intercommunautaires existaient bien avant la transition c'est-à-dire au temps de maréchal. Chaque problème à une solution et ça se passe par le dialogue».
Abdramane Djasnabaye, « le 20 octobre pendant la transition est une erreur stratégique et tactique de ceux qui l'ont organisé. Tout le monde voit mal la transition à cause des gens non expérimentés qui poussé les enfants à sortir dans les rues. il y a un problème de gouvernance c'est à dire la transition a prit un retard d'abord sur la structure de gouvernance, tout le monde la critique, ce n'est pas seulement le gouvernement et le conseil national de transition qui va diriger la conorec parce que le processus est déjà biaisé d'avance. Il faut redresser la pente pour que cette transition soit réussie».
Jean Bosco Manga Juriste et journaliste, « cette transition n'a fait que le bonheur de certains acteurs dont certains se sont vite enrichis en un laps du temps en prenant le loisir de détourner de centaines de milliards de FCFA sans être inquiété parce qu'ils croyaient s'enrichir vite. La transition a fait le bonheur de certains hommes politiques de l'opposition et leurs activistes qui étaient en marge de la mangeoire sous le maréchal sont entrés dans la reine gastronomique de manière fracassante et tonitruante grâce à la prétendue main tendue mais qui aujourd'hui contribuent actuellement à embourber le pays. Si non c'est une transition imbibée de sang des tchadiennes et des tchadiens à l'exemple des massacres de Faya, d'Abéché, de Sandanan, du logone occidental, la fois dernière à Dheli et avec ce qui se passe dans les Monts de Lam actuellement sans oublier les marcheurs qui ont été tués au début de la transition et les massacres de 20 octobre dont on a prétendu condamné et de gracier alors que les auteurs de ce massacre horrible ne sont pas inquiétés, c'est une transition qui a échouée sur toutes les lignes et à cette allure on doit s'attendre au pire quand le peuple osera encore contesté les échéances en cours ou certains cherches déjà à travers la stratégie et des prétextes pour rallonger le règne catastrophique d'Idriss Deby ».
Noël Adoum
Par un communiqué lu ce 20 avril à la télévision nationale par Ministre Secrétaire d'État à la Présidence Gali Ngothe Gatta, l'Etat tchadien a rappelé son ambassadeur au Cameroun pour consultation. L'achat d'une part du réseau d'exploitation pétrolière par Savannah Energy est à l'origine de cet incident.
La Présidence de la République du Tchad dit informer l'opinion nationale et internationale de la persistance des différends qui se créent entre le Tchad et le Cameroun, notamment autour de la question de la prétendue acquisition des actifs de l'ex-ESSO par Savannah Energy que le gouvernement qualifie de « nébuleuse ». Le communiqué affirme que par tous les canaux de communication existant entre le Tchad et son voisin, la question a été soumise à l'attention du Cameroun, « tout en l'informant également des agissements inamicaux et contraires aux intérêts du Tchad posés par ses représentants dans les conseils d'administration de COTCO et TOTCO», dit le communiqué. Selon la présidence tchadienne, plusieurs lettres de suite ont été adressées aux autorités camerounaises, mais elles sont restées sans réponse, dit-il. « Il est à noter que dès l'entame des discussions au sujet de la venue de la société Savannah Energy au Tchad, il est apparu que derrière cette société gravitaient de nombreuses personnalités camerounaises et d'autres pays africains, qui n'ont cessé d'interférer auprès des officiels Tchadiens », explique le communiqué. Il poursuit, « Et ce jour, 20 avril 2023, par voie de presse, le Tchad a appris la signature d'un accord prévoyant la cession par une filiale de Savannah Energy PLC de 10% du capital social de Cameroon Oil Transportation Company S.A. (« COTCO »), en contradiction avec les conventions et les statuts de COTCO, à la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) du Cameroun », a déploré le gouvernement tchadien.
Toujours selon le communiqué, « sur un autre registre, le Tchad, dans le cadre de l'acquisition des actifs de Pétronas a déposé, en accord avec cette dernière un dossier d'agrément en bonne et due forme comprenant le Contrat de cession signé entre le Tchad et Pétronas auprès des services en charge de la concurrence de la CEMAC, conformément à la règlementation communautaire en vigueur », a-t-il précisé. Selon le gouvernement tchadien, plus d'un mois après, il revient que seul le Cameroun n'a pas répondu aux lettres de demande d'avis de non-objection adressée par la CEMAC à chaque ministre en charge du Commerce des pays membres, lettres utiles à la convocation de la commission de la concurrence qui devra statuer sur l'acquisition des actifs de Pétronas par le Tchad, dit-il. « Aussi, le Tchad se trouve une fois de plus, dans l'obligation de défendre ses intérêts et sa respectabilité et dénonce les agissements répétés du Cameroun et de ses représentants qui mettent à mal, dans ces dossiers et en CEMAC, les relations entre les (02) pays », explique le gouvernement. Face à l’attitude des autorités camerounaises selon le gouvernement tchadien, le Tchad décide du rappel pour consultation de son Ambassadeur auprès de la République du Cameroun.
Rappelons que la nationalisation des actifs d'Esso qui sont en réalité ceux de Savannah Energy ont été réalisée en mars dernier.
Abderamane Moussa Amadaye
Les personnels de la Coordination générale du Passage de l'Audiovisuel Analogique au Numérique ( CGPAAN ) ont protesté ce matin 19 avril devant l'ancien bâtiment du ministère de la Communication au quartier Béguinage dans le 1er arrondissement de la commune de N’Djamena. Ils ont proclamé une grève sèche et illimitée jusqu'à la satisfaction totale de leur droit. Reportage.
Ils étaient nombreux à se ressembler ce matin devant l'ancien siège du ministère de la Communication qui abrite désormais leur institution. Ils ont exprimé leur ras-le-bol sur des papiers imprimés et scotchés sur la porte d'entrée où on peut lire, «Foyer, loyer», ou encore, «les personnels CGPAAN accusent 16 mois d'arriérés de salaire», etc.
Pour Kadebe Christophe, délégué du personnel de la CGPAAN, ils réclament le paiement intégral de leurs 16 mois d'arriérés de salaire, dit-il. « C'est inadmissible que nous puissions travailler sans être payés. Joindre ne serait-ce qu'un mois avec le salaire, il faudrait faire des gymnastiques. Nous sommes déjà au 16e mois », a-t-il déploré. Il assure que plusieurs démarches ont été faites depuis lors, mais rien n'est fait. « Nous avons adressé plusieurs correspondances au ministre de tutelle. Au Premier ministre de Transition. À travers son conseiller à la communication, nous n’avons reçu aucune réaction positive », a-t-il expliqué. Il ajoute, « cela nous a fait surseoir à la première grève tenue le 20 mars dernier. Aux derniers moments, il reste injoignable. Avoir accès à la primature, c'est pénible. Hormis cela, nous avons adressé beaucoup de correspondances au ministre des Finances et à l'inspecteur général des finances. Aucune solution. »
Les grévistes disent avoir reçu leur budget de fonctionnement de l'année. « Nous ne connaissons pas le réel problème que ces derniers (ministre des Finances et son Inspecteur général) ont contre nous », s'est-il interrogé. Selon lui, les fonctionnaires qui sont en détachement à la Coordination ont vu leur salaire bloqué depuis le mois de janvier, « sous prétexte qu'ils perçoivent doubles salaires. En réalité, c'est juste le différentiel. Toutes les documentations ont été fournies. Aucun résultat. La situation ne fait que s'empirer », s'est-il indigné.
Le Coordonateur exhorte au ministre des Finances et l'inspecteur Général de revenir à des meilleurs sentiments. «Nous sommes aussi pères de famille. Nous avons des obligations. Aujourd'hui, bon nombre du personnel étant en location est chassé par les bailleurs. Certains sont affectés négativement par cette situation inadmissible. Le personnel ne sait à qui tourner son regard, à part le Président de la Transition et le chef de gouvernement de la Transition », dit-il. Il soutient que si dans les heures qui suivent, rien n'est fait, ils organiseront des marches au ministère des Finances. «Nous les tenons pour responsables de tout ce qui adviendra».
Pour rappel, la CGPAAN est créée le 12 septembre 2014 afin de faciliter le passage de l'audiovisuel analogique au numérique.
Abderamane Moussa Amadaye
La coopérative des artisans tanneurs de Diguel a réceptionné un don de protection composée des bottes et des gants lors d’une cérémonie organisée par la fédération Nationale des Artisans du Tchad ce mercredi 19 avril à Diguel dans le 8e arrondissement de la ville de N’Djamena.
Tout a commencé par la visite sur le site de la chaîne de production dans ces différentes entités par l'équipe des forces françaises au Sahel accompagné des membres de la coopérative.
Mahamat Nour Hassane se réjouit de réceptionner ce don qui leur permet à la coopérative d'évoluer. « Ces matériels de protection amélioreront sans doute les conditions de travail difficile des artisans ». Selon lui, par le passé les forces françaises ont doté d'un forage et d’un moulin qui a passé de 300 à 400 employés. M. Mahamat Nour dit converger avec les partenaires pour apporter leur soutien pour la construction d'une clôture et d’un hangar pour que ce secteur de tannerie devienne une industrie.
Le colonel LENOUX Frédéric représentant du commandant des forces françaises au Sahel affirme qu’ils sont très heureux de continuer à participer au développement économique de ce secteur en donnant des équipements de protection pour améliorer les conditions de travail de tanneurs. Au-delà de forage et du moulin, il affirme que l'histoire Franco-Tchadienne remonte à plus de 100 ans. Il souhaite continuer à s'inscrire dans la dynamique en réactualisant les forces françaises militaires en Afrique. « Notre état d'esprit est de travailler encore plus en partenariat sur les aspects de la formation, d'autonomie d'action pour le développement économique et contribuer à la sécurité et à la stabilité de votre pays ».
Ousmane Bello Daoudou
Des ministres tchadiens ont pris part hier 18 avril au Forum Africain 2023 organisé par le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN).
« Investir au Tchad » a été le thème de l’atelier animé par la délégation tchadienne au forum Afrique 2023 qui se tient à Paris, la capitale française.
Au centre des échanges figurent le climat des affaires, le processus de transformation de l’économie tchadienne, les opportunités dans le secteur de l’élevage et l’agro-industrie, les Zones économiques Spéciales et les mesures d’accompagnement des investisseurs. Plusieurs ministres parmi lesquels figure le ministre des Finances Tahir Hamid Nguilin, celui de l'élevage Abderahim Awat Atteib, etc. Ils ont présenté à l'assistante présente les atouts et le climat d'affaires de pays de Toumaï. Ils indiqués les secteurs et les opportunités que peuvent représenter les secteurs de revenus.
Au sujet du climat des affaires au Tchad, le ministre des Finances a présenté les atouts d'investissement et la fiscalité avantageuse. Dans le secteur de l'élevage, le ministre de tutelle, M. Awad a mis en avant les potentialités du Tchad notamment les 141 millions de têtes de bétail qui fait du Tchad, pays d'élevage par excellence.
Enfin, le directeur général de l’Agence nationale des investissements et des exportations, Khassim Lol Mahamat Choua, a présenté les avantages et autres outils attractifs pour venir investir au Tchad.
Abderamane Moussa Amadaye
Le 17 avril dernier le ministre des Hydrocarbures et de l’Énergie, Djérassem Le Bemadjiel a annoncé l’augmentation du prix du gasoil qui va de 548 FCFA à 700 FCFA à la pompe suite aux réunions tenues avec tous les acteurs du secteur de distribution.
Le ministre des Hydrocarbures et de l'Énergie Djerassem Le Bemadjiel a affirmé « beaucoup de gens pensaient que lorsque la raffinerie va s’arrêter, il y aurait des pénuries ». Aussitôt, il rassure « tout le monde sait que la raffinerie est déjà arrêtée il y a deux semaines et qu'ils continuent à servir normalement la ville. On sait aussi que dans certaines villes du sud il y a eu de pénurie. Et donc le gouvernement a pris des actions pour aussi conserver la réserve stratégique ». Selon lui, beaucoup de produits pétroliers ont été importés et acheminés à N’Djamena, la capitale et à Moundou, deux centres de distribution. « À partir ces centres, toutes les villes seront normalement desservies pendant les quarante-cinq jours de l’arrêt de la raffinerie ».
Le coordonnateur national du Collectif des Associations et Mouvements des Jeunes au Tchad (CAMOJET) Mahamat Macki Adam déplore l’augmentation des prix de produits pétroliers dont le gasoil qui passe de 548 FCFA à 700 FCFA soit une augmentation de plus de 30% sur le prix. Selon lui, ces produits pétroliers vont impacter négativement la vie de la population. Il faudra selon lui, s'attendre inévitablement à l'augmentation des prix et spéculations sur le marché les prochains jours, a-t-il martelé. Le CAMOJET demande aux hautes autorités de revoir ses décisions.
Yaya Sidick, Secrétaire général Adjoint de l'Association des Droits des Consommateurs (ADC), « cette augmentation du prix de gasoil tombe très mal, elle va entraîner la montée des prix de transport, le renchérissement des prix de produits aux marchés notamment les produits de première nécessité. Il dénonce la décision du gouvernement est injuste ».
L’ADC appelle les autorités à prendre des mesures nécessaires pour que la pénurie ne répète plus, « la solution c'est d'avoir un stock de sécurité pour qu'en cas de rupture, nous tenions quelques. Il n'est pas normal qu'un grand pays comme le Tchad ne puisse pas faire une réserve d'un mois. C’est inacceptable, le gouvernement doit changer les choses ».
Noël Adoum
À deux jours de la fête du fin de Ramadan, les vendeuses et les vendeurs des habits « prêt-à-porter » s'activent pour écouler leurs marchandises. Reportage
Les vendeurs (ses) se disputent l’espace pour étaler leurs produits dans le brouhaha des mégaphones. Les uns sont assis, d'autres sont ambulants, des jeunes filles, femmes et hommes se frottent les mains dans un marché plein à craquer.
Saléka Abakar est vendeuse, « à l'approche de la fête, j'importe mes marchandises depuis le Nigéria. J’en écoule beaucoup, mais cette année est exceptionnelle parce qu’elle est difficile » . Elle rajoute en affirmant que le marché est versatile, jour c'est bon et l'autre jour nous disons Dieu merci, dit-elle. « J’ai les boubous des garçons de 1 à 15 ans, ceux de 1 an sont à 1000 F CFA, les 2 à 5 ans varient entre 2000 à 5000 F CFA puis les 7 ans et plus à 7 500 F. Le marché est compliqué cette année ».
Moussa Hassan, est vendeur depuis 2022, « je vends le Pakistan et Robe de plus petite à la plus grande. Les prix varient de 3000 à 4500, 5000 voire même 7 000 F CFA », dit-il.
Debout non loin, Mme Anastasie Allafi. Elle vend uniquement des fouloirs appelés mâchoires indigo. Pour les petites filles, ils sont à 500 F CFA et les grandes à 1000 F CFA. Elle affirme que malgré l'augmentation des prix, « nous avons maintenue le 500 à 1000 F CFA pour avoir 500 de bénéficie ».
Une cliente, Mme Khadidja Mahamat mère d'une fille de 2 ans, « j'ai payé à 3 500 F CFA, pas de temps pour donner aux couturiers, si tu donnes, il ne coudra pas à temps ». Elle soutient que le virement de son salaire vient de passer à 2 jours, « je n’ai pas le choix, la solution c’est de payer ce que ma fille voit avec ses yeux, elle sera contente avec ses sœurs le jour de la fête ».
Ousmane Bello Daoudou







